Paroisse Trinité La Palud

Paroisse Trinité La Palud Paroisse du centre ville de Marseille sous la responsabilité d’une communauté de frères Franciscains

Homélie du 23 mars 2025 : 3ème dimanche du Carême. Ex 3, 1-8a.10.13-15 ; Ps 102 ; 1Co 10, 1-6.10-12 ; Lc 13,1-9Ce troisi...
22/03/2025

Homélie du 23 mars 2025 : 3ème dimanche du Carême.
Ex 3, 1-8a.10.13-15 ; Ps 102 ; 1Co 10, 1-6.10-12 ; Lc 13,1-9

Ce troisième dimanche du Carême mérite d’être appelé "dimanche de la Parole de Dieu". En effet, saint Paul, dans la deuxième lecture parle de la préfiguration du Nouveau dans l’Ancien Testament. Sur ce sujet, nous connaissons la célèbre phrase de saint Augustin : "le Nouveau Testament est caché dans l’Ancien et l’Ancien est révélé dans le Nouveau".

Devant l’esclavage des fils d’Israël en Egypte, "le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob", "Celui qui est" apparut à Moïse au mont Sinaï : "J’ai vu, oui, j’ai vu la misère de mon peuple qui est en Egypte, et j’ai entendu ses cris sous les coups des surveillants. Oui, je connais ses souffrances. Je suis descendu pour le délivrer de la main des égyptiens et le faire monter de ce pays vers un beau et vaste pays, vers un pays ruisselant de lait et de miel. Maintenant donc, va ! Je t’envoie chez pharaon : tu feras sortir d’Egypte mon peuple, les fils d’Israël" (1ère lecture). C’est la préfiguration de Dieu "Père", "Créateur du ciel et de la terre" qui a vu, entendu et connu notre misère, nos cris et nos souffrances devant l’esclavage du péché et de la mort. Oui, la mort est puissante et violente, comme ce qui était arrivé aux galiléens que Pilate avait fait massacrer, mêlant leur sang à celui des sacrifices qu’ils offraient et aux dix huit personnes tuées dans l’effondrement de la tour de Siloé (évangile). Ainsi, en ce derniers jours où nous sommes (Cf. He 1,2), Dieu qui a tant aimé le monde nous a donné, non plus Moïse ni un quelconque prophète mais son propre Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais arrive au beau et vaste pays ruisselant de lait et de miel qu’est la vie éternelle (Cf. Jn 3, 16).

La traversée du peuple d’Israël de la mer rouge dans la nuée avec Moïse est la préfiguration de notre Baptême d’eau et d’Esprit dans le Christ. La manne et l’eau du rocher que les fils d’Israël ont mangés et bus au désert sont la préfiguration de l’Eucharistie : les très saints Corps et Sang du Christ : sacrement de notre rédemption, nourriture et gage pour le salut éternel (2ème lecture).

La rébellion et les récriminations de certains fils d’Israël au désert contre Moïse (1ère lecture) sont les symboles de notre entêtement et du refus de cet amour de Dieu. C’est le péché contre l’Esprit Saint qui ne sera jamais remis (Cf. Mt 12, 32). Pour que nos ossements ne jonchent pas le désert comme ce qui était arrivé aux rebelles des fils d’Israël, autrement dit, pour que nous ne mourrions pas éternellement, le "Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère et plein d’amour" (Ps 102), patient, à l’image du vigneron de l’évangile, nous donne le temps de nous convertir et de produire des fruits : "laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier. Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir" (évangile). Prions avec le psaume: "Apprends-nous Seigneur la vraie mesure de nos jours : que nos cœurs pénètrent la sagesse" (Cf. Ps 90,12).

Frère Charles, ofm

Homélie du 16 mars 2025 : 2ème dimanche du CarêmeGn 15, 5-12.17-18 ; Ps 26 ; Ph 3, 20-4,1 ; Lc 9, 28b-36Après le désert ...
15/03/2025

Homélie du 16 mars 2025 : 2ème dimanche du Carême
Gn 15, 5-12.17-18 ; Ps 26 ; Ph 3, 20-4,1 ; Lc 9, 28b-36

Après le désert : symbole de la tentation, du combat et des épreuves, ce deuxième dimanche du Carême, par l’évangile de la transfiguration du Christ, nous conduit déjà à la victoire et à la gloire de la résurrection. Dans la première lecture, Dieu se manifestait à Abraham dans une vision et par une parole : "je suis le Seigneur, qui t’ai fait sortir d’Our en Chaldée." Il lui faisait deux promesses. La première est une descendance innombrable, symbole de la continuité et de l’immortalité : "regarde le ciel, et compte les étoiles, si tu le peux…Telle sera ta descendance." La deuxième est un pays en héritage, symbole d’une vie meilleure et stable : "à ta descendance je donne le pays que voici, depuis le Torrent d’Egypte jusqu’au Grand Fleuve, l’Euphrate." Comme gage de la réalisation de ces promesses, Dieu a conclu une alliance avec Abraham en agréant son sacrifice d’animaux.

De la même manière, dans l’évangile, la Sainte Trinité se manifestait sur une montagne aux trois disciples Pierre, Jean et Jacques : le Fils, Jésus qui transfigurait ; la voix du Père qui se faisait entendre : "Celui-ci est mon Fils, Celui que j’ai choisi : écoutez-le!" ; et le Saint Esprit prenant la forme de la nuée. La transfiguration du Christ n’est pas une petite parenthèse de sa vie, c’est plutôt l’anticipation, l’annonce et la promesse de la résurrection future : "l’aspect de son visage devint autre, et son vêtement devint d’une blancheur éblouissante." Elle nous renvoie à "l’autre vie", à "la vie céleste" avec tous les saints ici représentés par Moïse et Elie apparus dans la gloire. Expérimentant cette réalité divine, Pierre s’extasiait : "maître, il est bon que nous soyons ici. Faisons trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Elie." Cette promesse de transfiguration et de résurrection future sera conclue, non plus par le sacrifice d’animaux comme au temps d’Abraham, mais par "le départ du Christ qui allait s’accomplir à Jérusalem" (évangile), c’est-à-dire, par son unique sacrifice. C’est-ce qui va nous donner l’assurance d’avoir "la citoyenneté, le passeport et la nationalité céleste" dont parle saint Paul dans la deuxième lecture : "nous avons notre citoyenneté dans les cieux, d’où nous attendons comme saveur le Seigneur Jésus Christ, lui qui transformera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux." "J’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur sur la terre des vivants" chante le psaume 26. En attendant, nous sommes invités par le Père à "écouter son Fils" (évangile).

Fr Charles, ofm

Homélie du 09 mars 2025 : 1er dimanche de Carême, Dt 26, 4-10 ; Ps 90 ; Rm 10, 8-13 ; Lc 4, 1-13Pourquoi les tentations ...
09/03/2025

Homélie du 09 mars 2025 : 1er dimanche de Carême,
Dt 26, 4-10 ; Ps 90 ; Rm 10, 8-13 ; Lc 4, 1-13

Pourquoi les tentations ? Quelles sont les trois tentations capitales ? Comment y résister ? Ce sont les questions que répond la Parole de Dieu de ce premier dimanche du Carême.

1- Pourquoi les tentations ?

Si Jésus fut tenté par le diable juste après son baptême (la manifestation de sa divinité par la voix du Père : "tu es mon Fils bien aimé" et la descente de l’Esprit Saint sous forme d’une Colombe Cf. Lc 21-22), c’est parce qu’il était aussi vraiment homme. En effet, la tentation est humaine. Nous sommes tentés par nos propres désirs qui nous entraînent et nous séduisent et qui engendrent le péché (Cf. Jc 1, 14-15). Pour souligner que Jésus était éprouvé par les tentations pendant toute sa vie terrestre, l’évangélise Luc termine par la phrase : "ayant épuisé toutes les formes de tentations, le diable s’éloigna de Jésus jusqu’au moment fixé", c’est-à-dire : jusqu’à ce qu’il ne revienne. A la fin de sa mission, à Gethsémani, Il combattait encore : "mon père, éloigne de moi cette coupe de souffrance !" Mais il sortait toujours vainqueur : "pourtant, ne fais pas comme je veux, mais comme tu veux" (Cf. Mt 26, 39).

2- Les trois tentations capitales qui asservissent notre nature humaine ?

Il s’agit d’abord de la tentation au matérialisme et à la société de consommation effrénée : "si tu es le fils de Dieu, ordonne à cette pierre de devenir du pain" : tout réduire au matériel. Ensuite vient la soif de pouvoir, de gloire et d’honneur : "je te donne tout ce pouvoir et la gloire de ces royaumes de la terre, tu auras tout si tu te prosternes devant mois." La troisième est la tentation à la toute-puissance : "si tu es le Fils de Dieu, de ce sommet du temple, jette-toi en bas" : la toute-puissance militaire, économique, technologique.

3- Comment résister à la servitude de la tentation ?

A chaque assaut de la tentation, Jésus résistait toujours par la force Parole de Dieu : "il est écrit : - l’homme ne vit pas seulement de pain - c’est devant le Seigneur ton Dieu que tu prosterneras, à lui seul tu rendras un culte - tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu" (évangile). Il s’agit de la Parole de Dieu qui n’est pas seulement extérieure, affirmée par la bouche mais qui pénètre et touche le cœur (2ème lecture) pour justifier tous nos actes (1ère lecture). De la même manière, c’est en étant seulement saisis par l’amour du Christ mort et ressuscité pour nous donner la vie éternelle que nous pourrons résister à toutes les tentations et les fausses séductions du monde. C’est le combat auquel nous sommes appelés à mener en ce temps de Carême.

Fr Charles, ofm

Homélie du 02 mars 2025, 8ème dimanche du temps ordinaire année C ; Si 27, 4-7 ; Ps 91 ; 1Co 14, 54-58 ; Lc 6, 39-45La c...
01/03/2025

Homélie du 02 mars 2025, 8ème dimanche du temps ordinaire année C ; Si 27, 4-7 ; Ps 91 ; 1Co 14, 54-58 ; Lc 6, 39-45

La comparaison disproportionnée que Jésus fait entre la paille et la poutre dans l’œil nous étonne : "qu’as-tu à regarder la paille dans l’œil de ton frère, alors que la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas ?é" (Cf. évangile). En fait, Jésus nous défend formellement de juger. Saint François d’Assise disait dans sa Règle de vie : "lorsque mes frères vont par le monde, je leur conseille, je les avertis, je leur recommande en notre Seigneur Jésus Christ de ne point juger les autres" (Cf. 2R 4,10). En effet, juger les autres, c’est se croire meilleur qu’eux. L’apôtre saint Jaques nous prévient : "pour qui te prends-tu donc, toi qui juges ton prochain" (Cf. Jc 4, 12a). Nous sommes tous donc pécheurs : "un aveugle peut-il guider un autre aveugle ? Ne vont-ils pas tomber tous les deux dans un trou ? (…) Hypocrite ! Enlève d’abord la poutre de ton œil ; alors tu verras clair pour enlever la paille qui est dans l’œil de ton frère" (évangile). Jésus condamne le paraître et l’hypocrisie.

Ainsi, il nous invite à aller en profondeur et à l’essentiel : au trésor de l’homme qu’est son cœur. Effet, de même que l’on reconnaît l’arbre à ses fruits (Cf. aussi 1ère lecture : "c’est le fruit qui manifeste la qualité de l’arbre"), de même, on reconnaît l’homme par ses actes et ses paroles fruits de son cœur : "l’homme bon tire le bien du trésor de son cœur qui est bon ; et l’homme mauvais tire le mal de son cœur qui est mauvais" (Cf. évangile). Tout se joue finalement non dans le paraître mais dans le cœur qui rend l’homme pur ou impur, "car c’est du cœur que viennent les mauvaises pensés, les meurtres, les adultères, les paroles injurieuses, … " (Cf. Mt 15, 19). En fait, le cœur est l’œil et la lumière du corps : "s’il est en bon état, tout ton corps sera éclairé ; mais s’il est en mauvais état, tout ton corps sera dans les ténèbres. Si donc, la lumière qui est en toi est ténèbres, combien seront grandes ces ténèbres" (Cf. Mt 6, 22-23). Oui, on ne cueille pas des figues sur des épines et on ne vendange pas non plus du raisin sur les ronces (évangile).

Que ce temps de carême 2025 qui vient nous soit un temps favorable pour purifier notre cœur pour produire des bons fruits dans notre vie. Prions avec le psaume 50 : "tu veux la vérité au fond de mon cœur, ô mon Dieu, fais donc pénétrer la sagesse au-dedans de moi ! (…) Crée en moi un cœur pur, renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit" (v 8.12). Amen.

Fr Charles, ofm

Homélie du dimanche 23 février 20251S 26, 2-23 ; Ps 102, 1Co 15, 45-49 ; Lc 6, 27-38 Saint Paul nous parle dans la deuxi...
23/02/2025

Homélie du dimanche 23 février 2025
1S 26, 2-23 ; Ps 102, 1Co 15, 45-49 ; Lc 6, 27-38

Saint Paul nous parle dans la deuxième lecture "du premier et du dernier homme Adam." Le premier homme Adam symbolise notre réalité physique, humaine : pétrie d’argile, venant de la terre. Comme ce qui est né de la chair est chair (Cf. Jn 3, 6a), cette réalité nous asservit de ses tendances comme la fornication, la débauche, l’envie, la jalousie, la division (Cf. Ga 5, 19-21). Elle nous pousse à faire, non pas le bien que nous voulons mais plutôt le mal que nous ne voulons pas (Cf. Ga 5, 17 ; Rm 7, 15.18-20). L’évangile de ce jour souligne singulièrement deux réalités humaines qui nous enchaînent. La première est la conduite immorale : ne penser qu’à soi, ne pas faire aux autres ce que nous voulons qu’on fasse pour nous. La deuxième est l’esprit de vengeance fondé sur la loi du talion : œil pour œil, dent pour dent. Elle nous limite à aimer seulement ceux qui nous aiment et nous incite à rendre le mal par le mal.

"Le deuxième homme Adam" symbolise le Christ qui nous avait fait renaître par sa mort et sa résurrection. Etant baptisés, nous ne sommes plus seulement physiques, terrestres ; nous sommes aussi et surtout esprits, céleste. "De même que nous aurons été à l’image de celui qui est fait d’argile (notre aspect physique), dit saint Paul, de même nous serons à l’image de celui qui vient du ciel" (2ème lecture). Comme ce qui est né de l’Esprit est Esprit (Cf. Jn 3, 6b), nous devons nous laisser conduire par cet Esprit dont le fruit est charité, bonté, maîtrise de soi (Cf. Ga 5, 22-23). L’évangile du jour insiste également sur deux fruits particuliers de l’Esprit. Le premier est la règle d’or de la morale chrétienne : faire aux autres ce que nous voulons qu’ils fassent pour nous. Le deuxième est la miséricorde : être miséricordieux comme notre Père est miséricordieux (évangile). En effet, "le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour ; Il n’agit pas envers nous selon nos fautes, ne nous rends pas selon nos offenses" chante le psaume 102. Il fait lever son soleil sur les bons et les méchants et tomber la pluie sur les justes et les injustes (Cf. Mt 5, 45). Etant fils du Très-Haut, comme David qui avait épargné la vie du roi Saül qui ne cherchait qu’à le faire tuer (1ère lecture), nous sommes appelés à aimer nos ennemis, à faire du bien à ceux qui nous haïssent, à prier pour ceux qui nous calomnient, à pardonner, à ne pas rendre le mal par le mal : "à celui qui te frappe sur une joue, présente aussi l’autre" (évangile). Dans sa bulle d’induction de l’Année Sainte de la Miséricorde (8 décembre 2015-20 novembre 2016), le pape François affirme : "la où l’Eglise est présente, la miséricorde du Père doit être manifeste (…) Là où il y a des chrétiens, quiconque doit pouvoir trouver une oasis de miséricorde." Que la miséricorde soit l’ADN de chaque chrétien !

Frère Charles, ofm

Homélie du 16 février 2025 : 6ème dimanche du temps ordinaire année C; Jr 17, 5-8 ; Ps 1 ; 1Co 15, 12.16-20 ; Lc 6, 17.2...
15/02/2025

Homélie du 16 février 2025 : 6ème dimanche du temps ordinaire année C; Jr 17, 5-8 ; Ps 1 ; 1Co 15, 12.16-20 ; Lc 6, 17.20-26

Peut-on dire aux sans-abris, aux gens qui meurent du froid et de la faim : "heureux, vous les pauvres, car le Royaume de Dieu est à vous"? (Évangile). A l’inverse, est-il juste de dire aux personnes qui gagnent honnêtement leur vie et qui vivent dignement : "quel malheur pour vous les riches, car vous avez votre consolation" (évangile). Ne sont-ils pas là des insultes envers ces personnes ? Qu’est-ce que donc la richesse que condamne l’évangile ? Qu’est-ce que la pauvreté dont il fait éloge ?

La richesse peut être matérielle, physique, intellectuelle. Elle n’est pas mauvaise en soi ; au contraire, dans bible, elle est le signe de la bénédiction de Dieu. Abraham, le choisi de Dieu, était très riche en troupeau, en argent et en or (Cf. Gn 12, 2. 13, 2) ; Dieu accordait au roi Salomon une grande richesse et une incomparable sagesse (Cf. 1R 3, 13). Après son épreuve, Job, le plus riche de l’Orient, acquît le double de tout ce qu’il avait possédé par la bénédiction de Dieu (Cf. Jb 1, 3 ; 42, 10.12). Dieu rendit savant et intelligent Daniel, Hanania, Michaël et Azaria (Cf. Dn 1, 17).

En fait, le riche que l’évangile condamne, "c’est l’homme qui met sa foi dans un mortel, qui s’appuie sur un être de chair, tandis que son cœur se détourne du Seigneur" (1ère lecture). La richesse qui est éphémère, temporelle, devient mauvaise si l’on n’en sert plus comme moyen mais comme une fin ; si elle devient la source de notre confiance, de notre sécurité, de notre consolation et de notre joie. Ainsi, elle prend la place de Dieu. "Si nous avons mis notre espoir dans le Christ pour cette vie seulement, disait saint Paul, nous sommes les plus malheureux de tous les hommes" (2ème lecture). Se détournant du Seigneur et s’appuyant uniquement sur la richesse, "l’homme est comme un buisson sur une terre désolée, il ne verra pas venir le bonheur. Il aura pour demeure les lieux arides du désert, une terre salée, inhabitable" (1ère lecture). En effet, le point final de cette vie terrestre est la mort elle-même.

Le pauvre est donc "celui qui met sa foi dans le Seigneur, dont le Seigneur est la confiance" (1ère lecture). C’est celui qui a faim, qui pleure maintenant (évangile), c’est-à-dire, qui se confie à l’amour et à la miséricorde de Dieu. Le pauvre est celui qui ne travaille pas seulement pour le monde visible mais qui aspire au monde invisible, à la résurrection des morts et à la vie éternelle : fondement de notre foi. En effet, si les morts ne ressuscitent pas, si le Christ n’est pas ressuscité, vaine alors est notre foi, disait saint Paul (2ème lecture). Si les morts ne ressuscitent pas, mangeons et buvons parce que demain nous allons mourir (Cf. 1 Co 15, 32b). Heureusement que le Christ est vraiment ressuscité, lui le premier ressuscité parmi ceux qui sont endormis (2ème lecture). Vivant ainsi, nous serons comme un arbre planté près des eaux, qui pousse vers le courant, ses racines. Il ne craint pas quand vient la chaleur : son feuillage reste vert. L’année de la sécheresse, il est sans inquiétude : il ne manque pas de porter du fruit (1ère lecture et Ps 1)). Nous vivrons éternellement. Malheureux les riches ! Heureux les pauvres !

Fr Charles, ofm

Homélie du 9 février 2025 : 5ème dimanche du temps ordinaire année C, Is 6, 1-2a.3-8 ; Ps 137 ; 1 Co 15, 1-11 ; Lc 5, 1-...
08/02/2025

Homélie du 9 février 2025 : 5ème dimanche du temps ordinaire année C, Is 6, 1-2a.3-8 ; Ps 137 ; 1 Co 15, 1-11 ; Lc 5, 1- 11

En célébrant la fête de la présentation du Seigneur au temple, le dimanche 02 février dernier, nous venons de célébrer non seulement la consécration des consacrés (des religieux-religieuses) mais aussi et surtout celle de tous les baptisés. En effet, par le baptême, nous sommes tous consacrés au Seigneur. Pour cette occasion, ici à la paroisse de la Sainte Trinité, nous avons renouvelé notre engagement au baptême. Dans la même ligne, par la Parole de Dieu de ce 5ème dimanche du temps ordinaire, nous pouvons célébrer le don de notre vocation chrétienne.

1-La vocation chrétienne est un don de Dieu : la joie d’être baptisé

Avons-nous déjà nous posé la question fondamentale : "pourquoi suis-je-t-il baptisé plutôt que non ?" C’est parce que Dieu nous a vus et qu’Il nous a aimés (Cf. Mc 10, 21a). En effet, c’est Lui qui fait le premier pas, qui nous appelle en premier. "Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais moi, je vous ai choisis" (Cf. Jn 15, 16a) ; "personne ne connaît le Père, si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler" disait Jésus (Cf. Mt 11, 27b). La vocation chrétienne est donc un don et une initiative divine. Dieu se manifeste et appelle chacun de nous à plusieurs manières : par des visions célestes grandioses pour le prophète Isaïe (1ère lecture) ; par une apparition sur la route de Damas pour saint Paul (Cf. Ac 9, 3-5), par une pêche miraculeuse au lac de Génésareth pour Pierre et les trois autres premiers disciples du Christ (André, Jacques et Jean Cf. évangile). Jusqu’à maintenant, Il continue à se manifester et à appeler chacun de nous sous formes variés et modestes : par nos familles, les amis, les évènements, ….

2-La joie d’être aimé et appelé malgré nos faiblesses

Dieu n’appelle pas des anges mais des êtres humains que nous sommes avec nos qualités et nos défauts. Isaïe se reconnaissait : "je suis un homme aux lèvres impures, j’habite au milieu d’un peuple aux lèvres impures" (1ère lecture). "Je suis un avorton, je suis le plus petit des apôtres, puisque j’ai persécuté l’Eglise de Dieu" se confessait saint Paul (2ème lecture) ; "éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur" s’exclamait Pierre (évangile). Mais Jésus nous dit : "sois sans crainte" (évangile). En effet, personne n’est digne ; la grâce de Dieu nous suffit et que sa force se déploie dans notre faiblesse (Cf. 2 Co 12, 9), c’est sa miséricorde qui nous justifie : "ce que je suis, nous témoigne saint Paul, je le suis par la grâce de Dieu (…) Ce n’est pas moi, c’est la grâce de Dieu avec moi" (2ème lecture). Nous devons seulement avoir confiance au Seigneur, l’écouter, avancer au large et jeter le filet pour ramasser des poissons, c’est-à-dire, pour produire beaucoup de fruits (évangile).

3-Une vocation qui doit changer notre vie : la joie de la conversion

"Je vous ai choisis et je vous ai établis, dit Jésus, afin que vous alliez, et que vous portiez du fruit et que votre fruit demeure" (Cf. Jn 15, 16ab). Le don de la vocation chrétienne nous demande des fruits : le changement de vie et la conversion. Isaïe a dû s’être laissé purifier les lèvres pour dire oui, "me voici : envoie-moi" à l’appel du Seigneur. Paul témoigne : "la grâce de Dieu venant en moi n’a pas été stérile. Je me suis donné de la peine plus que tous les autres" (2ème lecture). Pierre et les trois autres premiers disciples ont dû laisser tout : la barque et le filet : symbole de tout ce qui ne sont pas conformes à notre vie chrétienne pour suivre le Christ. Efforçons-nous donc à être dignes de Celui qui nous aime et nous appelle.

Frère Charles, ofm

Homélie du 19 janvier 202 : 2ème dimanche ordinaire, année C; Is 62, 1-5 ; Ps 95 ; 1Co 12, 4-11 ; Jn 2, 1-11 Le récit de...
18/01/2025

Homélie du 19 janvier 202 : 2ème dimanche ordinaire, année C;
Is 62, 1-5 ; Ps 95 ; 1Co 12, 4-11 ; Jn 2, 1-11

Le récit des nonces à Cana est un des plus connus passages de l’évangile. Il est riche en sens symbolique et en enseignement. En voici trois qui pourraient nous aider à le méditer.

1- Le double rôle de la Vierge Marie dans notre vie

La Vierge Marie jouait un rôle important dans le ministère public de Jésus. Elle était là depuis le début, ici aux noces de Cana (évangile) jusqu’à la fin, au pied de la croix (Cf. Jn 19, 25). Elle était encore là avec les Apôtres, à la naissance de l’Eglise, le jour de la Pentecôte (Cf. Ac 1, 12-14). En sa qualité d’une bonne mère à qui Jésus nous a confiés (Cf. Jn 19, 26-27), elle est toujours avec nous jusqu’à la fin des temps. Elle voit nos joies et nos peines et ne cesse d’intercéder pour nous auprès de son Fils, comme elle avait fait au jeune couple marié de Cana : "ils n’ont pas de vin" (évangile). Ensuite, elle cherche toujours à nous montrer son Fils et nous invite à l’écouter : "faites tout ce qu’Il vous dira" disait-elle aux serviteurs de la noce (évangile). En fait, la Vierge Marie ne vole pas la vedette à son Fils ; au contraire, elle reste toujours comme elle était : l’humble servante du Seigneur (Cf. Lc 1, 38. 48). Ce qui compte pour elle, c’est que nous suivions et écoutions son Fils.

2- Elévation de la famille.
Si Jésus manifestait son premier signe dans une noce, ce n’était pas fortuit. Par ce geste, il consolide et anoblit le mariage et la famille. Plus t**d, Il déclarera solennellement : "ce que Dieu a unit, l’homme ne doit point le séparer" (Cf. Mt 19, 6).

3- Le changement de l’eau en vin : symbole du profond amour de Dieu pour l’homme et de la divinisation de l’humanité

Souvent, dans les récits bibliques, les noces symbolisent le profond amour de Dieu pour l’homme. En effet, Il a tellement aimé le monde qu’Il a donné son Fils unique (Cf. Jn 3, 16). Ainsi, l’Incarnation, la mort et la résurrection du Christ est la nouvelle et éternelle alliance que Dieu conclut avec nous. La terre devient une couronne brillante dans la main du Seigneur, un diadème royal entre les doigts de son Dieu. Elle est devenue la Préférée, l’Epousée de son Bâtisseur. Comme la jeune mariée fait la joie de son mari, elle sera la joie de son Dieu (1ère lecture).

Dans la liturgie eucharistique, l’eau symbolise notre humanité et le vin la divinité du Christ. C’est ainsi qu’après la préparation de l’autel et avant la présentation des dons, le prêtre verse un peu d'eau dans le calice en disant à voix basse : "comme cette eau se mêle au vin pour le sacrement de l’Alliance, puissions-nous être unis à la divinité de Celui qui a pris notre humanité." Quand Jésus change donc l’eau en bon vin à profusion, il parfait notre humanité en la divinisant. La noce de Cana n’est donc pas un banal repas de mariage mais la préfiguration de notre salut.

Fr Charles, ofm

Homélie du dimanche 12 janvier 2025 : Baptême du SeigneurIs 40, 1-5.9-11 ; Ps 103 ; Ti 2, 11-14 ; 3, 4-7 ; Lc 3, 15-16.2...
11/01/2025

Homélie du dimanche 12 janvier 2025 : Baptême du Seigneur
Is 40, 1-5.9-11 ; Ps 103 ; Ti 2, 11-14 ; 3, 4-7 ; Lc 3, 15-16.21-22

Nous connaissons peu de choses sur les trente ans de vie cachée du Christ à Nazareth. On connaît sa naissance (Cf. Lc 2, 6- 7), la visite des mages ou l’épiphanie (Cf. Mt 2, 1-12), sa circoncision (Cf. Lc 2, 21), sa présentation au temple (Cf. Lc 2, 22 – 24). On connaît que la Sainte Famille habitait en Galilée, à Nazareth leur ville où "l’enfant grandissait, se fortifiait, et se remplissait de sagesse. Et la grâce de Dieu était avec lui" (Cf. Lc 2, 39- 40). Le dernier récit de l’enfance de Jésus que nous avons remonte à l’âge de 12 ans quand il fut perdu et retrouvé par ses parents au temple après la fête de pâques. L’évangéliste Luc le résume ainsi : "Jésus retourne avec eux à Nazareth. Il obéit à ses parents (…) Il croissait en sagesse, en taille et en grâce devant Dieu et devant les hommes" (Cf. Lc 2, 51-52).

Aujourd’hui, nous faisons un grand saut en avant jusqu’à son Baptême vers l’âge de 30 ans. Nous savons bien que le baptême de Jean était un baptême de conversion : tout le pays de Judée et les habitants de Jérusalem s’en allaient vers lui pour se faire baptiser dans les eaux du Jourdain en confessant leurs péchés (Cf. Mc 1, 4-5). En demandant le Baptême au Jourdain, se mettant au rang des pécheurs, Jésus continue à s’assimiler à notre nature humaine. L’agneau de Dieu qui enlève le péché du monde (Cf. Jn 1, 29), l’agneau sans tache, lui qui n’a pas péché (Cf. He 4, 15b), se met au rang des pécheurs que nous sommes pour enlever nos péchés. D’où, la réaction de Jean Baptiste : "c’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi qui viens vers moi !" Mais Jésus lui répond : "accepte cela pour le moment. Oui, c’est ainsi que nous devons faire tout ce que Dieu demande" (Cf. Mt 3, 13-15). Les trente ans de vie cachée de Jésus à Nazareth clôturés par son baptême n’étaient donc pas un entre parenthèse de sa vie : ils font partie de son œuvre de salut : assimilation et élévation de notre nature humaine déchue.

Le Baptême du Christ est aussi une manifestation solennelle de sa divinité et du mystère de la Sainte Trinité. Cet homme qu’on appelait Jésus, le charpentier, le fils de Marie, est aussi le Fils de Dieu, la deuxième personne de la Sainte Trinité : "l’Esprit Saint, sous une apparence corporelle, comme une colombe, descendit sur Jésus, et il eut une voix (du Père) venant du ciel : Toi, tu es mon Fils bien aimé ; en toi je trouve ma joie" (Evangile). Après les trente ans de vie cachée du Christ à Nazareth, nous sommes renvoyés au récit de l’Annonciation quand l’ange Gabriel annonça la bonne nouvelle à Marie : "on l’appellera Fils du Très-Haut (…) l’enfant qui va naître sera saint, et on l’appellera Fils de Dieu" (Lc 1, 29- 35).
Le Baptême de Jésus est donc la confirmation de sa divinité et l’inauguration de son ministère public. C’est-ce qui allait provoquer l’incompréhension des gens de sa famille, trop familiers à son aspect humain pendant ces trente années à Nazareth, qui croyaient qu’il avait perdu la tête quand il commençait à proclamer la bonne nouvelle et à faire des signes (Cf. Mc 3, 20- 21). Les gens de son village s’étonnaient et ne croyaient pas en lui : "qui lui a appris tout cela ? Cette sagesse qu’il a reçue, qu’est-ce que c’est ? Et ces miracles qu’il fait, comment les fait-il ? Pourtant, c’est bien le charpentier, le fils de Marie (…)" (Mc 6, 2-5). Et bien, Jésus était le vrai Messager qui porte la bonne nouvelle à Sion, qui parle au cœur de Jérusalem, qui vient consoler son peuple, qui annonce à Jérusalem que son crime est expié (1ère lecture). Jésus est vraiment la manifestation de la grâce de Dieu pour le salut de tous les hommes, "car il s’est donné pour nous afin de nous racheter de toutes nos fautes, et de nous purifier pour faire de nous son peuple" (2ème lecture). Jean Baptiste nous avait déjà prévenus : "moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus fort que moi. Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit et le feu" (Cf. Evangile).

Après avoir accompli des signes et des guérisons, après n’avoir fait que des biens partout où Il passait, c’est par sa mort et sa résurrection, bref, par son vrai Baptême d’eau, d’esprit et de sang que nous serons entièrement sauvés. En route vers le ministère public de Jésus, vers la première partie du temps ordinaire qui nous conduira jusqu’à Pâques !

Fr Charles, ofm

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