21/07/2024
Homélie prononcée par Frère Walter le dimanche 21 juillet 2024, seizième dimanche du temps ordinaire (année B) :
La première lecture de ce dimanche est un message adressé aux pasteurs des âmes, à tous ceux qui ont reçu de Dieu la haute mission de conduire les brebis du Seigneur vers les pâturages de la vie éternelle. Le prophète Jérémie rappelle avec force les chefs religieux de son temps à leur devoir, eux qui recherchaient leurs intérêts personnels plutôt que le bien du troupeau qui leur était confié. C’est pourquoi il leur adresse ces paroles sévères : « Quel malheur pour vous, pasteurs ! Vous laissez périr et vous dispersez les brebis de mon pâturage ! (…) C’est pourquoi, ainsi parle le Seigneur, le Dieu d’Israël, contre les pasteurs qui conduisent mon peuple : Vous avez dispersé mes brebis, vous les avez chassées, et vous ne vous êtes pas occupés d’elles ».
C’est ainsi que le prophète Jérémie promet que Dieu lui-même prendra soin de ses brebis en leur envoyant le Messie, de la lignée de David. Ainsi parle le Prophète : « Je susciterai pour David un Germe juste : il régnera en vrai roi, il agira avec intelligence, il exercera dans le pays le droit et la justice ». De toute évidence, pour nous ce Messie est Jésus, le Fils unique de Dieu, qui a rassemblé les brebis dispersées au prix de son sang.
La seconde lecture nous présente en effet aussi Jésus comme Pasteur de nos âmes, venu pour faire de nous tous un seul troupeau. C’est ainsi que saint Paul écrit aux Ephésiens : « C’est lui, le Christ, qui est notre paix : des deux, le Juif et le païen, il a fait une seule réalité ; par sa chair crucifiée, il a détruit ce qui les séparait, le mur de la haine », c'est-à-dire le mal, le péché qui nous sépare de Dieu, qui nous sépare les uns des autres et nous fait errer par des chemins douteux, tortueux et dangereux.
Malheureusement, souvent en effet, nous le savons, nous retombons dans les mêmes travers. Alors Jésus, le Bon Pasteur, vient à notre rencontre pour nous ramener sur le droit chemin. Il vient à nous à travers la voix de notre conscience, suscitant le regret et le désir de reconnaître et confesser sincèrement nos errements. Laissons-nous saisir par les mains de Jésus Bon Pasteur, laissons-nous charger sur ses épaules et reconduire au bercail. Ceux qui restent avec lui n'ont à craindre aucun mal. Nous restons avec lui lorsque nous observons ses commandements, lorsque nous prions, lorsque nous rejetons le mal et pratiquons les œuvres de miséricorde. C’est alors que nous pouvons retenir les belles paroles du psaume que nous avons entendues : « Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien. Sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer ».
Dans les épreuves inévitables de la vie nous devons nous ancrer encore plus à cette certitude et croire sans hésiter que Jésus, le Bon Pasteur de nos âmes, est toujours à nos côtés, et que nous devons lui faire confiance. Le psaume, en effet, se poursuit par ces paroles consolantes : « Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi ».
Enfin, l'Évangile nous présente notre Rédempteur mû de compassion pour la foule qui ressemble à un troupeau sans berger et qui se met alors à les enseigner. Jésus a de la compassion pour nous et il est plus soucieux de nous aider que nous ne le sommes de vouloir être aidés. Tout d'abord, il prend soin de nos âmes, nous enseignant les vérités et les vraies valeurs qui nous ouvrent le Ciel. En lisant son Évangile et en écoutant l'Église, nous sommes sûrs de vivre dans la vérité qu’il nous a révélée. Ensuite le Seigneur nous donne ses Sacrements qui nous offrent sa grâce, et en particulier le Sacrement de l'Eucharistie qui non seulement nous offre sa grâce, mais nous donne le Christ lui-même, derrière la simple apparence d'un peu de pain et d'un peu de vin. De même, Jésus a compassion de nous en prenant soin de notre vie. La Divine Providence veille constamment sur nous, et plus notre foi est grande, plus nous recevons de grâces.
Au cours des siècles, Jésus a suscité de nombreux pasteurs pour conduire son troupeau en son nom, depuis les Apôtres jusqu'à nos jours. Ces bons pasteurs ne sont pas les évêques et les prêtres, mais les saints évêques et les saints prêtres. Parmi tant d’autres, l'un de ces pasteurs qui a fidèlement suivi les traces de Jésus a été sans aucun doute saint Jean-Marie Vianney, désigné par les papes comme un modèle pour tous les prêtres. Connu de tous comme le Saint Curé d'Ars, il se distinguait par sa prière constante et son généreux dévouement. Pour les brebis confiées à ses soins, il se donnait entièrement et passait des heures dans son église plus que dans son presbytère. Il ne cherchait pas son propre avantage, mais seulement la gloire de Dieu et le bien des âmes.
Quand il est arrivé à Ars, quelqu'un lui a dit que dans ce village, très marqué comme beaucoup par les effets de la Révolution française, « il n'y avait rien à faire », que les gens ne pensaient qu'à la terre, qu'ils ne se souciaient pas du ciel et ne pratiquaient pas. Avec son bon sens il a répondu que, par conséquent, « il y avait tout à faire ». Et il est allé à le rencontre de ses villageois. Et, au fil des années, le village a profondément changé, au point que presque tous ses habitants assistaient à la messe non seulement le dimanche, mais tous les jours, et que l’on y venait de loin.
Comme nous en sommes loin ! Alors, si nous voulons à nouveau remplir nos églises, nous savons ce qui nous reste à faire, pasteurs et fidèles, puisque, comme à Ars au dix-neuvième siècle, tout reste à faire.