09/09/2026
Homélie de rentrée paroissiale
Dimanche 6 septembre 2026
XXIIIe dimanche du Temps ordinaire – Sénergues
C’est la rentrée…Un nouveau départ, de nouveaux objectifs, un nouveau regard.
Et en ce mois de septembre, le Seigneur nous appelle à être des guetteurs : des hommes et des femmes attentifs à sa Parole, mais aussi attentifs à nos frères et à nos sœurs.
Le prophète Ézéchiel reçoit cette parole du Seigneur :
« Fils d’homme, je fais de toi un guetteur pour la maison d’Israël. »
Être guetteur, ce n’est pas simplement surveiller. C’est veiller, être attentif, discerner ce qui vient, savoir reconnaître la présence de Dieu et être attentif à celui qui se trouve à nos côtés.
Nous sommes donc appelés aujourd’hui à être des guetteurs pour nos maisons, pour nos familles, pour notre communauté, et pour la maison du Seigneur.
En cette rentrée, je voudrais formuler trois souhaits pour notre communauté.
1. Grandir dans la foi
Le premier souhait est que nous puissions grandir dans la foi.
Grandir dans la foi, c’est d’abord nous mettre à l’écoute de la Parole de Dieu.
Alors, pourquoi ne pas nous donner un petit défi pour cette rentrée : lire chaque jour l’Évangile, ou simplement un verset de la Bible ?
Quelques minutes par jour peuvent changer beaucoup de choses. La Parole de Dieu vient éclairer notre quotidien, nos choix, nos relations, nos joies et même nos difficultés.
Nous pouvons aussi prendre le temps de lire un livre spirituel, de découvrir un auteur, ou encore la vie d’un saint.
Et puis, grandir dans la foi, c’est aussi oser la partager avec d’autres. Dans notre famille, avec nos voisins, dans notre quartier, avec un ami… Parfois, une simple parole, un témoignage ou une question partagée peut ouvrir un chemin.
La foi n’est pas faite pour être enfermée. Elle grandit lorsqu’elle est vécue et partagée.
2. Stimuler l’espérance
Le deuxième souhait est que nous puissions stimuler l’espérance.
Nous vivons dans un monde qui peut parfois nous donner des raisons d’avoir peur, de nous décourager ou de nous replier sur nous-mêmes.
Alors, chaque matin, pourquoi ne pas nous placer simplement sous le souffle de l’Esprit Saint et l’invoquer ?
« Viens, Esprit Saint. Conduis-moi aujourd’hui. »
Nous pouvons aussi vivre un temps de pèlerinage. Ici, nous avons la grâce d’avoir Conques tout près de nous. Mais il y a aussi les pèlerinages mariaux, Lourdes, ou simplement un chemin que l’on parcourt dans la prière.
Le pèlerinage nous rappelle que nous sommes en chemin. Nous n’avons pas besoin d’avoir toutes les réponses. Nous avançons, pas après pas, avec le Seigneur.
Et puis, stimuler l’espérance, c’est aussi apprendre à accueillir les demandes, les appels que le Seigneur dépose dans notre cœur, notamment dans la prière.
Parfois, Dieu nous appelle à faire quelque chose de très simple : téléphoner à quelqu’un, rendre visite, prendre des nouvelles, donner un peu de temps…
L’espérance devient alors concrète.
3. Vivre dans la charité
Enfin, le troisième souhait est que nous puissions vivre davantage dans la charité.
Cela peut commencer par une démarche de pardon.
Déposer ce qui est lourd, ce qui nous enferme, ce qui nous empêche d’avancer. Et pourquoi pas vivre cette démarche dans le sacrement de la réconciliation ?
Recevoir le pardon de Dieu, c’est retrouver la liberté d’aimer.
La charité, c’est aussi très concrètement inviter, visiter, partager un moment.
Pensons aux personnes seules, aux personnes malades, à celles que nous ne voyons plus, parfois même à quelqu’un qui habite tout près de chez nous.
Un coup de téléphone, une visite, un café partagé peuvent sembler bien peu de choses… et pourtant, ils peuvent représenter énormément pour celui qui les reçoit.
Et puis, nous avons besoin de nous nourrir de l’Eucharistie chaque dimanche.
L’Eucharistie est, comme nous le rappelle le Concile Vatican II, la source et le sommet de toute la vie chrétienne.
Nous venons y recevoir le Christ pour pouvoir ensuite repartir et le donner autour de nous.
Grandir dans la foi, stimuler l’espérance, vivre dans la charité.
C’est ce que je souhaite pour chacun d’entre nous, pour les petits comme pour les grands.
C’est un véritable développement intégral de la personne que je souhaite pour chacun.
Le pape Léon a écrit, au mois de mai dernier, une très belle encyclique, Magnifica humanitas — une invitation à redécouvrir ce qui fait la profondeur de notre humanité et de notre vocation à aimer. Si vous ne l’avez pas encore lue, je vous encourage vraiment à la découvrir.
Dans le chapitre consacré aux fondements et aux principes de la doctrine sociale de l’Église, il parle notamment du développement humain intégral.
Il rappelle, au numéro 82, en s’appuyant sur l’encyclique Populorum progressio de saint Paul VI, que le développement n’est authentique que s’il est « intégral », c’est-à-dire orienté vers la promotion de chaque homme et de l’homme tout entier.
Le développement humain intégral concerne donc toutes les dimensions de notre existence. Il nous fait grandir comme personne, comme peuples, et il ouvre aussi un avenir aux générations qui viennent.
C’est exactement le chantier qui est devant nous.
Le chantier de notre époque est celui du sage architecte, habité par l’espérance du Royaume de Dieu, qui travaille à bâtir un monde meilleur, pour le bien de tous.
Et ce chantier, nous le retrouvons aussi dans notre paroisse.
Depuis presque une année maintenant, une dizaine de personnes se retrouvent régulièrement pour réfléchir à notre histoire, à ce que nous avons vécu, à ce que nous sommes devenus, mais aussi à la direction que nous voulons prendre.
D’où venons-nous ? Où voulons-nous aller ? Et surtout, quel chemin allons-nous emprunter ?
Ce travail ne pourra pas se faire sans chacun de nous.
Et il ne se fera pas non plus uniquement avec ceux qui sont déjà là.
Nous avons commencé à appeler d’autres personnes à nous rejoindre. Certaines sont peut-être encore loin de notre communauté, mais elles peuvent être touchées par cet appel à rêver ensemble notre paroisse de demain.
Parce qu’une paroisse n’est pas seulement un lieu, ni une organisation.
Une paroisse, c’est une communauté de personnes qui avancent ensemble, qui prient ensemble, qui se soutiennent, qui servent et qui témoignent.
Et au fond, le plus grand désir du Seigneur est tout simple :
marcher avec nous.
Il veut nous donner sa bénédiction. Il veut nous donner sa vie. Il veut nous conduire sur le chemin.
Alors, en cette rentrée, continuons à avancer dans l’espérance, comme des pèlerins heureux et aimants.
Des pèlerins qui savent d’où ils viennent, mais qui gardent les yeux tournés vers l’avenir.
Des pèlerins qui ne marchent jamais seuls, parce que le Seigneur marche avec eux.
Et je voudrais terminer avec cette belle prière attribuée à Mère Teresa :
La vie est une chance, saisis-la.
La vie est beauté, admire-la.
La vie est béatitude, savoure-la.
La vie est un rêve, fais-en une réalité.
La vie est un défi, fais-lui face.
La vie est un devoir, accomplis-le.
La vie est un jeu, joue-le.
La vie est précieuse, prends-en soin.
La vie est une richesse, conserve-la.
La vie est amour, jouis-en.
La vie est mystère, perce-le.
La vie est promesse, remplis-la.
La vie est tristesse, surmonte-la.
La vie est un hymne, chante-le.
La vie est un combat, accepte-le.
La vie est une tragédie, prends-la à bras-le-corps.
La vie est une aventure, ose-la.
La vie est bonheur, mérite-le.
La vie est la vie, défends-la.
Alors, bonne rentrée à chacun !
Que le Seigneur nous donne de grandir dans la foi, de stimuler l’espérance et de vivre dans la charité.
Et qu’il nous accompagne, tous ensemble, sur le chemin de notre paroisse.
Amen
Frère Damien