31/05/2026
LA TRAME DE LA VIE
À mesure que les années passent, beaucoup d’adultes disent leur tristesse de ne pas voir les fruits de leurs efforts. Pour quels résultats se sont-ils dépensés ? Le bien accompli leur semble plutôt stérile, dans un monde qui, décidément, ne s’améliore pas. Un tel constat peut conduire à désespérer de la vie humaine.
Mais, faisons attention, cette tristesse et cette désespérance sont les armes préférées du diable qui veut absolument nous démobiliser.
Pour bien réagir face à ce piège, pensons à ce que disait le bienheureux Frédéric Ozanam, créateur de la Société de Saint-Vincent-de-Paul.
Lui qui est décédé au terme de quarante années marquées par de nombreux échecs et la maladie, invitait à comparer notre passage sur terre à une tapisserie que Dieu tisse avec nous mais dont on ne voit que le dos ici-bas. Frédéric Ozanam expliquait : « Nous sommes tous comme les ouvriers des Gobelins qui, suivant les plans d’un artiste inconnu, s’appliquent à assortir les fils de diverses couleurs sur le revers de la trame. Ils ne voient pas le résultat de leur travail. C’est seulement quand tout est terminé qu’ils peuvent admirer à l’aise ces fleurs, ces figures, ces scènes splendides et dignes de palais des Rois. Ainsi de nous : nous travaillons, nous souffrons ici-bas sans en voir le terme ni le fruit. Mais Dieu le voit, et quand Il nous relève de notre tâche, Il montre à nos regards émerveillés ce que Lui, le grand artiste invisible et présent partout, a fait de toutes ces fatigues qui nous semblent si stériles, et Il daigne placer dans son grand palais ces faibles œuvres de nos mains ».
Oui, soyons-en convaincus, ce n’est qu’au Ciel que nous verrons clairement les bons résultats que produit l’amour puisé en Dieu. En attendant, méfions-nous du pessimisme qui pourrait nous ralentir dans l’œuvre que le Seigneur nous offre de réaliser avec son aide.
Monsieur le curé, L.Pistre