28/03/2026
🔴L’absence du Bénin 🇧🇯 à l’ONU 🇺🇳 face à la reconnaissance internationale de la traite négrière comme crime le plus grave contre l’humanité n’est pas une simple hésitation diplomatique.
C’est une fracture morale. Une défaillance politique. Une abdication historique.
Alors que Patrice Talon signe des partenariats et s’allie aux descendants des esclavagistes Bernard Hayot
aux Antilles au nom de la « réconciliation » , tout en organisant sa propagande mémorielle délivrant la nationalité aux descendants des déportés après tests ADN et invitant à un retour , comment expliquer ce silence assourdissant ?
Le Bénin, épicentre historique de la traite négrière atlantique, choisit… de ne pas choisir.
Un peuple dont la mémoire collective est irriguée par des siècles de déportation, dont les fils et filles furent arrachés, vendus et dispersés dans une violence indicible, voit son État s’abstenir au moment où il devrait parler avec force et dignité.
Cette absence n’est pas anodine. Elle transforme la mémoire en décor, la justice en simple discours, le courage en compromis diplomatique.
Refuser de se positionner, c’est s’effacer.
C’est laisser d’autres écrire notre histoire à notre place.
C’est trahir la dignité, la vérité et la responsabilité historique.
Cette absence révèle une dépendance structurelle :
Économique, car le pays dépend des aides, des investissements et des institutions internationales.
Diplomatique, car tout alignement trop clair peut heurter certaines puissances occidentales.
Mais cette prudence est une illusion.
Elle ne protège pas. Elle efface.
Elle transforme un acteur central en spectateur de sa propre mémoire.
Dans ses commémorations, ses lieux historiques comme Ouidah, et ses initiatives culturelles, le Bénin revendique un rôle central dans la mémoire de la traite.
Mais quand il s’agit de traduire cette mémoire en actes diplomatiques concrets, il esquive.
Résultat : une mémoire muséifiée, patrimonialisée, neutralisée.
Un peuple privé de la parole qu’il mérite.
Les peuples africains, et en particulier la jeunesse, ne se satisfont plus de demi-mesures.
Ils exigent des positions claires, des engagements fermes, des actes à la hauteur des discours.
Ils attendent que leurs dirigeants incarnent une souveraineté réelle, et non une autonomie de façade.
Le Bénin avait une occasion historique de se tenir debout.
De parler au nom de la mémoire africaine.
De porter une exigence de justice universelle.
Il a choisi l’abstention.
Ce choix aura un coût symbolique et moral.
Il confisque sa voix.
Il efface sa présence.
Il cède à une diplomatie de l’évitement qui trahit l’essentiel.
Mais il n’est pas trop t**d.
La mémoire n’est pas un décor.
Elle impose des actes.
Elle commande cohérence, lucidité et courage.
Le Bénin peut encore se lever.
Se situer.
Porter sa parole avec force et dignité.
Le temps des demi-mesures est révolu.
Le silence est une reddition.
Le courage est une exigence.
La mémoire est un devoir.
Ligue de défense noire africaine