31/08/2026
Après l’homélie diffusée ce matin, celle prononcée samedi soir, retrouvez maintenant l’homélie de ce dimanche, à l’occasion de la Messe des Vendanges. 🍇🙏
HOMELIE FINALE SAINTE MAXIME Messe des Vendanges
Dimanche 30 Août 2026
Musique : c’est pour elle de Pierre Bachelet
Une fois n’est pas coutume, ce n’est pas avec JJ Goldman, mais avec Pierre Bachelet que je commence. Pendant 10 ans, j’ai fait corps avec cette paroisse tant aimée, qui m’a si bien adoptée, et tout ce que j’ai fait, c’est pour ELLE. Si je me levais tôt le matin, si j’y pensais quelques fois la nuit, c’est pour ELLE ! Mon temps, ma vie lui ont été consacrés « pour qu’elle soit belle le dimanche » (mais pas que le dimanche 😉), pour que cette paroisse rayonne, nourrisse ceux qui l’approchent et attire bien des âmes à elle.
Comme le dit Pierre Bachelet, « j’étais comme un chien qui court sous la pluie, pour la défendre, la mettre à l’abri… »
Je ne l’ai pas fait seul, ni à partir de rien.
Je l’ai fait, avec vous, et plus spécialement, avec des collaborateurs extraordinaires, au premier rang desquels mes vicaires : le père Destin d’abord (de déc. 2017 à août 2025) si joyeux, si fidèle et tellement rayonnant, avec qui j’ai fait un excellent binôme ; et le père Tanguy (de Sept 2025 à maintenant) à qui je laisse la paroisse, remarquable par son intelligence des situations et la profondeur de ses prédications. Merci cher Tanguy de m’avoir autant facilité ma tâche dirigeante.
J’ai rencontré aussi dans cette paroisse, nombre de bénévoles dévoués et aimant profondément et le Christ et leur paroisse, au premier rang desquels, nos sacristains Laurent & Yvette. Toute paroisse a ses sacristains, qui ouvrent, ferment l’église, veillent à son entretien et préparent les messes. Mais j’ose le dire, je n’ai jamais rencontré un tel dévouement, une telle quantité de temps passée dans l’église. Les gens me disent « le grand monsieur, il dort dans l’église ? » Être là, l’un ou l’autre, et souvent l’un et l’autre, à TOUS les mariages, tous les baptêmes, toutes les obsèques et tous les concerts : chapeau !
De nombreux autres bénévoles, je ne pas tous les citer, m’ont profondément aidé : animatrices d’aumônerie, catéchistes, choristes, organistes, chantres, visiteurs de malades, équipiers du secours catholique, secrétaires d’accueil, comptable, équipiers liturgiques, membres de la com’, accompagnateurs de catéchumènes, aides ponctuelles, sans oublier ceux qui aident à l’entretien des bâtiments paroissiaux et des tâches matérielles.
Je ne l’ai pas fait seul ; je l’ai fait avec toutes ces personnes. Je ne l’ai pas fait à partir de rien, mais en recevant cette paroisse de très valeureux et éminents confrères. De même que la ville a eu une série de bons maires qui ont façonné son visage actuel sans en défigurer son âme (pour ne citer que les derniers : Aymeric Simon-Lorière 1971-1977 ; le Dr Paul BEAUSSET 1977-1995, qui était si content de nous voir quand nous allions célébrer la messe à la Promenade de Jade, et que nous avons enterré en octobre 2024 ; Bernard ROLLAND 1995-2008, et vous mon cher Vincent (depuis 2008), de même la paroisse a été servie par toute une série de très bons prêtres, vicaires et curés confondus.
Je ne peux les citer tous là aussi, mais j’en énumère quelques-uns, mon très cher ami, frère d’ordination, le Père Gilles GUENERIE emporté par un cancer le 21 septembre 2024 ; le Père Patrick POLITCKI ; le chanoine Guy MONTECH dont j’ai été le vicaire, et qui m’a laissé cette belle paroisse en ordre de marche, avec ses nombreuses initiatives ; et bien sûr les 2 monuments que sont l’abbé LEJEUNE, co-fondateur de la reprise de notre bravade, et le Père Raymond ESPITALLIER.
Alors oui, c’est vrai, et ce n’est pas un secret de polichinelle, et vous le savez j’aime bien ne pas cacher derrière les mots, j’aurai bien aimé rester encore parmi vous, autant que vous auriez voulu me garder, tant je n’ai jamais rencontré de toute ma vie, une paroisse avec laquelle j’ai fait autant corps. L’obéissance est parfois la plus dure des choses qui nous est demandée, et en même temps, le plus bel hommage à offrir à Jésus.
Je n’ai pas à rougir de ma longévité en votre sein, avec mes 10 ans de présence, depuis un siècle, toutes fonctions confondues de vicaire et de curé, je suis le prêtre qui a la 3ième longévité la plus longue à Sainte Maxime, après l’abbé LEJEUNE qui est resté curé 21ans, et le Père ESPITALLIER, 16 ans.
Monsieur le Maire, j’aurai eu la chance de faire la moitié de votre second mandat, l’intégralité de votre 3ième mandat et le début de votre 4ième mandat. Ce n’est pas rien, là aussi ! Vous avez dit lors de vos derniers vœux : « notre curé on ne le prête pas, on ne le donne pas, il n’est pas à vendre ! » Vous avez eu tout juste ; vous avez seulement oublié « il n’est pas mutable ! »
Nous avons formé un duo, là encore, exceptionnel, que beaucoup louaient et admiraient. Les affaires se réglaient avec facilité et humanisme avec vous, et vous n’avez jamais omis de « mettre l’église au centre du village » !
A travers vous, c’est l’ensemble des élus, présents, et des précédentes mandatures avec lesquels j’ai travaillé, que je remercie du fond du cœur pour cette excellente collaboration. Je ne saurai tous les citer, mais je devais n’en retenir qu’une : c’est la grande dame que fut Jehanne ARNAUD, brillante par sa culture, son savoir vivre et son humour. Après l’avoir côtoyée, j’ai célébré ses obsèques le 11 octobre 2023.
Je ne saurai oublier les agents de la municipalité. Un curé doit travailler avec plusieurs services de la ville. Dans certaines communes, nous sommes considérés au mieux comme une association parmi tant d’autres, au pire, s’il y a un relent d’anticléricalisme primaire, un peu en dessous des autres. A Sainte Maxime, rien de tel ! J’ai toujours reçu de tous les services et de tous les personnels, un accueil chaleureux, distingué et reconnaissant de ce que nous incarnons. Que ce soit à la culture, à l’ODP, à l’urbanisme, à la com’, au service des bâtiments, à la voirie, aux espaces verts, aux services techniques : tous les agents sans exception – et je les remercie- ont toujours eu envers la paroisse une collaboration facilitante et de bonne entente. Je ne peux les nommer tous -même s’il me revient plein de visages en tête-, mais il y en a un avec qui j’étais plus spécialement en lien et que j’avais au téléphone un peu plus que les autres : c’est celui qui a dirigé l’installation de ce lieu où nous vous êtes : c’est Alan, et j’aimerai qu’on l’applaudisse.
Moi je me lève tôt, mais alors lui, il ne fait pas d’excès de grasses matinées ! Un matin, il m’a même trouvé à l’heure où il partait bosser, alors que j’allais faire mon footing…oui, c’est une ville qui m’a fait courir, spécial dédicace à Justine et à mon super binôme !
Puis l’immense partie de la population, les foules anonymes qui nous suivent lors des nombreuses processions, vous tous ici présents, un grand merci pour votre chaleur, pour votre accueil, pour votre adoption : Je me sentirai à jamais maximois !
Alors c’est ma dernière messe parmi vous….en tant que votre curé. Pas la dernière de la vie ! Pas la dernière fois qu’on se voit !
Cela fait 45 ans que je viens à Sainte Maxime. Il faut bien quelques révélations dans cette homélie…. Je ne savais même pas ce qu’était un prêtre que je venais déjà à Sainte Maxime. Ma mère ici présente et feu mon père, nous amenaient, mon frère et moi, le dimanche en balade à Sainte Maxime. Adolescent et jeune adulte, j’ai continué d’y venir, admirant la beauté de cette ville. Jeune prêtre, je la voyais comme une destination enviable sans imaginer un seul instant que l’évêque m’appellerait à y œuvrer. Être au milieu de vous a été une joie sans commune mesure. Vous servir a été le plus grand honneur qui m’ait été fait !
Bravadeurs, musiciens, Magnoti, félibres, gens de tradition : vos traditions sont devenues les miennes et j’ai de l’admiration pour votre mission, d’animer, de perpétuer et de transmettre les traditions provençales.
Bon, je ne vous cache pas que si je vous voyais un peu plus souvent à la messe, cela ne me déplairait pas (et le Boun Diou encore moins !), mais le regain de la foi que l’on observe partout, touchera, j’en forme le vœu et la prière, chacune de vos associations !
Lors de la dernière bravade, personnellement la plus belle que j’ai vécue, vous m’avez offert le plus cadeau pour un provençal : la souche, célébrée dans la danse éponyme, cette souche qui es là devant vous et que j’emporte avec moi ! Merci gens de tradition -et j’inclue le groupe invité- d’être ce que vous êtes. Continuez ! La Provence est belle, surtout quand elle sait être fidèle à ses aïeux et à ses traditions.
L’histoire a beaucoup d’humour, car mon grand-père, instituteur, julesferriste convaincu, était anticlérical, et interdisait à mes arrière-grands-mères de parler provençal à la maison (des fois que ça nous contamine …) Dans chaque famille, il y en a toujours un qui tourne mal : il a eu un petit fils qui est devenu prêtre et chantre de la culture Provençale !
Permettez-moi, avant de conclure, un avant dernier mot à destination du Père Tanguy, encore actuellement mon vicaire, et votre futur curé.
Comme ton patronyme ne l’indique pas (c’est pour brouiller les pistes), il est une bonne chose pour présider aux destinées de cette paroisse que tu sois un varois de naissance, puisque que tu es né à Hyères. Sainte Maxime aura eu -fait extrêmement rare vu la diversité du clergé- 3 curés à la suite (série en cours), qui ne sont pas seulement des varois d’adoption, mais des varois de naissance : le Père. MONTECH, moi-même et toi ! Je n’ai pas fait une étude statistique, mais je crois que c’est la seule paroisse du Var à avoir cette grâce.
Tanguy, comme moi, tu as été vicaire de ton prédécesseur.
Comme moi, Sainte Maxime t’offre ton premier poste de curé.
Comme moi, tu arrives à ce poste très jeune.
J’avais 42 ans quand je suis devenu curé de cette belle paroisse. Tu en avais encore 37 il y a qq jours, et tu viens juste d’avoir 38 ans. (Bon, après il faut que l’évêque cesse de rajeunir l’âge des curés de Sainte Maxime, car sinon on va les prendre au berceau 😉)
On se posera des questions sur ton jeune âge, on doutera de tes capacités. Mais quand je suis devenu curé on me trouvait bien jeune. J’ai rassuré les gens en disant « ne vous inquiétez pas, c’est un défaut qui finit par passer ! »
D’aucuns s’amuseront au jeu des comparaisons et des oppositions de style et de caractère. C’est une chose répandue dans l’opinion publique et quelques fois assez injuste.
Car si nous avons de nombreux points communs, nous ne sommes pas des clones, car Dieu a créé chaque personnalité unique et singulière. Que tu poursuives ce que j’ai essayé de mettre en place m’honorera et sera largement suffisant. Pour le reste, ne cherche pas à imiter mon style, d’ailleurs difficilement imitable, sois toi-même, avec la grâce qui est la tienne. Ne t’inquiète pas des sottises, contre-vérités ou choses fausses qu’on peut raconter sur toi, c’est le lot de tout poste exposé. Et puis, nous sommes en Provence, les ragots vont parfois bon train… C’est souvent ceux qui en savent le moins, qui parlent le plus…
Quand je suis arrivé comme curé, on a dit de moi que je n’aimais pas les fleurs (alors que je trouve les décorations florales fantastiques), que je supprimerai les organistes (alors que je suis même allé en chercher dans les villes voisines pour pallier au départ de Philippe Alexandre) et que la kermesse 2017 serait la dernière kermesse…
Ne t’afflige d’aucune sottise, mais apprends aux gens à vérifier la source, à interroger tout rapporteur de soi-disant ta pensée en disant : « m’avez-vous déjà entendu dire cela ? et quand ? »
Méfie-toi de ceux qui pensent mieux connaître ta pensée que toi-même et qui répèteront à l’envie, pour se rendre intéressants « le père Tanguy a dit que… » Apprends aux gens à vérifier la véracité des informations.
Ma prière t’accompagne toujours dans ta tâche, ma gratitude sera constante, et je serai fier des initiatives que tu prendras, même si elles sont différentes des miennes.
Il est temps de conclure.
Oui, paroisse de Sainte Maxime, nous prêtres, si nous vivons c’est pour toi. Si nous nous levons tôt le matin c’est pour toi !
Paroisse de Sainte Maxime, poursuis ta route,
Sois fière de tous ces prêtres qui t’ont conduite
Et faï avan’, va de l’avant !
Ne reste pas collée à la nostalgie, mais sers-toi de ton passé, de tes racines, de ton héritage pour aller de l’avant.
Continue d’être attentive aux pauvres et aux petits, soutiens-les, protège-les, car il est encore plus difficile d’être pauvre dans une zone fortunée qu’ailleurs,
célèbre avec cœur les mystères sacrés et les liturgies qui rythment l’année,
Paroisse de sainte Maxime, reste ouverte, fraternelle, et accueillante aux nouveaux
Prends soin de tous les catéchumènes,
Paroisse de Sainte Maxime continue de rayonner dans le cœur de la ville,
Paroisse de Sainte Maxime, tu es unique,
Que cela ne te remplisse pas d’orgueil, mais que ta fierté soit teintée d’humilité,
Paroisse de Sainte Maxime, rayonne et chante ton Seigneur à jamais.
Paroisse bien-aimée, je ne t’oublierai jamais !