Traiter de l’expansion du mouridisme et de son développement reviendrait à faire la géographie du mouridisme et un tour d’horizon des réalisations qui ont jalonné son parcours séculaire. Cheikh Ahmadou Bamba, fondateur du mouridisme qui contrairement à ce qui semble répandu n’est pas une confrérie mais l’Islam réhabilité, dès le début de sa mission a inquiété plus d’un à cause de l’engouement des disciples, de leur ardeur et de la foi inébranlable qu’ils portaient à ses enseignements. En 1304h (1886) déjà, à Mbacké Baol, l’affluence des disciples était tel que la route menant à sa maison pouvait se comparer à celle qu’empruntaient chaque matin les hommes et femmes se rendant au marché. Vers les années 1925, l’administration coloniale après une étude commanditée pouvait espérer qu’au terme du séjour terrestre du vénéré Cheikh, le mouridisme ne serait qu’une ’’multitude de petites chapelles’’ avec à la tête de chacune un marabout se réclamant du leadership. Certaines autorités religieuses non mourides devant l’ardeur et l’enthousiasme des disciples avaient vite conclu que le mouridisme n’était qu’un feu follet. Il n’y a presque plus un coin au Saloum qui ne renferme quelques mourides. Les colonies mourides sont surtout nombreuses à Gossas Guinguinéo, à Kaolack, à Sokone, à Birkilane, à Kaffrine, et à Koungheul. Les Peuhls eux-mêmes sont travaillés et deviennent adeptes de la secte. Le Sérère sollicité se fait aussi mouride.... "