Paroisse luthérienne de Bon Secours - Eglise Protestante Unie de France

Paroisse luthérienne de Bon Secours - Eglise Protestante Unie de France Elle s’est voulue un havre de paix et de ressourcement pour ces populations protestantes luthériennes, ouvert cependant sur le monde.
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Culte le dimanche à 10h30
Catéchisme, éveil biblique et école biblique: 1 dimanche par mois de 10h30 à 13h15 (repas tiré du sac)
Groupe de prière inclusif : 1 fois par mois Lettre de bienvenue aux visiteuses et visiteurs:

Cher visiteur, chère visiteuse,
Vous qui entrez pour la première fois dans cette église, sachez que vous êtes les bienvenu-e-s dans cette maison de prière qui rassemble une com

munauté de jeunes et de moins jeunes. Cette église a été bâtie, il y a plus de cent ans pour y accueillir une population ouvrière de ce quartier, souvent immigrée car fuyant la guerre et les catastrophes humanitaires qui en sont les conséquences. La communauté que vous y rencontrerez, se fait une joie de partager avec vous la foi, l’espérance et l’amour qui nous sont donnés par Dieu pour que nous puissions porter un message de fraternité et de paix dans le monde. Quelles que soient vos questions et vos révoltes ; quels que soient vos doutes et vos souhaits ; quelles que soient vos peines et vos joies, vous êtes, tous et toutes, les bienvenu-e-s. Nous voulons, et nous le vivons, accueillir tout le monde : riche ou pauvre, jeune ou moins jeune, « noir-e-s, blanc-he-s, jaunes ou rouges », hétérosexuel-les ou homosexuel-les. Chacun-e est, ici, dans sa maison. La paroisse que nous constituons est membre de la région luthérienne de Paris de l’Eglise Protestante Unie de France. Depuis la fête de l’Ascension 2013, les luthérien-ne-s et les réformé-e-s de France ont décidé de s’unir dans la diversité réconciliée des expressions de foi pour créer l’Eglise Protestante Unie de France. C’est dire que, pour nous, la diversité est une source d’enrichissement individuel et communautaire
N’hésitez pas à demander à rencontrer le pasteur ou un membre du Conseil presbytéral ! Entrez !... Vous êtes chez vous !...
Que Dieu, le Père, le Fils et le Saint-Esprit vous bénisse et vous garde en son amour ! Pasteur Jean-Frédéric Patrzynski

12/12/2020

Dimanche 13 décembre, 10h30: dimanche de toutes les familles à Bon Secours (éveil biblique, école biblique, caté).
Tous et toutes sont les bienvenu-e-s.

28/11/2020

Les cultes reprennent à la paroisse de Bon Secours.

Culte demain, dimanche 28 novembre, à 10h30.

Tous et toutes sont les bienvenu-e-s.

22/11/2020

Prédication du Pasteur Jean-Frédéric Patrzynski pour le dimanche 22 novembre 2020.

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Lectures bibliques:

Osée 11, 1-9

La parole du Seigneur fut adressée à Osée, fils de Beéri, alors que Ozias, Yotam, Acaz et Ézékias étaient rois de Juda et que Jéroboam, fils de Joas, était roi d'Israël. Voici les premiers mots que le Seigneur adressa à Osée. Il lui dit :
« Va, épouse une femme prostituée dont les enfants sont nés de sa prostitution. En effet, le peuple du pays se livre à une véritable prostitution en se détournant de moi, le Seigneur. »
Osée alla épouser Gomer, fille de Diblaïm. Elle lui donna un fils, et le Seigneur dit à Osée :
« Tu l'appelleras Jizréel, car j'interviendrai bientôt contre les descendants de Jéhu pour le crime commis à Jizréel. Je mettrai fin à la dynastie d'Israël et je briserai en ce jour-là la force militaire d'Israël dans la plaine de Jizréel. »
6Gomer fut de nouveau enceinte et mit au monde une fille. Le Seigneur dit à Osée :

« Tu l'appelleras Lô-Rouhama, c'est-à-dire “mal aimée”, car je cesse d'aimer les gens d'Israël et de leur renouveler mon pardon.
Mais je continue d'aimer les gens de Juda, si bien que moi, le Seigneur leur Dieu, je les sauverai, sans recourir à l'arc ou à l'épée, aux combats, aux chevaux ou aux cavaliers. »

Après avoir sevré Lô Rouhama, c'est-à-dire “mal aimée”, Gomer fut encore enceinte. Elle mit au monde un fils. Le Seigneur dit alors à Osée :

« Tu l'appelleras Lô-Ami, c'est-à-dire “pas mon peuple” car vous, les gens d'Israël, vous n'êtes pas mon peuple, et moi je ne suis rien pour vous.
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1 Thessaloniciens 5, 1-11
Vous n'avez pas besoin, frères et sœurs, qu'on vous écrive au sujet des temps et des moments où tout cela arrivera. Car vous savez très bien vous-mêmes que le jour du Seigneur viendra de façon aussi imprévisible qu'un voleur pendant la nuit. Quand les gens diront : « Tout est en paix, en sécurité », c'est alors que, tout à coup, la ruine s'abattra sur eux, comme les douleurs de l'accouchement surprennent une femme enceinte. Personne n'y échappera ! Mais vous, frères et sœurs, vous n'êtes pas en pleine obscurité pour que ce jour vous surprenne comme un voleur. Vous tous, en effet, vous êtes des personnes qui vivent dans la lumière, qui vivent en plein jour. Nous ne vivons ni dans la nuit ni dans l'obscurité. Ainsi, ne dormons pas comme les autres ; mais restons éveillés et sobres. Les dormeurs, c'est la nuit qu'ils dorment, et les buveurs, c'est la nuit qu'ils s'enivrent. Mais nous, qui appartenons au jour, nous devons être sobres. Prenons la foi et l'amour comme cuirasse, et l'espérance du salut comme casque. En effet, Dieu n'a pas voulu que nous subissions sa colère, mais que nous possédions le salut par notre Seigneur Jésus Christ. Le Christ est mort pour nous, afin de nous faire vivre ensemble avec lui, que nous soyons vivants ou morts. Ainsi, encouragez-vous et fortifiez-vous dans la foi les uns les autres, comme vous le faites déjà.
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Matthieu 25, 31-46

Quand le Fils de l'homme viendra dans sa gloire avec tous les anges, il siégera sur son trône royal. Tous les peuples de la terre seront assemblés devant lui et il séparera les gens les uns des autres comme le berger sépare les moutons des chèvres ; il placera les moutons à sa droite et les chèvres à sa gauche. Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite : “Venez, vous qui êtes bénis par mon Père, et recevez en héritage le royaume qui a été préparé pour vous depuis la création du monde. Car j'ai eu faim et vous m'avez donné à manger ; j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire ; j'étais étranger et vous m'avez accueilli chez vous ; j'étais nu et vous m'avez habillé ; j'étais malade et vous m'avez visité ; j'étais en prison et vous êtes venus me voir.” Ceux qui ont fait la volonté de Dieu lui répondront alors : “Seigneur, quand t'avons-nous vu affamé et t'avons-nous donné à manger, ou assoiffé et t'avons-nous donné à boire ? Quand t'avons-nous vu étranger et t'avons-nous accueilli chez nous, ou nu et t'avons-nous habillé ? Quand t'avons-nous vu malade ou en prison et sommes-nous venus te voir ?” Le roi leur répondra : “Je vous le déclare, c'est la vérité : chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces plus petits d'entre les miens, c'est à moi que vous l'avez fait.”
Ensuite, le roi dira à ceux qui seront à sa gauche : “Allez-vous-en loin de moi, maudits ! Allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et ses anges ! Car j'ai eu faim et vous ne m'avez pas donné à manger ; j'ai eu soif et vous ne m'avez pas donné à boire ; j'étais étranger et vous ne m'avez pas accueilli ; j'étais nu et vous ne m'avez pas habillé ; j'étais malade et en prison et vous ne m'avez pas visité.” Ils lui répondront alors eux aussi : “Seigneur, quand t'avons-nous vu affamé, ou assoiffé, ou étranger, ou nu, ou malade, ou en prison et ne t'avons-nous pas secouru ?” Le roi leur répondra : “Je vous le déclare, c'est la vérité : chaque fois que vous ne l'avez pas fait à l'un de ces plus petits, vous ne l'avez pas fait à moi non plus.” Et ils subiront la peine éternelle, tandis que ceux qui ont fait la volonté de Dieu iront à la vie éternelle. »

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Prédication :

C’est le jour du Seigneur ! L’apôtre Paul en parle aux Thessaloniciens et le prophète Osée annonce que Dieu, en ce jour, ne fera pas éclater sa colère. Le texte de l’évangile de Matthieu nous donne une certaine idée de ce qui se passera en ce jour : un jugement !

Par ce discours de Jésus, tout nous parait clair et évident. On y voit les bons et les méchants. Ce qui peut nous plaire particulièrement, est que les méchants sont jugés et condamnés. Il ne viendrait certainement pas à notre esprit que nous soyons du mauvais côté. Par ce texte, nous pensons que nous pouvons savoir ce qu’il ne faut pas faire si nous voulons être accueillis par notre Sauveur dans son Royaume. Oui, tout parait simple !

Combien de fois dans l’histoire de la chrétienté de l’Orient et de l’Occident n’a-t-on pas utilisé ces paroles pour juger et condamner des hommes et des femmes. S’ils ne faisaient pas ce que le Seigneur dit, ils ne peuvent pas entrer dans le Royaume. Ils ne peuvent pas partager avec les bons ce paradis et le bonheur éternel. Cela serait trop injuste pour ceux qui pourraient se déclarer bons devant Dieu parce qu’ils auraient fait ce qu’il a commandé.
Je vous dirai qu’il est tout à fait normal et juste de penser ainsi si telle était la volonté du Seigneur. Loin de moi l’idée de douter de la volonté de notre Dieu ! Oui, il nous invite à écouter ses commandements, son enseignement et à suivre ses chemins d’amour, de paix et de réconciliation.

Seulement, nous pouvons, au moins, nous poser la question de savoir si ce texte de Matthieu parle de jugement au sens humain du terme : jugement qui sépare les bons des mauvais. Quand on écoute Dieu, par la bouche de son prophète Osée, nous entendons : « Je n’agirai pas selon mon ardente colère, je renonce à détruire Ephraïm ; car je suis Dieu, et non pas un homme ». Ainsi Dieu, lui-même, déclare qu’il n’agit pas comme un homme, qu’il ne juge pas ni ne condamne comme le font les hommes. « Tu es méchant, je te mets à l’écart ». « Tu agis mal, je te punis ». Vous savez tous l’importance de telles paroles. Notre Seigneur poursuit son œuvre et, par la bouche de son apôtre Paul, cette fois-ci, il nous dit : « Dieu ne nous a pas destinés à la colère, mais à l’acquisition du salut par notre Seigneur Jésus-Christ qui est mort pour nous… afin que nous vivions ensemble avec lui ».

C’est à cause de telles paroles que nous sommes en droit de nous demander si ce texte de l’évangile de Matthieu que nos éditeurs de la Bible ont titré : « Jugement des nations », concerne bien un jugement au sens humain du terme.

Car, en fait, que dit Jésus ? « J’ai eu faim ; j’ai eu soif ; j’étais en prison ; j’étais nu, malade et vous avez fait quelque chose pour moi » ou « vous n’avez rien fait pour moi ». Comme vous pouvez le lire toute cette partie est largement développée alors que ce qui nous parait être la sentence ne fait qu’une phrase : « Et ceux-ci iront au châtiment éternel, mais les justes à la vie éternelle ».
Est-ce bien cette unique phrase qui est le plus important dans cette parole du Christ ?
Et d’abord qui sont les justes ?
Il est trop facile de dénoncer les autres. Les justes, c’est nous ! Les mauvais, ce sont les autres ! Il est si facile de voir ce qui ne va pas chez les autres. Tu ne fais pas ceci ou tu as mal fait ou tu aurais pu mieux faire ou tu as oublié de faire ceci ou cela !
Ne serait-ce pas une simple façon de ne pas prendre sa propre responsabilité ? Et puis, ne serait-ce pas une manière de dire que ce sont nos actions bonnes qui nous permettraient de recevoir le salut et d’entrer dans le Royaume de Dieu ? Autrement dit, ce serait par nos œuvres que nous serions sauvés. Mais alors que faire de la parole de Dieu qui affirme que nous sommes sauvés non par les œuvres mais par la grâce et l’amour de notre Dieu ? Le Fils contredirait-il le Père ? Dieu se contredirait-il lui-même ? S’il peut arriver aux hommes de se contredire, il me semble difficile de penser cela de notre Dieu. Mais, en effet, je peux me tromper et reconnaître alors que Dieu pourrait dire tout et son contraire. Seulement, en lisant sa Parole, je n’y parviens pas. Ce qu’il dit par la bouche du prophète Osée ou de l’apôtre Paul, m’oblige à remettre en question mon impression à son égard et la façon de lire, d’écouter sa Parole.

Alors que nous dit Jésus dans l’évangile de Matthieu ?
Il nous apprend d’abord qu’il est chacun de nous : pauvre, malade, affamé ou assoiffé. Il nous apprend qu’en chaque homme, c’est lui que nous pouvons voir, entendre, écouter et soutenir. Il nous invite à être attentifs aux une et aux autres. Il nous permet de comprendre combien nous sommes unis les uns aux autres par lui et en lui.

Ne pas être attentif à mon frère ou à ma sœur, c’est ne pas être attentif à moi-même. En mon frère, ma sœur et moi-même est présent le Christ. Il y a là une fraternité puissante qui va bien au-delà de la fraternité de sang. Par cette fraternité, nous apprenons que nous ne pouvons pas vivre seuls, à l’écart des autres, de tous les autres. Nous apprenons qu’en jugeant l’autre, nous nous jugeons nous-mêmes et qu’alors nous nous mettons, nous-mêmes, à l’écart de nos frères et de nos sœurs. L’enfer, si enfer il y a, ne se situe-t-il pas justement dans l’incapacité que nous aurions à vivre avec les autres ? Oui, ne vivons-nous pas un enfer quand nous ne parvenons pas, ou plus, à communiquer et à partager avec ceux qui nous entourent ?
Ce n’est pas Dieu qui nous rejette puisqu’il a décidé d’être en chacun de nous. C’est nous qui le rejetons. Ce n’est pas lui qui nous met à l’écart, c’est nous qui nous écartons de lui, en ne vivant pas en communion avec les autres et, donc, avec lui. Ce n’est pas lui qui nous juge et nous condamne, c’est nous et nous seuls !

Jésus redit autrement une parole que son Père a déjà adressée à l’humanité : « J’ai mis devant toi la vie et la mort, choisis la vie ! ». Il nous dit aujourd’hui : « Je te donne un frère, une sœur, une communauté. Ne choisis pas la solitude, le rejet, la mise à l’écart ! ».

Entendons bien, mes amis, que, s’il y a un jugement et une condamnation, cela vient de nous et non de notre Père. Car lui, notre Père, ne nous a pas « destinés à la colère mais à l’acquisition du salut par notre Seigneur Jésus-Christ qui est mort pour nous… afin que nous vivions ensemble avec lui ».

Telle est sa volonté ! Et je vous le dis : il tiendra sa promesse. Bientôt, il vient pour que nous vivions avec lui. Il s’approche parce qu’il a décidé de devenir homme, comme chacun de nous, afin que nous vivions ensemble dans l’harmonie, la fraternité et la paix.

Amen !

15/11/2020

Prédication du dimanche 15 novembre 2020, du pasteur Jean-Frédéric Patrzynski.

Evangile selon Saint Matthieu, chapitre 25, versets 14 à 30:

"Il en sera comme de quelqu'un qui allait partir en voyage : il appela ses serviteurs et leur confia ses biens. Il remit à l'un 500 pièces d'or, à un autre 200, à un troisième 100 : à chacun selon ses capacités. Puis il partit en voyage. Celui qui avait reçu les 500 pièces d'or s'en alla aussitôt faire du commerce avec cet argent et gagna 500 autres pièces d'or. De même celui qui avait reçu 200 pièces agit de même et gagna 200 autres pièces. Mais celui qui avait reçu 100 pièces s'en alla creuser un trou dans la terre et y cacha l'argent de son maître. Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint et régla ses comptes avec eux. Celui qui avait reçu 500 pièces d'or s'approcha et présenta les 500 autres pièces en disant : “Maître, tu m'avais remis 500 pièces d'or. J'en ai gagné 500 autres : les voici.” Son maître lui dit : “C'est bien, bon et fidèle serviteur ! Tu as été digne de confiance dans des choses qui ont peu de valeur, je te confierai donc celles qui ont beaucoup de valeur. Viens te réjouir avec moi.” Le serviteur qui avait reçu les 200 pièces s'approcha ensuite et dit : “Maître, tu m'avais remis 200 pièces d'or. J'en ai gagné 200 autres : les voici. Son maître lui dit : “C'est bien, bon et fidèle serviteur. Tu as été digne de confiance dans des choses qui ont peu de valeur, je te confierai donc celles qui ont beaucoup de valeur. Viens te réjouir avec moi.” Enfin, le serviteur qui avait reçu les 100 pièces s'approcha et dit : “Maître, je te connaissais comme quelqu'un de dur : tu moissonnes où tu n'as pas semé, tu récoltes où tu n'as rien planté. J'ai eu peur et je suis allé cacher ton argent dans la terre. Eh bien, voici ce qui t'appartient.” Son maître lui répondit : “Mauvais serviteur, paresseux ! Tu savais que je moissonne où je n'ai pas semé, que je récolte où je n'ai rien planté ? Tu aurais dû placer mon argent à la banque et, à mon retour, j'aurais retiré mon bien avec les intérêts. Enlevez-lui donc les 100 pièces d'or et remettez-les à celui qui en a 1 000. Car à celui qui a, on donnera davantage et il sera dans l'abondance ; mais à celui qui n'a pas, on enlèvera même ce qu'il a. Et ce serviteur bon à rien, jetez-le dans l'obscurité du dehors, là où l'on pleure et grince des dents."

Prédication

« Je savais que tu es un homme dur »

Comme le Christ à la veille de sa Passion, il m’est possible de dire : « Mon âme est troublée ». Oui, je suis troublé à l’écoute de l’enseignement de mon Seigneur.

« Je savais que tu es un homme dur », dit le serviteur à son maitre qui lui avait confié un talent. Il a peur notre homme. Il connaît son maitre. Il sait qu’il est sévère et il sait également que son maitre « moissonne là où il n’a pas semé ». En terme clair, il vient de lui dire que c’est un voleur, un opportuniste, un profiteur. Bref, en ces quelques mots, il ose dire à son maitre quelques vérités.

« Je savais que tu es un homme dur »

Pouvons-nous blâmer ce serviteur ? Oh bien sûr, de tout temps, nous avons reconnu les bons serviteurs qui avaient fait fructifier l’argent confié par le maitre. De tout temps, nous avons condamné avec, peut-être, un peu trop de facilité ce « mauvais serviteur » qui a rendu seulement l’argent confié.
Mais nous pouvons supposer qu’à cause de l’idée que se faisait le serviteur au sujet du maitre, il pouvait craindre logiquement pour sa vie s’il avait perdu l’agent confié. Il n’est pas dit, et nous pouvons le regretter, ce qu’aurait fait le maitre si le serviteur avait fait un mauvais placement financier. Vous savez : comme ceux qui achètent des actions de certaines entreprises et qui perdent ainsi tout l’argent placé. Il serait possible alors de dire qu’il n’a pas assez réfléchi, peser le pour et le contre. Mais qui pouvait savoir que telles ou telles actions baisseraient à la bourse avant qu’elles ne baissent ?
Et c’est ainsi que le serviteur qui sait ce danger et qui a peur de son maitre ne fait rien. Si ce n’est qu’il a gardé précieusement ce qui lui avait été confié.

« Je savais que tu es un homme dur »

Peut-on faire le reproche à quelqu’un de garder un trésor tel qu’il est ?
Peut-on faire le reproche à un gardien de troupeau de le garder et de faire en sorte de ne pas perdre une seule bête ?
Non, nous serons tous d’accord pour affirmer qu’il a bien fait son travail. Nous affirmerons tous d’un même cœur que cet individu n’a fait aucun mal. Et nous trouverions injuste la punition que son maitre pourrait lui infliger.

« Je savais que tu es un homme dur »

Et le maitre confirme cette idée car il éloigne de lui ce serviteur qui n’a fait aucun mal. Oui, le serviteur avait raison. Le maitre est un homme dur. Nous le savons et il n’est pas besoin d’être grand théologien pour comprendre que le maitre dont parle le Christ dans sa parabole n’est autre que son Père, notre Père. Dieu, notre Dieu, ne semble pas aussi doux et miséricordieux que nous pouvions le croire. Oui, parfois, sa main se fait lourde. Le psalmiste le dit ; Job l’affirme et le Christ, notre Seigneur, le dira aussi quand il sera élevé en criant son désespoir d’avoir été abandonné par son Dieu. Oui, notre Seigneur est dur. Il nous demande beaucoup et, parfois, la crainte de mal faire nous empêche d’aller là où il veut que nous allions.

« Je savais que tu es un homme dur »

Seulement, nous savons aussi que notre Seigneur sait ce dont nous sommes capables. Il sait également que nous pouvons faire plus d’efforts que nous n’en faisons.
Le reproche qu’il fait au serviteur n’est pas tant de ne pas avoir fait fructifier son argent que de n’avoir rien fait.
Garder le trésor, c’est bien mais le cacher et ne pas en faire profiter les autres, c’est mal !
Garder le troupeau, c’est bien mais ne pas permettre qu’il y ait de nouvelles naissances pour que le troupeau s’agrandisse, c’est mal !
Garder la théologie pure et sainte, c’est bien mais s’emprisonner dans cette théologie pour en faire un dogmatisme aliénant, c’est mal !
Garder les traditions, c’est bien mais empêcher toute évolution à cause d’elles, c’est mal !
Garder la foi, c’est bien mais la déposer dans un coffre afin de ne pas la partager, c’est mal !

Ce que le maitre reproche à son serviteur est sa tiédeur. N’est-ce pas ce que l’ange dit à l’église de Laodicée dans le livre de l’Apocalypse ? « Je sais que tu n’es ni froid, ni bouillant. Puisses-tu être froid ou bouillant ! Ainsi parce que tu es tiède et que tu n’es ni froid, ni bouillant, je te vomirai de ma bouche ».

Amis, c’est ce reproche que nous pouvons recevoir de notre Seigneur. Chacun de nous ! Car par nos craintes et nos angoisses du lendemain, nous pouvons être conduits dans les méandres de la tiédeur. Portés à garder ce que nous avons reçu sans savoir le partager. Le reproche qui nous est fait est de manquer parfois de courage, de ne pas assez oser le partage plein et entier.

C’est cela que nous montrera notre Père au soir du Vendredi Saint. Par la mort, par le don de son corps et de son sang, le Christ viendra nous dire : « Allez, soyez courageux, osez risquer votre pouvoir, votre avoir, votre situation. Ayez le courage du partage de partage de la vie, de la foi, de l’amour. Soyez bouillant ou froid mais cessez d’être tièdes ! ».

Oui, c’est vrai, mes amis, notre Seigneur, notre maitre, est quelqu’un de dur et le serviteur a raison de le dire. Il oublie seulement de rajouter que son maitre est juste ! Encore faudrait-il comprendre la justice de notre Dieu ? Mais cela est une autre histoire. Notre Dieu nous demande d’avoir du courage et de ne pas être tiède parce que lui a ce courage. En Jésus, vrai homme, il vient pour nous offrir ce courage qui nous manque, alors osons à notre tour partager ce que Dieu nous a offert : sa vie, sa paix et son amour, entre nous mais aussi avec tous les autres qui n’ont pas la même culture, la même tradition. Et n’oublions pas ! Notre Seigneur moissonne où il n’a pas semé !

Amen !

08/11/2020

Prédication du dimanche 8 novembre 2020 par le pasteur Jean-Frédéric Patrzynski

Lecture de l'évangile selon Matthieu, chapitre 25, versets 1 à 13:
Alors le royaume des cieux ressemblera à dix jeunes filles qui prirent leurs lampes et sortirent pour aller à la rencontre du marié. Cinq d'entre elles étaient imprévoyantes et cinq étaient avisées. Celles qui étaient imprévoyantes prirent leurs lampes mais sans emporter une réserve d'huile. En revanche, celles qui étaient avisées emportèrent des flacons d'huile avec leurs lampes. Or, le marié t**dait à venir ; les jeunes filles eurent toutes sommeil et s'endormirent. Au milieu de la nuit, un cri se fit entendre : “Voici le marié ! Sortez à sa rencontre !” Alors ces dix jeunes filles se réveillèrent et préparèrent leurs lampes. 8Les imprévoyantes demandèrent aux avisées : “Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s'éteignent !” Les avisées répondirent : “Non, car il n'y en aurait pas assez pour nous et pour vous. Vous feriez mieux d'aller en acheter pour vous chez ceux qui en vendent. Les imprévoyantes partirent donc acheter de l'huile, mais pendant ce temps, le marié arriva. Les cinq jeunes filles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle de mariage et l'on ferma la porte à clé. Plus t**d, les autres jeunes filles arrivèrent et s'écrièrent : “Maître, maître, ouvre-nous !” Mais le marié répondit : “Je vous le déclare, c'est la vérité : je ne vous connais pas.” Veillez donc, ajouta Jésus, car vous ne connaissez ni le jour ni l'heure.

Prédication :

Que se passe-t-il ? Notre Seigneur, par la bouche de son prophète Sophonie, vient nous troubler en annonçant des désastres prochains : « jour de fureur, de ravage et de destruction, de détresse et d’angoisse » (Sophonie 1/14-16). Ce jour est le « jour du Seigneur ». Le prophète l’annonce et Jésus, dans sa parabole, nous invite à veiller car nous ne savons ni le jour, ni l’heure de la révélation de ce jour.
Le Christ nous interpelle. C’est donc qu’il est possible que se réalise un prochain bouleversement. Mais est-ce bien une annonce ? Est-ce la première fois que nous entendons cela dans la bouche du Christ ?

« Veillez donc, car vous ne savez ni le jour, ni l’heure ».

Au fait, à quoi devons-nous veiller ? Devons-nous veiller sur quelque chose de particulier ? Jésus nous demande d’être vigilants. A l’écoute du prophète Sophonie et de la parabole des dix vierges, nous pouvons comprendre que nous devons être vigilants au retour prochain du Seigneur.

« Veillez, car le Seigneur vient ! ». « Veillez, car le Seigneur est déjà là ! ».

Mais nous devons le reconnaître ; nous ne savons plus très bien ce que cela peut signifier pour notre vie quotidienne. Nous sommes tellement « plongés » dans le monde que nous ne savons plus regarder, entendre, écouter et critiquer ce monde dans lequel nous vivons. C’est peut-être à cause de cela que nous ne parvenons plus à être pleinement vigilants.

Etre vigilant signifie que nous sommes appelés à devenir des gardiens, tout comme le soldat qui mont la garde et doit rester vigilant. Il lui est impossible de s’endormir sinon son manque de vigilance pourrait avoir de trop importantes conséquences pour lui mais aussi pour ce qu’il garde.
Si le Christ nous interpelle ainsi, c’est que nous devons garder quelque chose. Alors posons-nous cette question : que gardons-nous ? De quoi notre Seigneur nous a-t-il fait les gardiens ?

Nous pourrions répondre immédiatement : nous gardons son Eglise. Mais la gardons-nous vraiment ? Sommes-nous vigilants à ce qu’elle vit ? Dans l’Eglise, être vigilant, c’est être attentif à la façon dont la communauté témoigne de l’Evangile. C’est être attentif à ce qu’aucun des membres de l’Eglise ne soit pris dans les engrenages du mal. C’est faire qu’aucune parole ne puisse venir du diable afin de provoquer le désordre et la discorde. Etre vigilant, c’est aussi porter notre attention à ceux qui passent un jour, dans l’église, pour écouter l’Evangile. C’est aussi faire que nos actes soient liés à la Parole de Dieu, parole de paix, d’amour et de réconciliation. Serait-ce uniquement de la responsabilité d’un pasteur ou d’un prêtre ? Si nous répondons oui, nous mettons à l’écart de la communauté ce pasteur ou ce prêtre. Bien sûr, cela est tout à fait possible si notre façon de penser l’Eglise conduit à la séparation des fidèles et du pasteur. Mais est-ce cela que le Christ déclare ? L’appel à veiller ne s’adresse-t-il qu’à certains ? C’est à chacun de nous, selon ses capacités, les dons qu’il a reçu de Dieu, le temps qu’il peut offrir à Dieu, que Jésus déclare :

« Veillez donc, car vous ne savez ni le jour, ni l’heure ».

Ainsi, nous sommes tous appelés à veiller que l’Eglise ne perde pas la vérité et que sa parole soit sûre et certaine. Tous, nous devons veiller que sa parole soit une parole vraie dans un temps qui fait la part belle à la démagogie et à l’hypocrisie. Aussi, Jésus nous invite à porter cette Parole, sa Parole, dans l’Eglise et dans le monde.

Posons-nous une deuxième question : Dieu nous a-t-il fait responsables, et donc vigilants, uniquement de son Eglise ? Ne nous a-t-il pas demandé de garder sa création ?
Oui, nous sommes également les gardiens de la création de notre Dieu. Et si nous en sommes les gardiens, cela signifie que nous devons être vigilants quant à la vie de ce monde. Nous ne pouvons pas nous en désintéresser. C’est dans ce monde, et pas seulement dans l’Eglise, que notre parole doit être vraie. Dans ce monde, Dieu nous appelle à combattre tout ce qui peut provoquer la discorde et le désordre. Dans le monde, discorde et désordre sont des mots que l’on peut traduire par haine, racisme, torture, exploitation, esclavage et j’en passe…
Nous voici donc les gardiens des actes et des paroles humaines. Nous ne pouvons pas dire comme Caïn : « suis-je le responsable de mon frère ? ». Notre Seigneur nous invite à être attentifs à toutes les détresses et à tout ce qui peut ls provoquer. Ce n’est pas en fermant un centre de réfugiés ou en expulsant tel ou tel immigré que les problèmes seront résolus. On n’aura fait que les déplacer et si nous sommes gardiens et vigilants, c’est à la racine du mal que nous devons nous attaquer et pas seulement à ses conséquences. N’allons pas croire que cela ne nous concerne par car le Christ, le Fils de Dieu, est venu dans ce monde. C’est dans ce monde qu’il a porté sa Parole et c’est dans ce monde qu’il reviendra pour établir le Royaume de son Père.

C’est ici qu’apparaît le troisième aspect de la vigilance. Dieu a promis qu’il reviendrait. Il tiendra sa promesse comme il l’a toujours fait. Mais nous ne savons ni le jour, ni l’heure. Son retour ne sera pas annoncé dans les journaux, à la radio ni même à la télévision ou dans les réseaux sociaux. Il n’avait pas prévenu les hommes de sa venue. Il ne nous préviendra pas tel que nous pouvons l’imaginer. Il n’avait pas, non plus, prévenu qu’il viendrait pour mourir sur la croix afin de sauver l’humanité, en offrant son corps et son sang pour que chacun vive.

Ainsi donc, nous devons être vigilants pour attendre le retour de notre Seigneur. Nous devons nous préparer comme il nous le dit dans la parabole. Alors, serons-nous sages ou fous ? Aurons-nous, avons-nous, assez de réserves pour l’attendre ?
Mais je me pose une question qui me parait plus grave : accepterons-nous son retour ? Reconnaitrons-nous que c’est lui, notre Seigneur, qui revient ? Sommes-nous, dès maintenant, prêts à le suivre ou refusons-nous d’être bousculés et bouleversés au plus profond de nous-mêmes ? Car autant sa venue a bouleversé le monde dans lequel il est né, autant il bouleversera notre monde. Il n’y a pas de raisons pour que cela soit différent.

Comme nous ne savons ni le jour, ni l’heure, il nous est possible de penser qu’il pourrait revenir demain, aujourd’hui, à Noël prochain. Que ferons-nous alors ? Si l’on y réfléchit et que l’on est honnête avec soi-même, nous pouvons affirmer qu’il n’est pas du tout certain que nous marcherons avec lui. Notre situation serait-elle désespérée ? Non, car ce serait oublié l’amour de Dieu pour chacun de nous. Il nous fera savoir si c’est vraiment lui qui vient.

En attendant, gardons les yeux et nous oreilles ouvertes. Ecoutons et entendons sa Parole. Sachons être attentifs. C’est aujourd’hui qu’il nous parle. C’est dès maintenant qu’il s’approche de nous. Soyons vigilants et prêts à le recevoir et à le suivre quand il nous appellera.

30/10/2020

Dimanche 1er novembre, à 10h30: culte à Bon Secours.
Suite au confinement annoncé par le président Emmanuel Macron, notre paroisse et ses activités seront ensuite confinées, et nos activités ne pourront se poursuivre jusqu'au 1er décembre.

En cette situation particulière, nos pensées et nos prières accompagnent tout le personnel hospitalier pour l'immense travail qu'ils et elles accomplissent.

07/07/2020

Dimanche 26 juillet 11h : culte en commun avec nos frères et sœurs de l'église presbytérienne coréenne de Paris! Tous et toutes sont les bienvenu-e-s.

27/06/2020

Demain, dimanche 28 juin à 10h30: culte à Bon Secours. Tous/tes sont les bienvenu-e-s.

20/06/2020

Demain, 10h30, culte à Bon Secours.

Toutes/tous sont les bienvenu.e.s

13/06/2020

Demain, dimanche 14 juin, 10h30: culte à Bon Secours.

05/06/2020

Reprise des cultes à Bon Secours, tous les dimanches, à partir du dimanche 7 juin (10h30), et jusqu'au dimanche 26 juillet.

Tous/tes sont les bienvenu-e-s.

24/05/2020

PREDICATION DU DIMANCHE 24 MAI 2020 - Pasteur Jean-Frédéric Patrzynski.

Voilà, c’est fait ! Ce qui devait arriver, est arrivé ! Le Christ est parvenu au bout de sa mission. Il est venu dans le monde ; il a prêché la Parole de son Père ; il a partagé son amour avec tous ceux vers qui il avait été envoyé. Il s’est donné totalement ; il a offert son corps et son sang à tous les hommes, enfants de son Père, ses frères. Il a porté le péché de tous afin que ce péché soit vaincu et que ses frères et ses sœurs ne soient plus séparés de son Père. Il est parti ; il a rejoint son Père dans la gloire ; il s’est assis à côté de lui.

« Désormais, je ne suis plus dans le monde… gardes-les en ton nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un comme nous sommes un ».

Oui, notre Seigneur a quitté ce monde. Il a laissé son testament signé par son propre sang. Tout a été accompli afin que ses disciples puissent enseigner à leur tour l’enseignement qu’il leur a donné.
Mais si lui quitte ce monde, il ne nous demande pas de faire de même. Il quitte ce monde en sachant que nous restons dans ce monde. Souvenons-nous des paroles qu’il nous a laissées à l’instant où il montait vers on Père. « Allez, faites de toutes les nations des disciples. Vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre ».

C’est simple ! C’est direct ! C’est clair !
Il n’est pas question pour nous de nous retirer du monde. Nous restons dans ce monde, pendant que notre Seigneur rejoint son Père, pour y être présents. Notre Dieu ne nous appelle donc pas à nous retirer du monde mais a, au contraire, à porter au cœur même de ce monde sa Parole et sa présence. En d’autres termes, il nous appelle à incarner notre foi, comme lui-même s’est incarné pour vivre notre vie. Notre foi ne nous conduit pas à regarder vers le ciel pour y vivre mais à regarder cette terre pour y être témoins d’une vie nouvelle. Notre foi ne nous conduit pas à séparer notre pensée, notre parole et notre action de ce monde dans lequel nous restons. Il n’y a pas d’un côté le spirituel et de l’autre le temporel dont nous n’aurions pas à nous préoccuper, comme le souhaitait, il y a quelques années le ministre de l’Intérieur, Charles Pasqua, ennuyé par la Parole de l’Eglise au sujet d’une loi qui ne respectait pas la dignité de l’étranger dans notre pays.

C’est dans ce monde, au cœur même de ce monde, que nous avons à témoigner de l’amour de Dieu. C’est au cœur même des difficultés, des désespoirs, des souffrances et des peurs de l’humanité que nous avons à porter une parole d’espérance, de confiance et de paix.
Une communauté chrétienne, une Eglise, qui ne vivrait pas sa foi au milieu du monde, dans les ténèbres avec l’humanité tout entière, serait une communauté qui finirait par mourir. Si cette communauté ne porte pas témoignage dans le monde, elle ne peut pas affirmer, confesser sa foi, dire l’amour de Dieu pour tous les hommes. Elle laissera agir alors le diviseur qui veut la haine, la désunion et la discorde. Ainsi en a-t-il été de communautés qui n’ont pas osé une parole pour le respect, la dignité humaine et l’amour des hommes contre des dictatures xénophobes et racistes. Elles ne l’ont pas fait, soit par crainte de représailles, soit par crainte de se diviser parce qu’en son sein, certains approuvaient ces dictatures, soit qu’elles considéraient qu’il s’agissait de problèmes temporels dont elles n’avaient pas à s’occuper. Elles ont laissé ainsi le champ libre au Satan, au porteur de la haine. Mais en agissant ainsi, elles ont montré leur manque de foi en Dieu.

Ce Dieu auquel nous croyons, n’est pas resté dans son ciel. Il a décidé de venir au milieu de nous. Il a même fait mieux : il s’est incarné. C’est-à-dire qu’il est venu vivre avec nous notre vie, nos souffrances, nos joies, nos peurs. Par son incarnation, il a montré sa volonté d’être pleinement uni à nous. Il nous a dit qu’il ne devait pas y avoir de séparation entre le ciel et la terre, entre le spirituel et le temporel. Sa foi en l’homme, sa certitude que son enfant est lié à lui, l’a conduit à se faire homme pour montrer qu’il est possible de vivre pleinement en union avec lui et selon ses commandements d’amour et de paix. Jésus, le Fils de Dieu, Dieu lui-même et homme en plénitude, nous a montré le chemin. Par son humanité, il s’est uni à nous pour que nous soyons unis à lui comme lui est un avec le Père.

A présent, il a quitté ce monde. Cela signifierait-il que notre unité avec le Christ n’existe plus ? Ne serait-ce pas croire que sa prière n’aura pas été entendue et exaucée par le Père ?
Il a demandé à notre Père de nous garder en son nom afin que nous soyons un comme il est un avec lui. Si donc, nous sommes toujours unis au Christ bien que nous restions dans le monde, c’est que nous sommes porteurs dans le monde de la présence de notre Dieu.

« Désormais, je ne suis plus dans le monde, eux restent dans le monde ».

Par cette affirmation, il nous est donné de comprendre que la communauté des disciples du Christ que nous constituons, est le Christ lui-même. L’apôtre Paul le dira à la communauté de Corinthe : « vous êtes l’Eglise, le corps du Christ ». Mais alors si nous sommes le corps du Christ, nous sommes appelés à vivre comme le Christ dans ce monde, au cœur de ce monde. Notre communauté a la vocation d’être, dans ce monde, porteuse des paroles du Christ, de son enseignement. Elle a pour vocation d’agir dans ce monde comme le Christ a agi, en témoignant de l’amour de Dieu pour toute l’humanité, en vivant cet amour. La parole du Christ, pendant sa vie terrestre, a été libératrice des règles humaines, des peurs et des haines.

Si nous nous réclamons du Christ, cela signifie que nous reconnaissons être unis à lui. Pourrions-nous prononcer des paroles contraires aux siennes ? Pourrions-nous agir contrairement à son action ? Non ! Si je suis à Christ et en Christ, il m’est impossible de prononcer des paroles racistes et xénophobes. Il m’est impossible d’être antisémite car ce serait haïr celui-là même que je reconnais pour être mon Seigneur. Ce serait donc me haïr moi-même puisque lorsque je partage le pain et le vin, corps et sang du Christ, c’est le Christ qui vit en moi comme le déclare l’apôtre Paul. En haïssant le juif, moi qui me dis chrétien, je haïrai le juif, Jésus de Nazareth, pourtant mon Seigneur et mon Dieu. Absurde !...

Dans ce monde, nous sommes appelés par notre Dieu à prendre garde de celui qui peu se réclamer du Christ, en prononçant ses propres paroles, mais à des fins toutes autres. N’est-ce pas ainsi que le diable a agi, que cela soit dans le jardin ou dans le désert de la tentation. Lui aussi connaît la Parole de Dieu ; lui aussi la proclame mais c’est dans le but de dominer et d’empêcher l’autre de penser et d’agir par lui-même. C’est l’inverse de ce que fait notre Seigneur. Comme le Christ l’a fait, nous devons dénoncer la méchanceté et l’hypocrisie au risque même d’en mourir.

En nous laissant dans le monde, le Christ nous invite à agir comme lui, à parler comme lui, à témoigner comme lui de l’amour de son Père pour tous ses enfants.

« Désormais, je ne suis plus dans le monde, eux restent dans le monde ».

C’est là que Dieu nous envoie pour être les porteurs de sa Parole et devenir les artisans de sa paix, les témoins de la pleine et totale unité des enfants de Dieu.

Amen !

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