Centre de veille de la doctrine

Centre de veille de la doctrine Un centre religieux affilié au département des affaires religieuses du sanctuaire sacré de l'Imam Hussein(psl) à Karbala.

LES QUATRE FEMMES PRÉSENTES LORS DE LA NAISSANCE DE ZAHRA, paix sur elleD’après al-Mufaḍḍal ibn Umar, qui rapporte : je ...
02/06/2026

LES QUATRE FEMMES PRÉSENTES LORS DE LA NAISSANCE DE ZAHRA, paix sur elle

D’après al-Mufaḍḍal ibn Umar, qui rapporte : je demandai à Abū Abd Allāh al-Ṣādiq, paix sur lui : « Comment eut lieu la naissance de Fāṭima, paix sur elle ? »
Il répondit :

« Lorsque Khadīja, paix sur elle, eut épousé le Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et sur sa Famille, les femmes de La Mecque se détournèrent d’elle : elles cessèrent de lui rendre visite, de la saluer, et ne laissèrent plus aucune femme entrer auprès d’elle. Khadīja en éprouva une profonde solitude. Son affliction et sa tristesse provenaient surtout de l’inquiétude qu’elle ressentait pour le Prophète, que Dieu prie sur lui et sur sa Famille.

Lorsqu’elle fut enceinte de Fāṭima, celle-ci, paix sur elle, s’entretenait avec elle depuis son sein et l’apaisait. Khadīja tenait cela caché au Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et sur sa Famille. Or, un jour, le Messager de Dieu entra et l’entendit parler à Fāṭima, paix sur elle. Il lui demanda : “Ô Khadīja, à qui t’adresses-tu ?” Elle répondit : “L’enfant que je porte dans mon sein me parle et dissipe ma solitude.”

Il lui dit alors : “Ô Khadīja, voici Gabriel qui m’annonce que cet enfant est une fille, qu’elle sera une descendance pure et bénie, et que Dieu, béni et exalté soit-Il, fera procéder ma postérité d’elle. De sa descendance, Il suscitera des Imams qu’Il établira comme Ses lieutenants sur Sa terre, après l’achèvement de Sa Révélation.”

Khadīja, paix sur elle, demeura ainsi jusqu’au moment où s’approcha son enfantement. Elle envoya alors chercher les femmes de Quraysh et des Banū Hāshim, leur demandant de venir auprès d’elle afin de lui apporter l’assistance que les femmes donnent aux femmes au moment de l’accouchement. Mais elles lui firent répondre : “Tu nous as désobéi, tu n’as point accueilli notre conseil, et tu as épousé Muḥammad, l’orphelin d’Abū Ṭālib, pauvre et sans fortune. Nous ne viendrons pas à toi et ne prendrons aucune part à ton affaire.”

Khadīja, paix sur elle, en fut profondément affligée. Tandis qu’elle se trouvait dans cet état, voici que quatre femmes entrèrent auprès d’elle, brunes, élancées, semblables à des femmes des Banū Hāshim. À leur vue, elle fut saisie d’effroi. L’une d’elles lui dit alors : “Ne t’attriste pas, ô Khadīja, car nous sommes les envoyées de ton Seigneur auprès de toi, et nous sommes tes sœurs. Je suis Sara ; voici Āsiya, fille de Muzāḥim, ta compagne au Paradis ; voici Maryam, fille de Imrān ; et voici Kulthum, sœur de Mūsā, fils de Imrān. Dieu nous a envoyées vers toi afin de t’assister comme les femmes assistent les femmes.”

L’une s’assit à sa droite, l’autre à sa gauche, la troisième devant elle, et la quatrième derrière elle. C’est ainsi que Fāṭima, paix sur elle, vint au monde, pure et purifiée. Lorsqu’elle toucha la terre, une lumière jaillit d’elle et illumina les demeures de La Mecque. Il ne demeura pas, à l’Orient ni à l’Occident de la terre, un seul lieu qui ne fût pénétré par cette lumière.

Alors descendirent dix houris, chacune portant un bassin du Paradis et une aiguière du Paradis ; dans cette aiguière se trouvait de l’eau du Kawthar.
La femme qui se tenait devant Khadīja prit l’enfant, la lava avec l’eau du Kawthar, puis sortit deux étoffes blanches, plus blanches que le lait et plus parfumées que le musc et l’ambre.
Elle l’enveloppa dans l’une et la couvrit de l’autre, puis l’invita à parler. Alors Fāṭima, paix sur elle, prononça les deux témoignages de foi.¹ »

Dans les sources sunnites :

Il est rapporté du Messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et sur sa Famille :

« Gabriel vint à moi avec une pomme du Paradis. Je la mangeai, puis j’eus commerce avec Khadīja, qui conçut alors Fāṭima. Elle disait : “Je portai un enfantement léger, et lorsque je me retirais, l’enfant que je portais me parlait.” Lorsqu’approcha pour elle le moment d’accoucher, elle envoya chercher les femmes de Quraysh afin qu’elles viennent lui prodiguer l’assistance que les femmes donnent à celles qui enfantent. Mais elles refusèrent et dirent : “Nous ne viendrons pas à toi, puisque tu es devenue l’épouse de Muḥammad, que Dieu prie sur lui et sur sa Famille.” Tandis qu’elle se trouvait ainsi, quatre femmes entrèrent auprès d’elle ; elles étaient revêtues d’une beauté et d’une lumière indescriptibles. L’une d’elles lui dit : “Je suis ta mère, Ḥawwā.” Une autre dit : “Je suis Āsiya, fille de Muzāḥim.” Une autre dit : “Je suis Kulthum, sœur de Mūsā.” Et la dernière dit : “Je suis Maryam, fille de Imrān, mère de Īsā. Nous sommes venues pour prendre en charge ton enfantement comme les femmes prennent en charge celui des femmes.” »

Il ajouta : « Fāṭima naquit alors, et dès qu’elle toucha le sol, elle se prosterna en levant son doigt.² »

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¹ Amālī al-Ṣadūq, quatre-vingt-septième séance, p. 424.
² Dhakhāʾir al-Uqbā, p. 45 ; Yanābī al-Mawadda, vol. 2, p. 129.

Au nom d’Allah le Très Miséricordieux le Plus Miséricordieux QUELLE EST LA PREUVE DU MARTYRE DE L’IMAM MUḤAMMAD IBN ALÎ ...
31/05/2026

Au nom d’Allah le Très Miséricordieux le Plus Miséricordieux

QUELLE EST LA PREUVE DU MARTYRE DE L’IMAM MUḤAMMAD IBN ALÎ AL-JAWÂD paix sur lui ?

Ce qui ressort d’un ensemble de traditions reconnues comme fiables, et confirmées par les paroles des grands savants, est que le Prophète — que Dieu prie sur lui et sur sa Famille — ainsi que l’ensemble des infaillibles — paix sur eux — ont quitté ce monde par assassinat ou par empoisonnement.

Parmi eux figure notre maître et seigneur, l’imam al-Jawâd — paix sur lui —comme cela apparaît clairement.
De plus, plusieurs sources ont explicitement affirmé le martyre de l’imam al-Jawâd — paix sur lui — en particulier. Nous en mentionnerons notamment les suivantes :

1. Ce qu’a rapporté le cheikh al-‘Ayyâshî — que Dieu sanctifie son âme — en ces termes : D’après Zurqân, compagnon d’Ibn Abî Dâwûd et son ami intime, il dit : « Ibn Abî Dâwûd revint un jour de chez al-Mu‘taṣim, profondément affligé. Je l’interrogeai à ce sujet, et il me répondit : “J’aurais souhaité être mort depuis vingt ans.”
Je lui dis : “Pourquoi cela ?”
Il répondit : “À cause de ce qui s’est produit aujourd’hui avec cet homme noir, Abû Ja‘far Muḥammad ibn Alî ibn Mûsâ, en présence du Commandeur des croyants al-Mu‘taṣim.”
Il dit : Je lui demandai : “Que s’est-il donc passé ?”
Il répondit : “Un voleur avait reconnu lui-même son vol et demanda au calife de le purifier en appliquant sur lui la peine légale. Le calife réunit alors les juristes dans son assemblée, et fit également venir Muḥammad ibn ‘Alî. Il nous demanda : À quel endroit la main doit-elle être coupée ?
Je répondis : « Au niveau du poignet… » Jusqu’à ce passage :
Puis il se tourna vers Muḥammad ibn Alî et lui dit : « Que dis-tu de cela, ô Abû Ja‘far ? »
Il répondit : « Les gens ont déjà donné leur avis sur la question, ô Commandeur des croyants. »
Le calife dit : « Laisse-moi ce qu’ils ont dit ; qu’as-tu, toi, à dire sur cela ? »
Il répondit : « Dispense-moi de répondre à cela, ô Commandeur des croyants. »
Le calife dit : « Je t’adjure par Dieu de me dire ce que tu en penses. »
Il répondit alors : « Puisque tu m’as adjuré par Dieu, je dis qu’ils se sont trompés au sujet de la Sunna. La coupure doit se faire à l’articulation de la base des doigts, en laissant la paume. »
Il demanda : « Quelle est donc la preuve de cela ? »
Il répondit : « La parole du Messager de Dieu — que la paix soit sur lui et sur sa Famille — selon laquelle la prosternation se fait sur sept membres : le visage, les deux mains, les deux genoux et les deux pieds. Or, si sa main était coupée au niveau du poignet ou du coude, il ne lui resterait plus de main sur laquelle se prosterner.
Dieu béni et exalté soit-Il a dit : {Les lieux de prosternation appartiennent à Dieu} [Les Djinns, 72 : 18], c’est-à-dire ces sept membres sur lesquels on se prosterne ; {n’invoquez donc personne avec Dieu} [Les Djinns, 72 : 18]. Or, ce qui appartient à Dieu ne doit pas être coupé. »
Il dit : « Al-Mu‘taṣim admira cette réponse et ordonna que la main du voleur fût coupée à l’articulation des doigts, en laissant la paume ».
Ibn Abî Dâwûd dit alors : » Ma fin semblait venue, et je souhaitai n’avoir jamais été vivant. »
Zurqân rapporte ensuite qu’Ibn Abî Dâwûd dit : « Je me rendis auprès d’al-Mu‘taṣim trois jours plus t**d et lui dis : “Il est de mon devoir de conseiller le Commandeur des croyants…” jusqu’à ce passage :
Son visage changea alors de couleur ; il comprit ce sur quoi je venais d’attirer son attention et me dit : “Que Dieu te récompense pour ton conseil.”
Il dit encore : Le quatrième jour, al-Mu‘taṣim ordonna à l’un des secrétaires de ses ministres de l’inviter chez lui. Celui-ci l’invita, mais l’imam refusa de répondre à son invitation, en disant : “Tu sais bien que je n’assiste pas à vos assemblées.”
L’homme répondit : “Je ne t’invite qu’à partager un repas ; j’aimerais que tu foules mes tapis et que tu entres dans ma demeure afin que j’en obtienne la bénédiction. Untel, fils d’untel, parmi les ministres du calife, souhaite également te rencontrer.”
L’imam se rendit donc chez lui. Mais lorsqu’il mangea de ce repas, il ressentit l’effet du poison. Il demanda alors qu’on lui amène sa monture. Le maître de maison le pria de rester, mais il répondit : “Que je sorte de ta maison est meilleur pour toi.”
Il passa ensuite ce jour-là et cette nuit-là dans un état de souffrance, jusqu’à ce qu’il rende l’âme. » [Tafsîr al-‘Ayyâshî, vol. 1, p. 319].

2. Ce qu’a dit le cheikh as-Ṣadûq que Dieu sanctifie son âme en ces termes : « Abû Ja‘far Muḥammad ibn Alî paix sur eux deux fut tué par al-Mu‘taṣim au moyen du poison. » [al-I‘tiqâdât, p. 99].

3. Ce qui est rapporté dans Ithbât al-waṣiyya, en ces termes : « Lorsque Abû Ja‘far paix sur lui repartit pour l’Irak, al-Mu‘taṣim et Ja‘far ibn al-Ma’mûn ne cessèrent de comploter et de chercher un stratagème pour le tuer. Ja‘far s’adressa alors à sa sœur Umm al-Faḍl qui était sa sœur de même père et de même mère à ce sujet, car il avait constaté son éloignement à l’égard de l’imam, ainsi que sa jalousie envers lui, en raison de la préférence qu’il accordait à la mère d’Abû al-Ḥassan, son fils, plutôt qu’à elle, malgré son profond attachement à lui, et parce qu’elle n’avait pas eu d’enfant de lui.
Elle répondit favorablement à son frère Ja‘far. Ils placèrent alors du poison dans des raisins râziqî, car l’imam aimait ces raisins. Lorsqu’il en mangea, elle regretta son geste et se mit à pleurer. Il lui dit alors : “Pourquoi pleures-tu ? Par Dieu, Dieu te frappera d’une pauvreté dont tu ne pourras être délivrée, et d’un malheur qui ne pourra être dissimulé.”
Elle fut alors atteinte d’une maladie dans l’un des endroits les plus intimes de son corps… Quant à Ja‘far ibn al-Ma’mûn, il tomba dans un puits ; on l’en retira mort, alors qu’il était ivre. » [Ithbât al-waṣiyya, p. 227].

4. Ce qu’a dit le traditionniste at-Ṭabarî — que Dieu sanctifie son âme — en ces termes : « La cause de son décès fut qu’Umm al-Faḍl, fille d’al-Ma’mûn, lorsqu’il prit une concubine et que Dieu lui accorda un enfant d’une autre qu’elle, se détourna de lui et l’empoisonna dans des raisins. Il s’agissait de dix-neuf raisins, et il aimait les raisins. Lorsqu’il en mangea, elle se mit à pleurer. Il lui dit alors : “Pourquoi pleures-tu ? Par Dieu, Dieu te frappera d’une pauvreté qui ne pourra être réparée, et d’un malheur qui ne pourra être dissimulé.”
Après lui, elle fut atteinte d’une maladie dans l’un des endroits les plus intimes de son corps ; elle dépensa pour cela toute sa fortune, jusqu’à avoir besoin de l’aide des gens…
Il paix sur lui fut enterré à Bagdad, dans les cimetières de Quraych, auprès de son grand-père Mûsâ ibn Ja‘far paix sur lui. » [Dalâ’il al-imâma, p. 359].

5. Ce qu’a dit al-Fattâl an-Nîsâbûrî que Dieu sanctifie son âme après avoir mentionné la naissance de l’imam al-Jawâd paix sur lui, en ces termes : « Il mourut à Bagdad, assassiné par le poison, à la fin du mois de Dhû al-Qa‘da. » [Rawḍat al-wâ‘iẓîn, p. 244].

6. Ce qu’a dit Ibn Shahr Âshûb que Dieu sanctifie son âme après avoir mentionné le nom de l’imam al-Jawâd paix sur lui ainsi que ses titres, en ces termes : « Il mourut à Bagdad, empoisonné, à la fin du mois de Dhû al-Qa‘da. » [Manâqib Âl Abî Ṭâlib, vol. 4, p. 411].

7. Ce qu’a dit le traditionniste Ḥusayn ibn Abd al-Wahhâb que Dieu sanctifie son âme en ces termes : « Abd al-Raḥmân ibn Muḥammad rapporte de Kulthum ibn Imrân qu’il dit : Je dis à ar-Riḍâ paix sur lui : “Invoque Dieu afin qu’Il t’accorde un enfant.”
Il répondit paix sur lui : “Il ne me sera accordé qu’un seul enfant, et c’est lui qui héritera de moi.”
Lorsque Abû Ja‘far paix sur lui naquit, ar-Riḍâ paix sur lui dit à ses compagnons : “Il m’est né un enfant semblable à Mûsâ ibn Imrân paix sur lui, celui qui fendit les mers, et semblable à ‘Îsâ ibn Maryam paix sur lui. Sanctifiée soit la mère qui l’a enfanté.”
Et lorsqu’elle le mit au monde, pur et purifié, ar-Riḍâ paix sur lui dit : “Il sera tué injustement ; les habitants du ciel pleureront pour lui et sur lui. Dieu exalté soit-Il se courroucera contre son ennemi et son oppresseur, lequel ne demeurera que peu de temps avant que Dieu ne le livre à Son châtiment douloureux et à Sa sévère punition.” » [Uyûn al-mu‘jizât, p. 107].

8. Ce qu’a dit le traditionniste Yûsuf ibn Ḥâtim al-Shâmî que Dieu sanctifie son âme en ces termes : « Il paix sur lui mourut à Bagdad, dans la cour d’Aswâr ibn Maymûn, et fut enterré dans les cimetières de Quraych, auprès de son grand-père Mûsâ paix sur eux deux. Son épouse, Umm al-Faḍl, fille d’al-Ma’mûn, fut conduite au palais d’al-Mu‘taṣim et placée parmi les femmes du harem.
Il a été dit que la cause de sa mort paix sur lui fut qu’Umm al-Faḍl, fille d’al-Ma’mûn, lorsqu’il eut pour fils Abû al-Ḥassan d’une autre qu’elle, se détourna de lui et l’empoisonna dans des raisins. » [al-Durr al-naẓîm, p. 717].

9. Ce qu’a dit le sayyid Ibn Ṭâwûs que Dieu sanctifie son âme dans le titre relatif à la prière sur le Prophète que Dieu prie sur lui et sur sa Famille pour chaque jour du mois de Ramadan, en ces termes :
« Ô Dieu, prie sur Muḥammad ibn Alî, imam des musulmans ; sois l’allié de celui qui lui est loyal, sois l’ennemi de celui qui lui est hostile, et multiplie le châtiment de quiconque a participé à l’effusion de son sang à savoir al-Mu‘taṣim. » [Iqbal al-a‘mâl, p. 372].

10. Ce qu’a dit le cheikh Abbâs al-Qummî que Dieu sanctifie son âme en ces termes : « Il y entra le vingt-huitième jour du mois de Muḥarram, en l’an 220 de l’Hégire. Puis, vers la fin de cette même année, al-Mu‘taṣim le fit assassiner, martyr empoisonné. » [Muntahâ al-âmâl, vol. 2, p. 449].

11. Ce qu’a dit Ibn al-Ṣabbâgh al-Mâlikî parmi les savants sunnites en ces termes : « Il y mourut le mardi, six jours après le début du mois de Dhû al-Ḥijja de l’année mentionnée, et fut enterré dans les cimetières de Quraych, derrière son grand-père Abû al-Ḥasan Mûsâ al-Kâẓim. Son épouse, Umm al-Faḍl, entra ensuite au palais d’al-Mu‘taṣim et fut placée parmi les femmes du harem. Il était âgé de vingt-cinq ans et quelques mois. La durée de son imamat fut de dix-sept ans : son début eut lieu durant la fin du règne d’al-Ma’mûn, et sa fin sous le règne d’al-Mu‘taṣim. Et l’on dit qu’il mourut empoisonné. » [al-Fuṣûl al-muhimma, vol. 2, p. 1057].

12. Ce qu’a dit Mu’min ibn Ḥasan al-Shablanjî lui aussi parmi les savants sunnites en ces termes : « Abû Ja‘far Muḥammad al-Jawâd mourut à Bagdad. La cause de son arrivée dans cette ville fut qu’al-Mu‘taṣim le fit venir de Médine. Il arriva donc à Bagdad accompagné de son épouse, Umm al-Faḍl, fille d’al-Ma’mûn, alors qu’il restait deux nuits du mois de Muḥarram de l’an 220 de l’Hégire. Sa mort eut lieu à la fin du mois de Dhû al-Qa‘da de la même année. Il fut enterré dans les cimetières de Quraych, dans le tombeau de son grand-père Abû al-Ḥassan Mûssâ al-Kâẓim. Son épouse, Umm al-Faḍl, entra ensuite au palais d’al-Mu‘taṣim. Il était alors âgé de vingt-cinq ans.
Et l’on dit qu’il mourut empoisonné ; il est également rapporté qu’Umm al-Faḍl, fille d’al-Ma’mûn, lui administra le poison sur ordre de son père. » [Nûr al-abṣâr, p. 330].

Ainsi que d’autres déclarations encore rapportées par les grands savants.
La conclusion qui se dégage de l’ensemble de ces éléments est que les preuves générales et particulières indiquant le martyre de notre maître et imam Muḥammad ibn Alî al-Jawâd paix sur lui sont suffisantes pour l’établir, comme cela apparaît clairement.

Louange à Dieu, Seigneur des mondes.

COMMENT L’IMAM AL-BÂQIR — paix sur lui — fut-il martyrisé ?L’imam Abû Ja‘far — paix sur lui — ne mourut pas de mort natu...
30/05/2026

COMMENT L’IMAM AL-BÂQIR — paix sur lui — fut-il martyrisé ?

L’imam Abû Ja‘far — paix sur lui — ne mourut pas de mort naturelle ; il fut assassiné par le poison, œuvre de mains criminelles qui ne respectaient ni l’engagement envers Dieu ni la foi au Jour dernier.

Les historiens ont toutefois divergé quant à l’identité du coupable qui osa commettre ce crime. Voici quelques-unes des opinions rapportées à ce sujet :

1. Selon une première opinion, ce serait Hishâm ibn Abd al-Malik qui aurait pris l’initiative d’assassiner l’imam en lui faisant administrer du poison [1].

Cette opinion paraît être la plus vraisemblable, car Hishâm nourrissait une profonde rancune envers la Famille du Prophète — que Dieu prie sur lui et sur sa Famille —, et son âme était remplie de haine et d’hostilité à leur égard.

C’est d’ailleurs lui qui poussa le grand martyr Zayd ibn Alî à proclamer la révolte contre lui, après l’avoir méprisé et traité avec une dureté et une humiliation extrême.

Il est donc certain que le grand imam Abû Ja‘far avait troublé le repos de ce tyran, en raison de la renommée de son mérite, de la diffusion de sa science et des propos que les musulmans tenaient au sujet de ses dons exceptionnels. Hishâm entreprit alors de l’assassiner afin de se débarrasser de lui.

2. Selon une autre opinion, celui qui aurait entrepris d’empoisonner l’imam serait Ibrâhîm ibn al-Walîd [2].

Le sayyid Ibn Ṭâwûs estime, quant à lui, qu’Ibrâhîm ibn al-Walîd participa au sang de l’imam — paix sur lui — [3].

Cela signifie qu’Ibrâhîm n’aurait pas été seul à assassiner l’imam paix sur lui, mais qu’il aurait agi avec d’autres.

Certaines sources, cependant, n’ont pas mentionné le nom de la personne qui aurait assassiné l’imam paix sur lui, et se sont contentées d’affirmer qu’il mourut empoisonné [4].

Telles sont quelques-unes des opinions rapportées au sujet de l’empoisonnement de l’imam, paix sur lui.

Les motifs de l’assassinat de l’imam :
Quant aux raisons qui poussèrent les Omeyyades à assassiner l’imam paix sur lui, elles sont, selon nous, les suivantes :

1. L’éminence de la personnalité de l’imam
L’imam Abû Ja‘far — paix sur lui — était la personnalité la plus éminente du monde islamique. Les musulmans s’accordaient à le vénérer et à reconnaître son mérite.
Il était la destination des savants venus de toutes les contrées islamiques, qui se rendaient auprès de lui afin de puiser à la source limpide de ses sciences et de ses vertus, lesquelles n’étaient que le prolongement naturel des sciences de son grand-père, le Messager de Dieu que Dieu prie sur lui et sur sa Famille.

L’imam — paix sur lui — avait conquis les cœurs des gens et suscité leur admiration ainsi que leur respect, car il était la figure éminente de la Famille prophétique.
Sa position sociale et spirituelle excita la colère et la rancune des Omeyyades, qui s’accordèrent alors à l’assassiner afin de se débarrasser de lui.

2. Les événements de Damas
Parmi les raisons qui poussèrent les Omeyyades à l’assassiner — paix sur lui — figurent également les événements qui se produisirent lorsque l’imam se trouvait à Damas, à savoir :

a. La supériorité de l’imam au tir face aux Omeyyades et à d’autres, lorsque Hishâm l’invita à tirer, pensant qu’il échouerait et manquerait la cible. Il voulait faire de cet échec un moyen de le rabaisser et de se moquer de lui devant les habitants de Syrie.

Mais lorsque l’imam tira et atteignit la cible à plusieurs reprises, d’une manière stupéfiante et sans équivalent connu dans l’art du tir, le tyran Hishâm fut frappé de stupeur. Il fut envahi par la colère, se sentit oppressé malgré l’immensité de la terre, et décida dès ce moment de l’assassiner.

b. Sa controverse avec Hishâm au sujet des questions relatives à l’imamat, au cours de laquelle l’imam prit clairement le dessus sur lui, au point que l’impuissance de Hishâm apparut au grand jour. Cet épisode attisa sa rancune contre l’imam, paix sur lui.

c. Sa controverse avec le savant des chrétiens, au cours de laquelle il triompha de lui, au point que celui-ci reconnut son incapacité à rivaliser avec l’imam. Cet événement devint alors le sujet principal des discussions parmi les foules des habitants de Syrie.

Parmi les recommandations de l’imam al-Bâqir — paix sur lui — avant son martyre
L’imam Muḥammad al-Bâqir — paix sur lui — confia à son fils, l’imam Ja‘far as-Ṣâdiq paix sur lui, plusieurs recommandations, parmi lesquelles figurent les suivantes :

1. Il lui dit : « Ô Ja‘far, je te recommande de prendre grand soin de mes compagnons. »
L’imam al-Ṣâdiq répondit : « Que je sois sacrifié pour toi ! Par Dieu, je ferai en sorte que chacun d’eux, lorsqu’il se trouvera dans une ville, n’ait besoin de demander quoi que ce soit à personne. » [5]

2- L’imam — paix sur lui — recommanda donc à son fils de veiller sur ses compagnons, de subvenir à leurs besoins et de prendre soin de leurs affaires, afin qu’ils puissent se consacrer pleinement à la science, à la consignation de ses traditions, ainsi qu’à la diffusion de ses connaissances et de ses enseignements parmi les gens.
Il recommanda à son fils as-Ṣâdiq — paix sur lui — de l’ensevelir dans la chemise avec laquelle il accomplissait sa prière [6], afin qu’elle soit, auprès de Dieu, un témoignage véridique de l’intensité de son adoration et de son obéissance envers Lui.

3. Il consacra une partie de ses biens à des pleureuses chargées de le pleurer pendant dix ans à Minâ [7].

La raison en est peut-être que Minâ constitue l’un des plus grands lieux de rassemblement du monde islamique. La présence de pleureuses en cet endroit devait naturellement pousser les musulmans à s’interroger sur la cause de ces lamentations.
On leur rapporterait alors ce que l’imam Abû Ja‘far — paix sur lui — avait subi comme formes d’oppression et de sévices de la part des Omeyyades, ainsi que leur assassinat à son encontre, afin que ce qui lui était arrivé ne soit pas oublié et ne soit pas dissimulé par les appareils de propagande omeyyade.

Quant au texte de son testament, il a été rapporté par l’imam Abû Abd Allâh al-Ṣâdiq — paix sur lui. Il dit : « Lorsque la mort se présenta à mon père, il dit : « Fais venir des témoins auprès de moi. » J’appelai alors quatre hommes de Quraych, parmi lesquels se trouvait Nâfi, l’affranchi de Abd Allâh ibn Umar.
Il dit alors : « Écris : “Voici ce que Jacob recommanda à ses fils : Ô mes fils, Dieu a choisi pour vous la religion ; ne mourez donc qu’en état de soumission.” »
Puis Muḥammad ibn Alî fit son testament en faveur de Ja‘far ibn Muḥammad, et lui ordonna de l’ensevelir dans le manteau avec lequel il accomplissait la prière du vendredi, de lui mettre son turban, de donner à sa tombe une forme quadrangulaire, de l’élever de quatre doigts, et de défaire ses vêtements usés au moment de son enterrement.
Puis il — paix sur lui — se tourna vers les témoins et leur ordonna de se retirer.

L’imam as-Ṣâdiq — paix sur lui — dit alors : « Ô mon père, qu’y avait-il donc dans cela qui nécessitât que l’on prenne des témoins ? »
Il — paix sur lui — répondit : « J’ai craint que l’on te conteste ce droit, et que l’on dise qu’il ne t’avait pas désigné par testament. J’ai donc voulu que tu disposes d’une preuve. » [8]

[1] Biḥâr al-anwâr, ainsi que d’autres sources.
[2] Akhbâr al-duwal, p. 111.
[3] Biḥâr al-anwâr.
[4] Nûr al-abṣâr, p. 131 ; al-A’imma al-ithnâ ‘ashar, d’Ibn Ṭûlûn, p. 281.
[5]Uṣûl al-Kâfî, vol. 1, p. 306.
[6] Ṣifat al-ṣafwa, vol. 2, p. 63 ; Târîkh Ibn al-Wardî, vol. 1, p. 184 ; Târîkh Abî al-Fidâ’, vol. 1, p. 214 ; al-Muntaẓam d’Ibn al-Jawzî, vol. 7, édition reproduite.
[7] Biḥâr al-anwâr, vol. 11, p. 62.
[8] Uṣûl al-Kâfî, vol. 1, p. 307.

PARMI LES SIGNES DE LA PROXIMITÉ DE L’APPARITION DE L’IMAM DE NOTRE TEMPS : UNE ANGOISSE MONDIALE ET UN DÉFERLEMENT D’ÉV...
28/05/2026

PARMI LES SIGNES DE LA PROXIMITÉ DE L’APPARITION DE L’IMAM DE NOTRE TEMPS : UNE ANGOISSE MONDIALE ET UN DÉFERLEMENT D’ÉVÉNEMENTS BOULEVERSANTS QUI ÉBRANLERONT LES ESPRITS ET LES CŒURS

Notre Imam al-Bāqir, que les prières de Dieu soient sur lui, a dit :

« Le Qāʾim ne se lèvera qu’au milieu d’une peur intense qui saisira les gens, de tremblements de terre, d’épreuves et de tribulations qui les atteindront, ainsi que d’une peste qui les précédera. Il y aura également une épée tranchante parmi les Arabes, de profondes dissensions entre les hommes, une dispersion dans leur religion et un bouleversement de leur condition, au point que celui qui voit tout cela souhaitera la mort matin et soir, tant sera grande la férocité des hommes et le fait qu’ils se dévoreront les uns les autres.

Son avènement se produira lorsqu’il paraîtra, au moment même où tout espoir et toute attente d’une délivrance auront disparu.

Heureux, mille fois heureux, celui qui le rencontrera et comptera parmi ses partisans ; et malheur, tout le malheur, à celui qui s’opposera à lui, lui résistera, s’opposera à son ordre et se rangera parmi ses ennemis. »

Référence : Ghaybat al-Nuʿmānī.

-Hujjah_Ibn_Al-Hassan_Al-Mahdi -Hujjat_ibn_Al-Hassan_Al-Mahdi -hujjah_ibn_al-hassan_al-mahdi ’Imam_al-Bāqir

Au nom d’Allah le Très Miséricordieux le Plus Miséricordieux LE SENS DE LA PAROLE DE DIEU — exalté soit-Il — : {MAINTENA...
26/05/2026

Au nom d’Allah le Très Miséricordieux le Plus Miséricordieux

LE SENS DE LA PAROLE DE DIEU — exalté soit-Il — : {MAINTENANT, DIEU VOUS A ALLÉGÉ LA CHARGE.}

Quel est le sens de la parole de Dieu — exalté soit-Il — : {Maintenant, Dieu vous a allégé la charge, sachant qu’il y a en vous une faiblesse.
Si donc il se trouve parmi vous cent hommes endurants, ils en vaincront deux cents ; et s’il s’en trouve mille, ils en vaincront deux mille, par la permission de Dieu. Et Dieu est avec les endurants.}
Certains athées ont soulevé une objection à propos de ce verset en disant : comment Dieu pourrait-Il révéler un jugement imposé aux musulmans, puis découvrir ensuite la faiblesse des croyants et modifier ce jugement ? Ne serait-ce pas là un échec dans l’anticipation de la connaissance ?

: est possible d’expliquer le sens de ce noble verset et de réfuter cette objection de deux manières. Nous dirons donc :

Premier aspect :
L’opinion la plus répandue considère que la parole de Dieu — exalté soit-Il — : {Ô Prophète, exhorte les croyants au combat…}
[Les Prises de guerre, 8 : 65] a été abrogée par le verset qui la suit : {Maintenant, Dieu vous a allégé la charge…}
Selon cette interprétation, le premier jugement — à savoir l’obligation pour un croyant de tenir ferme face à dix ennemis — aurait été levé et allégé, pour devenir l’obligation de tenir face à deux ennemis. C’est là l’avis connu chez de nombreux exégètes.

En revanche, certains chercheurs rigoureux, parmi lesquels le sayyid al-Khoï, ont nié l’existence d’une abrogation dans ce verset. Ils ont expliqué que l’affirmation de l’abrogation suppose l’établissement de deux éléments :

Le premier : l’existence d’un intervalle temporel entre la révélation des deux versets.
Le second : le fait que le second verset soit descendu après l’entrée en vigueur pratique du premier jugement.
Or, rien ne permet de l’établir.
Bien au contraire, le contexte des deux versets atteste qu’ils furent révélés ensemble.
Le premier jugement exprimerait alors un degré supérieur de capacité et de perfection, tandis que le second indiquerait le seuil minimal obligatoire.
Autrement dit, le premier relèverait de la recommandation, tandis que le second relèverait de l’obligation.

De plus, l’idée selon laquelle la faiblesse serait apparue chez les croyants après une phase de force ne s’accorde pas avec la réalité historique, puisque leur puissance était alors en progression, et non en régression. [Voir : Tafsîr al-Bayân, p. 354].

Sur cette base, il apparaît que l’objection ne peut viser — du moins en apparence — que la première interprétation, dans la mesure où l’on pourrait imaginer qu’il y aurait eu un changement de jugement révélant une absence d’anticipation dans la science divine.

Quant à la seconde interprétation, cette objection ne se pose absolument pas ; car il ne s’agit pas de l’abrogation d’un jugement antérieur, mais de l’exposition de deux degrés d’obligation situés dans un même ordre : l’un représentant l’état idéal, et l’autre le seuil minimal requis.

Il n’en résulte donc aucun problème, ni du point de vue rationnel, ni du point de vue doctrinal.

Deuxième aspect :
Quant à l’interprétation retenue par l’opinion majoritaire, la question et l’objection se posent ainsi : l’abrogation implique-t-elle un échec dans l’anticipation de la connaissance ? Et l’abrogation d’un jugement est-elle incompatible avec la science de Dieu — exalté soit-Il ?
Pour répondre, nous dirons que le terme naskh signifie, dans la langue arabe, l’abolition, la suppression ou le transfert [voir : al-Ṣiḥâḥ, vol. 1, p. 433].

Quant à son sens technique, il désigne la levée d’une disposition établie dans la Loi sacrée en raison de l’arrivée à son terme et de l’expiration de sa période d’application, qu’il s’agisse de règles prescriptives, comme l’obligation et l’interdiction, ou de règles statutaires, comme la validité et l’invalidité. Il englobe même tout ce qui relève de la législation divine [voir : Tafsîr al-Bayân, p. 277].

Autrement dit, il s’agit de l’annonce de l’interruption de la continuité d’un jugement donné, en raison d’une sagesse requise par la législation, sagesse qui est connue de Dieu — exalté soit-Il — de toute éternité [voir : al-Itqân, vol. 2, p. 87].

Ainsi, la science divine peut être comparée à un plan architectural complet, tandis que la réalité correspond à l’édifice qui se réalise progressivement.

Dieu — exalté soit-Il — sait, avant même que les choses ne se produisent, que les situations humaines changent : les croyants peuvent se trouver, à une certaine étape, dans un état de très grande force, puis être confrontés à des circonstances qui les affaiblissent. À chaque situation correspond alors le jugement qui lui convient.

Le premier jugement — tel que l’obligation pour un croyant de tenir ferme face à dix ennemis — convient à une phase de force, tandis que le second — comme l’allégement ramenant le rapport à un croyant face à deux ennemis — convient à une phase de faiblesse.

Ce sens est d’ailleurs confirmé par la nature même de la vie sociale humaine, comme l’a indiqué le sayyid al-Ṭabâṭabâ’î. Il a expliqué que les groupes peu nombreux, lorsqu’ils se rassemblent autour d’un grand objectif et se trouvent entourés de défis et d’obstacles, manifestent généralement une ardeur plus vive et une efficacité plus forte.

À l’inverse, lorsque les groupes deviennent nombreux et que les pressions diminuent, ils tendent plus facilement au relâchement et à l’affaiblissement de l’élan initial.

Ainsi, l’apparition d’une faiblesse au sein d’une communauté constitue un phénomène naturel, conforme aux lois qui régissent les sociétés humaines, et non un événement exceptionnel contraire à la règle. [Voir : Tafsîr al-Mîzân, vol. 9, p. 124].

Sur cette base, le changement du jugement divin s’accorde avec le changement de l’état des personnes soumises à l’obligation.
Il ne révèle donc ni une déficience dans la science divine ni une modification de celle-ci ; il constitue plutôt l’application du jugement en fonction d’une réalité changeante.

Sans cette progressivité, le mérite des premiers croyants, qui ont assumé la première étape avec toute sa rigueur, ne se serait pas manifesté, et le degré de force dont ils ont fait preuve n’aurait pas été distingué.

En effet, si le jugement allégé avait été énoncé dès le départ — sous prétexte de la science éternelle de Dieu — la sagesse de l’épreuve propre à la première étape aurait été perdue, et l’effet de la force de la foi en cette période ne se serait pas révélé.

Cela est également confirmé par ce qui est rapporté au sujet du verset de la confidence privée, où Dieu — exalté soit-Il — dit : {Ô vous qui avez cru ! Lorsque vous souhaitez vous entretenir confidentiellement avec le Messager, faites précéder votre entretien d’une aumône. Cela est meilleur pour vous et plus pur.} [La Discussion, 58 : 12]

Puis ce jugement fut abrogé par la parole divine : {Craignez-vous de faire précéder vos entretiens confidentiels d’aumônes ? Puisque vous ne l’avez pas fait et que Dieu a accueilli votre repentir, accomplissez donc la prière et acquittez-vous de l’aumône légale.} [La Discussion, 58 : 13]

Il a été rapporté que personne ne mit ce jugement en pratique, à l’exception de Alî ibn Abî Ṭâlib — paix sur lui. Cela permit donc de manifester sa vertu particulière, de distinguer le rang de son obéissance, ainsi que de révéler la défaillance des autres. Puis le jugement fut levé après que sa finalité eut été réalisée.

De là, la parole divine « Il a su » ne doit pas être comprise comme l’apparition d’un savoir nouveau après une ignorance préalable.
Elle signifie plutôt que la science divine se rapporte désormais, dans l’ordre de l’application effective, à la situation présente : autrement dit, le moment d’activer le jugement d’allégement est venu. Il ne s’agit donc ni d’une surprise ni d’un renouvellement dans la science de Dieu — exalté soit-Il —, Lui qui est absolument exempt de cela.

De même, l’expression « maintenant, Il a su » relève d’un style éducatif qui fait sentir à l’interlocuteur que sa condition est prise en compte et considérée, et que le jugement est lié à sa réalité concrète, et non à une simple règle théorique détachée de son état réel.

Ainsi, la dimension pédagogique et pratique du discours est préservée, et l’on comprend que l’allégement est intervenu en raison d’une cause réelle et intelligible, et non de manière arbitraire.

On peut en rapprocher le sens par l’exemple du médecin qui dirait : tant que tu te trouvais dans un certain état, je t’ai prescrit un traitement particulier ; mais maintenant que ton état a changé et que ta force s’est affaiblie, j’allège la dose.

Il n’y a là aucune ignorance antérieure, mais seulement la prise en compte du changement de situation. Le savoir ne change pas ; c’est l’objet auquel ce savoir se rapporte, ainsi que la situation concernée, qui ont changé.

Ainsi, le verset — de même que les autres versets qui indiquent l’abrogation d’un jugement — ne révèle aucune ignorance, mais met en évidence le changement de l’état du sujet concerné, c’est-à-dire l’être humain lui-même. C’est nous qui avons changé et faibli ; le jugement est donc venu s’adapter à notre nouvelle réalité, non parce que la science de Dieu aurait changé.

En des termes plus précis, chaque jugement légal possède une cause déterminante qui justifie son établissement. Tant que cette cause demeure présente et qu’aucun empêchement ne survient dans son sujet — à savoir l’état de la personne soumise à l’obligation — le jugement se maintient et reste en vigueur.

Mais lorsque la situation change, soit par la disparition de cette cause déterminante, soit par l’apparition d’un empêchement appelant un jugement différent, le jugement est alors levé ou modifié en conséquence.

Cela n’indique nullement l’apparition d’un savoir après une ignorance préalable. Cela signifie plutôt que Dieu — exalté soit-Il — sait de toute éternité que ce jugement possède une durée déterminée, appelée à prendre fin dans une circonstance particulière, selon diverses considérations et sagesses.

Le jugement est donc révélé progressivement afin de réaliser des finalités éducatives, telles que l’épreuve des serviteurs, la manifestation des degrés de mérite, l’établissement complet de la preuve, ou encore la prise en compte des exigences de la sagesse dans la gradation de la législation.

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