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GPA : le fait ne crée pas le droitL’argument selon lequel une pratique sociale devrait être reconnue par le droit dès lo...
16/06/2026

GPA : le fait ne crée pas le droit

L’argument selon lequel une pratique sociale devrait être reconnue par le droit dès lors qu’elle existe durablement repose sur une confusion fondamentale : celle entre ce qui est et ce qui doit être. Depuis Aristote jusqu’à saint Thomas d’Aquin, la tradition philosophique distingue le fait du bien. L’existence d’une pratique ne suffit jamais à la rendre juste. Le rôle du droit n’est pas d’enregistrer les évolutions sociales, mais de discerner ce qui sert réellement la dignité humaine et le bien commun. La véritable question n’est donc pas : « La GPA existe-t-elle ? » mais : « Est-elle juste ? » La GPA engage des enjeux essentiels : la dignité de la personne, la vérité de la filiation, le respect du corps humain et la protection des plus vulnérables. Le désir d’enfant est profondément respectable, mais il ne crée pas un droit à l’enfant. Un enfant est un sujet de droit ; il ne peut jamais devenir l’objet d’un droit. Une société démocratique ne se construit pas sur la seule addition des désirs individuels. Elle repose sur des principes qui précèdent les préférences du moment et permettent de distinguer ce qui est possible de ce qui est juste. Une civilisation ne s’effondre pas lorsqu’elle manque de désirs. Elle s’effondre lorsqu’elle ne sait plus distinguer entre le fait et le droit.

Vers le texte intégral :

La tribune de Raphaël Enthoven intitulée « GPA : le fait et le droit » (Franc-Tireur, 10 juin 2026) repose sur une opposition artificielle entre le réel et le principe. Son argument central est…

Une lettre encyclique tire son nom de ses premiers mots : « Magnifique humanité ». Les trois mots suivants donne la clé ...
09/06/2026

Une lettre encyclique tire son nom de ses premiers mots : « Magnifique humanité ». Les trois mots suivants donne la clé de lecture de texte de Léon XIV : « créée par Dieu ». Ainsi, protéger la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle, suppose de rappeler son origine divine. C’est le rappel le plus important du document. La révolution de l’IA touche pour la première fois, une capacité spécifiquement humaine : le langage. Or, le « verbe » est l’empreinte du divin en tout être humain. L’IA simule un langage qui ne procède d’aucune pensée mais d’un calcul de probabilités. Le logos est aujourd’hui le grand absent de toutes nos réflexions sur l’IA. Il est pourtant depuis l’antiquité, le signe de la transcendance et le propre de la nature humaine. Ce « verbe » par lequel l’être humain pense et parle, lui permet d’entrer en relation avec le divin. Il peut penser – c’est-à-dire concevoir en esprit - « Celui qui a pensé » le monde, l’a voulu et l’a aimé. Si l’on oublie que l’être humain doit son existence au fait d’être « pensé par un Autre » et non au fait d’être le produit du hasard, sans finalité propre, on identifie l’être humain à une simple machine.
Le « cogito » en l’homme, sa faculté de penser est le signe d’un don. Cette empreinte divine permet à la créature que nous sommes, de s’ouvrir à la pensée divine. Car l’être humain ne pense pas pour rien, mais pour parvenir à « penser les pensées de Dieu ». C’est face au constat de cet échec, « mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos chemins ne sont pas mes chemins » (Is55,8) que Dieu annonce mettre « sa Loi au plus profond d’eux-mêmes et l’inscrira sur leur cœur » (Jr 31,33), afin que se réalise enfin la perfection de la nature humaine. L’homme pense pour penser Dieu, et penser Dieu, c’est vouloir ce qu’il veut, aimer ce qu’il aime et surtout aimer d’un même amour.
Il faudrait dire « cogitor ergo sum », « je suis pensé, donc je suis ». Hélas, l’antériorité d’une pensée divine est la grande absente de notre époque et le signe de sa faillite. Il est étonnant que l’on s’interroge si peu sur l’origine de la pensée humaine, alors qu’on dépense des sommes honteuses pour fabriquer des machines parlantes, vides de pensée et sans logos. Cette fascination pour la machine parlante n’est-elle pas le rejet inconscient de la parole divine ? La révolution numérique de l’IA met en lumière notre inconsistance sur la pensée humaine. L’humanité a perdu de vue ce qu’elle a de vraiment magnifique : être créée par Dieu et être appelée à le rejoindre. On pourra discuter tant qu’on voudra des dangers et des nécessaires régulations des technologies, le mal à combattre est l’oubli de ce que l’humanité est "créée par Dieu" et doit répondre à son appel. « C’est dans le vide de la pensée que s’inscrit le mal » avertissait Hannah Arendt dans Les Origines du totalitarisme. Il faut réveiller l’orientation divine de l’intelligence humaine sans laquelle aucune mesure sérieuse ne pourra réellement protéger l’humanité d’elle-même.

Il est d'usage qu'une lettre encyclique tire son nom de ses premiers mots. « Magnifique humanité » est donc le titre de la première lettre du Pape Léon XIV. Les trois mots suivants en donnent la…

Lors du Spring Campus de Croissance Plus, le jeudi 9 avril 2026, j’ai donné une conférence sur le thème du séminaire « A...
02/06/2026

Lors du Spring Campus de Croissance Plus, le jeudi 9 avril 2026, j’ai donné une conférence sur le thème du séminaire « All you need is love ». Alors que le Pape Léon vient de faire paraître sa première lettre encyclique, voici une introduction à la conférence à la lumière du texte du Pape, Magnifica Humanitas.

« All you need is love » chantaient les Beattles en 1967. C’était la guerre du Vietnam, le mouvement Peace&love, les idéaux d’amour et de paix. Ce titre contient une vérité simple et incontournable : « because peace is made of love ».

L’actualité de cette chanson en 2026, est évidente tant le monde a besoin de paix et d’amour. Dans sa lettre encyclique sur la protection de la personne à l’ère de l’intelligence artificielle, le pape Léon XIV rappelle que la paix n’est pas le fruit des technologies, mais seulement de l’amour, de l’accueil humble de notre magnifique humanité. L’amour mène à la paix, c’est son autre nom ! Amour et paix sont une même chose. La paix est l’effet de l’amour ! Mais, comment ne pas en rester à des idéaux inaccessibles ?

L’amour est vital pour l’être humain, et c’est même à cela qu’on reconnaît qu’il est humain ! Il en a besoin ! On n’est jamais aussi humain que quand on a besoin d’amour !

Nous avons été faits pour l’amour, pour que l’amour accomplisse l’humain. Nous sommes dans une situation bien paradoxale : nous savons que nous avons besoin d’amour, et cependant nous n’avons pas de pouvoir sur lui ! C’est lui qui a du pouvoir sur nous ! et c’est ce qu’il faut comprendre ! Au lieu de nous livrer au pouvoir de l’amour, nous cherchons à la compenser par la puissance des technologies, sur lesquelles nous faisons reposer nos aspirations au bonheur.

S’il est vrai que … « l’amour est tout ce dont nous avons besoin », alors la véritable urgence n’est pas d’abord technique, économique ou politique — elle est profondément humaine et spirituelle. Au fond, il faut rendre à l’amour sa place dans nos vies, et nos vies professionnelles autant que possible ! C’est l’intuition du Pape Léon XIV, pour qui l’humanité a besoin d’accroitre sa conscience de l’amour, de la justice et de la vérité pour compenser et résister à l’oppression croissante des technologies.

L’amour fait l’humain, là où disparaît l’amour, disparaît l’humain.

L’amour est l’authentique milieu de vie de l’humain et la condition de son existence.

L’humain se dévoile dans et par l’amour qu’il donne, amour qu’il est lui-même.

L’amour est la charnière invisible qui tient ensemble l’édifice humain : enlever l’amour et vous n’avez plus rien d’humain, parce que l’amour est la seule vraie mesure de l’humain.

La suite de la conférence est à écouter :

Lors du Spring Campus de Croissance Plus, le jeudi 9 avril 2026, j'ai donné une conférence sur le thème du séminaire « All you need is love ». Alors que le Pape Léon vient de faire paraître sa…

À l’heure où nous confions à des machines la gestion de la mort, de l’amour, du travail et même du mal, quelque chose ré...
19/05/2026

À l’heure où nous confions à des machines la gestion de la mort, de l’amour, du travail et même du mal, quelque chose résiste : ces réalités ont un sens que nulle technique ne peut absorber.

Nous rêvons d’une vie sans fin, sans souffrance, avec l’amour choisi, un travail sans peine, une vulnérabilité effacée et un mal neutralisé par algorithme.

Mais plus la technologie prétend tout prendre en charge, plus elle met en lumière ce qui lui échappe : la question du pourquoi. Pourquoi mourons‑nous ? Pourquoi ce corps sexué ? Pourquoi devoir travailler ? Pourquoi cette part de fragilité et d’impuissance devant le mal ?

Ce texte montre que vouloir supprimer ces questions, c’est s’exposer à une vie vide, sous perfusion technique.

Dans la foi chrétienne, il n’est pas question d’être délivrés de notre condition, mais de découvrir qu’elle est orientée : la mort, l’amour, le travail, la vulnérabilité et le combat contre le mal deviennent lieux de don de soi et de salut.À la faveur même de l’emprise technologique, nous sommes ainsi renvoyés à l’essentiel : quel sens voulons‑nous donner à nos vies, et à qui faisons‑nous confiance pour le recevoir ?

Lire :

L'absence de « Dieu » dans la vie humaine n'est jamais sans conséquence. Quel que soit son nom, et quelle que soit l'idée que l'on se fait de lui, « Dieu » demeure le déterminant primordial d'une vie…

L’Église catholique en France entre dans les prochains mois dans un moment de vérité historique : le diagnostic d’un eff...
12/05/2026

L’Église catholique en France entre dans les prochains mois dans un moment de vérité historique : le diagnostic d’un effondrement structurel est désormais indiscutable, mais ce même effondrement ouvre un espace inédit pour une refondation missionnaire courageuse, à la hauteur de la visite du pape Léon XIV en septembre prochain, et à la mesure des fractures de la société française.

Léon XIV n’a pas manqué de rappeler, lors de l’audience du 6 mai 2026, que « l’Église est appelée à reconnaître humblement la fragilité humaine et le caractère éphémère de ses propres institutions qui, bien qu’étant au service du royaume de Dieu, portent l’empreinte fugace de ce monde. Aucune institution ecclésiale ne peut être absolutisée ; au contraire, puisqu’elles vivent dans l’histoire et dans le temps, elles sont appelées à une conversion continuelle, au renouvellement des formes et à la réforme des structures, à la régénération constante des relations, afin qu’elles puissent véritablement correspondre à leur mission. » C’est d’un renouvellement des formes et des structures dont il sera question lors de sa visite. Dans un pays où le catholicisme n’est plus la matrice commune, l’Église n’a plus le luxe d’un magistère implicite ; elle ne se fait entendre qu’à la condition de parler clair, humblement, mais avec une force prophétique assumée. L’Église de France doit accepter de passer d’une culture de la préservation à une culture du risque évangélique, et faire de l’heureuse venue du pape Léon XIV non une parenthèse consolante, mais le déclencheur d’un long travail de refondation au service de la société française.

Vers le texte intégral :

L'Église catholique en France entre dans les prochains mois dans un moment de vérité historique : le diagnostic d'un effondrement structurel est désormais indiscutable, mais ce même effondrement…

L’essor de l’intelligence artificielle ne pose pas seulement des défis technologiques : il ouvre une crise anthropologiq...
05/05/2026

L’essor de l’intelligence artificielle ne pose pas seulement des défis technologiques : il ouvre une crise anthropologique majeure.

Dans ses récentes prises de parole, le pape Léon XIV invite à dépasser les approches purement techniques pour interroger les fondements : que devient la personne humaine dans un environnement où penser, décider et produire sont progressivement externalisés vers des systèmes automatisés ?

Deux visions s’opposent aujourd’hui.

D’un côté, une approche techno-centrée qui inscrit l’humain dans un continuum avec la machine, jusqu’à envisager sa substitution partielle.

De l’autre, une vision qui affirme la singularité irréductible de la personne humaine, sa dignité, sa liberté et sa responsabilité morale.

L’enjeu dépasse largement la performance des outils. Il concerne :
- la structuration des imaginaires collectifs,
- la gouvernance des infrastructures numériques,
- la transformation du travail et des équilibres économiques,
- et la capacité des individus à conserver une autonomie de jugement.

La position de l’Église est claire : l’IA peut contribuer au bien commun, à condition d’être explicitement orientée vers la justice, la dignité et la paix. Mais elle met en garde contre trois dérives majeures : des systèmes, la concentration du pouvoir technologique, et l’érosion progressive de la liberté intérieure.

La question centrale n’est donc pas de qualifier l’IA comme bonne ou mauvaise, mais d’interroger les finalités qu’elle sert et les logiques qu’elle renforce : optimisation et contrôle, ou bien développement humain et bien commun.

À l’heure où les choix techniques deviennent des choix de société, il devient critique de ne pas déléguer notre discernement aux systèmes que nous construisons.

Lire l'article :

Le basculement technologique que nous vivons est d'une telle ampleur qu'il évoque la Renaissance : une période de bouleversement, de promesses et de crises où vacille un ordre ancien. Aujourd'hui,…

Dans cet entretien, je reviens sur la légalisation de l’euthanasie, une « politique publique » visant à transformer la g...
28/04/2026

Dans cet entretien, je reviens sur la légalisation de l’euthanasie, une « politique publique » visant à transformer la gestion de la fin de vie.

Je dénonce une forme d’idéologie étatique où l’euthanasie devient une norme imposée, risquant de fragiliser les fondements éthiques de la société et de nier la dimension spirituelle de l’existence humaine.

Cette vision utilitariste de l’homme, où l’individu est réduit à sa simple dimension biologique, occultant ainsi la transcendance et la dignité intrinsèque de chaque vie, même dans la souffrance blesse la nature humaine. Le rôle de la politique devrait être de garantir les conditions du plein développement de l’humain et de favoriser le soin mutuel au sein du corps social, plutôt que de légiférer sur le « consentement à la mort ». Surtout, il est urgent de s’inquiéter de la requalification de l’euthanasie en « mort naturelle » par certains textes législatifs, y voyant une manipulation sémantique dangereuse pour la lucidité du débat public.

Au-delà de cette analyse, je plaide pour une redécouverte de la mort comme passage plutôt que comme simple fin, appelant la société à la responsabilité collective face à la vulnérabilité, plutôt qu’à une réponse technocratique ou individuelle de suppression de la vie.

https://www.serviceproinfo.fr/analyse-decryptage/article/quand-la-mort-devient-une-politique-publique

Dans cet entretien, le père Laurent Stalla-Bourdillon, ancien aumônier des parlementaires et directeur du Service pour les Professionnels de l'Information, développe une critique sévère de la…

Quand la théologie protège la parole à l’ère des IALa théologie classique parle de l’être humain comme d’un « composé co...
21/04/2026

Quand la théologie protège la parole à l’ère des IA

La théologie classique parle de l’être humain comme d’un « composé corps‑âme », en insistant sur l’unité de ces deux dimensions plutôt que sur leur opposition. L’esprit se forme à travers la totalité de notre être : affectivité, mémoire, sensations... La pensée s’élabore ailleurs que dans le cerveau pris isolément : elle n’est pas une simple production cérébrale. Ce qui manque à l’intelligence artificielle, c’est précisément une âme et un corps. Elle n’est pas un sujet de l’histoire, mais un objet sans histoire, c’est‑à‑dire sans destinée ni vocation à accomplir. Une IA ne sait pas ce que signifie « attendre quelqu’un », « manquer une occasion », « avoir froid », « être consolé ». L’agent conversationnel ressemble davantage à un « flux logique » sans faille existentielle, sans moi vulnérable, sans altérité intérieure. Il n’y a pas d’intériorité dans l’intelligence artificielle. Elle ne fait pas l’expérience d’une liberté. Et sans liberté, il n’y a pas d’amour. L’IA devient alors une puissance technique qui risque de soustraire le monde - et notre vie - au pouvoir de l’amour.

Une machine, si sophistiquée soit‑elle, produit des phrases mais ne « parle » pas au sens fort. Elle n’a ni souffle, ni chair, ni histoire personnelle. Elle ne se reçoit pas d’un autre et n’engage pas son être dans ce qu’elle dit. Son « dialogue » n’est qu’une simulation calculée de réponses probables. Vouloir faire passer cette simulation pour une parole équivalente à la parole humaine revient à accepter une tromperie : celle d’une vie désincarnée, d’un logos sans chair, d’une voix sans sujet. La tentation de lui attribuer une personnalité – voire une dignité analogue à celle d’une personne humaine – relève alors d’une grave confusion anthropologique. Le risque de nous habituer à une parole désincarnée, qui circule sans visage ni responsabilité, est immense. De même, celui de traiter les personnes comme de simples interfaces interchangeables, alors qu’elles sont des vis‑à‑vis uniques, appelés par Dieu à une vocation singulière. Comme le rappelait si justement la philosophe Gabrielle Halpern « se projeter dans l’avenir est un art de la volonté : l’avenir se veut ! ». Demandons‑nous alors à qui nous voulons donner notre parole : à des machines, qui la reproduisent sans jamais la recevoir, ou à des êtres humains, seuls capables de l’accueillir et d’y répondre ? Le rôle de la théologie et la place d’une anthropologie révélée s’affirment à mesure que progressent les technologies. On peut vous refuser votre dignité de personne en vous assimilant à un animal ou à une machine, mais on peut aussi aliéner sa propre dignité en choisissant de parler à des machines comme si elles étaient des personnes. C’est une immense responsabilité que de savoir réserver ce qui donne la vie, la parole, à celles et ceux qui l’attendent vraiment et qui, en la recevant, en seront vivifiés.

L'être humain est un tout indissociable de corps et d'esprit : cette conviction traverse, depuis des siècles, de nombreuses approches philosophiques ainsi que les grandes traditions religieuses. La…

Le samedi 11 avril 2026, le Cardinal Robert McElroy, archevêque de Washington, a présidé à une prière pour la paix, à l’...
14/04/2026

Le samedi 11 avril 2026, le Cardinal Robert McElroy, archevêque de Washington, a présidé à une prière pour la paix, à l’invitation du Pape Léon XIV qui priait lui-même depuis la basilique saint Pierre à Rome. En communion avec de nombreux évêques et fidèles à travers le monde, ils ont imploré le don de la paix.

« … nous avons été placés sur cette Terre avec une mission et un but qui nous appelle à ennoblir le monde et à nous préparer au royaume de Dieu. (…) nous sommes appelés à être des artisans de paix dans le monde » disait le Cardinal Robert McElroy. « Nous sommes appelés à être des bâtisseurs de ponts et des réconciliateurs dans notre vie de famille, en surmontant les tensions normales qui ont été exacerbées par l’isolement social et l’étouffement technologique qui ont proliféré à notre époque. (…)nous sommes au milieu d'une guerre immorale. Nous sommes entrés dans cette guerre non pas par nécessité mais plutôt par choix. (…) l’initiation de cette guerre et toute continuation de celle-ci moralement illégitime. »

Le Pape Léon XIV, de son côté, a rappelé avec vigueur que « la guerre divise, la tyrannie piétine, quand l’espérance unit et l’amour élève. (…) Les équilibres au sein de la famille humaine sont gravement déstabilisés. Même le Nom saint de Dieu, le Dieu de la vie, est entraîné dans les discours de mort. Disparaît alors un monde de frères et de sœurs ayant un seul Père dans les cieux et, comme dans un cauchemar nocturne, la réalité se peuple d’ennemis. (…)

Assez avec l’idolâtrie de soi-même et de l’argent ! Assez avec la démonstration de force ! Assez avec la guerre ! La véritable force se manifeste dans le service de la vie. Et, reprenant les paroles lapidaires de Pie XII, il ajoutait : « Avec la paix, rien n’est perdu ; mais tout peut l’être par la guerre ».

« Croyons de nouveau en l’amour, la modération et la bonne politique » dit le Pape. « (…) Chacun a sa place dans la mosaïque de la paix ! (…) Nous devons veiller à ne pas nous laisser emporter par l’accélération d’un monde qui ne sait pas ce qu’il poursuit, afin de revenir au service du rythme de la vie, de l’harmonie de la création, et d’en soigner les blessures. (…) Il existe en effet « une “architecture” de la paix où interviennent les diverses institutions de la société, chacune selon sa compétence, mais il y a aussi un “artisanat” de la paix qui nous concerne » tous.

(…) L’Église est un grand peuple au service de la réconciliation et de la paix qui avance sans hésitation, même lorsque le rejet de la logique de la guerre peut lui valoir incompréhension et mépris. Elle annonce l’Évangile de la paix et enseigne à obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes, surtout lorsqu’il s’agit de la dignité infinie d’autres êtres humains, mise en péril par les violations constantes du droit international.

Vers le texte intégral :

Le samedi 11 avril 2026, le Cardinal Robert McElroy, archevêque de Washington, a présidé à une prière pour la paix, à l'invitation du Pape Léon XIV qui priait lui-même depuis la basilique saint…

Il est souvent dit que la première victime d’une guerre est la vérité. Cette formule, presque banale, signifie que l’inf...
09/04/2026

Il est souvent dit que la première victime d’une guerre est la vérité. Cette formule, presque banale, signifie que l’information cesse d’exister comme telle. Elle devient une arme.

La guerre impose une logique où la vérité cesse d’être une valeur : elle devient un risque. Dire la vérité, c’est exposer ses positions, ses faiblesses, ses pertes. Or, dans un affrontement, toute information véridique peut être exploitée par l’ennemi et devenir un avantage donné à l’adversaire. Elle est donc dissimulée et manipulée.

La vérité est aussi dangereuse pour le rapport de force politique. Une information exacte peut fragiliser le soutien de l’opinion publique, susciter le doute, voire provoquer le rejet de la guerre elle-même. Dès lors, la vérité devient un facteur d’instabilité interne. Elle peut montrer l’horreur de la guerre, de sa violence, de ses morts et de ses destructions. Ainsi, pour des raisons à la fois militaires, politiques et psychologiques, la guerre ne peut pas tolérer la vérité. Elle la neutralise.

Dans les conflits contemporains, cette dimension a pris une ampleur inédite. Les réseaux sociaux permettent une diffusion instantanée et massive de contenus, vrais ou faux, souvent indiscernables. Les campagnes de manipulation se multiplient, utilisant des récits émotionnels, des images détournées et des comptes automatisés. L’objectif est de saturer l’espace informationnel et de rendre toute certitude impossible. Le résultat est une forme de brouillard informationnel qui rend le discernement extrêmement difficile. L’espace informationnel devient un prolongement du champ de bataille. Il s’agit de gagner les esprits autant que les territoires.

Il faut redire aujourd’hui que seule la vérité est un facteur de paix et d'amitié. Comment, au cœur du conflit, préserver encore un espace pour la vérité et donc pour la liberté ?

Il est souvent dit que la première victime d'une guerre est la vérité. Cette formule, presque banale, signifie que l'information cesse d'exister comme telle. Elle devient une arme. Dans un conflit,…

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