Dominicains de Lille

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J'ai eu peur au début bien sûr, pour moi et mon petit. Ces gars surgis de nulle part qui venaient nous décrocher, sans l...
29/03/2026

J'ai eu peur au début bien sûr, pour moi et mon petit. Ces gars surgis de nulle part qui venaient nous décrocher, sans l'autorisation du maître légitime. Un vol en somme, ou un emprunt. Mais que voulez-vous. On a ça dans le sang nous les ânes. On obéit. Fidèlement. Aux êtres humains. Car on fait confiance. N'est ce pas aux hommes que Dieu a confié toute la création ? Alors nous les avons suivi bravement. Moi et mon ânon. Prêts à servir. Comme chaque jour de notre vie. Puis je l'ai vu. Ses yeux doux, son visage rayonnant. Le type d'homme qui inspire confiance. Celui que l'on veut suivre et servir. D'ailleurs lorsqu'il se mit à parler c'est comme si je reconnaissais une voix ; un verbe clair et limpide qui vous donne d’avancer sur tous les chemins, y compris les plus durs. Je m'approchais, un peu craintive. Mais ce n'est pas moi qu'il regarda. Mais mon petit. Lui n'avait jamais encore porté d'homme. Tout jeune. Bien innocent encore des coups de fouets et de bottes. Pur de toute désillusion. Et un peu gauche, forcément. Mais ça ne m'étonnait guère au fond que ce bel inconnu préférât le plus petit, pour aller son chemin. Du reste, si fort, il n'en avait pas besoin. Mais il se laissait pourtant porter. Comme pour dire : “Voyez, ne craignez pas. J'ai choisi mon parti. Celui des ânes, celui des humbles”. Alors j'étais fière. De voir ainsi mon ânon couronné par ce prince. Cet homme, d’un coup, lui donnait une importance, une dignité dont il n'aurait jamais rêvé et qu'il ne méritait pas. Comme si Dieu lui-même avait décidé de faire de mon ânon sa monture. Le plus grand se servant du plus petit. La force usant de la faiblesse. Un retournement des choses qu’on attendait sans le savoir. Comme une prophétie soudain réalisée. Comme justice faite aux opprimés. Il fallait le voir, ennobli par son hôte, d'un pas majestueux foulant les étoffes, les branchages. Plus fier qu’un cheval. Plus fort que l'étalon. Et moi, derrière je ne perdais rien de cette glorieuse entrée. Comme si la victoire de ce prince, devait de proche en proche, se répandre de l’ânon à sa mère, et bien au-delà. Et toute la foule en liesse communiait au renversant triomphe de toute humilité... La porte franchie, il nous laissa aller, enjoignant à ses amis d’aller nous rattacher, nous rendant à notre maître, et à nos regrets. Quelques jours après, nous avions repris nos tâches. Mon ânon, plus assuré maintenant. Et moi heureuse de le voir grandi. Sur le chemin qui mène hors de la ville nous avons d'abord reconnu sa voix, inoubliable. Il appelait son père en un cri douloureux. Je levais la tête. Il pendait sur le bois. Le maître, ami des humbles. Lui, nous dérobant nous avait libéré. Lui, nous choisissant nous avait élevé. Et maintenant il payait, bien cruellement, pour son audace brave. Fidèle. Obéissant aux hommes qui l’avaient condamné. Son sang pour le nôtre. Oh, mon maître enchaîné. Tu m'as regardé. J'aurais tellement aimé te consoler alors ! Te parler si j'avais pu, t'offrir mon flanc pour t’enlever à mon tour et de mener au loin, loin des hommes cruels, loin du peuple infidèle. Mais mon maître légitime me battit prestement. “Avance, qu'as-tu à lever les yeux vers ce criminel? Tu vaux bien plus que lui !” Je m'en voulus d'avoir passé moi aussi mon chemin. Mais alors, doucement, mon ânon s’approcha. Je pris peur à nouveau. Je pensais que l’amertume aurait ravi son coeur. La scène terrible brisant son innocence. Mais non. “Ne crains pas, ô ma mère. Du tréfonds de moi-même une voix me l’a dit. L'histoire n'est pas close”. Frères et sœurs, nous le savons, cet ânon n’a pas tort. Suivons-le pas à pas au cours de cette semaine.

Horaires de Noël Lundi 22 décembre        18h-20h Confessions dans l’église du couventMercredi 24 décembre   19h Vêpres ...
17/12/2025

Horaires de Noël

Lundi 22 décembre 18h-20h Confessions dans l’église du couvent

Mercredi 24 décembre 19h Vêpres / 22h Messe de la nuit

Jeudi 25 décembre 8h Messe de l’aurore / 9h Laudes / 11h Messe du jour / 19h Vêpres

Jusqu’au 2 janvier 8h30 Laudes / 12h Messe / 19h Vêpres

31 décembre A la cathédrale : 19h Vêpres / adoration confessions / 00h15 Messe

1 janvier 11h Messe

28/10/2025

Messe de la Toussaint samedi à 11 heures !

14/10/2025

Homélie du fr Jean-Baptiste Rendu, dimanche 12 octobre

A votre avis, quel rapport peut-y avoir entre un militaire, un
missionnaire, un malade et une ado de 14 ans ?
A priori, pas grand-chose… Et pourtant, en y regardant de plus près, un
lien profond semble se dessiner !
Le militaire c’est Naaman, général de l’armée syrienne : un homme de
pouvoir et de guerre, quelque peu orgueilleux semble-t-il, mais prêt à
tout pour guérir de ce mal qui le ronge et le défigure, à savoir la lèpre.
C’est pourquoi, sur ordre du prophète Élisée (lui le grand général), se
rend en Israël pour se baigner sept fois dans le Jourdain. Après quelques
hésitations – et on peut le comprendre, Naaman obéit et s’en trouve
guérit. Ce geste d’humilité lui rend non seulement la santé, mais l’amène
à reconnaître et à confesser la foi au Dieu unique : « Désormais, je le
sais : il n’y a pas d’autre Dieu, sur toute la terre, que celui d’Israël ! ».
Pour le missionnaire, j’ai nommé l’apôtre Paul. Persécuteur zélé des
premiers chrétiens, sa rencontre avec le Christ sur le chemin de Damas
(Actes 9) marque, vous le savez, un tournant radical. De bourreau, il
devient apôtre, consacrant sa vie à annoncer l’Évangile aux nations.
Dans la deuxième lecture de ce jour, il nous témoigne de sa confiance
totale en ce Dieu manifesté en Jésus-Christ. Un Dieu qui s’est engagé
pour lui (et pour nous) jusqu’à la mort de la croix d’où il sort victorieux :
« Voici une parole digne de foi : Si nous sommes morts avec lui, avec lui
nous vivrons. Si nous supportons l’épreuve, avec lui nous régnerons.
(…). Aussi, Si nous manquons de foi, lui reste fidèle à sa parole, car il ne
peut se rejeter lui-même ». Une manière de nous dire que la fidélité de
Dieu est le roc sur lequel toute croyant peut s’appuyer.
Le malade, vous l’aurez certainement deviné, il s’agit du lépreux
samaritain de notre évangile. Parmi les dix lépreux guéris par Jésus, il
est le seul à revenir pour rendre grâce et témoigner de sa
reconnaissance. Sa démarche, soulignée par Jésus lui-même, montre
que la guérison physique ne suffit pas : c’est la foi et la reconnaissance
en la bonté de Dieu qui relève et restaure un chemin de vie : « Relève-
toi et va : ta foi t’a sauvé. ».
Et enfin, notre ado de 14 ans, c’est notre petite bigourdine favorite, la
jeune et frêle Bernadette. Au cours des 18 apparitions à la grotte de
Massabielle, elle fait se rend disponible à ce que la Belle Dame lui
recommande et se fait ainsi la messagère d’une espérance pour des
milliers et des milliers de pèlerins : l’espérance que le Seigneur, par
Marie, à une attention toute particulière pour ceux qui souffrent, d’une manière ou d’une autre, dans leur corps, dans leur cœur, leur âme ou
leur esprit.
À travers notamment le geste des piscines, Marie offre aux malades un geste de purification et d’abandon à la grâce, symbole de renaissance
spirituelle et de confiance en la bonté de Dieu.
Alors, mes frères et sœurs, maintenant que nous avons fait connaissance
avec nos quatre personnages, avez-vous perçu ce qui les relie ?
Dans les récits de Naaman et de Bernadette, on retrouve un même geste
symbolique : celui du bain, signe d’une renaissance spirituelle et
d’une vie renouvelée dans la confiance en la bonté de Dieu.
De même, la parole de Jésus aux lépreux – « Allez-vous montrer aux
prêtres » (Lc 17,14) –fait étonnamment écho à la demande de la Dame à
Bernadette : « Allez dire aux prêtres qu’on bâtisse ici une chapelle et qu’on y vienne en procession ! » Deux appels qui invitent à reconnaître l’action de Dieu et à en rendre témoignage.
Mais plus étonnant encore et que ces 4 personnages, bien qu’étant issus de contextes historiques et culturels radicalement différents, partagent
une même expérience fondatrice : la reconnaissance d’une rencontre qui
bouleverse leur existence et en fait des témoins privilégiés de la foi.
Accueillir la grâce et reconnaître que tout est grâce et en témoigner !
Un double et même mouvement qui peut se résumer en un seul mot :
GRATITUDE !
Dans la vie chrétienne, la gratitude est bien plus qu’un simple
sentiment : elle est une attitude fondamentale du cœur, une réponse à
l’amour infini de Dieu révélé en Jésus-Christ. Elle s’enracine dans la
reconnaissance de ses dons — la création, la rédemption, la présence de
l’Esprit — et se vit comme une louange permanente, même dans
l’épreuve.
Comme saint Paul l’écrit : « Rendez grâce en toute circonstance
» (1 Th 5, 18). Cette gratitude spirituelle transforme le regard du croyant
: elle révèle la beauté cachée des petites choses, fait grandir l’humilité et ouvre à la confiance en Dieu.
En pratique, elle s’exprime par la prière (comme l’action de
grâce eucharistique), mais aussi par le service fraternel et l’attention aux plus petits, aux plus fragiles.

Reconnaître que tout est grâce, c’est une manière, concrète et
quotidienne, de vivre en enfant de Dieu, libre et aimant.
La poète auxerroise Marie Noël raconte ainsi dans ses Notes intimes
comment elle a fait évoluer son examen de conscience du soir en des
« litanies du Merci » :
« Je ne cherche plus mes taches, mais mes dettes. Je révise en mon
cœur tout ce que j'ai reçu d'autrui au cours de la journée, toute cette
menue bonté - ou grande - de l'homme qui m'a fait l'aumône en chemin,
depuis le prêtre qui m'a dit la messe du matin (...) et jusqu'à la bonne femme qui a cueilli dans son jardin, pour ma soupe, une poignée
d'oseille. » Elle ajoute : « Je crois bien que cet exercice de
reconnaissance si confiant, si affectueux, doit faire plaisir à Dieu autant qu'à moi-même - bien plus que, jadis, mes fouilles de conscience. » Et
encore : « Si j'étais mère abbesse, ou simplement mère de famille, je l'enseignerais à mes enfants. »

N’étant ni mère abbesse ni mère de famille (et je vous rassure, je ne
compte pas le devenir) je me permets tout de même, frères et sœurs,
d’emprunter à Marie Noël son conseil : faisons de la gratitude notre règle
de vie.
A l’exemple de Naaman, de Paul, du lépreux guéri, de Bernadette,
apprenons à reconnaître les signes discrets de la grâce de Dieu, à dire
merci, simplement, pour la beauté d’un jour, pour la présence d’un frère,
pour la paix d’un instant.

Car celui qui rend grâce ne regarde plus la vie comme un dû, mais
comme un don. Et tout don appelle à être offert à son tour.

La gratitude devient alors mission, témoignage : l’annonce joyeuse d’un
Dieu qui guérit, relève et sauve.
Oui, tout est grâce.
Et tout commence par un « merci ».

Homélie du dimanche 21 septembre par le frère Jean-Jacques « Faites-vous des amis avec l’argent malhonnête afin que le j...
25/09/2025

Homélie du dimanche 21 septembre par le frère Jean-Jacques « Faites-vous des amis avec l’argent malhonnête afin que le jour où il ne sera plus là ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles ». Commençons, frères et sœurs, par essayer de comprendre le sens de cette phrase, dont le côté paradoxal risque de nous empêcher d’entendre l’invitation très claire de Jésus à la fin de cet Evangile « Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent ». Dans son commentaire de l’Evangile de Luc, le père Lagrange donne une explication que je trouve très recevable de ce mot sur l’argent malhonnête. Pour lui, l’expression « argent malhonnête » ne signifie pas forcément un gain obtenu par vol ou fraude. Elle désigne plus largement les richesses terrestres, toujours entachées d’injustice ou d’inégalité, car elles appartiennent à un monde marqué par le péché et ne peuvent être totalement « pures ». Nous savons bien que quand nous commandons une pizza qui est livrée par un petit livreur à vélo, ou achetons un livre sur une célèbre plateforme (A……), le prix raisonnable que nous payons est dû pour une part à une certaine exploitation de la main d’œuvre précaire. Malgré nous, nous sommes donc un peu complices de l’injustice ambiante et il n’est pas mauvais que l’Evangile nous le rappelle. Donc ne nous attardons pas trop sur cette formule de Jésus, mais essayons de voir à quelle conversion la Parole de Dieu nous invite aujourd’hui.

« Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent ». Il n’est pas dit ici que l’argent est mauvais en soi, ni qu’en gagner est un péché. Il est légitime de gagner sa vie et même de bien gagner sa vie, si ce n’est pas au prix d’une exploitation scandaleuse des autres. Depuis plus d’un siècle, l’Eglise nous a guidé sur ce sujet à travers sa Doctrine sociale, impulsée par le pape Léon XIII et son encyclique Rerum novarum, publiée en 1891 au moment de la Révolution industrielle. Sensible à la misère des ouvriers, Léon XIII, dont le pape actuel a voulu reprendre le nom, avait alors alerté sur la dignité de la personne humaine à un moment où la condition ouvrière se dégradait : certains ouvriers travaillaient jusqu’à 12 heures par jour. Il mettait en garde contre les excès du libéralisme économique comme du collectivisme et invitait à développer des syndicats et des associations capables de protéger le droit des travailleurs. Ici, dans le Nord, qui était une grande région industrielle, cet appel de Rerum novarum avait été entendu : il y a eu un réel engagement d’entrepreneurs chrétiens comme Philibert Vrau et son beau-frère Camille pour humaniser le travail et protéger les travailleurs. L’Eglise, sous la conduite du cardinal Liénart, a beaucoup soutenu cet engagement social.

Depuis, le monde du travail a connu de profondes mutations, les populations fragiles ne sont plus les mêmes mais le souci exprimé par la Doctrine sociale de l’Eglise doit continuer à nous habiter : protéger les plus vulnérables, garantir des droits face aux puissances d’argent. Ce défi est beaucoup plus compliqué aujourd’hui dans une économie la finance tourne sur elle-même, souvent déconnectée de l’économie réelle, nous laissant moins de prise pour changer le cours des choses. Il reste que nous pouvons voir encore qui sont les plus vulnérables : il suffit de regarder qui nettoie les trains ou ramasse nos ordures. A défaut de pouvoir changer cela, soyons-en au moins conscients et prêtons attention à ces personnes. J’ai plusieurs fois parlé dans les TGV avec ces agents de propreté qui tous m’ont dit combien leurs journées sont harassantes. Une parole aimable à leur endroit est déjà une manière de les respecter.

Donc gagner de l’argent n’est pas un péché s’il est gagné honnêtement. Ce que Jésus dénonce aujourd’hui c’est de faire de l’argent sa priorité. Vouloir en gagner de plus en plus, au-delà du raisonnable : la presse nous parle de tel ou tel patron ou actionnaire de multinationale qui peut gagner des milliards par simple spéculation. Ou dépenser de manière fastueuse : cela ne concerne pas que ce patron de multinationale qui a dépensé plus de 45 millions d’euros pour son mariage à Venise en juin dernier ; il m’est parfois arrivé de célébrer des mariages et de trouver que luxe mis dans la réception qui suivait la célébration était un peu choquant. Faire la fête, c’est bien, célébrer l’amour de deux jeunes êtres, c’est légitime, mais, aujourd’hui, l’Eglise invite à une certaine frugalité. Pas seulement pour sauver la planète, mais aussi pour garder un juste sens de la valeur de l’argent et le souci des plus démunis. Ici, c’est à chacun de nous de voir à quoi il est appelé. Une célébration comme la messe du dimanche réunit des personnes de condition très différente, et c’est heureux. Ensemble, nous faisons l’Eglise, la communauté des disciples de Jésus. Chacun a quelque chose à entendre dans cette invitation à réfléchir à notre rapport à l’argent, quelle que soit sa condition. Pas pour nous culpabiliser mais pour trouver le comportement juste et aussi inviter des gestes de solidarité.

C’est d’ailleurs ce à quoi appelle le prophète Amos dans la première lecture : « écoutez ceci, vous qui écrasez le malheureux. Vous vous dites : "nous pourrons acheter le faible avec un peu d’argent, le malheureux pour une paire de sandales" ». Je pense que personne ici ne cherche à écraser le malheureux, mais nous avons tous à inventer des gestes de solidarité qui soulagent un peu la détresse des plus démunis. Ce n’est pas toujours facile, car nos ressources ne sont pas illimitées, mais nous devons au moins rester sensibles aux appels au secours et il faut savoir aller au-delà de ce que nous croyons possible.

Le 14 septembre dernier, le cardinal Pizzabbala, patriarche latin de Jérusalem, a décidé d’annuler la dette des familles qui sont re**rd pour payer la scolarité de leurs enfants dans les 13 écoles du patriarcat qui accueillent plus de 6000 enfants. Le conflit en cours prive de travail beaucoup de Palestiniens et cela affecte les ressources des familles. « C’est une décision difficile, compte-tenu du coût qu’elle implique, a dit le patriarche, mais le Jubilé doit "devenir l'occasion de promouvoir la justice, l'équité et surtout la solidarité". ».

A chacun d’entre nous, frères et sœurs, de voir ce à quoi l’appelle la Parole de Dieu reçue aujourd’hui. Nous ne sommes pas appelés à la même chose, mais chacun est appelé à entendre cet appel et à en tirer des conséquences pour sa propre vie. Que cette Eucharistie nous y aide. Amen

13/09/2025

On ne s'en lasse pas ! Quelques images de la profession du frère Julien dimanche dernier à Bruxelles. 😁

Jamais 7 sans 8 ! Après les professions des frères de la Province de France, samedi dernier à Lille, la profession de fr...
10/09/2025

Jamais 7 sans 8 ! Après les professions des frères de la Province de France, samedi dernier à Lille, la profession de frère Julien, de la Province de Belgique, dimanche dernier à Bruxelles 🇧🇪.
Depuis, le troupeau s'est reconstitué. Tout le monde est bien arrivé au Studium du couvent du Saint Nom de Jésus à Lyon. Priez 🫶 pour nos nouveaux frères étudiants qui débutent leur parcours académique. Que l'Esprit de sagesse les guide ! Que le zèle pour la prédication les enflamme ! Et n'oubliez pas les six petits nouveaux novices...

09/09/2025

Retour sur une journée lumineuse : professions simples des frères à Lille

Cornichons libérés, petite homélie d'un maître des novices sortant, pour la prochaine profession de ses frères...Vous vo...
07/09/2025

Cornichons libérés, petite homélie d'un maître des novices sortant, pour la prochaine profession de ses frères...

Vous voici donc tout mouillés. Je ne parle, pour une fois, pas d’habit maculé par le repas de ce soir. Non. Je veux juste dire que vous êtes encore tout dégoulinant, à peine sortis de la baignoire du noviciat où vous aviez plongé. Souvenez-vous de l’an dernier à même époque, avec votre grosse bouée et vos palmes XL. Souvenez-vous, ou regardez les postulants. Certains faisaient déjà les pitres, d’autres, les braves, d’autres encore ne faisant pas du tout les fiers. Après vint le grand saut. Pendant une année, vous avez pataugé. Vous vous êtes débattus avec la fougue de la jeunesse en des mouvements plus ou moins disgracieux et souvent absolument inefficaces, remuant l’eau comme des déménageurs ou des chiens fous, vous avec vous-même plus souvent qu’avec Dieu, pour vous apercevoir qu’en fait, vous aviez pied. Il y a toujours un petit côté dramatique au noviciat.
Résultat des courses, vous voici ce soir virtuellement trempés. On pourrait dire comme des êtres, ou des choses immergées. Ce qui se traduirait mot à mot, en japonais, par le joli mot de « Otsukemono ». Vous voici un peu comme Pierre, celui qui pose des questions tout le temps – je parle de celui de l’Evangile. Lui aussi s’est mouillé pour connaître Jésus. Tout ça pour tester en vrai ce que disait le livre de la Sagesse tout à l’heure. Pierre vacille, attrape la main du Sauveur et il se rend compte que, oui, comme dit l’Ecriture « Nous sommes dans sa main ».
Vous me direz, Captain Obvious on savait bien qu’on était dans la main de Dieu. Fallait-il tout ce cinéma, vagues et tempêtes ? Mais parce qu’on n’est pas à une surcompensation intellectuelle prêt, et qu’on risque toujours la hamsterisation à haute dose ou le court-circuitage névrotique, à Telecom ou au noviciat, ce genre de réalité simple et basique – on est dans la main de Dieu – il faut juste l’éprouver, encore et encore, pour s’en convaincre. Ce qui, au fond, pouvait encore être accessoire pour vous avant d’entrer ici au noviciat est devenu vital, indispensable : l’existence de Dieu, son action, son salut. Tout seul, sans que personne ne vous y pousse, vous vous êtes mis en danger : tout dépend désormais de cela dans vos vies. Tout dépend de Lui dans vos vies. Alors le doute revient plus fort : est-ce un fantôme ? une chimère ? tout cela est-il vrai ? Car j’ai tout bâti sur le Dieu insaisissable et fugace. Et ça donne le vertige. Il faut alors perdre pied pour redescendre sur terre. Parce que, vous le savez bien, depuis l’Incarnation, Dieu, c’est surtout sur terre que ça se passe. « Keep calm and enjoy the novitiate » - j’ai dû lire ça quelque part. Je crois que c’est du père Régamay.
Le noviciat est donc une expérience immersive. On n’entre pas à moitié dans la vie religieuse, sauf à en ressortir très vite, comme dans la Mer du Nord ou la Manche. On ne se donne pas à moitié à l’éternelle sagesse. Quand on est jeune et plus ou moins beau, comme vous, on veut tout. Et on a raison. Le plus sûr pour avoir tout, c’est de vouloir Dieu. C’est un calcul risqué, osé, mais correct. Alors notre volonté cherche à comprendre, comme pour Pierre. Tenez par exemple, comment se fait-il que l’on soit obligé de marcher sur l’eau quand on veut suivre sérieusement le Bon Dieu ? et parce qu’on finit par se demander comment ça marche, et non plus vers qui on marche, eh bien on coule. Mais ce n’est pas grave. Couler nous rend humble, et nous approche de Dieu tout autant que de marcher, sans doute même davantage.
Et puis de toute façon, trempez ou pas, vous n’avez pas le temps de vous demander éternellement ce qui vous arrive. Parce que la sagesse court devant vous. Vous l’avez entendu, c’est une jolie femme. Elle, elle vous a conquis. Reste, vous, à la conquérir. Mes frères, courez, sinon, celle avec qui vous avez résolu de partager votre vie va vous échapper. Courez après son soleil, qui, lui, ne tombe jamais en panne. Courez après celle avec qui, admettez-le, vous avez déjà dû boire quelques coups. Elle vous a enivré on s’en doute, sinon vous ne seriez pas ici. Et puis nous aussi on s’est fait avoir avant vous ! Comedite, bibite et inebriamini. Ce n’est pas du latin compliqué : votre vie désormais sera la quête de la sagesse en celui qui l’Incarne parfaitement ; vous le mangerez, vous le boirez, il vous enivrera Jésus-Christ. Croyez-moi, vous n’allez pas vous ennuyer, mais alors pas du tout. Des messes vintages en dentelle aux prédications taillées pour les punks à chien, vous ferez un peu de tout. Vous finirez peut-être même affublés d’un titre ronflant, dans un bureau de princesse, avec assistante et voiture de fonction.
Mais, d’ici-là, il vous faudra encore courtiser longtemps celle qui vous reste trop étrangère et qui vous échappera toujours un peu. Louis-Marie Grignion de Montfort vient de nous le rappeler. « Il n’y a presque personne qui étudie comme il faut ». Souvenez-vous-en quand vous soufflerez devant vos livres l’an prochain. Travailler la théologie, c’est courtiser la sagesse. Etudier c’est draguer. Car on ne peut pas aimer à fond ce qu’on ne connaît qu’à moitié : Sortez de la baignoire et mettez-vous au travail. Votre nouvelle épouse est désirable, mais exigeante. A la fois top model et top matrone. Une espèce de combinaison au poil, façon quinoa sanglier. Elle vous surprendra, elle vous mènera en bateau, pour vous faire parvenir, haletant, au dernier jour. Vous paraitrez alors debout, devant elle, débordés de toute part par la grâce. Et vous lui serez enfin semblable, déliés, libres entièrement pour aimer. Vous serez vous, enfin.
Vous avez compris enfin, cette année, que pour aimer la sagesse il faut s’aimer soi-même, et encore son prochain, à commencer par celui qui est là, juste à côté de vous dans les stalles. Vous l’avez vu vaciller, il vous a vu chuter. Dans ces moments de faiblesse, vous avez été les témoins privilégiés de la miséricorde. Demain, vous nous la demanderez, car vous ne ferez rien sans elle.
Mes chers novices tout mouillés. Il me tarde de trouver une expression plus franchouillarde pour traduire le délicat otsukemono japonais. Et, arrivé à la fin de ma trop longue méditation, ce nom me paraît soudain fort clair. Ce que le subtil et extrême Orient traduit par un euphémisme « chose trempée » désigne en fait, Misao-san le sait bien, des petits légumes marinés dans une sauce vinaigrée, ce que le frustre Occident appelle tour à tour pickle, concombre en saumure – rien à voir avec la ville – ou, plus trivialement encore, cornichons. Voilà donc, très chers enfants, ce que vous êtes, ce que nous sommes. Otsukemono, des pauvres cornichons enfermés dans un bocal à ouverture facile, attendant patiemment qu’on nous ouvre. Submergés par le doux mystère, immergé dans notre aigre misère… mais enfin serrés, à défaut d’être toujours sereins…
Eh bien, mes fils, il est venu le jour. Demain, on vous libère du bocal et on en enferme d’autres, avec un nouveau principe actif et, donc, miracle, je vais pouvoir sortir aussi. Merci, du fond du cœur, pour cette belle année. Rassurez-vous, vous faites définitivement partie du top 6 de mes noviciats. Ensemble, dès demain, vous et moi, on va devoir réapprendre à vivre hors du bocal. Mais surtout, surtout, plus que jamais me frères demains, par la grâce de l’obéissance : Vous êtes libres et nous sommes libres ! Cornichons libéré…
Sic Est !

Ils sont pas beaux nos jeunes profès ?
06/09/2025

Ils sont pas beaux nos jeunes profès ?

06/09/2025

T nous reprenons l antenne dans quelques instants

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