Eglise protestante Française de Beyrouth

Eglise protestante Française de Beyrouth Fondée en 1925, quelques années après la première guerre mondiale, l’Eglise protestante française est arrivée au Liban dans des circonstances particulières.

L’effondrement de l’empire Ottoman et la défaite des Allemands devaient entrainer, sous la houlette des puissances alliées franco-britanniques, un redécoupage du Proche-Orient. Le traité de Versailles attribuant les biens des vaincus aux nations mandataires, l’Eglise protestante allemande avec son dispensaire et sa petite école de jeunes filles, tombait dans l’escarcelle de Eglise protestante fran

çaise. 90 ans plus t**d, l’Eglise protestante française est toujours là ainsi que le Collège protestant (1500 élèves). Membre de la Communion des Eglises d’expression française dans le monde (CEEEFE), elle rassemble une petite communauté composée de quelques personnes franco-libanaises, d’expatriés et principalement de femmes malgaches et africaines travaillant au Liban comme employées de maison. Une Eglise improbable pour un destin sans pareil. En 2013, alors que le pasteur Robert Sarkissian et son épouse Thérèse partaient à la retraite après plus de quarante années de ministère, la question de la poursuite du témoignage protestant français au Liban s’est posée. L’aventure est aujourd’hui à nouveau lancée. Pierre Lacoste avec son épouse Christine ont repris le flambeau. Un grand projet, rendu possible par la vente partielle du terrain historique de Koreitem a démarré. Un nouveau temple va être reconstruit sur le même lieu, d’ici deux ans, et de nombreux projets au service du Liban sont aujourd’hui à l’étude. Pour terminer, nous ne disons pas « Inshallah » (si Dieu le veut), vocable qui a tendance à désamorcer la dynamique, mais «Tu es mon espérance, Seigneur Éternel, en toi je me confie. » (Psaume 71.5).

28/01/2020

« L’un des actifs extraordinaires du Liban, c’est le niveau d’éducation de sa population », déclare Charles Personnaz, directeur...

22/04/2019

L’association de défense des droits de l’homme Insan entend encourager l’État libanais à mettre en place un outil officiel de changement.

Culte au jardin de la rue de Damas.
07/10/2018

Culte au jardin de la rue de Damas.

Culte des Rameaux
25/03/2018

Culte des Rameaux

02/01/2018

Dimanche 07 janvier Culte au Cpf

Très belle photo de Bernard Antérion qui nous montre la joie que nos sœurs malgaches amènent à notre Eglise dimanche apr...
02/01/2018

Très belle photo de Bernard Antérion qui nous montre la joie que nos sœurs malgaches amènent à notre Eglise dimanche après dimanche.

02/01/2018

Visite de la Fédération Protestante de France à Beyrouth (9-13 décembre)
16 DÉCEMBRE 2017 QUOI DE NEUF ?
Du 9 au 13 décembre 2017, le pasteur François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France, accompagné des pasteurs Bertrand Vergniol et Bernard Antérion, respectivement secrétaire général du « Service protestant de mission » (Défap) et président de la « Communion des Eglises protestantes francophones dans le monde » (CEEEFE), ainsi que de M. Marc Friedel, président de l’APFB et de la Fondation des Cèdres, venait retrouver l’Eglise protestante française de Beyrouth. Second voyage depuis sa nomination en 2013, François Clavairoly avait un agenda millimétré.

Après la prédication au culte dominical axée sur la louange de Marie, témoignage des sans voix et des oubliés de notre temps (Luc 1.46-57), le pasteur Clavairoly remettait à la vice-présidente du Conseil presbytéral ainsi qu’au pasteur la médaille de Luther, frappée à l’occasion du 500e anniversaire de la Réforme.

Le verre de l’amitié et le buffet festif partagés sur fond de gospel malgache (https://youtu.be/tjj423Q3law), le Conseil presbytéral se réunissait autour du président de la FPF. A l’ordre du jour, présentation et discussion du projet de façade du nouveau temple. Le Conseil presbytéral exprimait majoritairement son attente d’un affichage clair des signes religieux indiquant la présence d’une Eglise protestante. La croix, la cloche historique et le nom « Eglise protestante Française » sont attendus haut et clair sur un projet architectural également révisé.

Le lendemain matin, visite à la présidence de la République libanaise où le Président Michel Aoun recevait les pasteurs Clavairoly et Lacoste pour un échange sur des sujets sensibles comme l’avenir des chrétiens d’Orient en Syrie et en Irak, ou le conflit israélo-paslestien. Les déclarations jugées irresponsables du président Trump à propos de la ville de Jérusalem ont été commentées. Le Président Aoun évoquait notamment les humiliations quotidiennes éprouvées par les chrétiens de Palestine.

Début d’après-midi, participation au Conseil d’administration de Présence Protestante Française au Liban (PPFL) avec évocation des questions préoccupantes comme la non-obtention du permis de construire du nouveau temple. Il apparaît important aux yeux des présidents de PPFL, FPF, DEFAP et CEEEFE de repenser le projet culturel et social dans sa globalité, projet qui, initialement, avait été adossé au témoignage de l’Eglise.

Visite à Rabieh, le lendemain, au Suprem Council des Eglises protestantes de Syrie et du Liban sous la houlette de son Président le Révérend Salim Sahyouni. La question de l’obtention du permis de construire occupa là encore l’essentiel des discussions. Le message du président Sahyouni fut le suivant : l’EPFB est membre du Supreme Council. Le protestantisme libanais est une petite famille (1% de la population du Liban) qui a besoin de toutes ses composantes. Il nous appelait à plus de proximité et de collaboration.



Après un déjeuner sur l’herbe dans le nouveau jardin du cimetière de la paroisse protestante française, rue de Damas, nous étions reçus à quelques centaines de mètres de là par Monsieur l’Ambassadeur de France, Bruno Foucher. Les échanges portèrent en particulier sur la question des réfugiés syriens et du couloir humanitaire mis en place en 2016 par les pays européens et coordonné pour la France et l’Italie par la Fédération de l’Entraide protestante et l’association catholique Sant Edgio.

Cette visite a laissé à l’Eglise protestante Française du Liban le sentiment d’avoir été écoutée et encouragée dans son témoignage. Le président au terme de ces visites a pu réaffirmer l’importance de reconstruire un temple bien identifié et non un bâtiment dont la timidité confessionnelle serait incompréhensible en contexte libanais. L’Eglise remercie vivement la délégation du protestantisme français pour leur présence et leurs encouragements.
Espérons que la prochaine visite sera celle de la pose de la première pierre.

Pierre Lacoste, pasteur de l’EPFB

25/09/2017

Le sermon du lendemain
Lundi 25 septembre 2017

« Ma vie c'est Christ ! »
Phil 1.21-26

Philippiens 1.21-26

21 Car pour moi, vivre, c’est Christ, et mourir m’est un gain. 22 Mais si vivre ici-bas doit me permettre un travail fécond, je ne sais que choisir. 23 Je suis pris dans ce dilemme : j’ai le désir de m’en aller et d’être avec Christ, et c’est de beaucoup préférable, 24 mais demeurer ici-bas est plus nécessaire à cause de vous. 25 Aussi, je suis convaincu, je sais que je resterai, que je demeurerai près de vous tous, pour votre progrès et la joie de votre foi, 26 afin que grandisse grâce à moi, par mon retour auprès de vous, le sujet de fierté que vous avez en Jésus Christ.








(Photo A. Huber. Cimetière prot. de Beyrouth)

Le site web de l'Eglise protestante Française de Beyrouth a été hacké par un groupe appelé "Mafia Syrie" !! Ce qui explique le silence de la semaine dernière !

Avant de lire cette prédication et en guise d'introduction, utilisez votre abonnement Deezer ou votre CD-thèque Classique pour écouter cette pièce de musique de J.S Bach : BWV Cantata N°161 : I Aria... (oui, je me suis mis au Classique !)

"Viens, douce mort"
« Viens, douce mort » de Jean-Sébastien Bach. Composition qui s’inspire directement de cette écriture de Paul : « Pour moi vivre c’est Christ et la mort m’est un gain ». Je n’ai pas choisi ce texte pour l’occasion de notre culte au cimetière protestant, c’est le texte du jour ! Pure expression de la providence divine à notre égard. Accueillons-la et cherchons ensemble à recevoir la parole qu’elle nous tend !

Ce verset est inscrit sur un grand nombre de tombes dans les cimetières protestants et sert à traduire l’espérance qui s’attache à la personne du Christ. Espérance chargée de promesses que le NT nomme la vie éternelle (Jean 3.16).

Personnellement, j’aime beaucoup le Seigneur Jésus, mais je dois vous dire que je ne suis pas impatient de passer sur l’autre rive ! Je ne suis pas prêt, comme l'apôtre Paul, à lever l’ancre et je ne considère pas, comme Bach, que la mort soit si douce !

Je note aussi que l’apôtre Paul n’a pas toujours eu des paroles aussi amènes à propos de la mort.

Le dernier ennemi
Dans sa première lettre aux Corinthiens , celle-ci est appelée le « dernier ennemi »(15.26), c’est à dire le plus féroce de tous ; force implacable, séparatrice et sans pitié. Cette mort dont l’approche remplit d’angoisse le Seigneur Jésus au jardin de Gethsémané ou qui le fait éclater en sanglots devant le tombeau de son ami Lazare.

Alors, comment expliquer cette pensée troublante et paradoxale de l’apôtre Paul, « la mort m’est un gain ? ».

C’est une parole qui a ouvert la voie à toute une mystique chrétienne et évangélique de la mort, où celle-ci est représentée comme un simple passage vers le monde meilleur, un portail vers la félicité éternelle. Ainsi, lors des enterrements, on vient vous décharger des tombereaux de paroles consolatrices du genre, « Oh, il est bien là où il est maintenant ; il est en paix maintenant, c'est mieux pour lui etc. ». [Oui peut-être... mais c'était mon vieux père ! Il voulait rester et nous, on voulait le garder !].

La mort banalisée comme passage glorieux, c’est en poussant cette logique à l'extrême que les djihadistes islamistes commettent des attentats suicides, assurés qu’ils sont d’obtenir dans la mort leur ticket pour le paradis. Pour citer l'un des plus tristes d'entre-eux : "Vous, vous aimez la vie, nous nous aimons la mort" (Mohammed Merah).

Mais revenons à Paul (qui a su en son temps casser du chrétien en Syrie !). Alors, que veut-il nous dire avec cette mort qui rapporte, cette perte avantageuse ?

Une religion de la vie
Premièrement, il faut rappeler cette vérité centrale, première, essentielle : le christianisme est une religion de la vie. Il ne rend pas un culte à la mort comme d’autres religions savent le faire. L'Évangile nous appelle à être des femmes et des hommes pleins de vie, des chrétiennes et des chrétiens engagés, passionnés par l’existence et non de tristes croyants figés dans l’attente d’un monde meilleur, enfermés dans une espérance immobile. Ce monde meilleur, c’est celui du Christ qui vient dans notre monde et qui dit : « le Royaume de Dieu ne vient pas de manière à frapper les regards. On ne dira point, il est ici ou il est là. Car voici, Le Royaume de Dieu est au milieu de vous » ! (Luc 17.21) C’est ce qui pousse Paul à proclamer sa foi en ces termes magnifiques : « Ma vie, c’est Christ ! »

On peut en parler ?
Les chrétiens ne nient pas la mort pour autant. Nous ne devons pas céder à la tentation de notre temps qui, à l’inverse des religions, nous invite à nier la mort. Les cultes de l’éternelle jeunesse ou les nouveaux programmes de santé, les nouvelles doctrines diététiques, naturopathes, veggie, vegan (!) sont autant de façons de détourner les yeux de la froide et insupportable réalité de la mort.

Sans désirer cette mort, sans la fuir non plus, nous devons apprendre à en parler, à l’envisager sans drame, sans mépris, de manière réaliste et confiante s’il est possible. Les médecins avec les familles devraient pouvoir dire à un malade condamné : "Tu n'en as plus pour très longtemps, il faut que tu le saches".

Chassez le naturel...
Paul écrit ces mots alors qu’il est en prison. Sa vie est menacée ; sera-t-il bientôt exécuté ? Si c’est le cas, sa foi le pousse à croire que Christ ne l’abandonnera pas au néant. Mais Paul sait aussi que s’il est tué, la voix de son sang, comme celui d’Abel jadis, criera vers le Seigneur et vers le monde. Paul sait bien que la mort d’un martyr est un témoignage plus marquant encore que celui des vivants (relire le martyre de Polycarpe). « Christ est ma vie, mais si je dois mourir, cela profitera aussi à l’Evangile ! » Paul mort servira aussi bien que Paul vivant ! C’est ce qui le pousse à exprimer le désir de quitter cette vie.

Mais voilà qui est très amusant dans notre passage. A peine Paul a-t-il exprimé ce désir de lever l'ancre, que le désir de vivre le submerge à nouveau.

Nous ne sommes pas programmés pour la mort, frères et sœurs. On peut intellectuellement ou spirituellement se convaincre que la mort est un avantage, mais aussitôt dit, les projets, les désirs, l’amitié, la foi, le travail, l’amour - ou quelque fois des désirs moins nobles comme la vengeance, l'amertume - reprennent le dessus et nous projettent vers la vie avec toutes ses complexités, avec son charme fou, ses combats, ses souffrances, son quotidien, cette vie entêtante dont on ne parvient pas à se lasser définitivement !

Les cimetières sont vides
Ceux qui sont morts nous ont laissé un témoignage de foi, il reste d’eux une empreinte de leur passion pour la vie ; il n’y a qu’à visiter ce cimetière : il est plein de messages qui chantent la vie et la foi en Jésus ! Leur témoignage est notre héritage ; il nous faut le transmettre. Ces tombes disent, tout comme je le fais par la prédication, que Christ est le Seigneur de la vie, le Seigneur des vivants et des morts. Les cimetières sont vides !

L’appel de la parole à ressusciter avec Christ retentit maintenant dans le silence de cet endroit et attend notre réponse. Que nous pensions ce matin à notre vie, à notre mort ou à celle des nos bien-aimés, nous sommes appelés à confesser Christ comme notre vie. Lui le Seigneur des vivants et des morts ! AMEN !

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Eglise Protestante Française de Beyrouth
BP 13-6283 Chourane - BEYROUTH (LIBAN)
Tel : +961 (0) 1813 906

24/09/2017
03/07/2017

Le sermon du lendemain
Lundi 3 juillet 2017

« Concilier les inconciliables »
Matthieu 10.16

Matthieu 10.1-8

1 Puis Jésus appela ses douze disciples et leur donna le pouvoir de chasser les esprits impurs et de guérir toute maladie et toute infirmité.

6 N'allez pas vers les païens, et n'entrez pas dans les villes des Samaritains ; allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d'Israël. 7 En chemin, prêchez que le royaume des cieux est proche. 8 Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, chassez les démons. Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement.

16 Voici que moi, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups ; soyez donc rusés comme les serpents et simples comme des colombes.

Cette parole de Jésus contient toute une ménagerie ! Une véritable arche de Noé : brebis, loups, serpents et colombes ! Elle décrit un climat d’adversité auquel les chrétiens sont confrontés. Notre monde va mal ; oui, mais pas beaucoup plus mal qu’au premier siècle de notre ère ou qu’aux "temps des origines". Il n’y a qu’à feuilleter les premières pages de la Bible : l’accusation, la jalousie, le meurtre fratricide sont à toutes les pages. « L’homme est un loup pour l’homme » a écrit le philosophe Thomas Hobbes. Cette vie est un combat sans pitié entre loups. Et les brebis dans tout ça ?

Pour une foi incarnée
Elles sont envoyées par leur Pasteur dans un monde de brutes. Il ne les met pas à l’écart dans une bergerie blindée. Il ne leur fabrique pas une arche sécurisée aseptisée. « Moi, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. » L’Eglise n’a pas vocation à se bunkériser dans la chaleur moite et étouffante de l’entre soi. L’Eglise qui se replie dans l’illusion d’un idéal de sainteté, court un risque bien plus grand que celle qui choisit de s’exposer aux dangers de la vie. Entre les murs d’une société de purs, on trouve toujours un mal (mâle!) dominant : celui de la culpabilité et du jugement des autres. La foi chrétienne n’est pas une sortie du monde mais une entrée ! Pas une fuite, mais une incarnation, une prise de risque, un engagement.

A la suite du Christ, par nos comportements, nos paroles, nos silences, nos prises de position, nos projets, par toute notre vie, nous proposons une alternative à la violence, nous offrons la possibilité d’un monde nouveau ; nous disons et nous démontrons que la violence, même justifiée, même rationnelle, même légale n’est pas une voie de résolution des conflits, mais une voie de destruction de notre humanité. L’exemple de l’action militaire de la France en Lybie contre le régime de Kadhafi est éloquent ! On pensait extirper le mal et on l’a fait fleurir !

Comme Christ, nous confessons que l’amour de l’ennemi est plus fort que la punition ou la mort de l’ennemi. Nous nous confions nous-mêmes et notre monde à la tendresse de Dieu.

Concilier les inconciliables
Chacun de nous sait très bien qu’il ne se réduit pas à cette gentille brebis prête à se faire tondre sans piper le moindre bêlement !

Ça tombe bien car là n’est pas le but de la mission ! Le berger ne nous envoie pas à la boucherie. Il adresse à ses brebis missionnaires une feuille de route, un code de comportement assez surprenant…

Il leur demande d’être rusées comme des serpents et simples comme des colombes. Autrement dit, Jésus nous demande d’être une chose et son contraire. C’est preuve qu’il nous connaît bien ! Il sait que nous sommes des brebis capables de mordre comme des loups ! C’est pourquoi il n’hésite pas à nous demander des choses aussi paradoxales : serpent et colombe : malins et confiants, calculateurs et naïfs, politiques et innocents, prévoyants et légers…

Le Christ signe là une parole d’expert en humanité. Il nous connaît comme s’il nous avait fait ! Il sait que nous pouvons nous montrer doux comme des agneaux le dimanche à l’Eglise et prêts à tuer pour une place de parking le lundi matin en ret**d au boulot !

Etre rusés comme des serpents, c’est apprendre à penser le monde de façon complexe, paradoxale, à se tenir sur la brèche des choix impossibles. Rien n’est jamais noir ou blanc. Il faut apprendre à composer avec les contraires. Les chrétiens sont des gens capables d’une expertise, d’une herméneutique responsable et courageuse de la vie.

Accompagner jusqu'au bout
Simone Weil nous a quittés ces jours-ci à l’âge de 89 ans. En légalisant le recours à l’IVG dans les années 70, qu’a-t-elle fait ? Certains diront de manière lapidaire qu’elle a donné le droit d’attenter à la vie impunément, qu’elle a légalisé la transgression suprême.

Mais n’a-t-elle pas offert aussi la possibilité à des femmes de rester en vie au lieu d’aller avorter clandestinement dans des conditions sanitaires épouvantables, d’interrompre une grossesse non désirée, psychologiquement insoutenable, au lieu d’accoucher d’un enfant sans amour, sans avenir ? Elle a permis à des femmes d’échapper au régime oppressif des maternités à la chaîne au nom de la loi naturelle, divine ou celle de leur mari !

De bons chrétiens ont eu vite fait de jeter la pierre du jugement.

Mais le chrétien, même s’il est intimement convaincu de l’importance de défendre la vie humaine, peut aussi choisir d’accompagner l’histoire des hommes et des femmes de son temps ; de se montrer plus malin, plus intelligent que les foules bien-pensantes. Il est appelé ici à témoigner de sa foi au cœur des situations humaines les plus douloureuses, à composer avec les réalités plutôt qu’à les nier ou à les juger. Il résiste à la tentation du jugement radical et définitif, pour rejoindre l’autre là où il se trouve et non là où devrait être ! Il fait le choix de l’accompagnement, de la présence et de l’accueil, malgré tout, au nom du Christ, au cœur des situations humaines les plus désespérées.

Simone Weil, rescapée des camps de la mort a dit : « Un nouvel engagement doit être pris pour que les hommes s’unissent au moins pour lutter contre la haine de l’autre, contre l’antisémitisme et le racisme, contre l’intolérance ».

Il y aura des loups et des serpents...
Au fond, nous sommes en même temps, tour à tour, selon les circonstances, serpents et colombes, brebis et loups. Nous sommes appelés à concilier en nous et entre nous les inconciliables. C’est bien ce monde-là qui vient et qui est déjà là en Jésus. Ce monde paradoxal annoncé par le prophète Esaïe :

« Le loup habitera avec l'agneau, le léopard se couchera près du chevreau. Le veau et le lionceau seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira. 7 La vache et l'ourse auront même pâture, leurs petits, même gîte. Le lion, comme le bœuf mangera du fourrage. 8 Le nourrisson s'amusera sur le nid du cobra. Sur le trou de la vipère, le jeune enfant étendra la main.Il ne se fera ni mal, ni destruction sur toute ma montagne sainte, car le pays sera rempli de la connaissance du SEIGNEUR, comme la mer que comblent les eaux. »

Eglise Protestante Française de Beyrouth
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