17/05/2021
La nature fondamentale du bouddhisme est basée sur l’être humain, sur ce qu’est l’être humain. Le Bouddha découvrit qu’il y avait un malaise fondamental que tous les êtres humains partageaient : l’insatisfaction. Tout le monde est insatisfait, personne ne sait se contenter de ce qu’il a, et c’est cette insatisfaction qui nous pousse à faire tout ce que nous faisons ; nous agissons dans l’espoir d’obtenir toujours plus de satisfaction. Il arrive que l’insatisfaction atteigne le degré d’une véritable souffrance ; d’autres fois, il ne s’agit que d’une légère irritation mais, dans tous les cas, elle est présente. Voilà ce que le Bouddha considéra comme le problème fondamental commun à toute l’humanité. Chacun essaie de surmonter ce malaise, tout le temps, d’une manière ou d’une autre, bouddhiste ou pas. C’est notre problème.
Le Bouddha analysa cette question et vit qu’à l’origine de notre malaise il y avait le désir : l’envie d’avoir ou d’être toujours plus. Parallèlement au désir, il y a l’esprit qui s’évade constamment à la recherche de nouveaux objets de désir jusqu’à ce que le désir apparaisse. L’esprit veut obtenir ceci, s’emparer de cela, essayant ainsi de satisfaire son insatisfaction. Le problème est que, quand il essaie de s’emparer de quelque chose avec cette avidité, il crée un état d’attachement vis-à-vis de l’objet recherché. Quand il obtient des choses qu’il aime, il en veut toujours plus et s’y attache ; et quand il rencontre des choses qu’il n’aime pas, il essaie de s’en débarrasser et s’attache aussi au rejet de ces choses. Quand nous sommes victimes de tous ces attachements, notre vie suit des rails posés dans le passé. Autrement dit, nous avons eu l’occasion de créer des attachements, positifs ou négatifs, vis-à-vis de toutes sortes de choses, et ces attachements refont constamment surface ; ils prennent le contrôle de notre vie et nous mènent toujours dans la même direction. C’est ainsi que nous avançons tout le temps et, quand nous arrivons au terme de notre vie, il reste quelque chose de ce qui nous habite, des graines que nous avons plantées par nos actes. Ces résidus se saisissent d’une nouvelle vie et c’est ainsi que nous continuons : nous revenons dans une nouvelle vie et la même chose se reproduit encore et encore, de vie en vie.
La plupart des gens voudraient que la vie ne s’arrête jamais. Pourtant, s’ils comprenaient vraiment la nature de la vie, ils verraient les choses différemment. Ils verraient que la seule chose à faire est d’essayer de mettre un terme à ce cycle, d’essayer d’obtenir une véritable satisfaction. Le problème est que nous désirons toujours des choses basées sur des kilesa, des pollutions mentales, les principales étant l’avidité, l’aversion et l’ignorance de la réalité des choses.
Tout cela a pour cause une incompréhension fondamentale. Nous ne comprenons pas la réalité des choses, nous ne comprenons pas ce que nous sommes, pourquoi nous sommes là, d’où nous venons ni où nous allons. Quand les gens ne comprennent pas cela, ils font des suppositions : ils supposent que telle ou telle attitude est correcte ; que si tout le monde suit une certaine voie c’est qu’elle est juste ; que s’ils voient quelque chose qui leur plaît, ils doivent essayer de se l’approprier parce que ça les rendra heureux. Ils font ensuite ce qu’il faut pour l’obtenir mais ne sont satisfaits que pendant un temps. Très vite, la vieille habitude du désir se réveille et ils recommencent à agir de la même façon.