02/05/2019
Le Secret Admirable du Très Saint Rosaire
pour se convertir et se sauver
De Saint Louis-Marie Grignion de Montfort
SUITE TROISIEME DIZAINE
RICHESSE DE SANCTIFICATION RENFERMEES DANS LES PRIERES
ET LES MEDITATIONS DU ROSAIRE.
85. Armez-vous donc de ces armes de Dieu, du saint Rosaire, et vous briserez la tête du démon, et demeurerez stables contre toutes ses tentations. C'est d'où vient que le Rosaire même matériel est si terrible au diable, et que les saints s'en sont servis pour l'enchaîner et le chasser des corps des possédés, comme plusieurs histoires rendent témoignage.
86. Un homme, dit le bienheureux Alain, ayant en vain tenté toutes sortes de pratiques de dévotion pour être délivré du malin esprit qui le possédait, s'avisa de mettre à son col son Rosaire, ce qui le soulagea, et ayant éprouvé que lorsqu'il l'ôtait de son cou, le démon le tourmentait cruellement, résolut de le porter au cou jour et nuit, ce qui chassa le diable pour toujours, ne pouvant supporter une si terrible chaîne. Le bienheureux Alain témoigne qu'il a délivré un grand nombre de possédés, en leur mettant ainsi le Rosaire au cou.
87. Le Révérend Père Jean Amât, de l'ordre de Saint- Dominique, prêchant le Carême dans un lieu de ce royaume d'Aragon, on lui amena une jeune fille possédée du démon; après l'avoir plusieurs fois exorcisée, mais en vain, il lui mit son Rosaire au cou, et aussitôt elle se mit à faire de cris et des hurlements épouvantables, disant: "Otez-moi, ôtez- moi ces grains qui me tourmentent". Enfin le père, par compassion pour la pauvre fille, lui ôta son Rosaire du cou. La nuit suivante, lorsque le Révérend Père était dans son lit à se reposer, les mêmes démons qui possédaient cette fille vinrent à lui, tout écumants de rage, pour se saisir de sa personne; mais avec son Rosaire qu'il tenait fortement à la main, malgré les efforts qu'ils firent pour le lui ôter, il les fouetta admirablement bien et les chassa en disant: "Sainte Marie, Notre-Dame du saint Rosaire, à mon aide!" Lorsque, le lendemain, il allait à l'église, il rencontra cette pauvre fille encore possédée; un des démons qui étaient en elle se mit à dire en se moquant de lui: "Ah! frère, si tu n'avais point eu ton Rosaire, nous t'aurions bien accommodé ". Alors le Révérend Père jette derechef son Rosaire au cou de la fille, disant: "Par les très sacrés noms de Jésus et de Marie, sa sainte Mère, et par la vertu du très saint Rosaire, je vous commande, esprits malins, de sortir de ce corps tout à l'heure"; aussitôt ils furent contraints d'obéir, et elle fut délivrée. Ces histoires nous marquent quelle est la force du saint Rosaire pour vaincre toutes sortes de tentations des démons et toutes sortes de péchés, parce que les grains bénits du Rosaire les mettent en fuite.
88. Saint Augustin assure qu'il n'y a point d'exercice si fructueux et si utile au salut que de penser souvent aux souffrances de Notre-Seigneur. Le bienheureux Albert le Grand, maître de saint Thomas, a su par révélation que le simple souvenir ou la méditation de la passion de Jésus-Christ est plus méritoire au chrétien que de jeûner pendant un an tous les vendredis au pain et à l'eau, ou de prendre la discipline jusqu'au sang toutes les semaines, ou de réciter tous les jours le psautier. Ah! Quel est, par conséquent, le mérite du Rosaire, qui fait mémoire de toute la vie et la passion de Notre-Seigneur? La sainte Vierge révéla un jour, au bienheureux Alain de la Roche, qu'après le saint sacrifice de la messe, qui est la première et la plus vive mémoire de la passion de Jésus- Christ, il n'y avait point de dévotion plus excellente et plus méritoire que le Rosaire, qui est comme une seconde mémoire et représentation de la vie et de la passion de Jésus-Christ.
89. Le Révérend Père Dorland rapporte que la sainte Vierge dit un jour au vénérable Dominique, chartreux, dévot du saint Rosaire, qui résidait à Trèves l'an 1481: "Toutes les fois qu'un fidèle récite le Rosaire avec les méditations des mystères de la vie et de la passion de Jésus- Christ, en état de grâce, il obtient pleine et entière rémission de tous ses péchés". Elle dit aussi au bienheureux Alain: "Sachez qu'encore qu'il y ait quantité d'indulgences données à mon Rosaire, j'y en ajouterai beaucoup davantage pour chaque cinquantaine à ceux qui le réciteront sans péché mortel, à genoux, dévotement, et quiconque persévèrera dans la dévotion du saint Rosaire avec ces articles et méditations, je lui obtiendrai, pour récompense de ce bon service, pleine rémission de la peine et de la coulpe de tous ses péchés à la fin de la vie. Et que cela ne te semble pas incroyable; il m'est facile, puisque je suis la Mère du Roi des cieux, qui m'appelle pleine de grâce, et, si j'en suis remplie, j'en ferai une ample effusion à mes chers enfants".
A SUIVRE . . .