Le Quotidien des Saintes & Saints

Le Quotidien des Saintes & Saints Illustration de l'histoire des Saintes et Saints par la présentation d'œuvres d'art historiques

Honneur aux Catherine. La Sainte serait née à la fin du IIIème s. à Alexandrie. Ayant successivement refusé la main de l...
25/11/2020

Honneur aux Catherine.

La Sainte serait née à la fin du IIIème s. à Alexandrie. Ayant successivement refusé la main de l'Empereur Maxence et réussi à convertir une armée entière et l'Impératrice en titre, l'Empereur se décida de la mettre à mort.
La première séance de sa martyrisation fut relativement originale: quatre roues entourées de scies et de clous devant lui déchirer et broyer le corps. Un miracle divin détruisit cet instrument de torture et dépité les bourreaux durent se résoudre à seulement la décapiter.
Le culte de la sainte pris de l'ampleur à partir des Croisades et elle devint extrêmement populaire jusqu'en 1969, année à laquelle le Vatican émit des doutes sur l'existence même de la sainte en raison du caractère fabuleux de sa passion.
Il y a pléthore d'œuvres mettant en scène Catherine.
Les adeptes du ténébrisme apprécieront le tableau du Caravage daté vers 1598 époque charnière où le Maître Lombard développe pleinement son style jouant sur la lumière.
La seconde œuvre, réalisée vers 1525, représente le Mariage Mystique de Sainte Catherine avec l'Enfant Jésus par l'inégalable touche du Corrège.

Le 13 janvier marque la commémoration de saint Hilaire, premier évêque attesté de la cité berrichonne de Poitiers. Né ve...
13/01/2020

Le 13 janvier marque la commémoration de saint Hilaire, premier évêque attesté de la cité berrichonne de Poitiers. Né vers 315 dans l'antique Lemonum, il est vraisemblablement issu d'une famille de l'aristocratie gallo-romaine restée attachée aux traditions païennes. La ville de Poitiers étant alors un centre intellectuel régional d'importance Hilaire pu y recevoir une éducation classique complète, étudiant notamment, la philosophie, la rhétorique & le grec.
Devenu adulte il se maria et devint père de famille, on lui connait une fille, la future sainte Abra.

Sa conversion à la foi chrétienne vers 350, période à laquelle il reçut le baptême, marqua le début des ses incessantes activités de prêcheur, sa formation aux humanités l'ayant bien préparé à l'art de la polémique et du débat contradictoire.

Lorsque vers 352 l'évêque de Poitiers, un nommé Paixent, décéda, Hilaire, déjà fameux au sein de la communauté locale des croyants, fut désigné par acclamation comme son successeur.
Soucieux d'instruire ses ouailles l'évêque poitevin entama alors la rédaction d'ouvrages exégétiques, dont, dès le début de son ministère, un Commentaire sur l'Évangile de Matthieu.

Contemporain de saint Grégoire de Nazianze, il participa comme ce dernier, à la résistance contre les différents hérésies qui déchiraient l'Église tant en Occident qu'en Orient.
Ainsi Hilaire s'opposa vigoureusement à l'arianisme, doctrine défendue par Arius un prêtre d'Alexandrie, selon laquelle Jésus était de nature inférieure à celle de Dieu.

Ce courant de pensée théologique fit de nombreux disciples et thuriféraires, tant au sein du pouvoir impérial romain, que chez les évêques, si bien qu'Hilaire, résistant isolé au sein d'une Église gauloise acquise à l'arianisme, fut condamné, par le Concile de Béziers en 356, à l'exil en Phrygie, région au nord-est de l'actuelle Turquie.

Alors au contact des penseurs orientaux il rédigea deux traités relatifs à la Trinité tout en restant fermement opposé à la foi arienne, qui avait été pourtant promulguée seule doctrine officiellement reconnue en 359, par le Concile tenu à Séleucie en Isaurie, région du sud de la Turquie

Vers 360-361 Hilaire regagna Poitiers dans ces circonstances mal déterminées : était-il rentré sans autorisation, avait-il été chassé d'Orient où son activité de “perturbateur” devenait gênante ou est-ce par la grâce de l'empereur Julien qu'il recouvrit son siège épiscopal ?

Il avait conservé alors toute sa fougue et ne se résigna pas à voir l'arianisme dominer en Gaule. En 361 au Synode de Paris il obtint l'excommunciation de Saturnin, évêque d'Arles et premier de cordée des hérésiarques ariens gaulois.

Hilaire fut aussi intimement lié au destin de saint Martin de Tours, qu'il forma et soutint dans l'établissement d'un ermitage en lui donnant un domaine agricole à Ligugé, cité proche de Poitiers. Transformé en véritable monastère cet établissement pieux deviendra l'abbaye Saint-Martin de Ligugé, reconnu comme le plus ancien établissement monastique d'Occident.

L'évêque de Poitiers s'éteindra dans sa ville le 13 janvier 368 et sera inhumé dans l'oratoire Saints Jean & Paul, qu'il avait fondé. Le culte de ses reliques allant croissant cette modeste fondation deviendra au fil des siècles l'église Saint-Hilaire de Poitier.

Le saint est aujourd'hui illustré par une sculpture ornant l'église Saint-Étienne du Mont à Paris, œuvre de la main de Jean Valette, peintre et sculpteur, né le le 30 mai 1825 à Ainay-le-Vieil dans le Cher et mort à Paris le 4 mai 1878.

Ce petit-maître français formé à l'École des Beaux Arts de Paris participera dès 1847 au Salon de peinture et de sculpture de Paris, prestigieuse manifestation artistique crée en 1692 exposant des artistes agrées par l'Académie des beaux-arts.
Pour l'anecdote sa première œuvre présentée est une sculpture figurant Jacques Cujas, juriste toulousain du XVIème siècle, le même ayant d'ailleurs donné son nom à une prestigieuse bibliothèque de l'Université de droit de Paris, située sur la Montagne Sainte-Geneviève, à deux pas de l'église Saint-Étienne du Mont.

Jean Valette fera commerce de son art en remportant des commandes publiques dont des sculptures d'ornementation pour des églises, dont un saint Pierre pour Notre-Dame-de-la-Nativité à Bercy, ancienne commune intégrée au douzième arrondissement de Paris en 1859.

Le sculpteur a su ciseler un saint Hilaire, canonique, au visage grave et à la barbe élégante qui, levant ses sourcils, semble marquer avec son front ridé un intense temps de réflexion.

L'évêque tenant une plume de la main droite et un ouvrage relié de la gauche semble plongé dans une calme réflexion. Jean Valette n'ayant évidemment pas pu s'inspirer des traits réels du saint (aucune représentation d'époque n'ayant miraculeusement survécue) il a figé Hilaire en un beau portrait équilibré, aux traits saillants, rendant hommage aux qualités du théologien humaniste.

En sa qualité d'évêque de Poitiers, le saint porte les attributs traditionnels de cette fonction écclesiastique, notamment une mitre, couvre chef constitué d'une sorte de bonnet dont les faces antérieures et postérieurs, appelées cornes, sont hautes et pointues, avec deux fanons en étoffe retombant à l'arrière de la tête. Hilaire porte aussi une crosse, dont malheureusement le crosseron, la partie sommitale enroulée, a disparu, ne subsiste qu'un bâton pastoral orné d'une douille.

Ce bâton symbolise la houlette du pasteur qui veille sur son troupeau et lorsqu'elle était complète cette crosse aurait été tournée en direction du public des fidèles de l'église.

Le 08 janvier marque, notamment, la commémoration traditionnelle de sainte Gudule morte en 712, sainte patronne de Bruxe...
08/01/2020

Le 08 janvier marque, notamment, la commémoration traditionnelle de sainte Gudule morte en 712, sainte patronne de Bruxelles, saint Patient, évêque de Metz au IVè siècle et saint Lucien,premier évêque de Beauvais.

Ce dernier est particulièrement vénéré en France ce jour, spécialement dans le Beauvaisis, région comprise actuellement dans le département de l'Oise, au nord de Paris.

Les éléments historiques probants concernant Lucien sont lacunaires et souvent contradictoires, dès lors son hagiographie ne se fonde que sur des traditions & quelques supputations.

Son prénom en latin, Lucius, laisse à penser qu'il était le fils d'une famille romaine. Le souverain pontife l'aurait désigné évêque spécialement chargé d'aller évangéliser la Gaule. Plusieurs papes s'étant succédés à la fin du IIIème siècle il est impossible de déterminer et nommer lequel aurait décelé en Lucien le courage et la force suffisante à telle mission périlleuse.

En effet si à ce moment la foi chrétienne se répandait comme traînée de poudre, dans un Empire romain déliquescent, elle était encore interdite, condamnée et exposait ses défenseurs et thuriféraires à la condamnation à mort.

C'est ce destin terrestre, funeste mais le consacrant alors pour l'éternité, qui attendait l'équêque Lucien. Déployant son ardeur à prêcher la bonne parole dans l'antique Caesaromagus (en latin littéralement “Marché de César, l'actuelle Beauvais) il s'adjoignit deux disciples Maxien & Julien.
C'est avec eux qu'il sera décapité, ses bourreaux voulant faire preuve d'une sévérité exemplaire flagellèrent Lucien avec des verges.
Le supplice par décollation était une mise à mort franche et directe et, à ce titre une “faveur” seulement accordée au citoyen romain, l'exemple insigne en l'occurence étant saint Paul, décapité à Rome au Ier siècle.

Les écrits hagiographiques médiévaux, teintés d'une gracieuse naïveté et d'un sens certain du merveilleux, situent le lieu du martyre sur la colline de Montmille.

À l'instar de saint Denis, évêque évangélisateur de Paris avec ses diacres Rustique & Éleuthère, décapités eux sur la colline de Montmartre, saint Lucien aurait été l'objet d'un miracle. Après sa mort son corps aurait été environné de lumière, il se leva alors et portant sa tête marcha vers la cité beauvaisienne jusqu'à s'effondrer.

Sur le lieu de sa “chute” le roi Chilpéric Ier fonde vers 583 une nouvelle basilique et une abbaye. L'abbaye bénédictine saint-Lucien de Beauvais subît les vicissitudes des temps, saccagée par les raids vikings du XIème, elle survécut aux troubles de la Guerre de Cent ans et eût à l'ère moderne de prestigieux abbés commendataires : Richelieu, Mazarin, Bossuet.
Jacques-Bégnigne Bossuet, évêque de Meaux, soucieux de pérenniser la survivance de cette vénérable fondation religieuse s'attacha à en restaurer les bâtiments & à protéger et sauvegarder les archives abbatiales.

Un de ses prédécesseurs le 1er mai 1261, l'abbé Jean de Thury procéda à la translation solennelle des reliques de Lucien, Julien & Maxien, qu'il fit placer dans trois magnifiques châsses dorées. Louis IX, futur saint Louis de France, assista à cette cérémonie.

Il est probable que le roi se fit donner quelques fragments des corps des trois saints en échange de quelques reliques de la Passion (acquises en 1238 à l'empereur byzantin Baudouin II de Courtenay, alors sur-endetté) que l'on retrouve en possession de l'abbaye de Saint-Lucien jusqu'à la Révolution, notamment deux épines de la couronne d'épines.

Présenté ici le reliquaire que le roi fit fabriquer est une merveille d'orfèvrerie, d'autant plus rare et précieuse qu'il s'agit de la seule châsse reliquaire du trésor de la Sainte-Chapelle du Palais de Paris, qui date de la période de construction ce bâtiment (1241-1248). Ayant pu survivre aux vandalismes de la Révolution française cette pièce en argent dorée est conservée à Paris au Musée de Cluny - Musée national du Moyen Âge.

L'objet se présente sous la forme d'une église miniature avec, sur chaque face, trois arcades trilobées (motif ornemental constitué de trois lobes (en forme de trèfle à 3 feuilles)) surmontées de gables (élément architectural consistant en un couronnement de forme triangulaire).

Sur le toit de l'édifice, trois pyramides, dont une, celle du centre, a disparu. Sur la face antérieure, les arcades et les colonnettes pourvues de bases et de chapiteaux à crochets sont en relief ; elles encadrent les ouvertures, autrefois garnies de verres, par lesquelles on apercevait les reliques ; des inscriptions gravées les désignent comme des fragments d'un bras de saint Maxien, d'une côte de saint Lucien et d'une côte de saint Julien.

Ces trois saints personnages sont représentés au revers de la châsse, dessinés en gravure, sous les trois arcades trilobées qui sont, elles aussi, gravées.
Saint Lucien de Beauvais, au centre, porte le costume épiscopal, saints Julien & Maxien sont habillés en diacres ; chacun d'eux tient sa tête dans ses mains. Ce sont donc des saints céphalophores, du grec képhalê (tête) et phorein (porter).

Célébré le 7 janvier saint Raymond de Peñafort naît en Espagne, dans la région de Catalogne vers 1175. Il suit des étude...
07/01/2020

Célébré le 7 janvier saint Raymond de Peñafort naît en Espagne, dans la région de Catalogne vers 1175. Il suit des études de droit canonique et de philosophie à l'Université de Barcelone puis à Bologne, à la fameuse Universitas Bononiensis toujours considérée comme la première et la plus ancienne université occidentale.

Nommé professeur enseignant il participa très activement à la diffusion de la foi chrétienne.
Dans le contexte historique de la Reconquista, menée par Jacques Ier roi d'Aragon contre les principautés musulmanes de la péninsule ibérique, il forma des missionnaires aguerris, fondant notamment des écoles de langues orientales comme l'école arabe de Tunis et l'école d'hébreu de Murcia (dans la région éponyme, au sud-est de l’Espagne).

En 1230 le pape Grégoire IX (r. 1227-1241) lui confia la compilation des décisions pontificales afin d'unifier le Droit Canonique, ceci abouti à la rédaction de la « Somme des cas pénitentiaux » et des « Décrétales ».
Ces ouvrages serviront de Code de Droit Canonique de l'Église Catholique Romaine jusqu'en 1917.

La première œuvre d’art présentée ce jour illustre cette codification et spécialement l'approbation par le le pape Grégoire IX de l'ouvrage de saint Raymond, qui, agenouillé face au pontife, lui présente solennellement une copie.
De la main du peintre Raffaelo Sanzio (1483-1520) dit Raphaël réalisée vers 1510, cette fresque murale décore la Chambre de la Signature, une des quatre salles d'audience des appartements privés du Pape Jules II au Palais du Vatican.
La décoration des appartements pontificaux sera une des gloires de Raphaël et de son atelier dans cette phase de la Première Renaissance, où Rome bouillonne d’une émulation intellectuelle insufflée notamment par Leonardo da Vinci & Michelangelo Buonarroti et concrétisée par les travaux de la basilique Saint-Pierre.
Remarquons que le pape Grégoire IX, coiffé de la tiare à trois couronnes, est représenté sous les traits de Jules II (r. 1503-1513), le commanditaire de l'œuvre.

Saint Raymond de Peñafort contemporain et proche de saint Dominique de Guzmán, sera en 1247, nommé Maître général de l’ordre des Prêcheurs (ordre communément appelée Dominicain) il décédera presque centenaire en 1275.
La tradition rapporte que c’était un esprit libre, chérissant son indépendance. Pour preuve alors que le roi d’Aragon essayait de le retenir plus qu’il ne le souhaitait dans l’île de Majorque il étendit son manteau sur la mer et, ainsi embarqué, traversa les flots le séparant de Barcelone.
En mémoire de ce miracle ce saint est tout particulièrement révéré par les véliplanchistes dont il est le saint patron.

Pour illustrer ce miracle un grand tableau surmontant l’autel d’une des chapelle latérales de l’Église Sant’ Anastasia de Vérone, la Chapelle du Rosaire. Commencée par Felice Riccio (1542-1605) la toile sera achevée à son décès par son talentueux élève Alessandro Turchi (1578-1649).

On y voit dans des nuées la Vierge à l’Enfant, avec en imploration les saints Francois d’Assise, Jean l’apôtre & Barthélémy, assister au miracle de Raymond débarquant sur la côte barcelonaise.

Les hommes qui l’accueillent pourraient faire référence aux prisonniers libérés des geôles des pirates barbaresques.
Libérations auxquelles saint Raymond de Peñafort, contribua par ses actions de négociations
dans un siècle où le rançonnement au cours de voyages, souvent, périlleux étaient monnaies courantes.

Avec son fronton architecturée, la nuée d’angelots le mouvement animé et transcendé par des couleurs parfois vives et acides, ce retable est caractéristique dune époque de transition vers un art baroque et opulent.

Les personnages aux émotions contrastées et l’importance consacrée à l’intercession miraculeuse des Saints par le truchement de la Mère Divine suivent bien les canons définis par le Troisième Concile de Trente tenu en 1563.

Le 6 janvier marque de manière coutumière la célébration de l'Épiphanie, jour non férié en France a contrario de certain...
05/01/2020

Le 6 janvier marque de manière coutumière la célébration de l'Épiphanie, jour non férié en France a contrario de certains pays tels que l'Autriche, l'Espagne et dans certains Länder d'Allemagne.
La liturgie latine prévoit la célébration de cette fête le dimanche le plus proche de cette date, dimanche 5 janvier pour cette année.

Du grec "Epipháneia" « apparition » l'événément rappelle l'adoration du Christ nouveau né par des mages, du grec ancien « magoï (μάγοι) » « le sage »

Seul l'évangile synoptique de Matthieu, au Chapitre 2, donne quelques éléments relatifs à ce sujet. Ce texte ne précise cependant ni le nombre de mages, ni leurs noms, éléments qui seront fixés plus tardivement et progressivement par la tradition chrétienne.

L'Adoration des Mages sera un thème iconographique fréquent dès les premières périodes de l'art chrétien. En effet dès le IIIème-IVème siècle cette scène orne des sarcophages sculptés et les parois peintes des catacombes.

L'œuvre présentée ce jour est une mosaïque de l'église Saint-Apollinaire-le-Neuf située à Ravenne. Cette ville d'Émilie-Romagne, région du nord de l'Italie, recèle un ensemble architectural paléo-chrétien exceptionnel construit au Vè et VIè siècles et classé en 1996 au patrimoine mondial de l'Unesco.
L’église basilicale fut construite entre 493 et 526 par le roi goth Théodoric le Grand, à proximité du palais, elle tenait lieu d'église palatine et était alors dédiée au Sauveur.

La conquête de Ravenne par les Byzantins, en 540, vit le début d'une restauration de l'orthodoxie catholique, au cours de laquelle les édifices précédemment liés aux Goths et à l'arianisme, une hérésie, furent fermés ou reconvertis.

La basilique fut alors consacrée à saint Martin de Tours, avant de l'être finalement à saint Apollinaire, premier évêque de Ravenne après la translation de ses restes à l'intérieur de l’édifice.

Cette œuvre polychrome, résumant bien la typologie figurative précoce des mages, orne le long côté du Nord de la nef.

Les Rois Mages sont à la tête d’une longue théorie de vierges martyrs et s’acheminent de gauche à droite pour rendre hommage à la Vierge et l’Enfant entourés de quatre anges.

Le texte vétérotestamentaire indiquant que les mages venaient d'Orient ils sont représentés vêtus à la mode persane : bonnet phrygien, un manteau nommé chlamyde sur les épaules, une tunique courte le chiton et un pantalon collant l'anaxyride.

Leurs noms sont inscrits au dessus de chacun d’eux: Balthazar (de l’assyrien « Bel-Shar-Oursour » « Dieu protège la vie du roi ») roi des Arabes porte la myrrhe, Gaspard (peut être de l’hébreu « Ghaz-Bar » « l’Administrateur du trésor ») roi en Inde offre de l’encens et un roi de P***e Melchior (littéralement « Dieu est lumière » en hébreu, racine similaire à Melchisédech) apporte de l’or.

Historiquement non confirmé il faut comprendre cet événement au vue des visées théologiques aux nombreuses interprétations symboliques.
Ainsi l'or évoque la royauté de Jésus, l'encens évoque tantôt sa dimension sacerdotale et les fumigations rituelles lors du culte, tantôt la thaumaturgie du Christ, l’encens étant à l’époque utilisé en médecine, quant à la myrrhe — un parfum qui servait à embaumer les morts dans l'Antiquité — elle préfigure la future Mise au Tombeau.

À noter que les mains de deux mages sont recouvertes de leur manteau suivant une coutume orientale destinée à préserver les offrandes de toute souillure corporelle.

Les 05 janvier c’est à saint Édouard le Confesseur de recevoir les honneurs du sanctorial, en mémoire du jour de son déc...
05/01/2020

Les 05 janvier c’est à saint Édouard le Confesseur de recevoir les honneurs du sanctorial, en mémoire du jour de son décès en l’an 1066.
De son vivant ce roi d’Angleterre fit preuve d’une charité et d’une piété remarquables comme en témoignent les travaux d’agrandissement et d’embellissement de l’abbaye de Westminster.

Sa vie nous plonge dans les temps troubles du XIe siècle européen spécialement sur l’île de Grande-Bretagne où les royaumes des peuples Angles et Saxons sont assaillis par des pillard Danois et Norvégiens menés par des chefs de guerre aux sobriquets parfois drôlatiques.

Fils d’Æthelred le Malavisé, Édouard hérite du trône d’Angleterre en 1042 après le décès de son demi-frère Knut le Hardi. Suite à un complot fomenté par sa belle famille il enferme son épouse dans un couvent et se contraint ainsi lui même à ne plus avoir de descendance.
Il pensera un temps à désigner Ralph le Timide ou Édouard d’Outremer, fils d’Edmond Côte de Fer, comme légitime héritier.

Malheureusement Édouard s’éteindra sans avoir réglé sa succession. Le trône vacant trois prétendants se le disputeront: Harold Godwinson comte de Wessex et d’Hereford, Harald le Sévère roi de Norvège et enfin Guillaume le Bâtard duc de Normandie.

Ce dernier, s’estimant légitime à la succession, en sa qualité de petit neveu du défunt monarque convainquit les barons normands à lancer une conquête de l’île britannique. Appuyé par le pape Alexandre II, qui lui envoie un étendard pontifical, Guillaume constitue une armada de près de 600 navires et 7000 hommes.
Débarquées à Pevensey dans le Sussex de l’Est le 28 septembre, plus de 8 mois après la mort d’Édouard le Confesseur, les troupes normandes sont alors au cœur du domaine personnel d’Harold. Il se retranchent à Hastings en édifiant immédiatement un château fortifié, fait de terre et de bois.

Harold est loin de ses terres, il vient de défaire à Stamford Bridge, avec ses alliés d’Ecosse et de Northumbrie, les troupes vikings d’Harald le Sévère.
Son armée traverse marche forcée l'Angleterre. Épuisées elle sera vaincue dans la plaine d’Hastings le 14 octobre 1066, où à l’issue d’une bataille indécise, faite de charges de cavalerie et de volées de traits d’archers à pieds, Harold trouvera la mort.

Cette victoire ouvre à Guillaume, devenu maintenant pour la postérité le «Conquérant », la route vers Londres.
Arrivé dans cette ville il lance immédiatement la construction d’un fort en pierre, la désormais fameuse Tour de Londres. Le duc de Normandie ceint enfin la couronne d’Angleterre le 25 décembre 1066, en l’abbaye de Westminster, lieu d’inhumation de saint Édouard le Confesseur.

Pour rappeler ses hauts faits Guillaume commandera une fabuleuse pièce faite de neufs panneaux de lin sur lesquels sont brodés en fils de laine les épisodes de la conquête.
Véritable bande-dessinée exposant en détail les personnages historiques, le paysage et les affrontements militaires, la Tapisserie de Bayeux, est inscrite au Patrimoine mondiale de l’UNESCO.

Sur le premier panneau on découvre Édouard le Confesseur trônant, portant sceptre et couronne, il y est représenté dans une taille plus importante que ses deux locuteurs suivant un procédé figuratif de l’époque qualifié de « taille héroïque » ou « perspective hiérarchique ».

La conservation éclatante des fils de couleurs nuancées jaunes, bleus, rouges (teints naturellement au moyen de gaude, feuilles de pastel & racines de garances) ne relèverait elle pas du même miracle que ceux que la tradition attribue au saint Confesseur ?

Les églises chrétiennes d’Orient célèbrent le 04 janvier la mémoire de soixante-dix disciples désignés, selon la traditi...
04/01/2020

Les églises chrétiennes d’Orient célèbrent le 04 janvier la mémoire de soixante-dix disciples désignés, selon la tradition, par le Christ pour propager sa bonne parole.
Parmi ceux-ci Zachée un habitant de Jéricho , évoqué dans l’évangile selon Saint Luc. Désireux d’apercevoir Jésus traversant sa ville, Zachée, de petite taille et noyé dans la foule, se hissa sur un sycomore.
Levant alors les yeux Le Fils de l’Homme lui lança « Zachée, descends vite: aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison ».

Cette demande fit immédiatement médire quelques témoins qui s’étonnèrent que le Christ se rende dans la maison « d’un pécheur ».
Ce jugement sentencieux et bien mesquin était influencé par le métier qu’exerçait Zachée: celui de Chef des collecteurs d’impôts. Mais si sa fonction l’avait rendu riche il n’en restait pas moins magnanime.

Suivant le texte néo-testamentaire « Zachée,debout, s’adressa au Seigneur » lui rappelant qu’il faisait « don aux pauvres de la moitié de ses biens ».

La scène de Zachée sur le sycomore est illustrée ici par James Tissot. Né en 1836 à Nantes ce fils de marchand drapier gardera le goût pour les tissus et la mode qu’il illustrera dans de nombreux portraits de femmes et de cercles mondains tel le « Cercle de la rue Royale » grande huile sur toile conservée au Musée d’Orsay à Paris représentant un groupes de douze dandys du second Empire, en conversation sur le balcon du pavillon Gabriel, actuel Hôtel Crillon, place de la Concorde.

En 1888 après le décès de sa compagne James Tissot eut une révélation spirituelle et se consacra entièrement à l’illustration de la Bible.
Pour mieux se documenter il voyagea longuement en Palestine, croquant sur le vif paysages & habitants, créant une suite de 365 gouaches détaillant les épisodes de la vie du Christ.
Cet ensemble, dont l’œuvre ici présentée, sera acquis par le Brooklyn Museum de New-York en 1900.

Le 03 janvier marque la commémoration de Sainte Geneviève, patronne de Paris, du diocèse de Nanterre et des gendarmes.El...
03/01/2020

Le 03 janvier marque la commémoration de Sainte Geneviève, patronne de Paris, du diocèse de Nanterre et des gendarmes.
Elle naquit vers 420 à Nanterre et les recherches récentes ont déterminé quelle était la fille de Severus, un aristocrate franc allié des Romains. La tradition rapporte qu’en 430, Saint Germain évêque d’Auxerre et Saint Loup évêque de Troyes, cheminants vers la Grande-Bretagne qu’ils allaient évangéliser, firent halte à Nanterre et y remarquant la jeune Geneviève la consacrèrent à Dieu. Menant alors une vie ascétique elle reçut solennellement le voile des vierges, des mains de l’évêque de Paris, Wicillus.

En tant que fille unique elle hérita, au décès de son père, vers 440, de la charge de membre du conseil municipal parisien et y siégea parmi dix autres aristocrates. Appuyée par son influente marraine, Procula, Geneviève prit activement part à la vie politique de Paris.

Son fait de gloire le plus fameux étant d’avoir, en 451, exhorté le peuple à ne pas fuir face au armées d’Attila qui menaçaient la ville.
Le chef des Huns ayant finalement évité l’antique Lutèce, le prestige de Geneviève s’accrût.

Usant de sa force de conviction elle s’illustra encore en 475 en s’opposant à Childéric, roi des Francs Saliens, lors d’un nouveau siège. Geneviève coordonna alors le ravitaillement de la ville en acheminant par voie fluviale du blé en provenance de Brie et de Champagne.

Son prosélytisme et son influence furent telles qu’elle influença à la conversion de Clovis, fils de Childéric, et des ses troupes. L’ancien païen se soumettant au baptême de l’évêque de Reims, Saint Remy en 496, Geneviève devint alors une partisane inconditionnelle du premier roi chrétien de France et usant de son influence le convainquit d’ériger une église vouée aux saints Pierre et Paul, église qui deviendra l’Abbaye sainte-Geneviève sur la montagne éponyme.

L’œuvre de ce jour mettant en scène la sainte bénéficie d’une relative notoriété auprès des chercheurs en iconographie, du fait des multiples interprétations qui en ont été faites.

Cette huile sur bois, anonyme mais vraisemblablement peinte par un Flamand, date du XVIe siècle.
Elle ornait à l’origine l’Eglise Saint-Merri à Paris et à été déposée au XIXe siècle au Musée de l’histoire de Paris, le Musée Carnavalet.

Au premier plan Sainte Geneviève dans un costume raffiné (robe rose, manteau vert, diadème) siège en majesté au milieu d’un enclos de pierre. Tenant une houlette de berger à la main tout en lisant les Écritures sacrées elle veille à un troupeau de moutons et de chèvres.
La clôture de pierres dressées à donné lieu à de nombreux commentaires. Sa similitude patente avec l’architecture mégalithique néolithique et druidique spécifiquement avec les cercles de pierre appelés « cromlech » (du breton « crom » le cercle et «lech » la pierre) certains considèrent que la représentation d’une telle enceinte sacrée marque la victoire de la foi chrétienne sur le paganisme.
Plus simplement il est généralement admis que ces pierres symbolisent les murailles de Paris.

Le troupeau constitué d’ovins et caprins renvoie à l’imagerie traditionnelle: les moutons blancs seraient les élus et les boucs les réprouvés. Mais certains moutons sont ici aussi représentés en noir. Ce point mérite d’être souligné: si l’on considère que le tableau ayant été exécuté à l’époque des Guerre de Religions, les moutons noirs seraient, suivant une hypothèse plausible, les protestants.
Le bélier à la noire toison qui s’approche de la Sainte pour lui faire allégeance représenterait alors spécialement Henri IV, récemment abjurateur et rentré dans Paris à ce titre, devenant ainsi un lointain successeur de Clovis.

L’arrière plan mérite aussi une attentive contemplation. Le fond est occupé par un paysage urbain au relief prononcé dans lequel on reconnaît une vue de Paris prise depuis l’Est avec la butte et l’Abbaye de Montmartre l’enceinte de Charles V, le Temple, la Bastille, Notre Dame.

Au second plan le personnage féminin qui se hâte à droite doit être Geneviève, reconnaissable à son costume et à sa coiffure. Les deux personnages de gauche symboliseraient le peuple chrétien se hâtant vers l’office, tout comme la Sainte elle-même.

Si en tant que bergère la Sainte fait évidemment écho à la figure du Bon Pasteur, un parallèle avec une autre Sainte bergère, Jeanne d’Arc, peut raisonnablement être effectué au vue des points communs: toutes deux vierges, elles ont été appelées par Dieu pour sauver leur patrie et leurs habitants du désastre qui les menaçaient.

Enfin le thème de la « pastourelle » faisant paître son troupeau n’est pas sans rappeler la mode des pastorales dans la littérature de l’époque, avec notamment le roman L’Astrée par Honoré d’Urfé.

Dans le sanctoral, calendrier liturgique romain, le 02 janvier marque la commémoration particulière du souvenir de deux ...
02/01/2020

Dans le sanctoral, calendrier liturgique romain, le 02 janvier marque la commémoration particulière du souvenir de deux Docteurs de l'Église, tous deux contemporains & amis, natifs de Cappadoce, en Turquie actuelle, alors dans l’Empire romain d’Orient : Grégoire de Nazianze et Basile de Césarée.

L’œuvre du jour illustre un épisode symptomatique des querelles doctrinales et théologiques auxquelles Basile, dit le Grand, prit activement part.

Né en 329 il est formé à la théologie à Athènes et voyage en Palestine et Égypte pour y rencontrer les communautés cénobitiques et les anachorètes isolés.
Fort de cette expérience il fonde une communauté monastique et édicte un ensemble de règles monacales, les règles de Saint Basile, encore appliquées par les communautés monacales grecques et russes.

Élu évêque de Césarée (l’actuelle Kayseri turque) en 370 Basile y fondera plusieurs institutions destinées à porter secours aux malades, vieillards, orphelins & pèlerins.

En pleine désagrégation de l’Empire romain, tant aux marges occidentales qu’à l’Orient, il débattra et s’opposera vigoureusement à l’évêque d’Alexandrie d’Égypte: Arius.
Ce dernier niait la nature purement divine du Christ et refusait de reconnaître l'égalité de substance, la consubstantialité du Fils avec Dieu le Père.

Parmi les hérésies (du grec hairesis : préférence pour une pensée) en cours au IV è. siècle cette doctrine (passée à la postérité sous le nom d’arianisme, du nom de son fondateur) fit de nombreux adeptes, notamment chez les peuples barbares, Wisigoth, Burgondes, Vandales.

L'empereur romain d'Orient Valens (règne 364-378) acquis au départ à ce courant dissident, se laissa finalement convaincre par Basile le Grand de rallier les dogmes proclamés lors du Concile tenu à Nicée en 325.

La tradition rapporte que Valens assistant à la messe de l'Épiphanie célébrée par Basile, il se mêla à la foule et apportant des pains comme offre eucharistique il se vit opposer par Basile un refus de les consacrer.
L'Empereur, ceint de sa couronne, sceptre en main semble saisi par la solennité de la célébration et l'impudence du saint évêque.

Le tableau présenté est de la main de Pierre Subleyras, la dynamique de cette œuvre passe par la pose quasiment langoureuse de l’empereur Valens qui parait défaillir face au maître-autel et au vénérable prélat élevant la coupe.

Artiste français, natif de Saint-Gilles-du-Gard, lauréat du premier prix de peinture au Concours de l’Académie royale de peinture et de sculpture en 1727, Subleyras obtint une bourse pour un séjour à Rome et s'installa dans la ville éternelle en 1728.
Il ne rentrera plus en France, travaillant pour de prestigieux commanditaires romains et notamment le Pape Benoît XIV.

« La messe de Saint Basile » résulte d'une commande pour la réalisation d'un modèle de mosaïque destiné à Saint-Pierre de Rome, basilique majeure s’il en est.

Plusieurs versions de la peinture sont conservées dans des collections publiques, à l'Hermitage de Saint Saint-Pétersbourg, au Musée du Louvre. La version présentée ici est conservée au Metropolitan Museum de New-York.

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