Petite fille née à Metz le 11 avril 1829, dans une famille aimante où Dieu
avait la première place, elle grandit dans la spiritualité salésienne chère
à sa maman. Sensible déjà à la présence du Seigneur dans son âme, elle fut
sans cesse à la recherche de ce coeur à coeur avec Lui. Avant sa première
communion, alors qu’on lui proposait de venir jouer elle répondit:
-« N’approchez pas de moi aujourd
’hui, je dois être toute à Dieu. »
Caroline est un coeur débordant d’amour et un tempérament fort. Elle y contractera la typhoïde
qui la laissera d’une constitution fragile pour le reste de sa vie. La bienveillance des soeurs lui fit découvrir le chemin de sainteté qui se
dessinait dans l’effort, la charité et un regard juste sur soi-même, dans
les qualités comme dans les défauts. Grâce à l’Abbé Jégou, son premier
conseiller spirituel, elle commença ce travail sur son âme dans une soif
permanente de transparence à Dieu. Elle entendit un jour:
-« Depuis 40 ans je suis assis sur la margelle de ton coeur, ne pouvant y
entrer, puisque la porte ne s’ouvrait que pour se refermer encore; mais
maintenant j’y suis et je l’habite en roi. »
Elle ne cessera jamais de se remettre en question et de se méfier des
tentations qui éloignent de Dieu. Consciente de ses imperfections elle sera une merveilleuse mère pour ses
enfants et ses Filles de Saint François de Sales. Caroline est une épouse. Epouse d’un homme, Paul, mais aussi et surtout
épouse d’une âme pour laquelle elle ne cessera de prier pour la gagner à
Dieu. D’un tempérament complexe et colérique, Paul connaitra la miséricorde
et l’amour inconditionnel de Dieu par l’exemple de sa femme. La patience et l’amour étaient les meilleures armes pour que leurs âmes se
rencontrent. ils y parviendront au terme d’une vie jalonnée d’épreuves mais
habitée par Dieu. Caroline est une mère. Elle et Paul auront 4 enfants. Tous, ils les
accompagnèrent jusqu’à la porte qui conduit à Dieu, jusqu’à la mort. Elle
les élèvera avec le soucis constant de les mener à la sainteté. Le Seigneur
avait la première place dans l’éducation qu’elle leur donnait. Elle connut
tous les soucis que peuvent rencontrer des parents; le chagrin, la révolte,
l’opposition. Mais aussi le grand bonheur d’avoir eu la confiance du
seigneur pour guider « ses anges du ciel ». La mère terrestre fut également mère spirituelle. Elle fonda avec son ami et
conseiller spirituel, l’Abbé Chaumont, « l’oeuvre du coeur de Jésus », les
Filles de Saint François de Sales. Un grand nombre de lettres témoignent de
la grande tendresse qu’elle portait à ses filles. S’en suivirent les Prêtres
et les Fils de Saint François de sales qui découlèrent de ce désir de Dieu;
former des âmes pour qu’elles rayonnent de sa miséricorde. Mais comment expliquer, devant cette vie faite de chagrins immenses et
d’épreuves, le rayonnement et la force de Caroline? Un abandon et une confiance sans concession à la miséricorde et à l’amour de
Dieu. « Vive Jésus à tous nos dépens! » disait-elle souvent. Les souffrances du coeur et de l’âme étaient bien réelles, mais « grâce à
Dieu mon âme tient debout » écrit Caroline. Et dans sa grande crainte de ne plus rayonner de la joie intérieure auprès
des âmes lors de grandes peines, l’Abbé Chaumont lui dira:
-« Je ne vous commande pas toujours l’hilarité extérieure quand elle n’est
pas possible à la nature; mais avec la grâce de Dieu, ne serait-il pas
possible au moins que les rayons du soleil se fissent jour au milieu de ce
déluge de larmes? Les âmes affligées (…) ne pourraient-elles au moins
trouver dans ces larmes mêmes, l’arc-en-ciel qui réjouit et rassure? (…)
Humainement c’est impossible; Dieu aidant , on peut y arriver (…) C’est le
sourire de Jésus qui se traduit sur nos lèvres. »
Voici la voie que choisit Caroline. Caroline avec nous aujourd’hui:
Caroline la femme, celle qui choisit de répondre à l’amour de Dieu, de
répondre à la mission qui lui est confiée. Dans notre liberté d’hommes et de
femmes chrétiens nous avons à chercher et à répondre à cet appel, en
laissant nos coeur ouverts et confiants devant l’amour de notre Seigneur,
quel que soit notre chemin de vie. Caroline l’épouse, celle qui vécut son mariage comme une véritable vocation,
au delà du bonheur qu’elle ne connaitra que très peu en couple. Elle nous
rappelle le chemin de sanctification que nous avons à vivre avec notre
conjoint. Nous sommes responsables de l’autre dans son chemin vers Dieu «
dans la joie comme dans les épreuves ». Caroline la mère, celle qui avait à coeur de faire grandir l’âme de ses
enfants dans l’amour de Dieu. Elle nous fait prendre conscience de la grande
responsabilité d’âme que nous avons vis-à-vis de nos enfants que Dieu nous a
confiés. Nous pouvons prier comme elle:
Seigneur,
vous qui les aimez plus que je ne puis moi-même les aimer,
mieux que moi vous savez ce qui peut tourner davantage à leur bien. Accomplissez en eux, ô mon Dieu, les desseins de votre providence Divine. Sauvez l’âme de mes enfants de tout péril et soyez béni de tout ce qui
adviendra. Caroline la mère spirituelle, celle qui a répondu à sa vocation de laïque
pour faire rayonner l’Evangile autour d’elle, puis dans le monde. Sa mission
d’apôtre est celle à laquelle nous sommes tous appelés en tant que laïques
afin d’être les témoins de l’amour de Dieu pour le monde. A chacun de
demander et de répondre aux appels du Seigneur.