03/10/2025
Lieux magiques en Brenne ; par M.Patrick Grosjean sur le groupe j'aime ma Brenne (d'Hier à Aujourd'hui...)
Le prieuré grandmontain/château de Puychevrier, à Mérigny, dans la Vienne - 1ère partie Connaissez-vous l’ordre de Grandmont ? Non ? Moi non plus… jusqu’à ce que je découvre Puychevrier, « mon » premier prieuré grandmontain.
L’Ordre de Grandmont a été fondé par saint Étienne de Muret (1045-1124) dans les monts d’Ambazac, à une vingtaine de kilomètres au nord de Limoges. Il connut un remarquable développement au 12e et 13e siècle, avec 144 prieurés en France (en grande majorité dans le quart sud-ouest de la France, plus 3 en Angleterre et 2 en Espagne). Grandmont est un ordre cénobitique (communauté d’ermites) : une dizaine de frères lais (ou convers, laïcs chargés des travaux agricoles et manuels) et de clercs (prêtres voués à la vie spirituelle) par établissement, ne sortant guère du petit domaine entourant le prieuré (3 à 5 ha au maximum).
On invoque souvent l’ordre cistercien pour l’austérité de sa règle et le dépouillement de son architecture. Mais ce n’est rien par rapport aux grandmontains. L’abbaye cistercienne de Noirlac (Cher) est un ensemble monastique monumental ; les prieurés grandmontains (nommés « celles ») sont d’une discrétion frisant l’effacement. Dépourvus de clocher (comme d’ailleurs chez les cisterciens). Ils font davantage penser à une ferme à cour carrée qu’à un établissement monastique (Voir image d'une celle grandmontaine type, dessin de Gilles Bresson). Ils se ressemblent étrangement : ce sont probablement les mêmes maîtres d’œuvre - talentueux - qui sont intervenus d’une génération à l’autre.
Puychevrier n’échappe pas à la règle. Fondé en 1181, il est situé dans l’un des « écarts » de Mérigny, en rive gauche de l’Anglin, aux confins du Berry et du Poitou. Le prieuré se trouve enclos de longs murs le cachant presque complètement. Lorsqu’on pénètre dans cette enceinte, on a plus l’impression d’un château que d’un édifice religieux. Normal, ce que l’on voit en premier, c’est l’arrière de l’aile du réfectoire et du dortoir des moines profondément remaniée aux 16e et 17e siècles. Tout change en faisant le tour : cette fois, on plonge dans le 12e siècle.
Du prieuré, il ne reste pourtant que la chapelle, le passage des morts (qui menait au cimetière des moines, au chevet de la chapelle – photo 4), la salle capitulaire avec le dortoir à l’étage, la cuisine des hôtes, le colombier, plus quelques bâtiments annexes à vocation agricole, ajoutés au fil des siècles.
Tout ceci mérite qu’on s’y arrête tant cette architecture est d’une grande pureté. (à suivre.../...)