Bien que l’Inspection ecclésiastique de Paris ait été officiellement fondée au milieu du XIXe siècle, la présence luthérienne dans la capitale remonte à 1626, lorsque des cultes furent célébrés sous l’égide de l’ambassadeur de Suède. Pendant tout l’Ancien Régime, une communauté luthérienne stable, principalement composée de fidèles d’origine allemande et scandinave, fut accueillie dans les chapell
es des ambassades suédoise puis danoise. En 1808, Napoléon créa une « Église consistoriale de la Confession d’Augsbourg à Paris », détachant l’organisation de toute tutelle étrangère, et l’installa dans l’ancienne église des Carmes-Billettes. Rattaché à une inspection de Strasbourg, ce consistoire deviendra Inspection ecclésiastique en 1852, avant de prendre son autonomie à la suite de la guerre de 1870, avec la création de l’Église évangélique luthérienne de France en 1872. C’est alors que fut introduit un système synodal, confirmé en 1905 par la Loi de séparation. Durant le XIXe siècle, sous l’influence de figures telles que la duchesse d’Orléans, le Consistoire de Paris développa une forte activité missionnaire, notamment en direction des ouvriers allemands présents en région parisienne. En 1845, la Mission intérieure fut créée, développant une œuvre diaconale à l’origine de plusieurs paroisses et écoles. Alors qu’une seule église existait en 1808, on en comptait douze à la fin du 19ème siècle, avec des extensions à Lyon et à Nice. Ces douze lieux de culte furent ensuite rejoints par des paroisses en banlieue, marquant l’élargissement du luthéranisme parisien. Si deux des églises historiques — les Billettes et La Rédemption — étaient antérieures à leur affectation au culte luthérien, toutes les autres furent édifiées au XIXe siècle et au XXè, à partir de postes missionnaires. Depuis 2013, l’Inspection fait partie de l’Église protestante unie de France (EPUdF), où elle poursuit son témoignage propre, enraciné dans l’histoire, et attentif à l’unité visible avec les autres Églises chrétiennes. Elle est jumelée depuis de nombreuses décennies avec le doyenné de Munich, appartenant à l’Église luthérienne de Bavière, et développe, avec l’UEPAL, une mission spécifique d’accompagnement du monde professionnel, centrée sur l’église de la Rédemption dans le 9ème arrondissement de Paris.