22/11/2020
Prédication du Pasteur Jean-Frédéric Patrzynski pour le dimanche 22 novembre 2020.
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Lectures bibliques:
Osée 11, 1-9
La parole du Seigneur fut adressée à Osée, fils de Beéri, alors que Ozias, Yotam, Acaz et Ézékias étaient rois de Juda et que Jéroboam, fils de Joas, était roi d'Israël. Voici les premiers mots que le Seigneur adressa à Osée. Il lui dit :
« Va, épouse une femme prostituée dont les enfants sont nés de sa prostitution. En effet, le peuple du pays se livre à une véritable prostitution en se détournant de moi, le Seigneur. »
Osée alla épouser Gomer, fille de Diblaïm. Elle lui donna un fils, et le Seigneur dit à Osée :
« Tu l'appelleras Jizréel, car j'interviendrai bientôt contre les descendants de Jéhu pour le crime commis à Jizréel. Je mettrai fin à la dynastie d'Israël et je briserai en ce jour-là la force militaire d'Israël dans la plaine de Jizréel. »
6Gomer fut de nouveau enceinte et mit au monde une fille. Le Seigneur dit à Osée :
« Tu l'appelleras Lô-Rouhama, c'est-à-dire “mal aimée”, car je cesse d'aimer les gens d'Israël et de leur renouveler mon pardon.
Mais je continue d'aimer les gens de Juda, si bien que moi, le Seigneur leur Dieu, je les sauverai, sans recourir à l'arc ou à l'épée, aux combats, aux chevaux ou aux cavaliers. »
Après avoir sevré Lô Rouhama, c'est-à-dire “mal aimée”, Gomer fut encore enceinte. Elle mit au monde un fils. Le Seigneur dit alors à Osée :
« Tu l'appelleras Lô-Ami, c'est-à-dire “pas mon peuple” car vous, les gens d'Israël, vous n'êtes pas mon peuple, et moi je ne suis rien pour vous.
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1 Thessaloniciens 5, 1-11
Vous n'avez pas besoin, frères et sœurs, qu'on vous écrive au sujet des temps et des moments où tout cela arrivera. Car vous savez très bien vous-mêmes que le jour du Seigneur viendra de façon aussi imprévisible qu'un voleur pendant la nuit. Quand les gens diront : « Tout est en paix, en sécurité », c'est alors que, tout à coup, la ruine s'abattra sur eux, comme les douleurs de l'accouchement surprennent une femme enceinte. Personne n'y échappera ! Mais vous, frères et sœurs, vous n'êtes pas en pleine obscurité pour que ce jour vous surprenne comme un voleur. Vous tous, en effet, vous êtes des personnes qui vivent dans la lumière, qui vivent en plein jour. Nous ne vivons ni dans la nuit ni dans l'obscurité. Ainsi, ne dormons pas comme les autres ; mais restons éveillés et sobres. Les dormeurs, c'est la nuit qu'ils dorment, et les buveurs, c'est la nuit qu'ils s'enivrent. Mais nous, qui appartenons au jour, nous devons être sobres. Prenons la foi et l'amour comme cuirasse, et l'espérance du salut comme casque. En effet, Dieu n'a pas voulu que nous subissions sa colère, mais que nous possédions le salut par notre Seigneur Jésus Christ. Le Christ est mort pour nous, afin de nous faire vivre ensemble avec lui, que nous soyons vivants ou morts. Ainsi, encouragez-vous et fortifiez-vous dans la foi les uns les autres, comme vous le faites déjà.
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Matthieu 25, 31-46
Quand le Fils de l'homme viendra dans sa gloire avec tous les anges, il siégera sur son trône royal. Tous les peuples de la terre seront assemblés devant lui et il séparera les gens les uns des autres comme le berger sépare les moutons des chèvres ; il placera les moutons à sa droite et les chèvres à sa gauche. Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite : “Venez, vous qui êtes bénis par mon Père, et recevez en héritage le royaume qui a été préparé pour vous depuis la création du monde. Car j'ai eu faim et vous m'avez donné à manger ; j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire ; j'étais étranger et vous m'avez accueilli chez vous ; j'étais nu et vous m'avez habillé ; j'étais malade et vous m'avez visité ; j'étais en prison et vous êtes venus me voir.” Ceux qui ont fait la volonté de Dieu lui répondront alors : “Seigneur, quand t'avons-nous vu affamé et t'avons-nous donné à manger, ou assoiffé et t'avons-nous donné à boire ? Quand t'avons-nous vu étranger et t'avons-nous accueilli chez nous, ou nu et t'avons-nous habillé ? Quand t'avons-nous vu malade ou en prison et sommes-nous venus te voir ?” Le roi leur répondra : “Je vous le déclare, c'est la vérité : chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces plus petits d'entre les miens, c'est à moi que vous l'avez fait.”
Ensuite, le roi dira à ceux qui seront à sa gauche : “Allez-vous-en loin de moi, maudits ! Allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et ses anges ! Car j'ai eu faim et vous ne m'avez pas donné à manger ; j'ai eu soif et vous ne m'avez pas donné à boire ; j'étais étranger et vous ne m'avez pas accueilli ; j'étais nu et vous ne m'avez pas habillé ; j'étais malade et en prison et vous ne m'avez pas visité.” Ils lui répondront alors eux aussi : “Seigneur, quand t'avons-nous vu affamé, ou assoiffé, ou étranger, ou nu, ou malade, ou en prison et ne t'avons-nous pas secouru ?” Le roi leur répondra : “Je vous le déclare, c'est la vérité : chaque fois que vous ne l'avez pas fait à l'un de ces plus petits, vous ne l'avez pas fait à moi non plus.” Et ils subiront la peine éternelle, tandis que ceux qui ont fait la volonté de Dieu iront à la vie éternelle. »
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Prédication :
C’est le jour du Seigneur ! L’apôtre Paul en parle aux Thessaloniciens et le prophète Osée annonce que Dieu, en ce jour, ne fera pas éclater sa colère. Le texte de l’évangile de Matthieu nous donne une certaine idée de ce qui se passera en ce jour : un jugement !
Par ce discours de Jésus, tout nous parait clair et évident. On y voit les bons et les méchants. Ce qui peut nous plaire particulièrement, est que les méchants sont jugés et condamnés. Il ne viendrait certainement pas à notre esprit que nous soyons du mauvais côté. Par ce texte, nous pensons que nous pouvons savoir ce qu’il ne faut pas faire si nous voulons être accueillis par notre Sauveur dans son Royaume. Oui, tout parait simple !
Combien de fois dans l’histoire de la chrétienté de l’Orient et de l’Occident n’a-t-on pas utilisé ces paroles pour juger et condamner des hommes et des femmes. S’ils ne faisaient pas ce que le Seigneur dit, ils ne peuvent pas entrer dans le Royaume. Ils ne peuvent pas partager avec les bons ce paradis et le bonheur éternel. Cela serait trop injuste pour ceux qui pourraient se déclarer bons devant Dieu parce qu’ils auraient fait ce qu’il a commandé.
Je vous dirai qu’il est tout à fait normal et juste de penser ainsi si telle était la volonté du Seigneur. Loin de moi l’idée de douter de la volonté de notre Dieu ! Oui, il nous invite à écouter ses commandements, son enseignement et à suivre ses chemins d’amour, de paix et de réconciliation.
Seulement, nous pouvons, au moins, nous poser la question de savoir si ce texte de Matthieu parle de jugement au sens humain du terme : jugement qui sépare les bons des mauvais. Quand on écoute Dieu, par la bouche de son prophète Osée, nous entendons : « Je n’agirai pas selon mon ardente colère, je renonce à détruire Ephraïm ; car je suis Dieu, et non pas un homme ». Ainsi Dieu, lui-même, déclare qu’il n’agit pas comme un homme, qu’il ne juge pas ni ne condamne comme le font les hommes. « Tu es méchant, je te mets à l’écart ». « Tu agis mal, je te punis ». Vous savez tous l’importance de telles paroles. Notre Seigneur poursuit son œuvre et, par la bouche de son apôtre Paul, cette fois-ci, il nous dit : « Dieu ne nous a pas destinés à la colère, mais à l’acquisition du salut par notre Seigneur Jésus-Christ qui est mort pour nous… afin que nous vivions ensemble avec lui ».
C’est à cause de telles paroles que nous sommes en droit de nous demander si ce texte de l’évangile de Matthieu que nos éditeurs de la Bible ont titré : « Jugement des nations », concerne bien un jugement au sens humain du terme.
Car, en fait, que dit Jésus ? « J’ai eu faim ; j’ai eu soif ; j’étais en prison ; j’étais nu, malade et vous avez fait quelque chose pour moi » ou « vous n’avez rien fait pour moi ». Comme vous pouvez le lire toute cette partie est largement développée alors que ce qui nous parait être la sentence ne fait qu’une phrase : « Et ceux-ci iront au châtiment éternel, mais les justes à la vie éternelle ».
Est-ce bien cette unique phrase qui est le plus important dans cette parole du Christ ?
Et d’abord qui sont les justes ?
Il est trop facile de dénoncer les autres. Les justes, c’est nous ! Les mauvais, ce sont les autres ! Il est si facile de voir ce qui ne va pas chez les autres. Tu ne fais pas ceci ou tu as mal fait ou tu aurais pu mieux faire ou tu as oublié de faire ceci ou cela !
Ne serait-ce pas une simple façon de ne pas prendre sa propre responsabilité ? Et puis, ne serait-ce pas une manière de dire que ce sont nos actions bonnes qui nous permettraient de recevoir le salut et d’entrer dans le Royaume de Dieu ? Autrement dit, ce serait par nos œuvres que nous serions sauvés. Mais alors que faire de la parole de Dieu qui affirme que nous sommes sauvés non par les œuvres mais par la grâce et l’amour de notre Dieu ? Le Fils contredirait-il le Père ? Dieu se contredirait-il lui-même ? S’il peut arriver aux hommes de se contredire, il me semble difficile de penser cela de notre Dieu. Mais, en effet, je peux me tromper et reconnaître alors que Dieu pourrait dire tout et son contraire. Seulement, en lisant sa Parole, je n’y parviens pas. Ce qu’il dit par la bouche du prophète Osée ou de l’apôtre Paul, m’oblige à remettre en question mon impression à son égard et la façon de lire, d’écouter sa Parole.
Alors que nous dit Jésus dans l’évangile de Matthieu ?
Il nous apprend d’abord qu’il est chacun de nous : pauvre, malade, affamé ou assoiffé. Il nous apprend qu’en chaque homme, c’est lui que nous pouvons voir, entendre, écouter et soutenir. Il nous invite à être attentifs aux une et aux autres. Il nous permet de comprendre combien nous sommes unis les uns aux autres par lui et en lui.
Ne pas être attentif à mon frère ou à ma sœur, c’est ne pas être attentif à moi-même. En mon frère, ma sœur et moi-même est présent le Christ. Il y a là une fraternité puissante qui va bien au-delà de la fraternité de sang. Par cette fraternité, nous apprenons que nous ne pouvons pas vivre seuls, à l’écart des autres, de tous les autres. Nous apprenons qu’en jugeant l’autre, nous nous jugeons nous-mêmes et qu’alors nous nous mettons, nous-mêmes, à l’écart de nos frères et de nos sœurs. L’enfer, si enfer il y a, ne se situe-t-il pas justement dans l’incapacité que nous aurions à vivre avec les autres ? Oui, ne vivons-nous pas un enfer quand nous ne parvenons pas, ou plus, à communiquer et à partager avec ceux qui nous entourent ?
Ce n’est pas Dieu qui nous rejette puisqu’il a décidé d’être en chacun de nous. C’est nous qui le rejetons. Ce n’est pas lui qui nous met à l’écart, c’est nous qui nous écartons de lui, en ne vivant pas en communion avec les autres et, donc, avec lui. Ce n’est pas lui qui nous juge et nous condamne, c’est nous et nous seuls !
Jésus redit autrement une parole que son Père a déjà adressée à l’humanité : « J’ai mis devant toi la vie et la mort, choisis la vie ! ». Il nous dit aujourd’hui : « Je te donne un frère, une sœur, une communauté. Ne choisis pas la solitude, le rejet, la mise à l’écart ! ».
Entendons bien, mes amis, que, s’il y a un jugement et une condamnation, cela vient de nous et non de notre Père. Car lui, notre Père, ne nous a pas « destinés à la colère mais à l’acquisition du salut par notre Seigneur Jésus-Christ qui est mort pour nous… afin que nous vivions ensemble avec lui ».
Telle est sa volonté ! Et je vous le dis : il tiendra sa promesse. Bientôt, il vient pour que nous vivions avec lui. Il s’approche parce qu’il a décidé de devenir homme, comme chacun de nous, afin que nous vivions ensemble dans l’harmonie, la fraternité et la paix.
Amen !