03/10/2020
Macron, l'école, l'Islam, l'Eglise ...
Dans son « discours sur le séparatisme islamiste », Emmanuel Macron a annoncé un certain nombre de mesures qui ne surprendront pas ceux qui se souviennent de sa déclaration de candidat : « la culture française n’existe pas. »
« Nous ne sommes pas une société d'individus. Nous sommes une nation de citoyens. », assène-t-il Certes. On pourrait lui rétorquer que cette nation républicaine, pour avoir borné l’amour du prochain à la pratique d’un civisme réglementaire, a bien du mal à faire respecter ses préceptes, y compris dans cette école dont le président affirme (non sans rire) qu’elle est « notre trésor collectif », parce qu’elle « façonne des esprits libres »
Je suis pour ma part peu convaincu que les « esprits libres » se façonnent dans l’école républicaine, telle que je la connais du moins. Le président lui-même, qui parle de « valeurs inculquées » et « d’encadrement renforcé » ne semble pas dire autre chose : « Parce que l’école, donc, doit d’abord inculquer les valeurs de la République et non celles d’une religion, former des citoyens non des fidèles, les écoles hors contrat, qui sont davantage contrôlées grâce à la grande avancée que constitue la loi dite Gatel, feront l’objet d’un encadrement encore renforcé » Autre mesure qui s’accorde mal avec l’esprit de liberté revendiquée par ce président : « Dès la rentrée 2021, l'instruction à l'école sera rendue obligatoire pour tous dès trois ans. L'instruction à domicile sera strictement limitée, notamment aux impératifs de santé »
Macron vise-t-il ces « structures très simples, des murs, presque pas de fenêtres. Les enfants qui arrivent à 8h chaque jour, qui repartent à 15 heures, des femmes en niqab qui les accueillent. Et lorsqu'on les interroge, des prières, certains cours, voilà leur enseignement » ou bien les écoles privées catholiques hors contrat, cibles de toujours du Grand Orient, qui n’ont pourtant jamais formé de terroristes, mais enseignent le respect de la vie dès sa conception, la transmission du message évangélique non dénaturé par les fameuses « valeurs de la république », la sagesse des Dix commandements, le catéchisme et la nécessité de recevoir les sacrements de l’Eglise ?
Il semble qu’à mot couvert, l’Etat profond poursuive ainsi son objectif : utiliser la lutte contre l’Islamisme pour neutraliser tout ce qui, dans l’Eglise, reste véritablement conforme à l’enseignement du Christ et contraire aux lois iniques qu’il prône : avortement, mariage pour tous, PMA, clonage, euthanasie, et j’en passe…
« Je veux que la France devienne ce pays où on puisse enseigner la pensée d’Averroès, d’Ibn Khaldun, que nous puissions être un pays d’excellence dans l’étude des civilisations musulmanes ». Pourquoi, au contraire, ne pas redevenir un pays d’excellence dans l’étude de la civilisation catholique, suis-je tenté de répondre à ce fanatique. Pourquoi ne pas enseigner la pensée de saint Thomas d’Aquin, celle des Pères de l’Eglise et du magistère catholique ? Mais ne soyons pas naïfs ! En 1907, déjà, Saint Pie X donnait la réponse dans sa lettre encyclique PASCENDI DOMINICI GREGIS : « La philosophie scolastique, l'autorité des Pères et la tradition, le magistère de l'Eglise, à ces trois choses, les modernistes font une guerre acharnée ». Macron n’est même plus un moderniste, c’est pire : il est un post-moderniste vendu à une cause dont je n’ose ici dire le véritable nom…
« Il nous faut aussi, poursuit-il, et le ministre de l'Éducation nationale, à plusieurs reprises, s'est engagé sur ce point, enseigner davantage la langue arabe à l'école ». Pourquoi, au contraire, ne pas apprendre les rudiments du grec ou du latin à tous les petits Maghrébins ? Parti-pris idéologique évident.
Et s’il s’agit véritablement, comme l’hypocrite et sirupeux orateur l’affirme, de revenir à l’esprit et à la lettre de la loi de 1905, rappelons qu’alors la République n’a pas hésité à fermer les écoles ni à expulser hors de France nombre de congrégations catholiques : Pourquoi n’en ferait-elle pas autant avec les écoles et les imans musulmans d’aujourd’hui ? Là encore, parti-pris idéologique… Au lieu de cela, « Nous soutiendrons à hauteur de 10 millions d’euros les initiatives qui seront prises par la Fondation pour l’islam de France en matière de culture, d’histoire et de science. Je pense en particulier au développement d’études islamiques de haut niveau à l’université. Je décide aussi que nous allons créer un Institut scientifique d’islamologie »
Diable ! « Ce n'est pas le travail de l'État de structurer l'islam. » a dit à un moment ce fourbe et incohérent président. Et plus loin : «Mais il nous faut, comme je le disais, aller au bout de cette structuration…» !!!
On peut s’interroger sur le goût de cet ardent défenseur de la « Libre pensée » pour l’Islam de France, l’Islam des Lumières, comme il dit. Cela ne peut se comprendre que si l’on se souvient que le dieu trinitaire des Chrétiens (Père, Fils, Saint-Esprit) se distingue fondamentalement tout autant du dieu unitaire des musulmans (qui n’a jamais engendré) que de celui de la maçonnerie séculaire (principe abstrait totalement désincarné). Et on peut s’interroger : de qui le grand architecte ou le grand horloger, cher à Macron, si prompt à vouloir s’allier à Mahomet dans un même mépris de l’Eglise, de son magistère et de sa tradition, est-il le nom ?
En dernier ressort, on voit que ce prétendu combat contre l’islamisme radical ne sert au fond qu’à faire la promotion du dieu unitaire contre le dieu trinitaire, qu’il est donc profondément anti-christique. Face à de tels propos, tout français doit se souvenir qu’il est un citoyen, certes. Mais aussi, s'il est baptisé, qu’il est avant tout un Chrétien. A chacun, d’en tirer ses propres conclusions…