07/05/2026
Le lundi, les pauvres nous ont prêté leurs yeux.
Le mardi, la piété populaire nous a prêté ses pas.
Deux journées avec le père François Odinet, prêtre du diocèse du Havre, théologien aux Facultés Loyola et aumônier national du Secours catholique, pour revenir à quelques évidences évangéliques que nous avions peut-être rangées trop haut sur l’étagère.
Avec les acteurs de la diaconie, il nous a rappelé que les pauvres ne sont pas seulement ceux que l’Église aide. Ils sont aussi ceux par qui l’Église apprend.
Leur expérience du monde, des relations, de Dieu, de l’injustice et de l’espérance n’est pas une note de bas de page de l’Évangile. Elle en est souvent l’encre vive.
Puis, au Calvaire de Pontchâteau, près de 180 acteurs pastoraux se sont laissés déplacer par la piété populaire. Non pas une « petite piété » pour gens simples, mais une sagesse de la foi quand la vie devient fête, crise, cri, marche, lieu saint, visage aimé, geste pauvre et immense à la fois.
La piété populaire nous apprend que l’espérance précède parfois la foi.
Que les saints ne sont pas seulement sur les vitraux, mais aussi à la porte d’à côté.
Que le Christ en croix rejoint ceux qui connaissent la mort sociale, relationnelle, intérieure.
Et que la mission commence souvent par cette découverte un peu vexante pour nos agendas pastoraux : l’Esprit Saint est déjà passé avant nous.
Pas de recette donc.
Pas de stratégie brillante à afficher en trois slides et deux acronymes.
Mais l’écoute, la prière, le temps.
Et cette humble certitude : l’Église devient davantage elle-même quand elle accepte d’apprendre des pauvres, des pèlerins, des priants, des blessés, des chercheurs de Dieu.
Au fond, deux jours pour entendre ceci :
l’Évangile ne descend pas seulement de nos chaires.
Il monte aussi des chemins, des calvaires, des bancs du fond, des cierges allumés, des mains ouvertes et des vies cabossées.
Et là, franchement, il y avait de quoi se remettre en route.