22/03/2025
Homélie du 23 mars 2025 : 3ème dimanche du Carême.
Ex 3, 1-8a.10.13-15 ; Ps 102 ; 1Co 10, 1-6.10-12 ; Lc 13,1-9
Ce troisième dimanche du Carême mérite d’être appelé "dimanche de la Parole de Dieu". En effet, saint Paul, dans la deuxième lecture parle de la préfiguration du Nouveau dans l’Ancien Testament. Sur ce sujet, nous connaissons la célèbre phrase de saint Augustin : "le Nouveau Testament est caché dans l’Ancien et l’Ancien est révélé dans le Nouveau".
Devant l’esclavage des fils d’Israël en Egypte, "le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob", "Celui qui est" apparut à Moïse au mont Sinaï : "J’ai vu, oui, j’ai vu la misère de mon peuple qui est en Egypte, et j’ai entendu ses cris sous les coups des surveillants. Oui, je connais ses souffrances. Je suis descendu pour le délivrer de la main des égyptiens et le faire monter de ce pays vers un beau et vaste pays, vers un pays ruisselant de lait et de miel. Maintenant donc, va ! Je t’envoie chez pharaon : tu feras sortir d’Egypte mon peuple, les fils d’Israël" (1ère lecture). C’est la préfiguration de Dieu "Père", "Créateur du ciel et de la terre" qui a vu, entendu et connu notre misère, nos cris et nos souffrances devant l’esclavage du péché et de la mort. Oui, la mort est puissante et violente, comme ce qui était arrivé aux galiléens que Pilate avait fait massacrer, mêlant leur sang à celui des sacrifices qu’ils offraient et aux dix huit personnes tuées dans l’effondrement de la tour de Siloé (évangile). Ainsi, en ce derniers jours où nous sommes (Cf. He 1,2), Dieu qui a tant aimé le monde nous a donné, non plus Moïse ni un quelconque prophète mais son propre Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais arrive au beau et vaste pays ruisselant de lait et de miel qu’est la vie éternelle (Cf. Jn 3, 16).
La traversée du peuple d’Israël de la mer rouge dans la nuée avec Moïse est la préfiguration de notre Baptême d’eau et d’Esprit dans le Christ. La manne et l’eau du rocher que les fils d’Israël ont mangés et bus au désert sont la préfiguration de l’Eucharistie : les très saints Corps et Sang du Christ : sacrement de notre rédemption, nourriture et gage pour le salut éternel (2ème lecture).
La rébellion et les récriminations de certains fils d’Israël au désert contre Moïse (1ère lecture) sont les symboles de notre entêtement et du refus de cet amour de Dieu. C’est le péché contre l’Esprit Saint qui ne sera jamais remis (Cf. Mt 12, 32). Pour que nos ossements ne jonchent pas le désert comme ce qui était arrivé aux rebelles des fils d’Israël, autrement dit, pour que nous ne mourrions pas éternellement, le "Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère et plein d’amour" (Ps 102), patient, à l’image du vigneron de l’évangile, nous donne le temps de nous convertir et de produire des fruits : "laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier. Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir" (évangile). Prions avec le psaume: "Apprends-nous Seigneur la vraie mesure de nos jours : que nos cœurs pénètrent la sagesse" (Cf. Ps 90,12).
Frère Charles, ofm