06/10/2024
HABITER … comment habiter la terre, notre maison commune ?
Hier, l'aumônerie a été invitée à 16H par une belle équipe du clocher de la Cousinerie, "la Couzzz'" comme ils disent ! Le but, clore le "temps de la création" à Villeneuve-d'Ascq par une belle balade au milieu de la nature. Une marche bucolique entrecoupée de trois haltes où nous avons médité sur trois textes tirés de l'encyclique "Laudato Si'", pris de le temps de s'écouter et entendre ce que cette parole venait interpeller chez chacun de nous, sans oublier de dire ensemble une prière pour rendre grâce de ce temps vécu.
Après la marche, nous nous sommes retrouvés en l'église de "la couzzz'" le temps de la messe pour célébrer ensemble cette belle communion. L'assemblée de "la couzzz'" n'est plus toute jeune, toujours très vivante d'une histoire partagée, et elle garde en elle une force et une espérance de la transmission. On s'y sent accueillis. C'était aussi l'occasion de retrouver Jeanne qui nous accompagne en aumônerie.
Il manque un peu de "jeunesse" dans ce clocher. Cette année, nous y trouverons certainement un lieu d'Eglise privilégié pour nos temps de messe des familles… à approfondir !
Habiter, oui, témoigner de la présence invisible de Dieu, c'est être sensible à créer des lieux habités. A l'image de ce tableau de Matisse, le "silence habité des maisons", on sent que ce qui se vit habituellement en un lieu va y laisser la présence d'une âme tout de suite visible, perceptible … "un supplément d'âme", voilà notre vocation de chrétiens dans ce monde … le rendre habité d'une présence, la nôtre … et aussi celle du tout Autre par la présence des autres, au moins la place que nous leur laissons.
"Habiter la terre, notre maison commune." Troisième halte de notre balade. Fort de notre éveil à l'adjectif "habité" avec Matisse, nous lirons avec intérêt cette belle méditation d'Elena Lasida…
… " Quelle belle image celle de la terre comme « maison commune » ! C’est l’image proposée par le Pape François dans l’encyclique Laudato Si’. Or on construit une maison, certes, mais surtout, on habite une maison.
Ce qui donne du caractère à une maison ce n’est pas la qualité des matériaux utilisés mais le fait de la sentir « habitée ». Et le Pape nous invite à « habiter » la terre afin que chaque créature, humaine et non humaine, puisse s’y sentir « chez soi ». Une terre inclusive et abritante pour tous les êtres vivants !
Comment « habiter » la terre ? En respectant chacune de ses créatures bien évidemment. En arrêtant son exploitation sauvage. Mais le Pape nous dit que cela ne suffit pas. Le changement à faire est bien plus radical et existentiel.
Car il ne s’agit pas seulement de réduire le rythme, de faire moins du « même », mais de faire « autrement ». Et pour faire autrement, il nous donne une seule et unique clé : la relation. Plutôt que centrer notre attention sur l’efficacité de notre action, sur le résultat obtenu, la centrer sur la qualité des relations tissées. C’est la qualité relationnelle vécue à l’intérieur de la maison qui fait d’elle une « maison habitée ».
Dans Laudato Si’, cette qualité relationnelle est nommée « écologie intégrale » : une invitation à vivre la relation à soi, aux autres, à la nature et à Dieu sous forme de « communion ». Dans sa dernière encyclique, Fratelli tutti, cette qualité relationnelle est nommée « fraternité » et « amitié sociale ».
Ces termes disent une seule et même chose, mais très difficile à enfermer dans un concept : ce qui compte, ce qui donne de la valeur, ce sont les liens qui nous soutiennent plutôt que les biens que nous détenons.
Ce changement radical de visée sur ce qu’est une « vie bonne », pour chacun et pour tous, nous fait comprendre que ce n’est pas ce qui nous appartient qui compte mais plutôt de savoir à qui nous appartenons.
Car la relation de communion, de fraternité et d’amitié sociale crée avant tout une appartenance commune. Ces relations ne sont pas des moyens pour accéder aux biens nécessaires pour vivre dignement.
Ces relations sont une finalité en soi, car elles créent une interdépendance existentielle.
La communion, la fraternité et l’amitié sociale nous apprennent que nous sommes ce que nous recevons.
Nous ne sommes pas ce que nous possédons, ni ce que nous produisons, ni ce que nous subissons, nous devenons ce que nous recevons gratuitement des autres créatures et du Créateur."
Prions pour ceux de la communauté qui n'ont pas pu se joindre, ils étaient présents dans nos cœurs et nos prières.