16/06/2026
GPA : le fait ne crée pas le droit
L’argument selon lequel une pratique sociale devrait être reconnue par le droit dès lors qu’elle existe durablement repose sur une confusion fondamentale : celle entre ce qui est et ce qui doit être. Depuis Aristote jusqu’à saint Thomas d’Aquin, la tradition philosophique distingue le fait du bien. L’existence d’une pratique ne suffit jamais à la rendre juste. Le rôle du droit n’est pas d’enregistrer les évolutions sociales, mais de discerner ce qui sert réellement la dignité humaine et le bien commun. La véritable question n’est donc pas : « La GPA existe-t-elle ? » mais : « Est-elle juste ? » La GPA engage des enjeux essentiels : la dignité de la personne, la vérité de la filiation, le respect du corps humain et la protection des plus vulnérables. Le désir d’enfant est profondément respectable, mais il ne crée pas un droit à l’enfant. Un enfant est un sujet de droit ; il ne peut jamais devenir l’objet d’un droit. Une société démocratique ne se construit pas sur la seule addition des désirs individuels. Elle repose sur des principes qui précèdent les préférences du moment et permettent de distinguer ce qui est possible de ce qui est juste. Une civilisation ne s’effondre pas lorsqu’elle manque de désirs. Elle s’effondre lorsqu’elle ne sait plus distinguer entre le fait et le droit.
Vers le texte intégral :
La tribune de Raphaël Enthoven intitulée « GPA : le fait et le droit » (Franc-Tireur, 10 juin 2026) repose sur une opposition artificielle entre le réel et le principe. Son argument central est…