Le Coq Goulu ?
Dans la symbolique chrétienne le coq est l’animal le plus intelligent. Le coq gaulois quant à lui un des emblèmes de la France, du fait de sa vaillance, il surmonte bon nombre de monuments érigés en hommage aux citoyens morts pour la France. Depuis plus d’un demi-siècle, ce coq gaulois doit faire face à des attaques, des humiliations qu'un coquelet, voire même un poussin ne supporteraient pas. Ce coq autrefois digne et fier, n’est plus que l’ombre de lui-même, il n’a plus l’autorité au sein du poulailler. La grande crête bleue blanc rouge vif qui ornait jadis le sommet de sa tête, a laissé place à une crête arc-en-ciel qui lui tombe sur les yeux. L’arrière-train dans le ketchup, lui le grand amateur d’orgie culinaire, n’a même plus d’appétit. Il erre quelquefois tel un zombie dans des églises dédiées à la consommation : des supermarchés comme on les appelle où il observe impuissant ses progénitures se soumettre à cette religion sans révélation. Son dernier régime à base de vers de terre bio risque de lui être fatal, sa perte de poids est conséquente. Maintenu en assistance respiratoire, il le sait, il vit ses dernières heures, à quoi bon lutter. Un chant puissant retentit, le coq gaulois sursaute, les yeux grands ouverts il devine une silhouette athlétique qui se dessine au loin, c’est celle d’un coq affublé de plumes d’or qui avance le regard noir, la crête en érection, le sol tremble à chacun de ses pas. Il n’est pas seul, une armée de charcutiers, boulangers, fromagers sélectionnés par ses soins, l’accompagne, ils ont un objectif commun : « décoloniser nos assiettes et reconquérir des territoires perdus ».
Le coq gaulois rejoint alors les rangs de cette rébellion, il voit dans ce coq à la toison dorée et à l’appétit guerrier, son successeur naturel, il ne reste plus qu’à lui donner un nom : ce sera le Coq Goulu.