18/02/2018
1er Dimanche de Carême
« L’Esprit le pousse au désert et, dans le désert, il resta quarante jours, tenté par Satan. »
Jésus est conduit au désert pour y être tenté, il en sort vainqueur. Nous sommes aussi sujets de la tentation, nous sommes vainqueurs et parfois apparemment vaincus. En acceptant d’être tenté, le Christ me sauve, mais comment ?
Le dictionnaire le Robert définit la tentation comme « ce qui porte à enfreindre une loi religieuse, morale ». Le verbe tenter, dans le sens de son étymologie latine, exprime en outre l’idée neutre d’essayer, de tenter le tout pour le tout. Le terme qui concerne la tentation du Christ au désert revêt les deux formes. Jésus est poussé, tenté à enfreindre la loi. Celui qui le tente est Satan, il essaie de piéger Jésus. Pourquoi l’Esprit Saint a-t-il voulu que Jésus soit tenté ?
Souvenons-nous de la condition de Jésus. En venant dans notre chair, Jésus a revêtu notre condition d’homme. Cette condition qui porte en elle la mort, les outrages, la tentation. Le Christ l’a porté pour que, par influence, par osmose, nous ayons la vie. Il a vécu les outrages, pour nous donner les honneurs, il a accepté d’être tenté pour que nous ayons la victoire.
Satan est l’ange déchu, il existe bien et c’est lui qui tente ! Pas Dieu. Dieu ne tente jamais. Alors Saint Pierre nous conseille : « Soyez sobres, veillez : votre adversaire, le diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer. Résistez-lui avec la force de la foi, car vous savez que tous vos frères, par le monde, sont en butte aux mêmes souffrances. ». En un mot : vigilance. Celui qui accepte d’être vigilant accepte aussi l’aide de Dieu. Et comme Jésus a vaincu au désert toute forme de tentation, il sera vainqueur en nous de toute tentation. Alors pourquoi Dieu accepte-t-il que nous y soyons soumis ? Parce que nous sommes faibles et capables de pécher gravement. Dieu ne veut pas la victoire de la mort. Alors il permet la tentation qui nous rend plus fort et nous donne la victoire de la foi. N’ayons pas peur, Dieu ne permettra pas que nous soyons tentés au-delà de nos forces. Il veut nous trouver vainqueur. Soyons vigilants, comme le souligne Origène, si nous voulons que Dieu règne sur nous et que jamais le péché ne règne dans notre corps mortel...Alors, comme dans un paradis spirituel, le Seigneur se promènera en nous, régnant seul sur nous, avec son Christ.
Père Antoine d’Augustin