02/05/2026
Pour ceux et celles d’entre-nous qui s’intéressent à l’histoire au sein de notre consistoire.
Hélène SCHWEITZER est née le 7 novembre 1910 à Schiltigheim, elle fut dessinatrice, assistante sociale, commerçante, et résistante.
Hélène Schweitzer appartenait à une famille luthérienne de Strasbourg apparentée au Dr. Albert Schweitzer. Fille de Karl Schweitzer, ingénieur, et de Salomea Emma Helmstetter, elle avait suivi des études de dessin en Hollande.
En 1939, elle s’était fiancée avec Emile Rosenberg, réfugié roumain de confession juive. Mobilisé au début de la guerre, il a été fait prisonnier.
Dès le mois d'octobre 1940 Vichy proclama les lois anti-juives, les Juifs étrangers furent assignés à résidence surveillée dans des camps en France. En zone occupée allemande l'ordonnance allemande du 18 octobre 1940 faisait obligation à tous les Juifs de se faire recenser. De son côté, Hélène Schweitzer rejoignit la zone sud ; elle vécut à Aix-en-Provence, Bordeaux et Lezay, et à Paris.
Sous l’occupation, elle s’engagea dans la résistance en fabriquant des faux papiers, en particulier des faux tampons. Elle semblait totalement inconsciente du danger qu'elle courait et malgré toutes ses actions héroïques, elle était toujours d'un calme désarmant.
En sa qualité d'agent de liaison elle était partout et nulle part à la fois.
Elle était en lien avec les protestants résistants autour du pasteur Pierre Fouchier et de Jacques Ellul.
A Lezay, elle poursuivit son activité clandestine avec Adrien Chopin, maître imprimeur.
Hélène disposait au presbytère protestant de Lezay, au premier étage, d'un bureau à double fond où elle cachait ses tampons et elle y venait régulièrement confectionner les faux papiers réclamés par le Pasteur.
Ce sont ses qualités de graveur qu'elle utilisait. Elle partait de véritables coups de tampon frappés sur de véritables pièces officielles et gravés sur le linoléum avec des stylets.
Le dessin du tampon à reproduire était obtenu à l'envers par imprégnation d'un coup de tampon authentique sur une pomme de terre coupée en deux. Puis reproduit sur un linoléum en version inversée : commençait alors le travail de gravure du linoléum au stylet.
Etant donné la diversité des tampons réalisés par Hélène, elle a effectivement dû se déplacer énormément dans toute la France. Les lieux de naissance étaient souvent choisis dans les communes où, par faits de guerre, les archives avaient brûlé : Toul, Etain, Roubaix etc.
Elle réalisa ainsi des douzaines de tampons de différentes mairies de localités situées en zone libre. Ces tampons permirent d'établir environ 200 cartes d'identités parfaitement conformes."
Son matériel de gravure était toujours avec elle dans un petit sas de toile d'environ 10 cm de hauteur fermé par un cordon qui servait d'anse de poignet et qui ne la quittait jamais.
Un jour Hélène avait oublié son petit sac dans le train sur la banquette à côté d'un officier de la Wehrmacht. Elle est tout simplement remontée dans le train pour le chercher comme si de rien n'était.
A partir de décembre 1944, elle s'est engagée dans les forces françaises combattantes, 1° groupe de commandos de choc en tant qu'agent de liaison et a participé à la campagne d'alsace et d'Allemagne où elle fut décorée et citée à l'ordre du bataillon pour son action à Utterrotenbach où elle fit preuve d'un courage et d'une énergie incroyable et admirable.
A la libération, elle s’engagea dans le Service Social et de Santé de l’armée française et fut démobilisée en 1946. C’est à ce titre qu’elle fut décorée de la Croix de Guerre.
Le 14 juin 1945 à Strasbourg, elle épousa Emile Rosenberg.
Elle décède le 29 juin 1983 à Strasbourg.
En réalité Hélène était protestante à l'époque des faits, ce qui lui a permis de j***r d'une grande mobilité dans la France de Vichy. Son engagement pour la communauté juive a été jusqu'à l'adoption de sa religion.
Par son action remarquable elle à contribué à sauver des centaines de vies, mais n'ayant jamais rien raconté après la guerre de son action héroïque, même à sa propre famille, le 23 juillet 2002, l’institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné à Hélène Schweitzer-Rosenberg le titre de Juste parmi les Nations.