07/09/2024
DIMANCHE 8 SEPTEMBRE 2024 23E D TORD B A PACE HOMELIE DU P VAST-AMOUR ADJOBI
Aujourd’hui le pèlerinage diocésain à la Peinière est consacré à célébrer l’année de la prière dans notre diocèse, ce qui nous prépare à entrer dans l’année jubilaire des 1700 ans du credo de Nicée de Constantinople. Prière et Foi, telles sont les attitudes essentielles qui s’articulent l’une et l’autre dans toute vie spirituelle, vie au-delà de ce qui touche simplement à ce qui peut mourir en nous, et en particulier lorsque nous prenons conscience de notre finitude.
Le psaume de ce jour met sur nos lèvres un vœu auquel nous pouvons tant bien que mal nous accrocher : « Je veux louer le Seigneur tant que je vis ». On peut même ajouter « sa louange sans cesse à mes lèvres ». Louer le Seigneur en toutes circonstances de la vie, aussi bien dans le bonheur que dans les épreuves. Quand dans le bonheur, prière et Foi relèvent d’un témoignage de fidélité, dans les épreuves en revanche, Prière et Foi relèvent d’une endurance de la fidélité, d’une résistance au découragement, à l’abandon de toute vie spirituelle.
Nous le savons, la vie a ses bons points et ses mauvais points. Les coups durs de la vie ont parfois la peau dure. Malgré tout, Je veux louer le Seigneur tant que je vis, afin de dire mon attitude toute confiante en Dieu dans la Foi et la Prière.
Cela n’est donc pas anodin ce « tant que je vis ». S’il nous arrive de soupirer en se disant que « tant qu’il y a la vie il y a espoir » c’est bien parce que notre vie nous contraint à ces coups durs qui nous révèlent nos fragilités, où nous perdons parfois pied lorsque toute prise nous échappe, au point de nous retourner le cœur dans le mauvais sens.
Humainement, lorsqu’on reçoit des coups, on est tenté d’en donner davantage. C’est la justice par l’instinct de conservation. Lorsqu’on est traversé par des émotions négatives face aux coups durs de la vie : les frustrations, la honte, la persécution, l’appauvrissement. On a bien envie de prendre une revanche sur la vie. Mais dans ce monde, revanche et vengeance, même si elles demandent de l’élévation, de la résilience et du courage, elles ont plutôt mauvaise figure lorsqu’elles souhaitent le retournement de situation par la punition, par le fait de faire ressentir autant que possible le mal qu’on subit. Or voici que le prophète Isaïe déclare « dites à ceux qui s’affolent, soyez forts, ne craignez pas. Voici votre Dieu : c’est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu ».
Evidemment, il nous faudra éviter de croire que Dieu venge comme l’homme est tenté de se venger et d’agir par le mal contre un autre. Dieu sait tirer le Bien du Mal. La vengeance de Dieu ici est infiniment positive. Isaïe ajoute « Il vient Lui-même et va vous sauver ». Puis Isaïe déploie des promesses : « Il fera voir les aveugles, il fera entendre les sourds, il fera parler les muets ».
C’est bien ce que reprend le psaume « Dieu fidèle fera justice aux opprimés, donnera le pain aux affamés, ouvre les yeux des aveugles, soutient la v***e et l’orphelin, protège l’étranger ». C’est-à-dire, toutes ces personnes autrefois marginalisées de la société, qui n’ont plus accès à la vie par les sens qui nous sont communs, le voir, le toucher, le langage, la solitude, toutes ces personnes qui n’ont plus accès à la beauté du son et de la lumière (remarquons que cela a bien évolué aujourd’hui, les personnes portant un handicap visuel ou phonique nous émerveillent aux jeux paralympiques), trouveront sur leur chemin, la compassion et le salut de Dieu. Face à tous ces coups durs de la vie, il y a un Défenseur.
La vengeance de Dieu, c’est la manifestation du Dieu de la Vie qui Redonne Vie à tout ce qui touche à notre vie d’une manière ou d’une autre. Elle n’est pas tournée contre quelqu’un, elle est Miséricorde et Providence en faveur d’une vie, pour un être aimé.
Comme St Jacques nous invite à le méditer, Dieu prend soin du pauvre et le considère dans tout son être. Il se fait homme et ne succombe pas à la tentation d’agir comme l’homme en ayant plus d’égard pour le riche au détriment du pauvre. Nous pouvons garder confiance en ce Dieu qui ne fait de distinction de personne et veut tout simplement nous garder vivant.
C’est ce que nous pouvons entendre dans cette parole de Guérison de Jésus à cette personne sourde et bègue en plein territoire grec de la Décapole. « Effata ouvre-toi », ouvre-toi à la vie. Les gestes de Jésus sont ceux d’un homme, la technique un guérisseur traditionnel : il met les doigts dans les oreilles, touche la langue. Mais c’est aussi une attitude de Foi et de Prière, de confiance et d’abandon : il lève les yeux au ciel, il soupire comme il gémit de souffrance et d’espérance. C’est encore l’attitude du Verbe : il déclare la parole de Guérison : effata, ouvre-toi, entièrement, totalement.
O Seigneur, dans la foi et la prière, Je veux sans cesse te louer tant que je vis, bien au-delà des épreuves que cette vie nous impose. Aide-nous à demeurer dans la persévérance et à soutenir tous ceux qui souffrent autour de nous, toi qui vis et règne éternellement. Amen !