21/12/2025
𝗠𝗲́𝗱𝗶𝘁𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝘂 𝗕𝗶𝗲𝗻𝗵𝗲𝘂𝗿𝗲𝘂𝘅 𝗝𝗼𝗲̈𝗹 𝗔𝗻𝗴𝗹𝗲̀𝘀 𝗱’𝗔𝘂𝗿𝗶𝗮𝗰
𝘗𝘳𝘪𝘦̀𝘳𝘦 𝘳𝘦́𝘥𝘪𝘨𝘦́𝘦 𝘭𝘢 𝘷𝘦𝘪𝘭𝘭𝘦 𝘥𝘦 𝘴𝘰𝘯 𝘋𝘦́𝘱𝘢𝘳𝘵 𝘙𝘰𝘶𝘵𝘪𝘦𝘳, 16 𝘮𝘢𝘪 1943.
Ainsi deux années d’une route d’approche m’ont conduit au débouché sur la grand Route de la vie.
Comme le pèlerin au soir de sa première étape, jetant un bref coup d’œil sur le chemin parcouru,
mesure et apprécie le long trajet qu’il va parcourir,
ainsi ce soir je saisis pleinement tout ce que la Route qui m’attend contient de pénible et de décourageant mais surtout de grand et d’enthousiasmant.
Mais plus je la regarde cette vie inconnue, plus je me sens petit, mesquin,
faible petit point sur cette longue route qui s’étend jusqu’à l’horizon d’une fuite infinie.
Ô mon Dieu, le silence, l’inconnu, l’infini de cette Route qui sera ma vie, m’accableraient
si je n’étais sûr de sentir près de moi votre Divine Présence ;
avec Vous, Seigneur, la Route ne sera plus silencieuse, notre marche commune sera un long entretien ;
avec Vous, Seigneur, la Route ne sera plus inconnue, car Vous serez mon guide infaillible ;
avec Vous, Seigneur, la Route ne sera plus infinie, car il arrivera vite le moment
où notre amitié s’épanouira pleinement dans votre ciel, dans notre ciel.
Ainsi, Seigneur, qu’au terme de notre Route commune, je puisse Vous dire,
comme les disciples d’Emmaüs : « Reste avec nous, Seigneur, car il se fait t**d » ;
et que je rentre à la Maison du Père, guidé par les mains fraternelles
du premier des Scouts Routiers.
Seigneur, Vous m’avez conduit jusqu’à ce carrefour où votre croix,
Comme un glaive entre deux routes, impose le choix,
Car il n’est pas pour un chrétien de compromis habile
Et celui qui n’est pas avec Vous est contre Vous, dit l’Évangile.
Je vous choisis, Seigneur, et la Route que je prends
Est celle où Vous marchez, Routier de tous les temps,
Cette Route qui sera mon viatique et mon Eucharistie,
Le Pain de chaque jour et la présence amie.
Depuis ce jour entre les jours où Vous avez peiné,
Homme parmi les hommes, sur les mêmes sentiers, dans la même poussière,
Depuis ce jour, Seigneur, il ne nous est plus loisible de rester en arrière.
Mais il faut suivre la Route que nous ne connaissons pas,
Et comme ont fait les Saints mettre nos pas dans vos pas :
Route de François Xavier, là-bas en Orient, qui fit si bonne chasse,
Route de saint Louis, qui ne vécut pas seulement assis sous le chêne de Vincennes
Mais qui savait aussi se tenir debout, face aux nations païennes,
Route des Saints vers la Lumière,
Route des Chevaliers, Route des Missionnaires.
Donnez-moi donc, Seigneur, le courage qu’il faut et la Grâce nécessaire
Pour laisser, loin derrière moi, mes préjugés et mon égoïsme terre à terre,
Et donnez-moi, comme à mes petits frères loups,
Le sourire vainqueur, comme un soleil qui triomphe de tout.