05/05/2020
Serviteurs de la joie divine !
Dimanche dernier, nous avons écouté ce magnifique évangile du Bon Pasteur qui connaît ses brebis, ce Bon Pasteur qui donne la vie éternelle à ses brebis !
Vivre notre vocation chrétienne, c’est choisir, en priorité, celui qui présidera à jamais notre vie. Aux jours de notre baptême et de notre confirmation, nous avons choisi le Bon Pasteur qui « nous conduit par le juste chemin », comme l’affirme le psaume 22.
Mais la vocation chrétienne se manifeste de diverses manières au long d’une vie. Ce sont ces moments où nous devons nous engager plus concrètement,
- soit en choisissant un état de vie, une fois pour toutes,
- soit en prenant une décision importante qui marquera un tournant dans notre histoire. Et cela arrive plusieurs fois dans une vie.
Prier pour les vocations,
- c'est prier pour que, au sein de notre Eglise, nos paroisses, aumôneries, mouvements, cet appel retentisse et soit entendu, - c'est prier pour que nombreux soient celles et ceux qui prendront la décision d’ouvrir leur cœur pour offrir leur vie à Dieu, lui qui reste fidèle à ses promesses de bonheur,
- c’est prier pour que nous-mêmes, nous sachions ouvrir notre propre cœur pour écouter les appels du Seigneur et y répondre.
Jésus l’annonce clairement : « Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent. » Ce qui peut nous apparaître comme un automatisme repose sur une conviction, l'efficacité de la Parole de Dieu : quiconque écoute ma voix... me suit.
Tout de suite des obstacles peuvent surgir : « Ecouter la voix du Seigneur ? Mais que va-t-il me demander ? Que va-t-il vouloir me prendre ?... » Il y a fort à parier que la crainte ou le doute ne saisisse le cœur de celui ou celle qui désire écouter sans retenue la Parole du Seigneur.
Or que nous annonce l’Évangile ? Que Jésus ne demande rien : aucune exigence, aucun impératif, nul sacrifice. Il dit : « A ceux qui écoutent ma voix, je donne la vie éternelle, je donne la vie sans fin. » Jésus ne demande rien, il donne !
Sans cette expérience initiale de l'amour vivifiant de Dieu, sans la reconnaissance et la réception de ce que donne Jésus, impossible de répondre gratuitement, impossible de parler de vocation chrétienne.
Le propre de Dieu est d'appeler à la joie. Tel est le fruit que nous pouvons attendre de notre prière pour les vocations : susciter au sein de l'Eglise les « serviteurs de la joie divine » dont le monde a besoin. Car devenir prêtre ou diacre, choisir la vie monastique, apostolique ou consacrée dans le monde, n'est pas un choix qui rend triste, et encore moins un choix qui met en position de supériorité.
C'est un choix qui s'enracine dans la joie et qui conduit à la joie. J’en fais l’expérience depuis plus de 45 ans que j’ai été ordonné prêtre ! Voici 45 ans que je ne regrette pas cette réponse à l’appel de Dieu… Avec vous, je voudrais rendre grâce pour l’appel que j’ai reçu et qui m’a toujours rempli de joie.
La joie divine qui est la nôtre, c’est la joie du Ressuscité ! Non pas une joie « fleur bleue », une joie sans blessures, ni sacrifices, mais la joie de celui ou celle qui, avec le Christ, affronte victorieusement les forces de la mort.
Alors, que nos communautés chrétiennes appellent et interpellent avec audace les « serviteurs de la joie divine » dont l’Église et le monde ont besoin pour aujourd’hui et pour demain.
+ Stanislas LALANNE
Evêque de Pontoise
pour le Val-d’Oise