06/09/2026
Pour la conversion du prochain. (Homélie L.Pistre 6 sept 2026)
Des couples qui ne se marient pas. Des petits-enfants qui ne sont pas baptisés ; parfois même des jeunes qui se droguent, qui ne travaillent pas et mènent une vie de désordre... les situations qui font souffrir les familles catholiques, les parents, les grands-parents, sont de plus en plus répandues.
Et devant de tels faits nous avons du mal à bien réagir, à parler en toute vérité face à ceux qui s'éloignent d'une vie chrétienne. L'Evangile de ce dimanche aborde ce sujet que l'on appelle souvent "la correction fraternelle".
Mais comment faire des remarques sans alimenter tensions ou incompréhensions ? Comment éclairer sans froisser ? Je n'ai pas de recette magique, mais je crois bon d'insister sur quelques éléments :
• Ne pas passer son temps à râler.
• Témoigner de la joie de vie en chrétien.
• Et prier, faire prier pour ceux que nous voulons aider.
Premièrement donc, ne pas passer son temps à râler. A un jeune qui n'était pas baptisé, j'ai posé la question : "A ton avis, qu'est-ce qu'un chrétien ? " Et il m'a répondu: "Quelqu'un qui râle tout le temps.” En effet, la seule chrétienne convaincue de sa famille était sa grand-mère qui pestait sans cesse parce que son petit-fils n'était pas encore baptisé. Et oui, quand nous revenons toujours sur le même sujet avec un ton de reproche ("Quand vas-tu baptisé cet enfant ? Quand allez-vous vous marier ? etc), nous donnons du christianisme un aspect pénible. Et si nous ajoutons des remarques comme : "de mon temps ce n’était pas comme ça ou "Si ce n'est pas malheureux tout de même”, nous décourageons les personnes auxquelles nous nous adressons.
Le plus souvent, ce qui permet d'amorcer une conversion, ce ne sont pas les reproches faits par amertume mais l'amour porté par des paroles apaisantes et bienveillantes...
Premier point pour favoriser une conversion chrétienne : éviter de râler tout le temps.
Deuxième élément important qui vient compléter le premier : témoigner de notre joie de croire.
Rien de plus attirant que des baptisés joyeux de fréquenter le Seigneur. C'est ainsi qu'une jeune fille s'est intéressée à la foi en voyant sa grand-mère heureuse de prier. "Comment tu fais mamie ?" Et cette conversation a été le déclic pour un cheminement vers le baptême. Si en nous la foi ne rime pas avec joie, nous pouvons faire de grands discours, cela ne produira rien ! La joie : nous avons des progrès à faire pour montrer notre joie de croire. Parfois, je vous le dis, quand je donne la sainte communion, j'ai l'impression d'avoir devant moi des condamnés à mort ! Soyons sérieux, d'accord mais soyons heureux. Cela paraît un détail mais peut entraîner ceux qui ne sont pas ou ne sont plus chrétiens.
Ne pas râler continuellement - Témoigner de la joie profonde d'être chrétien.
Et enfin, pour mettre toutes les billes dans notre sac, prions, c'est-à-dire présentons à Dieu les personnes que nous voulons éclairer, les situations que nous aimerions voir changer. Pensons à sainte Monique, la mère de saint Augustin, anéantie de voir son fils mener une vie de désordre. Elle n'a jamais cessé d’espérer la conversion d'Augustin. Et sa force résidait dans sa prière plus que dans des paroles persuasives. Nous le savons, sainte Monique a obtenu ce qu'elle demandait au Seigneur. Oui prions pour nos proches dont les choix nous font souffrir. Prions, mais aussi faisons prier. Jésus dit en effet "Si deux d'entre vous se mettent d'accord pour demander quoi que ce soit, ils l'obtiendront de mon Père qui est aux cieux." Oui, n'hésitons pas à confier nos intentions à des personnes de confiance. Parfois, nous sommes trop prudes, et c’est bien dommage, face à des situations douloureuses, que pouvons-nous faire seuls ? L'Eglise, c'est une usine de prière, mais une usine où tous les postes se rejoignent ! N'hésitons pas à unir nos supplications.
Résumons-nous : pour encourager le prochain à une conversion, cessons de râler devant lui, montrons notre joie de chrétien et prions, n'hésitons pas à demander des prières. Voilà, non une solution miracle, mais quelques éléments à ne pas négliger. Amen