31/05/2026
Au nom d’Allah le Très Miséricordieux le Plus Miséricordieux
QUELLE EST LA PREUVE DU MARTYRE DE L’IMAM MUḤAMMAD IBN ALÎ AL-JAWÂD paix sur lui ?
Ce qui ressort d’un ensemble de traditions reconnues comme fiables, et confirmées par les paroles des grands savants, est que le Prophète — que Dieu prie sur lui et sur sa Famille — ainsi que l’ensemble des infaillibles — paix sur eux — ont quitté ce monde par assassinat ou par empoisonnement.
Parmi eux figure notre maître et seigneur, l’imam al-Jawâd — paix sur lui —comme cela apparaît clairement.
De plus, plusieurs sources ont explicitement affirmé le martyre de l’imam al-Jawâd — paix sur lui — en particulier. Nous en mentionnerons notamment les suivantes :
1. Ce qu’a rapporté le cheikh al-‘Ayyâshî — que Dieu sanctifie son âme — en ces termes : D’après Zurqân, compagnon d’Ibn Abî Dâwûd et son ami intime, il dit : « Ibn Abî Dâwûd revint un jour de chez al-Mu‘taṣim, profondément affligé. Je l’interrogeai à ce sujet, et il me répondit : “J’aurais souhaité être mort depuis vingt ans.”
Je lui dis : “Pourquoi cela ?”
Il répondit : “À cause de ce qui s’est produit aujourd’hui avec cet homme noir, Abû Ja‘far Muḥammad ibn Alî ibn Mûsâ, en présence du Commandeur des croyants al-Mu‘taṣim.”
Il dit : Je lui demandai : “Que s’est-il donc passé ?”
Il répondit : “Un voleur avait reconnu lui-même son vol et demanda au calife de le purifier en appliquant sur lui la peine légale. Le calife réunit alors les juristes dans son assemblée, et fit également venir Muḥammad ibn ‘Alî. Il nous demanda : À quel endroit la main doit-elle être coupée ?
Je répondis : « Au niveau du poignet… » Jusqu’à ce passage :
Puis il se tourna vers Muḥammad ibn Alî et lui dit : « Que dis-tu de cela, ô Abû Ja‘far ? »
Il répondit : « Les gens ont déjà donné leur avis sur la question, ô Commandeur des croyants. »
Le calife dit : « Laisse-moi ce qu’ils ont dit ; qu’as-tu, toi, à dire sur cela ? »
Il répondit : « Dispense-moi de répondre à cela, ô Commandeur des croyants. »
Le calife dit : « Je t’adjure par Dieu de me dire ce que tu en penses. »
Il répondit alors : « Puisque tu m’as adjuré par Dieu, je dis qu’ils se sont trompés au sujet de la Sunna. La coupure doit se faire à l’articulation de la base des doigts, en laissant la paume. »
Il demanda : « Quelle est donc la preuve de cela ? »
Il répondit : « La parole du Messager de Dieu — que la paix soit sur lui et sur sa Famille — selon laquelle la prosternation se fait sur sept membres : le visage, les deux mains, les deux genoux et les deux pieds. Or, si sa main était coupée au niveau du poignet ou du coude, il ne lui resterait plus de main sur laquelle se prosterner.
Dieu béni et exalté soit-Il a dit : {Les lieux de prosternation appartiennent à Dieu} [Les Djinns, 72 : 18], c’est-à-dire ces sept membres sur lesquels on se prosterne ; {n’invoquez donc personne avec Dieu} [Les Djinns, 72 : 18]. Or, ce qui appartient à Dieu ne doit pas être coupé. »
Il dit : « Al-Mu‘taṣim admira cette réponse et ordonna que la main du voleur fût coupée à l’articulation des doigts, en laissant la paume ».
Ibn Abî Dâwûd dit alors : » Ma fin semblait venue, et je souhaitai n’avoir jamais été vivant. »
Zurqân rapporte ensuite qu’Ibn Abî Dâwûd dit : « Je me rendis auprès d’al-Mu‘taṣim trois jours plus t**d et lui dis : “Il est de mon devoir de conseiller le Commandeur des croyants…” jusqu’à ce passage :
Son visage changea alors de couleur ; il comprit ce sur quoi je venais d’attirer son attention et me dit : “Que Dieu te récompense pour ton conseil.”
Il dit encore : Le quatrième jour, al-Mu‘taṣim ordonna à l’un des secrétaires de ses ministres de l’inviter chez lui. Celui-ci l’invita, mais l’imam refusa de répondre à son invitation, en disant : “Tu sais bien que je n’assiste pas à vos assemblées.”
L’homme répondit : “Je ne t’invite qu’à partager un repas ; j’aimerais que tu foules mes tapis et que tu entres dans ma demeure afin que j’en obtienne la bénédiction. Untel, fils d’untel, parmi les ministres du calife, souhaite également te rencontrer.”
L’imam se rendit donc chez lui. Mais lorsqu’il mangea de ce repas, il ressentit l’effet du poison. Il demanda alors qu’on lui amène sa monture. Le maître de maison le pria de rester, mais il répondit : “Que je sorte de ta maison est meilleur pour toi.”
Il passa ensuite ce jour-là et cette nuit-là dans un état de souffrance, jusqu’à ce qu’il rende l’âme. » [Tafsîr al-‘Ayyâshî, vol. 1, p. 319].
2. Ce qu’a dit le cheikh as-Ṣadûq que Dieu sanctifie son âme en ces termes : « Abû Ja‘far Muḥammad ibn Alî paix sur eux deux fut tué par al-Mu‘taṣim au moyen du poison. » [al-I‘tiqâdât, p. 99].
3. Ce qui est rapporté dans Ithbât al-waṣiyya, en ces termes : « Lorsque Abû Ja‘far paix sur lui repartit pour l’Irak, al-Mu‘taṣim et Ja‘far ibn al-Ma’mûn ne cessèrent de comploter et de chercher un stratagème pour le tuer. Ja‘far s’adressa alors à sa sœur Umm al-Faḍl qui était sa sœur de même père et de même mère à ce sujet, car il avait constaté son éloignement à l’égard de l’imam, ainsi que sa jalousie envers lui, en raison de la préférence qu’il accordait à la mère d’Abû al-Ḥassan, son fils, plutôt qu’à elle, malgré son profond attachement à lui, et parce qu’elle n’avait pas eu d’enfant de lui.
Elle répondit favorablement à son frère Ja‘far. Ils placèrent alors du poison dans des raisins râziqî, car l’imam aimait ces raisins. Lorsqu’il en mangea, elle regretta son geste et se mit à pleurer. Il lui dit alors : “Pourquoi pleures-tu ? Par Dieu, Dieu te frappera d’une pauvreté dont tu ne pourras être délivrée, et d’un malheur qui ne pourra être dissimulé.”
Elle fut alors atteinte d’une maladie dans l’un des endroits les plus intimes de son corps… Quant à Ja‘far ibn al-Ma’mûn, il tomba dans un puits ; on l’en retira mort, alors qu’il était ivre. » [Ithbât al-waṣiyya, p. 227].
4. Ce qu’a dit le traditionniste at-Ṭabarî — que Dieu sanctifie son âme — en ces termes : « La cause de son décès fut qu’Umm al-Faḍl, fille d’al-Ma’mûn, lorsqu’il prit une concubine et que Dieu lui accorda un enfant d’une autre qu’elle, se détourna de lui et l’empoisonna dans des raisins. Il s’agissait de dix-neuf raisins, et il aimait les raisins. Lorsqu’il en mangea, elle se mit à pleurer. Il lui dit alors : “Pourquoi pleures-tu ? Par Dieu, Dieu te frappera d’une pauvreté qui ne pourra être réparée, et d’un malheur qui ne pourra être dissimulé.”
Après lui, elle fut atteinte d’une maladie dans l’un des endroits les plus intimes de son corps ; elle dépensa pour cela toute sa fortune, jusqu’à avoir besoin de l’aide des gens…
Il paix sur lui fut enterré à Bagdad, dans les cimetières de Quraych, auprès de son grand-père Mûsâ ibn Ja‘far paix sur lui. » [Dalâ’il al-imâma, p. 359].
5. Ce qu’a dit al-Fattâl an-Nîsâbûrî que Dieu sanctifie son âme après avoir mentionné la naissance de l’imam al-Jawâd paix sur lui, en ces termes : « Il mourut à Bagdad, assassiné par le poison, à la fin du mois de Dhû al-Qa‘da. » [Rawḍat al-wâ‘iẓîn, p. 244].
6. Ce qu’a dit Ibn Shahr Âshûb que Dieu sanctifie son âme après avoir mentionné le nom de l’imam al-Jawâd paix sur lui ainsi que ses titres, en ces termes : « Il mourut à Bagdad, empoisonné, à la fin du mois de Dhû al-Qa‘da. » [Manâqib Âl Abî Ṭâlib, vol. 4, p. 411].
7. Ce qu’a dit le traditionniste Ḥusayn ibn Abd al-Wahhâb que Dieu sanctifie son âme en ces termes : « Abd al-Raḥmân ibn Muḥammad rapporte de Kulthum ibn Imrân qu’il dit : Je dis à ar-Riḍâ paix sur lui : “Invoque Dieu afin qu’Il t’accorde un enfant.”
Il répondit paix sur lui : “Il ne me sera accordé qu’un seul enfant, et c’est lui qui héritera de moi.”
Lorsque Abû Ja‘far paix sur lui naquit, ar-Riḍâ paix sur lui dit à ses compagnons : “Il m’est né un enfant semblable à Mûsâ ibn Imrân paix sur lui, celui qui fendit les mers, et semblable à ‘Îsâ ibn Maryam paix sur lui. Sanctifiée soit la mère qui l’a enfanté.”
Et lorsqu’elle le mit au monde, pur et purifié, ar-Riḍâ paix sur lui dit : “Il sera tué injustement ; les habitants du ciel pleureront pour lui et sur lui. Dieu exalté soit-Il se courroucera contre son ennemi et son oppresseur, lequel ne demeurera que peu de temps avant que Dieu ne le livre à Son châtiment douloureux et à Sa sévère punition.” » [Uyûn al-mu‘jizât, p. 107].
8. Ce qu’a dit le traditionniste Yûsuf ibn Ḥâtim al-Shâmî que Dieu sanctifie son âme en ces termes : « Il paix sur lui mourut à Bagdad, dans la cour d’Aswâr ibn Maymûn, et fut enterré dans les cimetières de Quraych, auprès de son grand-père Mûsâ paix sur eux deux. Son épouse, Umm al-Faḍl, fille d’al-Ma’mûn, fut conduite au palais d’al-Mu‘taṣim et placée parmi les femmes du harem.
Il a été dit que la cause de sa mort paix sur lui fut qu’Umm al-Faḍl, fille d’al-Ma’mûn, lorsqu’il eut pour fils Abû al-Ḥassan d’une autre qu’elle, se détourna de lui et l’empoisonna dans des raisins. » [al-Durr al-naẓîm, p. 717].
9. Ce qu’a dit le sayyid Ibn Ṭâwûs que Dieu sanctifie son âme dans le titre relatif à la prière sur le Prophète que Dieu prie sur lui et sur sa Famille pour chaque jour du mois de Ramadan, en ces termes :
« Ô Dieu, prie sur Muḥammad ibn Alî, imam des musulmans ; sois l’allié de celui qui lui est loyal, sois l’ennemi de celui qui lui est hostile, et multiplie le châtiment de quiconque a participé à l’effusion de son sang à savoir al-Mu‘taṣim. » [Iqbal al-a‘mâl, p. 372].
10. Ce qu’a dit le cheikh Abbâs al-Qummî que Dieu sanctifie son âme en ces termes : « Il y entra le vingt-huitième jour du mois de Muḥarram, en l’an 220 de l’Hégire. Puis, vers la fin de cette même année, al-Mu‘taṣim le fit assassiner, martyr empoisonné. » [Muntahâ al-âmâl, vol. 2, p. 449].
11. Ce qu’a dit Ibn al-Ṣabbâgh al-Mâlikî parmi les savants sunnites en ces termes : « Il y mourut le mardi, six jours après le début du mois de Dhû al-Ḥijja de l’année mentionnée, et fut enterré dans les cimetières de Quraych, derrière son grand-père Abû al-Ḥasan Mûsâ al-Kâẓim. Son épouse, Umm al-Faḍl, entra ensuite au palais d’al-Mu‘taṣim et fut placée parmi les femmes du harem. Il était âgé de vingt-cinq ans et quelques mois. La durée de son imamat fut de dix-sept ans : son début eut lieu durant la fin du règne d’al-Ma’mûn, et sa fin sous le règne d’al-Mu‘taṣim. Et l’on dit qu’il mourut empoisonné. » [al-Fuṣûl al-muhimma, vol. 2, p. 1057].
12. Ce qu’a dit Mu’min ibn Ḥasan al-Shablanjî lui aussi parmi les savants sunnites en ces termes : « Abû Ja‘far Muḥammad al-Jawâd mourut à Bagdad. La cause de son arrivée dans cette ville fut qu’al-Mu‘taṣim le fit venir de Médine. Il arriva donc à Bagdad accompagné de son épouse, Umm al-Faḍl, fille d’al-Ma’mûn, alors qu’il restait deux nuits du mois de Muḥarram de l’an 220 de l’Hégire. Sa mort eut lieu à la fin du mois de Dhû al-Qa‘da de la même année. Il fut enterré dans les cimetières de Quraych, dans le tombeau de son grand-père Abû al-Ḥassan Mûssâ al-Kâẓim. Son épouse, Umm al-Faḍl, entra ensuite au palais d’al-Mu‘taṣim. Il était alors âgé de vingt-cinq ans.
Et l’on dit qu’il mourut empoisonné ; il est également rapporté qu’Umm al-Faḍl, fille d’al-Ma’mûn, lui administra le poison sur ordre de son père. » [Nûr al-abṣâr, p. 330].
Ainsi que d’autres déclarations encore rapportées par les grands savants.
La conclusion qui se dégage de l’ensemble de ces éléments est que les preuves générales et particulières indiquant le martyre de notre maître et imam Muḥammad ibn Alî al-Jawâd paix sur lui sont suffisantes pour l’établir, comme cela apparaît clairement.
Louange à Dieu, Seigneur des mondes.