Service pour les Professionnels de l’Information

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À l’heure où nous confions à des machines la gestion de la mort, de l’amour, du travail et même du mal, quelque chose ré...
19/05/2026

À l’heure où nous confions à des machines la gestion de la mort, de l’amour, du travail et même du mal, quelque chose résiste : ces réalités ont un sens que nulle technique ne peut absorber.

Nous rêvons d’une vie sans fin, sans souffrance, avec l’amour choisi, un travail sans peine, une vulnérabilité effacée et un mal neutralisé par algorithme.

Mais plus la technologie prétend tout prendre en charge, plus elle met en lumière ce qui lui échappe : la question du pourquoi. Pourquoi mourons‑nous ? Pourquoi ce corps sexué ? Pourquoi devoir travailler ? Pourquoi cette part de fragilité et d’impuissance devant le mal ?

Ce texte montre que vouloir supprimer ces questions, c’est s’exposer à une vie vide, sous perfusion technique.

Dans la foi chrétienne, il n’est pas question d’être délivrés de notre condition, mais de découvrir qu’elle est orientée : la mort, l’amour, le travail, la vulnérabilité et le combat contre le mal deviennent lieux de don de soi et de salut.À la faveur même de l’emprise technologique, nous sommes ainsi renvoyés à l’essentiel : quel sens voulons‑nous donner à nos vies, et à qui faisons‑nous confiance pour le recevoir ?

Lire :

L'absence de « Dieu » dans la vie humaine n'est jamais sans conséquence. Quel que soit son nom, et quelle que soit l'idée que l'on se fait de lui, « Dieu » demeure le déterminant primordial d'une vie…

L’Église catholique en France entre dans les prochains mois dans un moment de vérité historique : le diagnostic d’un eff...
12/05/2026

L’Église catholique en France entre dans les prochains mois dans un moment de vérité historique : le diagnostic d’un effondrement structurel est désormais indiscutable, mais ce même effondrement ouvre un espace inédit pour une refondation missionnaire courageuse, à la hauteur de la visite du pape Léon XIV en septembre prochain, et à la mesure des fractures de la société française.

Léon XIV n’a pas manqué de rappeler, lors de l’audience du 6 mai 2026, que « l’Église est appelée à reconnaître humblement la fragilité humaine et le caractère éphémère de ses propres institutions qui, bien qu’étant au service du royaume de Dieu, portent l’empreinte fugace de ce monde. Aucune institution ecclésiale ne peut être absolutisée ; au contraire, puisqu’elles vivent dans l’histoire et dans le temps, elles sont appelées à une conversion continuelle, au renouvellement des formes et à la réforme des structures, à la régénération constante des relations, afin qu’elles puissent véritablement correspondre à leur mission. » C’est d’un renouvellement des formes et des structures dont il sera question lors de sa visite. Dans un pays où le catholicisme n’est plus la matrice commune, l’Église n’a plus le luxe d’un magistère implicite ; elle ne se fait entendre qu’à la condition de parler clair, humblement, mais avec une force prophétique assumée. L’Église de France doit accepter de passer d’une culture de la préservation à une culture du risque évangélique, et faire de l’heureuse venue du pape Léon XIV non une parenthèse consolante, mais le déclencheur d’un long travail de refondation au service de la société française.

Vers le texte intégral :

L'Église catholique en France entre dans les prochains mois dans un moment de vérité historique : le diagnostic d'un effondrement structurel est désormais indiscutable, mais ce même effondrement…

L’essor de l’intelligence artificielle ne pose pas seulement des défis technologiques : il ouvre une crise anthropologiq...
05/05/2026

L’essor de l’intelligence artificielle ne pose pas seulement des défis technologiques : il ouvre une crise anthropologique majeure.

Dans ses récentes prises de parole, le pape Léon XIV invite à dépasser les approches purement techniques pour interroger les fondements : que devient la personne humaine dans un environnement où penser, décider et produire sont progressivement externalisés vers des systèmes automatisés ?

Deux visions s’opposent aujourd’hui.

D’un côté, une approche techno-centrée qui inscrit l’humain dans un continuum avec la machine, jusqu’à envisager sa substitution partielle.

De l’autre, une vision qui affirme la singularité irréductible de la personne humaine, sa dignité, sa liberté et sa responsabilité morale.

L’enjeu dépasse largement la performance des outils. Il concerne :
- la structuration des imaginaires collectifs,
- la gouvernance des infrastructures numériques,
- la transformation du travail et des équilibres économiques,
- et la capacité des individus à conserver une autonomie de jugement.

La position de l’Église est claire : l’IA peut contribuer au bien commun, à condition d’être explicitement orientée vers la justice, la dignité et la paix. Mais elle met en garde contre trois dérives majeures : des systèmes, la concentration du pouvoir technologique, et l’érosion progressive de la liberté intérieure.

La question centrale n’est donc pas de qualifier l’IA comme bonne ou mauvaise, mais d’interroger les finalités qu’elle sert et les logiques qu’elle renforce : optimisation et contrôle, ou bien développement humain et bien commun.

À l’heure où les choix techniques deviennent des choix de société, il devient critique de ne pas déléguer notre discernement aux systèmes que nous construisons.

Lire l'article :

Le basculement technologique que nous vivons est d'une telle ampleur qu'il évoque la Renaissance : une période de bouleversement, de promesses et de crises où vacille un ordre ancien. Aujourd'hui,…

Dans cet entretien, je reviens sur la légalisation de l’euthanasie, une « politique publique » visant à transformer la g...
28/04/2026

Dans cet entretien, je reviens sur la légalisation de l’euthanasie, une « politique publique » visant à transformer la gestion de la fin de vie.

Je dénonce une forme d’idéologie étatique où l’euthanasie devient une norme imposée, risquant de fragiliser les fondements éthiques de la société et de nier la dimension spirituelle de l’existence humaine.

Cette vision utilitariste de l’homme, où l’individu est réduit à sa simple dimension biologique, occultant ainsi la transcendance et la dignité intrinsèque de chaque vie, même dans la souffrance blesse la nature humaine. Le rôle de la politique devrait être de garantir les conditions du plein développement de l’humain et de favoriser le soin mutuel au sein du corps social, plutôt que de légiférer sur le « consentement à la mort ». Surtout, il est urgent de s’inquiéter de la requalification de l’euthanasie en « mort naturelle » par certains textes législatifs, y voyant une manipulation sémantique dangereuse pour la lucidité du débat public.

Au-delà de cette analyse, je plaide pour une redécouverte de la mort comme passage plutôt que comme simple fin, appelant la société à la responsabilité collective face à la vulnérabilité, plutôt qu’à une réponse technocratique ou individuelle de suppression de la vie.

https://www.serviceproinfo.fr/analyse-decryptage/article/quand-la-mort-devient-une-politique-publique

Dans cet entretien, le père Laurent Stalla-Bourdillon, ancien aumônier des parlementaires et directeur du Service pour les Professionnels de l'Information, développe une critique sévère de la…

Quand la théologie protège la parole à l’ère des IALa théologie classique parle de l’être humain comme d’un « composé co...
21/04/2026

Quand la théologie protège la parole à l’ère des IA

La théologie classique parle de l’être humain comme d’un « composé corps‑âme », en insistant sur l’unité de ces deux dimensions plutôt que sur leur opposition. L’esprit se forme à travers la totalité de notre être : affectivité, mémoire, sensations... La pensée s’élabore ailleurs que dans le cerveau pris isolément : elle n’est pas une simple production cérébrale. Ce qui manque à l’intelligence artificielle, c’est précisément une âme et un corps. Elle n’est pas un sujet de l’histoire, mais un objet sans histoire, c’est‑à‑dire sans destinée ni vocation à accomplir. Une IA ne sait pas ce que signifie « attendre quelqu’un », « manquer une occasion », « avoir froid », « être consolé ». L’agent conversationnel ressemble davantage à un « flux logique » sans faille existentielle, sans moi vulnérable, sans altérité intérieure. Il n’y a pas d’intériorité dans l’intelligence artificielle. Elle ne fait pas l’expérience d’une liberté. Et sans liberté, il n’y a pas d’amour. L’IA devient alors une puissance technique qui risque de soustraire le monde - et notre vie - au pouvoir de l’amour.

Une machine, si sophistiquée soit‑elle, produit des phrases mais ne « parle » pas au sens fort. Elle n’a ni souffle, ni chair, ni histoire personnelle. Elle ne se reçoit pas d’un autre et n’engage pas son être dans ce qu’elle dit. Son « dialogue » n’est qu’une simulation calculée de réponses probables. Vouloir faire passer cette simulation pour une parole équivalente à la parole humaine revient à accepter une tromperie : celle d’une vie désincarnée, d’un logos sans chair, d’une voix sans sujet. La tentation de lui attribuer une personnalité – voire une dignité analogue à celle d’une personne humaine – relève alors d’une grave confusion anthropologique. Le risque de nous habituer à une parole désincarnée, qui circule sans visage ni responsabilité, est immense. De même, celui de traiter les personnes comme de simples interfaces interchangeables, alors qu’elles sont des vis‑à‑vis uniques, appelés par Dieu à une vocation singulière. Comme le rappelait si justement la philosophe Gabrielle Halpern « se projeter dans l’avenir est un art de la volonté : l’avenir se veut ! ». Demandons‑nous alors à qui nous voulons donner notre parole : à des machines, qui la reproduisent sans jamais la recevoir, ou à des êtres humains, seuls capables de l’accueillir et d’y répondre ? Le rôle de la théologie et la place d’une anthropologie révélée s’affirment à mesure que progressent les technologies. On peut vous refuser votre dignité de personne en vous assimilant à un animal ou à une machine, mais on peut aussi aliéner sa propre dignité en choisissant de parler à des machines comme si elles étaient des personnes. C’est une immense responsabilité que de savoir réserver ce qui donne la vie, la parole, à celles et ceux qui l’attendent vraiment et qui, en la recevant, en seront vivifiés.

L'être humain est un tout indissociable de corps et d'esprit : cette conviction traverse, depuis des siècles, de nombreuses approches philosophiques ainsi que les grandes traditions religieuses. La…

Le samedi 11 avril 2026, le Cardinal Robert McElroy, archevêque de Washington, a présidé à une prière pour la paix, à l’...
14/04/2026

Le samedi 11 avril 2026, le Cardinal Robert McElroy, archevêque de Washington, a présidé à une prière pour la paix, à l’invitation du Pape Léon XIV qui priait lui-même depuis la basilique saint Pierre à Rome. En communion avec de nombreux évêques et fidèles à travers le monde, ils ont imploré le don de la paix.

« … nous avons été placés sur cette Terre avec une mission et un but qui nous appelle à ennoblir le monde et à nous préparer au royaume de Dieu. (…) nous sommes appelés à être des artisans de paix dans le monde » disait le Cardinal Robert McElroy. « Nous sommes appelés à être des bâtisseurs de ponts et des réconciliateurs dans notre vie de famille, en surmontant les tensions normales qui ont été exacerbées par l’isolement social et l’étouffement technologique qui ont proliféré à notre époque. (…)nous sommes au milieu d'une guerre immorale. Nous sommes entrés dans cette guerre non pas par nécessité mais plutôt par choix. (…) l’initiation de cette guerre et toute continuation de celle-ci moralement illégitime. »

Le Pape Léon XIV, de son côté, a rappelé avec vigueur que « la guerre divise, la tyrannie piétine, quand l’espérance unit et l’amour élève. (…) Les équilibres au sein de la famille humaine sont gravement déstabilisés. Même le Nom saint de Dieu, le Dieu de la vie, est entraîné dans les discours de mort. Disparaît alors un monde de frères et de sœurs ayant un seul Père dans les cieux et, comme dans un cauchemar nocturne, la réalité se peuple d’ennemis. (…)

Assez avec l’idolâtrie de soi-même et de l’argent ! Assez avec la démonstration de force ! Assez avec la guerre ! La véritable force se manifeste dans le service de la vie. Et, reprenant les paroles lapidaires de Pie XII, il ajoutait : « Avec la paix, rien n’est perdu ; mais tout peut l’être par la guerre ».

« Croyons de nouveau en l’amour, la modération et la bonne politique » dit le Pape. « (…) Chacun a sa place dans la mosaïque de la paix ! (…) Nous devons veiller à ne pas nous laisser emporter par l’accélération d’un monde qui ne sait pas ce qu’il poursuit, afin de revenir au service du rythme de la vie, de l’harmonie de la création, et d’en soigner les blessures. (…) Il existe en effet « une “architecture” de la paix où interviennent les diverses institutions de la société, chacune selon sa compétence, mais il y a aussi un “artisanat” de la paix qui nous concerne » tous.

(…) L’Église est un grand peuple au service de la réconciliation et de la paix qui avance sans hésitation, même lorsque le rejet de la logique de la guerre peut lui valoir incompréhension et mépris. Elle annonce l’Évangile de la paix et enseigne à obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes, surtout lorsqu’il s’agit de la dignité infinie d’autres êtres humains, mise en péril par les violations constantes du droit international.

Vers le texte intégral :

Le samedi 11 avril 2026, le Cardinal Robert McElroy, archevêque de Washington, a présidé à une prière pour la paix, à l'invitation du Pape Léon XIV qui priait lui-même depuis la basilique saint…

Il est souvent dit que la première victime d’une guerre est la vérité. Cette formule, presque banale, signifie que l’inf...
09/04/2026

Il est souvent dit que la première victime d’une guerre est la vérité. Cette formule, presque banale, signifie que l’information cesse d’exister comme telle. Elle devient une arme.

La guerre impose une logique où la vérité cesse d’être une valeur : elle devient un risque. Dire la vérité, c’est exposer ses positions, ses faiblesses, ses pertes. Or, dans un affrontement, toute information véridique peut être exploitée par l’ennemi et devenir un avantage donné à l’adversaire. Elle est donc dissimulée et manipulée.

La vérité est aussi dangereuse pour le rapport de force politique. Une information exacte peut fragiliser le soutien de l’opinion publique, susciter le doute, voire provoquer le rejet de la guerre elle-même. Dès lors, la vérité devient un facteur d’instabilité interne. Elle peut montrer l’horreur de la guerre, de sa violence, de ses morts et de ses destructions. Ainsi, pour des raisons à la fois militaires, politiques et psychologiques, la guerre ne peut pas tolérer la vérité. Elle la neutralise.

Dans les conflits contemporains, cette dimension a pris une ampleur inédite. Les réseaux sociaux permettent une diffusion instantanée et massive de contenus, vrais ou faux, souvent indiscernables. Les campagnes de manipulation se multiplient, utilisant des récits émotionnels, des images détournées et des comptes automatisés. L’objectif est de saturer l’espace informationnel et de rendre toute certitude impossible. Le résultat est une forme de brouillard informationnel qui rend le discernement extrêmement difficile. L’espace informationnel devient un prolongement du champ de bataille. Il s’agit de gagner les esprits autant que les territoires.

Il faut redire aujourd’hui que seule la vérité est un facteur de paix et d'amitié. Comment, au cœur du conflit, préserver encore un espace pour la vérité et donc pour la liberté ?

Il est souvent dit que la première victime d'une guerre est la vérité. Cette formule, presque banale, signifie que l'information cesse d'exister comme telle. Elle devient une arme. Dans un conflit,…

À travers ses interventions à Monaco le 28 mars 2026, le pape Léon XIV a proposé une vision claire de la mission de l’Ég...
31/03/2026

À travers ses interventions à Monaco le 28 mars 2026, le pape Léon XIV a proposé une vision claire de la mission de l’Église : donner la vie de Dieu au monde. Ses prises de parole, à la fois spirituelles et engagées, ont articulé cinq thèmes majeurs :

1/ La force des « petits » : même une petite réalité — une principauté, une communauté, une personne — peut devenir un lieu de rayonnement de l’Évangile. La petitesse n’est pas une limite mais une promesse.

2/ La construction d’une fraternité face à la logique de puissance : dans un monde marqué par la fermeture, l’autosuffisance et les logiques de domination, le pape a appelé à une conversion radicale : passer d’une culture de puissance à une culture de la fraternité. La fraternité devient un principe structurant, capable de résister aux logiques de guerre et de violence. Elle est une manière concrète de vivre ensemble, enracinée dans la conviction que tous nous sommes enfants de Dieu Créateur.

3/ L’Église « avocate » de l’homme : à l’image du Christ, elle est appelée à défendre tout homme et tout l’homme, en particulier les plus vulnérables, les oubliés et les marginalisés.

Cette mission implique un discernement critique et prophétique pour défendre la dignité humaine à toutes les étapes de la vie. Il faut éclairer l’homme sur son identité, son sens et sa destinée.

4/ La miséricorde, cœur de la transformation du monde : Dieu en Jésus-Christ a rejoint l’homme dans sa fragilité. Il a pris sur lui le mal, l’a traversé et transformé. La miséricorde devient alors la clé de lecture de l’histoire : elle purifie, guérit et transforme. Léon XIV la voit comme la véritable puissance de Dieu, capable de sauver le monde.

5/ Le combat spirituel : se libérer des idoles. Le pape a dénoncé avec force les « idoles » contemporaines : pouvoir, argent, apparence. Ces réalités, lorsqu’elles deviennent un absolu, asservissent l’homme et engendrent les conflits. Les guerres elles-mêmes sont comme le fruit de ces idolâtries. Enfin, son homélie s’inscrivait dans la lumière de Pâques. Dieu continue aujourd’hui de faire passer de la mort à la vie, comme pour Lazare. L’espérance chrétienne se manifeste dans des vies transformées, dans des cœurs relevés, dans des communautés renouvelées. Même au cœur du mal, une vie nouvelle est déjà à l’œuvre.

À travers ce voyage, le pape Léon XIV a proposé une vision exigeante et profondément consolante : le monde peut être transformé non par la puissance, mais par l’amour vécu dans la vérité. Dans un temps marqué par l’incertitude et la violence, il invite chacun à redécouvrir sa mission : devenir, là où il est, un artisan de vie, de fraternité et d’espérance.

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À travers ses interventions à Monaco le 28 mars 2026, le pape Léon XIV a proposé une vision claire de la mission de l'Église : donner la vie de Dieu au monde. Ses prises de parole, à la fois…

La guerre, scandale pour toute la famille humaine : jusqu’à quand ?Face aux drames qui déchirent notre monde, la voix du...
24/03/2026

La guerre, scandale pour toute la famille humaine : jusqu’à quand ?

Face aux drames qui déchirent notre monde, la voix du Pape Léon XIV retentit comme un appel pressant à ne pas céder à l’indifférence. Il invite à porter dans la prière la souffrance des peuples meurtris, et à entrer dans une intelligence plus profonde des chemins de la paix. Prier pour la paix, c’est déjà consentir à se laisser transformer, afin de réaliser les conditions concrètes d’une fraternité véritable entre les nations.

« Je continue à suivre avec consternation la situation au Moyen-Orient, ainsi que dans d’autres régions du monde déchirées par la guerre et la violence. Nous ne pouvons rester silencieux face à la souffrance de tant de personnes sans défense, victimes de ces conflits. Ce qui les blesse, blesse l’humanité tout entière. La mort et la douleur provoquées par ces guerres sont un scandale pour toute la famille humaine et un cri lancé vers Dieu ! Je réitère avec force l’appel à persévérer dans la prière, afin que cessent les hostilités et s’ouvrent enfin des chemins de paix fondés sur un dialogue sincère et sur le respect de la dignité de chaque personne humaine. » (Pape Léon XIV, 22 mars 2026)

À mesure que les semaines passent, la lettre du Pape François, « Fratelli tutti, sur la fraternité », se révèle, elle aussi, comme un appel prophétique adressé à l’humanité entière. Il y annonçait les défis qu’elle aurait à relever et les conditions de la préservation de la paix entre les nations. Il disait qu’il « est prévisible que, face à l’épuisement de certaines ressources, se crée progressivement un scénario favorable à de nouvelles guerres, déguisées en revendications nobles ». (n°17) Nous y sommes, et les guerres seront les conséquences des besoins énergétiques des nations. C’est pourquoi il exhortait à comprendre qu’ « une paix réelle et durable n’est possible qu’à partir d’une éthique globale de solidarité et de coopération au service d’un avenir façonné par l’interdépendance et la coresponsabilité au sein de toute la famille humaine » (n°127).

Ces trois mots – coopération, interdépendance, coresponsabilité – seront les piliers de la paix dans le monde. Ils constituent les principes fondamentaux de l’écologie sociale et de la fraternité authentique.

Face aux drames qui déchirent notre monde, la voix du Pape Léon XIV retentit comme un appel pressant à ne pas céder à l'indifférence. Il invite à porter dans la prière la souffrance des peuples…

En quelques décennies seulement, l’humanité a connu une croissance sans précédent : nous sommes aujourd’hui 8,2 milliard...
18/03/2026

En quelques décennies seulement, l’humanité a connu une croissance sans précédent : nous sommes aujourd’hui 8,2 milliards à partager une même planète et un même destin. Cette famille humaine était composée en 1970 de 3,7 milliards de membres. En 2010, soit 40 ans plus t**d, la famille humaine était composée de 7,4 milliards de personnes. 1970-2010, la population mondiale a été multipliée par deux en l'espace de 40 ans. Jamais dans l’histoire autant d’hommes et de femmes n’ont dû apprendre, en si peu de temps, à partager les ressources, l’espace, les récoltes, l’eau et l’avenir… Face aux tensions que suscitent la rareté et le poison de l’individualisme, une question décisive se pose : saurons-nous construire une véritable fraternité ? L’enjeu du XXIᵉ siècle est là : faire advenir l’unité de la famille humaine. Pour les chrétiens, cette tâche devient une mission : servir l’unité, car la joie de Dieu se révèle la communion des hommes.

Voici un bref extrait de la conférence donnée le jeudi 5 mars 2026, à la basilique de Fourvière. « Je voudrais vous partager un extrait de la lettre encyclique du Pape François, « Fratelli tutti »…

« Frappe » : le mot de la guerre dans les médias  Sur les bandeaux des chaînes d’information en continu, les mêmes formu...
10/03/2026

« Frappe » : le mot de la guerre dans les médias

Sur les bandeaux des chaînes d’information en continu, les mêmes formules tournent en boucle comme un refrain hypnotique : « frappes en Iran », « Israël a frappé », « l’Iran a frappé », « nouvelles frappes de représailles », « frappes ciblées », « frappes massives », jusqu’au presque absurde « des frappes ont frappé… ». Pendant ce temps, on ne dit plus que des quartiers ont été ravagés, que des habitations se sont effondrées, que des enfants ont été ensevelis, que des familles ont été décimées. On se contente d’additionner des missiles, des « cibles », des zones touchées. Le défi des médias, en temps de guerre, devrait être de rendre compte de son atrocité sans la transformer en spectacle. Que devient ce devoir lorsqu’une chaîne d’information est avant tout une machine à audience ? Comment dire la guerre dans les médias ?

« Frappe » est un mot qui se veut descriptif, factuel et presque hygiénique. Le mot devient un écran qui masquent la réalité des visages de civils blessés, des morts, des proches qui cherchent le corps d’un parent dans les décombres. La guerre est le théâtre de la mort, mais dire la mort est devenu obscène et impossible aux médias, qui la montre à distance. Le besoin de spectaculaire impose l’oubli du réel. Ce qui est frappé, alors c’est notre capacité d’empathie. À force de « frappes » répétées, on ne sait plus très bien qui tombe. Les morts s’effacent derrière le mot, comme si « frapper » suffisait à tout dire et plus le mot revient, plus il se découple de la réalité qu’il désigne.

Il ne s’agit pas de bannir ce terme – il décrit une réalité militaire – ni de refuser d’informer sur la violence des bombardements. Il s’agit de voir ce que son usage révèle de notre regard. Le langage n’est jamais neutre. La question n’est pas seulement journalistique. Elle est éthique et spirituelle. Quel usage faisons‑nous de notre parole quand nous la mettons au service de la fascination plutôt qu’au service de la compassion ? La vraie question est de savoir quand, collectivement, nous accepterons de regarder le drame de la guerre en vérité, de nommer les victimes avant les missiles, et de dénoncer les frappes pour ce qu’elles sont : des blessures infligées à la fragile beauté de l’humanité. Concluons avec ces extraits de la prière du Pape Léon XIV :

« Seigneur de la Vie,

toi qui as façonné chaque être humain à ton image et ressemblance, nous croyons que tu nous as créés pour la communion, non pour la guerre, pour la fraternité, non pour la destruction.

Désarme nos cœurs de la haine, du ressentiment et de l’indifférence,

afin que nous devenions des instruments de réconciliation.

Que chaque parole bienveillante, chaque geste de réconciliation

et chaque choix de dialogue soient les semences d’un monde nouveau. Amen. »

Lire :

Sur les bandeaux des chaînes d'information en continu, les mêmes formules tournent en boucle comme un refrain hypnotique : « frappes en Iran », « Israël a frappé », « l'Iran a frappé », « nouvelles…

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