11/12/2020
"Déjà la cognée est mise à la racine des arbres : tout arbre donc qui ne produit pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu. Moi, je vous baptise d'eau, pour vous amener à la repentance ; mais celui qui vient après moi est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de porter ses souliers. Lui, il vous baptisera du Saint-Esprit et de feu. Il a son van à la main ; il nettoiera son aire, et il amassera son blé dans le grenier, mais il brûlera la paille dans un feu qui ne s'éteint point."(Mat 3.10-12)
Certains théologiens veulent voir dans le feu, qui est ici mentionné trois fois, uniquement le feu du jugement divin. C'est indiscutable dans le premier et le dernier cas. Mais le feu dont il s'agit dans le second cas ("baptisera du Saint-Esprit et de feu"), bien qu'il soit intercalé entre les deux autres et trop facilement assimilé à eux, me semble d'une nature différente, car la dynamique du texte nous le montre étroitement lié au baptême du Saint-Esprit.
Quel que soit le sens que l'on donne à cette expression "baptême du Saint-Esprit" (pentecôtiste ou non), il est impensable que Jean-Baptiste l'utilise pour proférer une sorte de malédiction et l'annonce d'un feu de jugement, alors qu'ailleurs (Jean 1.33 ; Jean 15.26 ; Luc 24.49 ; Act 1.5), il s'agit de la venue du Consolateur.
D'ailleurs, dans la Bible, le feu ne symbolise pas toujours le jugement (Voir Exo 14.19,14.24 ; Exo 3.2 ; Exo 19.18 ; Eze 1.4 ; Apo 1.14). Et comment ne pas faire le rapprochement avec le jour de la Pentecôte où des langues de feu accompagnèrent la venue du Saint-Esprit ?
L'Esprit Saint, lorsqu'il vient en nous, fait de nous des chrétiens bouillants. Et pour faire bouillir, il faut du feu. Voyez l'effet de la présence de Jésus sur les disciples d'Emmaüs :
"Et ils se dirent l'un à l'autre : Notre cœur ne brûlait-il pas au dedans de nous, lorsqu'il nous parlait en chemin et nous expliquait les Écritures ?" (Luc 24.32)
Et Jésus nous veut bouillants et non tièdes ! :
"Je connais tes œuvres. Je sais que tu n'es ni froid ni bouillant. Puisses-tu être froid ou bouillant ! Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n'es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche."(Apo 3.15-16)
Nous avons besoin d'un baptême de feu, n'en déplaise à certains théologiens !
Jean-Claude Guillaume