13/06/2020
HOMELIE DU DIMANCHE 14 JUIN 2020/SOLENNITE DU TRES SAINT SACREMENT/FETE DU CORPS ET SANG DE JESUS CHRIST
TEXTES DU JOUR : Dt 8, 2-3. 14b-16 ; Ps 147 ; 1 CO 10, 16-17 ; Jn 6, 51-58
Bien-aimés de Dieu, que la Paix et l’Amour de notre Seigneur Jésus-Christ soient toujours avec vous ! Aujourd’hui, l’Eglise Universelle célèbre la solennité du corps et du sang de Jésus-Christ. Cette fête a pour but essentiel de mettre en valeur ce que nous chrétiens catholiques, avons de plus cher au monde : notre Dieu réellement présent dans le pain et le vin consacrés. N’eut été les mesures barrières toujours en vigueur à cause de cette pandémie du Coronavirus, à l’occasion de cette grande fête, l’Eglise recommande d’organiser une grande procession avec le Saint Sacrement. Cette procession a pour but d’une part, d’orienter tous les regards vers Celui qui gouverne le monde ; et d’autre part, de « permettre » à notre Dieu réellement présent dans le Saint sacrement, de revisiter notre monde pour l’exorciser (le délivrer de ses maux), bénir nos quartiers et combler nos familles de son amour et de sa présence. En méditant les textes sacrés proposées à l’occasion de cette fête, nous pouvons dégager trois enseignements essentiels à retenir : 1) Eucharistie, Fête de la mémoire et du souvenir des bienfaits de notre Dieu ; 2) Eucharistie, Pain d’unité et de communion-3) Eucharistie : Pain sacré, nourriture Puissante et indispensable pour nous catholiques. Passons ces trois points en r***e !
1. Eucharistie, Fête du souvenir et de la mémoire des bienfaits de notre Dieu : ce que nous célébrons en ce jour est avant tout, la fête du souvenir de l’œuvre de notre Salut que nous actualisons à chaque messe conformément à cette recommandation de Jésus : « Faites ceci en mémoire de moi ». Et providentiellement, la 1ère lecture de ce jour commence par ces paroles fortes : « Souviens-toi… ». Cette lecture Deutéronome rappelle que Dieu a accompagné son peuple dans le désert, l’a abreuvé de l’eau du rocher, et l’a rassasié d’un pain inconnu qu’ils nommèrent «la manne». Cette manne préfigurait déjà l’Eucharistie, ce Pain de Vie dont Jésus rappelle la nécessité pour nous dans l’Evangile du jour. Il faut noter que lorsque le Deutéronome a été rédigé, les Hébreux avaient depuis longtemps quitté le désert et s’étaient établis en Palestine. Avec la stabilité et la prospérité accordées par le Seigneur, le peuple commençait à oublier tout ce que Dieu avait fait pour lui. C’est pourquoi le Seigneur, par l’entremise de Moïse lui rappelle ceci : « Souviens-toi de la longue marche que tu as faite pendant quarante années dans le désert… n’oublie pas le Seigneur ton Dieu ; c’est Lui qui dans le désert t’a donné la manne…» (Dt8, 2. 15)
Frères et sœurs, ces Paroles s’actualisent pour nous qui avons tendance à oublier Dieu quand « ça va chez nous ». Oui, quand tout va bien, quand la prospérité, la réussite et la santé sont au rendez-vous, on devient facilement auto-suffisant et on a l’impression de n’avoir plus besoin de Dieu. Il semble qu’à mesure que les gens deviennent prospères et qu’ils n’ont pas à faire face à des problèmes sérieux, leur mémoire s’appauvrit, et leurs pratiques religieuses diminuent. C’est ainsi qu’en période d’examens et concours nos églises et nos grottes se remplissent d’adorateurs et de suppliants qui viennent demander avec insistance de l’aide pour leurs réussites. Mais une fois la réussite et le succès obtenus, beaucoup risquent d’oublier Dieu comme l’ont fait déjà certains. Les textes d’aujourd’hui nous rappellent qu’un regard sur notre passé nous aide à reconnaître la présence de Dieu dans nos vies et nous permet d’envisager l’avenir avec confiance. Alors une fois de plus, à ceux qui ont l’habite d’oublier Dieu quand tout va bien, le Seigneur adresse ces paroles : « Souvenez-vous ! Rappelez-vous ce que j’ai fait pour vous hier, et ce que je pourrais encore pour vous ». Apprenons donc à demander des messes d’Action de Grâce en mémoire des bienfaits de Dieu pour nous. Car de fait, avant d’être une demande, l’Eucharistie est surtout une Action de Grâce. Malheureusement dans nos paroisses, les demandes de messes d’Action de grâce deviennent de plus en plus rares au profit des messes de demande et de supplication ; comme si Dieu ne faisait plus grâce. Retenons que rendre grâce à Dieu attire davantage des grâces divines sur ceux qui savent rendre grâce à Dieu. Souvenons-nous-en !
2. Eucharistie, Pain d’unité et de communion. C’est l’enseignement que Saint Paul nous donne dans la deuxième lecture du jour : « la multitude que nous sommes dit-il, est un seul corps, car nous avons tous part à un seul Pain ». Ainsi, il y a un lien indispensable entre ce que nous célébrons et ce que nous sommes. L’Eucharistie est le sacrement de la communion qui pousse toujours à l’unité et à la charité fraternelle. De ce fait, ceux qui ne sont pas capables de communion ne devraient pas communier à ce repas. Ceux qui ne sont pas prêts à pardonner ne doivent jamais s’approcher de ce Pain d’amour, d’unité et du sacrifice. Comme nous l’enseigne saint Paul, chacun devrait s’examiner soi-même avant de manger de ce pain, et de boire à cette coupe. Car, celui qui communie indignement au corps et au Sang du Christ, « mange et boit à sa propre condamnation » (Cf. 1Co11, 28-29). A bon entendeur, salut !
3ème Enseignement : Eucharistie, Pain sacré, nourriture Puissante et indispensable pour nous catholiques : Dans l’Evangile de ce jour, Jésus rappelle que sans l’Eucharistie, nous ne pouvons pas avoir sa vie en nous « Amen, amen, je vous le dis ; si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n'aurez pas la vie en vous-mêmes » (Jn6,53). Il est vraiment triste de voir qu’aujourd’hui, beaucoup de chrétiens catholiques se privent de ce repas vital, pour des réalités purement terrestres. Oui, je pleure souvent pour ces chrétiens catholiques qui ne communient plus aujourd’hui à cause des biens et des liens de ce monde qui passe. En priant aujourd’hui pour tous nos frères et sœurs qui ont perdu la grâce de communier au corps et au sang du Christ, nous qui avons toujours ce grand privilège, faisons-en sorte que rien, ni personne (Pas même nos relations amoureuses) ne nous éloigne de cet aliment qui nous garantit le bonheur véritable. Il est inconcevable que nous nous privions du corps de Dieu, pour le corps d’une femme ou d’un homme. Efforçons-nous aussi d’accorder le respect et l’honneur dus à ce que nous avons de plus cher au monde.
Oui, redisons-le aujourd’hui, l’Eucharistie est ce que nous catholiques avons de plus cher, car comme nous l’enseigne le Catéchisme de l’Eglise Catholique (CEC), dans le Très Saint Sacrement de l’Eucharistie sont contenus Vraiment, Réellement et Substantiellement le Corps et le Sang, conjointement avec l’Ame et la Divinité de Jésus-Christ. Dans l’Eucharistie, nous avons le même Jésus comme jadis sur les routes de Galilée, celui qui passait en faisant le bien. C’est le même qui a guéri les malades, le même qui a multiplié le pain, le même qui a ressuscité les morts. Ainsi, quand nous venons à la messe, sommes-nous réellement conscients que nous venons rencontrer Dieu Lui-même, celui qui peut combler toutes nos attentes mieux que quiconque ? Mais une chose m’intrigue toujours : pourquoi avons-nous souvent du mal à éteindre nos téléphones quand nous sommes à la messe ? En dehors de l’oubli, pourquoi laisser nos portables sonner ou vibrer en pleine messe ? Aujourd’hui, combien de chrétiens arrivent à éteindre leur téléphone pendant la messe ? Y aurait-il quelqu’un de plus important que Jésus qui pourrait nous appeler pendant que nous sommes en présence de ce Dieu Puissant et Incomparable ? Prenons-garde pour ne pas perdre la notion du sacré et tomber dans le relativisme qui menace nos pratiques religieuses !
Pour finir, bien-aimés de Dieu, cette fête du saint sacrement invite chacun de nous à faire son examen de conscience sur la place qu’occupe l’Eucharistie dans sa vie. Si elle est réellement le Pain de notre Vie comme le souligne Jésus dans l’Evangile du jour, L’Eucharistie devrait rythmer toute la vie des catholiques. Comprenez par-là que tout ne s’arrête pas à la messe. L’Eucharistie devrait se prolonger à travers l’adoration Eucharistique que peu de chrétiens pratiquent régulièrement. En effet, Dieu est venu chez nous par amour. Dieu est parmi nous et il désire nous rencontrer toujours dans un cœur à cœur, mais nous l’enfermons souvent dans les tabernacles, prisonnier de son amour, pour vaquer à nos occupations terrestres. Combien de chrétiens arrivent à pratiquer l’adoration eucharistique au moins une heure par semaine ? Chaque fois, Jésus nous fait le même reproche qu’à ses disciples durant son agonie dans le jardin de Gethsémani : vous n’avez même pas pu faire une heure avec moi. Ne pouvez-vous pas m’accorder une seule heure des 168h (24h ×7jours) que je vous accorde chaque semaine ? (cf.Mc 14, 37).Le mois de juin est traditionnellement retenu comme le mois du sacré-cœur et le mois par excellence de la dévotion Eucharistique. Profitons donc de ce mois sacré pour réactiver ou enrichir davantage notre dévotion Eucharistique. Dans chaque paroisse, des temps d’adoration sont offerts chaque semaine pour que les fidèles viennent rencontrer Jésus réellement présent dans le Très Saint Sacrement. Jésus nous attend sans cesse au tabernacle et à l’autel pour combler nos multiples attentes. Venons donc mettre nos temps à profit, car comme l’affirmait Mère Theresa de Calcutta, « le temps que vous passez avec Jésus au saint sacrement est le meilleur temps que vous puissiez passer sur terre ». « Venez et vous verrez ». En demandant pardon au seigneur pour toutes nos injures et blasphèmes contre l’Eucharistie, remercions Jésus pour le don merveilleux de sa présence réelle parmi nous. Prions enfin, pour que chaque Eucharistie célébrée nous fasse devenir davantage ce que nous sommes : Le corps du Christ. À notre Dieu soit la Gloire, maintenant et pour les siècles et des siècles ! Amen !
Abbé Juste Négus HILOU (Prêtre Heureux de Jésus-Christ)