Paroisse Saint Paul Saint Louis

Paroisse Saint Paul Saint Louis Paroisse catholique Saint Paul Saint Louis. Eglise fondée par les Jésuites en 1627, classée à l'inventaire des Monuments Historiques en 1887.

IG : saint_paulparis Un peu d'histoire ...

Une église sur les remparts de Philippe-Auguste
La double dédicace de l'église Saint-Paul-Saint-Louis rappelle la cohabitation rue Saint-Antoine de deux églises : d'une part l'église paroissiale Saint-Paul-des-Champs, détruite à la Révolution, et l'église de la maison professe des Jésuites, Saint-Louis. C'est cette dernière qui après le Concordat devient

église paroissiale et accole à sa dédicace celle de saint Paul, en souvenir de l'église détruite. Elle est érigée par la Compagnie de Jésus au début du XVIIe siècle sur les restes des remparts de Philippe Auguste, devenus inutiles depuis la construction des murs de Charles V au XIVème siècle. Ce terrain est donné à l'Ordre des Jésuites en 1619 par Louis XIII, leur permettant ainsi d'agrandir l'église qu'ils avaient fondée au même endroit à la fin du XVIe siècle. L'architecture
Une architecture de la Contre-Réforme
Le chantier débute en 1627, avec la pose de la première pierre du chevet le 7 mars, par Louis XIII. L'église est l'oeuvre de deux architectes membres de la Compagnie de Jésus. Le frère Martellange dessine le plan, puis est écarté dès 1629 ; on lui préfère François Derand pour le dessin de la façade et des parties hautes. Le plan s'inspire du modèle développé par Vignole, l'architecte de l'église du Gesù à Rome. Il comprend une nef unique de quatre travées bordée de chapelles communicantes, un transept peu débordant mais large, inscrit dans le prolongement de la nef, surmonté d'une coupole élevée au-dessus de la croisée. Le choeur en hémicycle est précédé d'une travée droite et flanqué de part et d'autre de chapelles en absidiole. La façade, dont la première pierre est posée en 1634 par le cardinal de Richelieu, est achevée en 1641. Le cardinal offre à cette occasion les vantaux sculptés et l'imposte à grille de fer forgé de la grande porte puis finance le maître-autel. La façade reprend la division tripartite de l'église mais dissimule le dôme et les pentes des toitures des collatéraux. Son décor de colonnes, de niches, de volutes et de statues ménage des jeux d'ombres et de lumières qui animent cet ensemble, qui constitue à l'époque une réponse de compromis dans la querelle entre les tenants du baroque italien et ceux du classicisme français. Les symboles de la monarchie bûchés sur la façade lors de la Révolution française sont rétablis en partie haute par Victor Baltard, en charge des édifices cultuels de la Ville au milieu du XIXe siècle. Il commande également les trois statues situées dans les niches pour remplacer celles disparues: les figures de Sainte Catherine, Sainte Aure et Saint Louis sont respectivement signées de Préault, Etex et Lequesne. Le décor intérieur, le mobilier et les œuvres d'art
Un décor au service de la foi
L'intérieur de l'église suit les préceptes du Concile de Trente dont les Jésuites se feront les premiers messagers. La Contre-Réforme préconise en effet l'usage du décor, des lumières, des ornements et des arts comme soutiens spirituels, permettant de guider le fidèle vers Dieu. Une grande luminosité inonde l'édifice grâce à la présence de grandes verrières blanches seulement décorées de filets en grisaille au décor floral. Le lanternon au sommet du dôme apporte encore de la lumière. Avant les destructions de la Révolution puis de 1831 et 1871, l'église Saint-Louis offrait au regard un fastueux décor, tant sculpté que peint dont on peut encore admirer quelques vestiges. Une riche sculpture souligne les articulations entre les différents éléments architecturaux (arcs doubleaux, entablements et corniches, chapiteaux, écoinçons, clés de voûte et balustrades) ; elle a été relativement bien préservée, même si les fleurs de lys de la frise surmontant les tribunes ont été remplacées après la révolution par le décor actuel composé de têtes d'enfants des monogrammes du Christ et de la Vierge. Les bas-reliefs des pendentifs de la coupole représentent les évangélistes, selon une mode venue d'Italie. Des oeuvres dispersées ou disparues
Les fortes horizontales de la nef matérialisées par la frise continue au-dessus des tribunes et le garde-corps en fer forgé guidaient le regard vers le maître-autel, disparu aujourd'hui. Ce dernier se composait d'un tabernacle d'argent et de vermeil, de colonnes en marbre noir aux chapiteaux et bases en bronze doré sur fond de marbre blanc. L'ensemble était incrusté de marbres de couleur et recevait quatre tableaux en alternance suivant les temps liturgiques : Les Ames du purgatoire de Philippe de Champaigne, La Résurrection de Claude Vignon; Saint Louis enlevé au ciel et La Présentation au Temple de Simon Vouet. Ces tableaux quittent l'église dès le XVIIIe siècle après que les Jésuites sont à nouveau expulsés de France en 1762. Le mausolée d'Henri de Bourbon, oeuvre de Jacques Sarazin, qui occupait autrefois le bras gauche du transept, est aujourd'hui conservé au château de Chantilly. Les monuments du cœur de Louis XIII (1643), du même Sarazin, et du cœur de Louis XIV (1730), de Guillaume Ier Coustou, autrefois situés sous les arcades donnant accès aux chapelles encadrant le chœur, ont été fondus sous la Révolution. Les chefs d'oeuvre encore en place ou installés au XIXe siècle
L'histoire de saint Louis, dédicataire de l'église, est célébrée dans le transept par quatre grandes peintures, dont seules trois subsistent. Saint Louis recevant la couronne d'épines des mains du Christ, de l'atelier de Simon Vouet ; Saint Louis partant pour la croisade, qui a disparu et a été remplacé par le Christ au Mont des Oliviers de Delacroix en 1827 ; La Mort de Saint Louis, de Jacques de Létin ; enfin Louis XIII offrant le modèle de l'église à saint Louis, de l'atelier de Vouet. Deux groupes en plâtre situés dans le bras droit du transept sont le souvenir du décor apporté par le XVIIIe siècle. Il s'agit de deux œuvres livrées vers 1745 par Vinache (La Religion foudroyant l'Idolâtrie) et Adam (La Religion instruisant un Américain). Les deux groupes illustrent deux étapes de la mission des Jésuites : l'éradication du paganisme, suivie de l'évangélisation. La composition ramassée et agitée du premier, contraste avec celle, plus sereine, de la conversion en train de s'opérer. Les attributs de plumes dénotent une confusion géographique fréquente, avant le milieu du XVIIIe siècle, entre l'Asie et l'Amérique. Saint-Paul-Saint-Louis recueille au XIXe siècle des œuvres d'art provenant d'autres édifices religieux, notamment la Vierge de douleur que Germain Pilon avait sculptée pour la rotonde de Valois à Saint-Denis. Cette oeuvre, commandée en 1586 par la v***e d’Henri II, Catherine de Médicis(1519-1589), était inachevée à la mort du sculpteur, et sera conservée à partir de 1609, dans les collections royales au Louvre, jusqu'à la saisie révolutionnaire de 1795. La Vierge de douleur placée au musée des Petits-Augustins par Alexandre Lenoir, est transportée à l'église Saint-Paul-Saint-Louis en 1802. Le bas-relief en bronze doré de François Anguier, figurant Les Pèlerins d'Emmaüs, provient quant à lui du Val de Grâce. Placé sur le maître-autel de marbre blanc édifié en 1856, il est désormais enchâssé dans le nouveau maître-autel. Plusieurs œuvres sont conçues spécialement pour l'église au XIXe siècle, dont notamment Le Christ au jardin des oliviers d'Eugène Delacroix, commandé par la Ville de Paris en 1824 et présenté au Salon de 1827. Les bénitiers de part et d'autre de la porte centrale sont offerts par Victor Hugo, qui célèbre dans cette église en 1843 les noces de sa fille aînée Léopoldine avec Charles Vacquerie. Saint-Paul-Saint-Louis constitue à la fois un fleuron de l'architecture française de la Contre-Réforme, et l'écrin à de nombreuses œuvres d'art d'une rare qualité.

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99 Rue Saint Antoine
Paris
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