17/02/2026
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Salle de formation.
8h27.
Le café coule. Les stylos tremblent.
Et moi, Tof-Ton-Stétho formateur, je regarde entrer la faune sauvage de la DPC Academy.
Je les connais.
Je les aime déjà.
Même ceux qui vont me challenger avant 9h12.
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Premier profil.
Le Rebelle.
Il s’assoit bras croisés.
Regard de western.
Badge de l’Ordre accroché de travers.
— « De toute façon, la NGAP, c’est politique. »
— « Bonjour à toi aussi. »
— « Et les pharmaciens, on en parle ? »
On est là depuis trois minutes.
Il est déjà contre tout.
Contre l’Article 11B.
Contre les BSI.
Contre la couleur du PowerPoint.
Mais attention.
Sous la carapace, c’est un passionné.
Il connaît les textes.
Il a pris trois indus, deux contrôles, une convocation.
Il ne vient pas pour faire joli.
Il vient pour comprendre.
Pour ne plus se faire piquer.
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Deuxième profil.
L’Apprenante Modèle.
Elle s’installe au deuxième rang.
Carnet ouvert.
Stylo aligné à 90 degrés.
Elle ne parle pas.
Elle hoche la tête doucement.
Je pose une question.
Silence.
Je la regarde.
— « Et vous, qu’en pensez-vous ? »
Elle rougit.
Et là…
BOUM.
Une analyse clinique en trois niveaux.
Un raisonnement structuré.
Une référence réglementaire.
Une finesse dans la nuance.
Toute la salle se retourne.
Elle referme son carnet, comme si de rien n’était. Discrète, mais redoutablement pertinente.
Mission accomplie.
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Troisième profil.
Les Pipelettes.
Elles arrivent en binôme.
Sac posé.
Téléphones chargés.
— « Tu te rappelles chez Mme Dupont ? »
— « Arrête, j’allais en parler ! »
Je commence à parler BSI.
Elles parlent gâteau au yaourt.
Je parle traçabilité.
Elles parlent week-end.
Mais quand je dis :
— « Indu de 3 800 euros. »
Silence religieux.
Elles notent tout.
Elles ne sont pas là QUE pour papoter.
Elles sont là pour ne pas perdre 3 800 euros.
Nuance.
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Quatrième profil.
Le Gourmet.
Il regarde la table du fond.
— « On mange à quelle heure ? »
Il a choisi la formation en fonction du traiteur.
Il connaît le menu avant le programme.
Mais à 14h…
quand tout le monde digère…
C’est lui qui pose la meilleure question sur la responsabilité civile.
Comme quoi.
Le ventre rassasié nourrit aussi le cerveau.
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Cinquième profil.
Le Sur-Formateur.
Il a tout lu.
Tout vu.
Tout fait.
— « Moi, dans mon cabinet… »
— « Oui. »
— « Moi, j’aurais expliqué ça autrement. »
— « Je t’écoute. »
Il se pense plus fort que moi.
Et parfois…
il a raison sur un point précis.
Et c’est ça la beauté.
La formation, ce n’est pas un trône.
C’est une table ronde.
Je ne suis pas là pour briller.
Je suis là pour faire circuler le savoir.
Et même lui, le challenger permanent,
il est là pour une chose :
sécuriser sa pratique.
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Et puis il y a les silencieux.
Les épuisés.
Les jeunes installés depuis 6 mois.
Les 20 ans de cabinet qui veulent comprendre ce nouveau monde.
Ils ont tous des histoires.
Des contrôles.
Des doutes.
Des patients complexes.
Des nuits sans sommeil.
Ils viennent avec leurs peurs invisibles :
« Est-ce que je fais bien ? »
« Est-ce que je suis couvert ? »
« Est-ce que je risque quelque chose ? »
Et moi, au milieu,
avec mon stétho imaginaire et mon PowerPoint un peu trop dense,
je me dis une chose.
Ils sont tous motivés.
Même le Rebelle.
Même la Pipelette.
Même le Gourmet.
Même le Sur-Formateur.
Parce qu’aujourd’hui, se former, ce n’est plus un luxe.
C’est une armure.
C’est une protection face aux indus.
Face aux contrôles.
Face à la responsabilité civile.
Face aux « vous auriez dû savoir ».
La formation, ce n’est pas juste des heures DPC.
C’est dire :
« Je veux comprendre. »
« Je veux progresser. »
« Je veux exercer longtemps. »
Et à 17h…
Ils repartent différents.
Un peu plus solides.
Un peu plus rassurés.
Un peu plus armés.
Et moi, je referme mon ordinateur.
Fatigué.
Heureux.
Parce que derrière chaque profil caricatural…
Il y a un professionnel engagé.
Et ça,
ça vaut tous les plateaux-repas du monde. 🩺📚