Sanctuaire de Mont-Roland

Sanctuaire de Mont-Roland Informations utiles sur la vie du sanctuaire.

Avec Marguerite-Marie, Marie-Louise, Marie-Joseph et Bernard, je vous dis : "Au revoir". Bravo à Alice pour cet enregist...
01/09/2024

Avec Marguerite-Marie, Marie-Louise, Marie-Joseph et Bernard, je vous dis : "Au revoir". Bravo à Alice pour cet enregistrement. Que Notre-Dame de Mont-Roland veille sur chacun.
https://www.youtube.com/watch?v=wamPYKLa9pY
Fr. Walter

Il y a quatre cloches, toutes fondues à Annecy-le-Vieux chez Paccard en 1870 :Marguerite-Marie, Ré4 (cachée sous l'escalier)Marie-Louise, Si3 (tinte les heur...

05/08/2024

L.e mot de la fin de Frère Walter, chapelain depuis le 1er septembre 2021, lors de la Messe du 2 août 2024 :

Il y a trois ans, j’étais ici. Je n’étais pas encore arrivé sur le Mont-Roland, mais je vous ai été présenté dans la joie et l’espérance.

Je préfère dire que je n’ai pas fait grand-chose. En fait, qu’est-ce que j’ai fait ? J’ai cherché à accueillir. Et je voudrais souligner ici un aspect. Il y a parmi nous un moine de l’abbaye d’Acey. Je suis un moine bénédictin, lui un moine cistercien. Et la vie monastique, qu’est-ce que c’est ? C’est une vie de prière, de solitude, de retrait.

Mais il y a différents aspects dans la vie monastique, et l’aspect que je souhaite développer c’est celui de l’accueil, de la présence. Vous savez que les moines, ils sont dans leur monastère, et ils sont toujours présents, ils sont toujours là, et les gens qui viennent au monastère savent qu’ils peuvent toujours les trouver. Et quand je suis venu dans le Jura, d’abord à Mièges et puis ici, c’est ainsi que j’ai voulu vivre ma mission, en faisant aussi d’autres missions que l’évêque m’avait demandées : des services divers en paroisse. Et cette mission que je ne peux plus vivre ici dans le Jura, car il n’y a pas de possibilités pour moi, semble-t-il de poursuivre cette mission ici-même, et bien je la poursuivrai ailleurs.

Sachez que je garderai dans mon coeur un précieux trésor qui est l’amitié de chacun. Je me souviendrai des embrassades à l’Arche, sachant qu’à l’Arche, comme le disait un jour Monsieur Poitou, et c’est une bonne définition : « A l’Arche, ce sont des personnes qui ont un coeur bien fait ».

Je me souviendrai aussi de tous ces enfants qui m’ont manifesté leur affection. Je me souviendrai aussi de toute votre amitié, comment vous l’avez manifestée par votre soutien dans les moments difficiles, par votre accueil, par votre confiance surtout.

J’ai fait en sorte que le sanctuaire soit ouvert à tous, qu’il n’y ait pas un sanctuaire ouvert pour tel ou tel, mais que tout le monde s’y sente bien, et je crois que vous pouvez constater que, par exemple à la Messe du dimanche soir, toutes les personnes se retrouvent quelles que soient leur mode de vie dans l’Église, leur pensée, leurs aspirations. J’espère que ce qui a été semé se poursuivra.

Sachez que je vous garde tous dans mon coeur. Si je ne suis pas trop loin on se reverra, et si je suis un peu loin on se reverra moins souvent. Mais sachez que, en tous cas, je pars avec un vrai trésor et que ce trésor, c’est vous.

Merci beaucoup.

L'adoration du matin, la Messe présidée par notre évêque, Jacques Poitou, Frère Walter, Jean-Marie (chef de l'équipe des...
03/08/2024

L'adoration du matin, la Messe présidée par notre évêque, Jacques Poitou, Frère Walter, Jean-Marie (chef de l'équipe des bénévoles), louange par les gens du voyage, les grands, et les petits...

03/08/2024
03/08/2024

Près de 400 personnes ont participé au pèlerinage annuel du 2 août au sanctuaire de Mont-Roland, marqué particulièrement cette année par les remerciements à Jacques Poitou, qui a veillé sur le sanctuaire avec les bénévoles depuis la fermeture le 1er janvier 2014, et par les remerciements à Frère Walter, pour ses trois années de présence sur le lieu qui ont inauguré sa réouverture.

28/07/2024

Homélie prononcée par Frère Walter le dimanche 8 juillet 2024, dix-septième dimanche du temps ordinaire (année B) :

La liturgie, à partir d’aujourd’hui, laisse de côté la lecture de l’Évangile de saint Marc pour s'attarder, pendant quelques dimanches, sur le chapitre 6 de l’Évangile de saint Jean, qui comprend la multiplication des pains et le discours sur le pain de vie. Cette multiplication des pains se trouve déjà annoncée dans la première lecture, tirée du deuxième Livre des Rois.
Il y a quatre livres historiques centrés sur l’histoire des quatre siècles de la royauté en Israël, de 1000 à 600 avant J-C environ : les deux livres de Samuel qui tournent autour de la figure de David, et les deux livres des Rois qui retracent des épisodes de l’histoire des descendants de David jusqu’à la fin de la royauté avec la déportation à Babylone. Dans ces textes apparaissent les figures de deux grands prophètes : Élie et son disciple Élisée. Dans le texte d’aujourd’hui, on voit Élisée nourrir une population qui souffre de la faim en multipliant des pains d'orge. Un pain d'orge était la ration qui suffisait pour une personne. C’est pourquoi le serviteur répondit au prophète : « Comment donner cela à cent personnes » ? et Élisée de répondre : « Donne-le à tous ces gens pour qu’ils mangent, car ainsi parle le Seigneur : "On mangera, et il en restera" ». Et il en fut ainsi.
Cet épisode nous renvoie immédiatement à ce qu'on nous dit dans les six récits de multiplication des pains que l’on trouve dans les Évangiles. Saint Jean, dans le récit que nous offre la liturgie d'aujourd'hui, et comme à son habitude, n'utilise pas le mot miracle pour décrire ce fait, mais le mot signe. Cela signifie que l'évangéliste ne conçoit pas le miracle comme un geste de puissance, mais comme la révélation d'un message religieux, comme un événement qui contient un enseignement pour nous.
« Jésus prit les pains et, après avoir rendu grâce, il les distribua aux convives ». Cela anticipe sur le don de l'Eucharistie dont Jésus parlera dans le discours qui suivra et que nous entendrons les dimanches qui vont suivre. Je voudrais simplement vous inviter à voir dans le texte d’aujourd’hui un enseignement sur la culture du partage : l’enfant partage ses cinq pains et ses deux poissons. Ce récit nous enseigne que s’il y a partage, personne n'est privé du pain nécessaire : les dons aux victimes de cataclysmes dans le monde en sont un exemple parlant à toute époque. Le peu partagé, le don apparemment insignifiant de chacun, devient une ressource pour tous. La pauvreté des moyens est enrichie par la charité, par le partage de tous. A vouloir tout prendre en charge, l’État providence risque d’étouffer l’esprit de partage, l’élan généreux, et il engendre des insatisfactions car il ne peut prendre la place du cœur humain.
Avoir la foi alors ne signifie pas uniquement croire, mais traduire sa foi dans les actes, être convaincu que le Seigneur, pour opérer le miracle d'un monde plus humain, a besoin du peu que nous pouvons donner. Avoir la foi ne signifie pas demander à Jésus de changer les pierres en pain – cela est plutôt une tentation du Malin (Évangile selon saint Matthieu 4,3) –, mais accepter que le Seigneur transforme notre cœur de pierre, trop souvent porté aux calculs intéressés, en un cœur de chair2, prêt à s'émouvoir face aux besoins du monde et à y subvenir par la gratuité spontanée de la générosité et du service.
Si nous voulons rendre crédibles nos célébrations et ne pas les réduire à un simple rite à accomplir, nous devons détruire les tranchées que nous construisons pour défendre nos intérêts. L’Eucharistie doit devenir la fraction du pain à tous les niveaux, pour que son sens soit pleinement accompli. Elle doit se transformer en ministère diaconal de service et de don dans la vie quotidienne.
Saint Paul, dans sa lettre aux Éphésiens, nous aide à comprendre le rapport entre l'Eucharistie et la communion fraternelle : la première ne peut se réaliser sans la seconde. Paul invite les chrétiens à former une unité, car il n'y a qu'une vocation dans le Seigneur, qui se concrétise dans la foi par le baptême. Ce faisant, il recommande l'observance de quatre vertus principales : l'humilité, la douceur, la patience, la charité (agapè). Le but de leur pratique est de préserver « l'unité dans l'Esprit ». Mais cette unité ne peut exister que « par le lien de la paix ».
Tout cela doit nous conduire à une plus grande conscience d'être des instruments par lesquels Dieu intervient dans le monde, nous demandant de mettre entre ses mains le peu que nous avons, afin qu'il puisse le transformer en un bien pour le plus grand nombre.
En cette journée des grands-parents et des personnes âgées voulue par le Pape François, nous avons été invités à vivre le temps d’un goûter au sanctuaire cet après-midi pour un partage entre générations. Cela est aussi une suite logique de notre communion au Corps et au Sang du Christ qui doit se traduire en une plus grande communion entre nous. Mais cela n’est pas exhaustif, car le pape nous invitait aujourd’hui à visiter plus particulièrement les personnes âgées qui vivent dans la solitude ou qui souffrent de l’isolement. La société individualiste nous a peut-être habitués à l’isolement. Nous, chrétiens, nous devons toujours garder un souci missionnaire, parce qu’il est temps pour nous de sortir non pour nous enfermer entre nous, mais pour partir à la rencontre de nos frères et sœurs en humanité et leur communiquer la joie de l’Évangile.

21/07/2024

Homélie prononcée par Frère Walter le dimanche 21 juillet 2024, seizième dimanche du temps ordinaire (année B) :

La première lecture de ce dimanche est un message adressé aux pasteurs des âmes, à tous ceux qui ont reçu de Dieu la haute mission de conduire les brebis du Seigneur vers les pâturages de la vie éternelle. Le prophète Jérémie rappelle avec force les chefs religieux de son temps à leur devoir, eux qui recherchaient leurs intérêts personnels plutôt que le bien du troupeau qui leur était confié. C’est pourquoi il leur adresse ces paroles sévères : « Quel malheur pour vous, pasteurs ! Vous laissez périr et vous dispersez les brebis de mon pâturage ! (…) C’est pourquoi, ainsi parle le Seigneur, le Dieu d’Israël, contre les pasteurs qui conduisent mon peuple : Vous avez dispersé mes brebis, vous les avez chassées, et vous ne vous êtes pas occupés d’elles ».
C’est ainsi que le prophète Jérémie promet que Dieu lui-même prendra soin de ses brebis en leur envoyant le Messie, de la lignée de David. Ainsi parle le Prophète : « Je susciterai pour David un Germe juste : il régnera en vrai roi, il agira avec intelligence, il exercera dans le pays le droit et la justice ». De toute évidence, pour nous ce Messie est Jésus, le Fils unique de Dieu, qui a rassemblé les brebis dispersées au prix de son sang.
La seconde lecture nous présente en effet aussi Jésus comme Pasteur de nos âmes, venu pour faire de nous tous un seul troupeau. C’est ainsi que saint Paul écrit aux Ephésiens : « C’est lui, le Christ, qui est notre paix : des deux, le Juif et le païen, il a fait une seule réalité ; par sa chair crucifiée, il a détruit ce qui les séparait, le mur de la haine », c'est-à-dire le mal, le péché qui nous sépare de Dieu, qui nous sépare les uns des autres et nous fait errer par des chemins douteux, tortueux et dangereux.
Malheureusement, souvent en effet, nous le savons, nous retombons dans les mêmes travers. Alors Jésus, le Bon Pasteur, vient à notre rencontre pour nous ramener sur le droit chemin. Il vient à nous à travers la voix de notre conscience, suscitant le regret et le désir de reconnaître et confesser sincèrement nos errements. Laissons-nous saisir par les mains de Jésus Bon Pasteur, laissons-nous charger sur ses épaules et reconduire au bercail. Ceux qui restent avec lui n'ont à craindre aucun mal. Nous restons avec lui lorsque nous observons ses commandements, lorsque nous prions, lorsque nous rejetons le mal et pratiquons les œuvres de miséricorde. C’est alors que nous pouvons retenir les belles paroles du psaume que nous avons entendues : « Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien. Sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer ».
Dans les épreuves inévitables de la vie nous devons nous ancrer encore plus à cette certitude et croire sans hésiter que Jésus, le Bon Pasteur de nos âmes, est toujours à nos côtés, et que nous devons lui faire confiance. Le psaume, en effet, se poursuit par ces paroles consolantes : « Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi ».
Enfin, l'Évangile nous présente notre Rédempteur mû de compassion pour la foule qui ressemble à un troupeau sans berger et qui se met alors à les enseigner. Jésus a de la compassion pour nous et il est plus soucieux de nous aider que nous ne le sommes de vouloir être aidés. Tout d'abord, il prend soin de nos âmes, nous enseignant les vérités et les vraies valeurs qui nous ouvrent le Ciel. En lisant son Évangile et en écoutant l'Église, nous sommes sûrs de vivre dans la vérité qu’il nous a révélée. Ensuite le Seigneur nous donne ses Sacrements qui nous offrent sa grâce, et en particulier le Sacrement de l'Eucharistie qui non seulement nous offre sa grâce, mais nous donne le Christ lui-même, derrière la simple apparence d'un peu de pain et d'un peu de vin. De même, Jésus a compassion de nous en prenant soin de notre vie. La Divine Providence veille constamment sur nous, et plus notre foi est grande, plus nous recevons de grâces.
Au cours des siècles, Jésus a suscité de nombreux pasteurs pour conduire son troupeau en son nom, depuis les Apôtres jusqu'à nos jours. Ces bons pasteurs ne sont pas les évêques et les prêtres, mais les saints évêques et les saints prêtres. Parmi tant d’autres, l'un de ces pasteurs qui a fidèlement suivi les traces de Jésus a été sans aucun doute saint Jean-Marie Vianney, désigné par les papes comme un modèle pour tous les prêtres. Connu de tous comme le Saint Curé d'Ars, il se distinguait par sa prière constante et son généreux dévouement. Pour les brebis confiées à ses soins, il se donnait entièrement et passait des heures dans son église plus que dans son presbytère. Il ne cherchait pas son propre avantage, mais seulement la gloire de Dieu et le bien des âmes.
Quand il est arrivé à Ars, quelqu'un lui a dit que dans ce village, très marqué comme beaucoup par les effets de la Révolution française, « il n'y avait rien à faire », que les gens ne pensaient qu'à la terre, qu'ils ne se souciaient pas du ciel et ne pratiquaient pas. Avec son bon sens il a répondu que, par conséquent, « il y avait tout à faire ». Et il est allé à le rencontre de ses villageois. Et, au fil des années, le village a profondément changé, au point que presque tous ses habitants assistaient à la messe non seulement le dimanche, mais tous les jours, et que l’on y venait de loin.
Comme nous en sommes loin ! Alors, si nous voulons à nouveau remplir nos églises, nous savons ce qui nous reste à faire, pasteurs et fidèles, puisque, comme à Ars au dix-neuvième siècle, tout reste à faire.

14/07/2024

Homélie prononcée par Frère Walter le dimanche 14 juillet 2024, quinzième dimanche du temps ordinaire (année B) :

Comment définissons-nous notre identité ? Quel « drapeau » aimons-nous brandir ? Celui de la France ? Mais elle a perdu l’Euro malgré Mbappé et les autres. Toutes nos idoles auxquelles nous nous identifions finissent par nous décevoir un jour, tout comme nos politiques. Mais notre identité se résume-t-elle à cela ?
On raconte que le célèbre philosophe et théologien rationaliste allemand Friedrich Schleiermacher (1768-1834), dans ses dernières années, était assis seul, avec des vêtements modestes et une longue barbe, sur un banc dans le parc de la ville où il vivait. Un policier s'approche de lui en pensant qu'il s'agit d'un clochard, le secoue et lui demande : « Qui êtes-vous » ? Ce à quoi, il répond tristement : « J'aimerais bien le savoir ». Un philosophe qui a grandement contribué à la formation de la pensée moderne en s'opposant à l'orthodoxie de la foi, affirmait qu'il ne savait plus qui il était…
« Ne plus savoir qui nous sommes » : la perte de notre identité, est un mal qui afflige la France et l'Europe, ce dont les philosophes allemands et la révolution française fêtée aujourd’hui sont largement responsables. En contestant le Christ et son Eglise et en s'en éloignant, ils ont contribué à la perte des racines et de l'identité de la civilisation occidentale elle-même. Ce faisant, ils l'ont rendue incapable de résister efficacement aux défis et aux attaques des identités fortes, qu’elles soient religieuses ou idéologiques.
Cette France et cette Europe, au nom d'une laïcité soit-disant neutre, sont tombées dans le relativisme en semant le vide dans le cœur des nouvelles générations ; elle perd son âme et cela se reflète dans le vide moral et spirituel de nombre de citoyens qui se laissent emporter par nombre de courants sans se demander où ils sont emmenés et sans réagir avec sens critique, sauf quand il s’agit de leur intérêt immédiat. Nombreux sont ceux qui cherchent alors une identité en suivant les dernières modes et tendances et, pourquoi pas, en s’engouffrant dans la violence. On élève la liberté de chacun au-dessus du caractère sacré de toute vie humaine, et on en fait une valeur de la République et de l’Europe. En cette période d’élections, on a parlé plus du porte-monnaie que du respect de la vie humaine.
Le disciple du Christ ne trouve pas son identité en partageant les principes des idéologies à la mode, mais il la trouve « dans le Christ », dans un profil moral et spirituel précis qui le distingue de ses contemporains : « Donne à tous ceux qui se déclarent chrétiens de rejeter ce qui est indigne de ce nom et de rechercher ce qui lui fait honneur » demandait la prière d’ouverture. Cela a été le travail des moines, fils de saint Benoît patron de l’Europe dont c’était la fête jeudi dernier, de modeler l’âme de l’Europe au cours du moyen-âge. Le texte biblique soumis à notre attention aujourd'hui, de la lettre aux chrétiens d'Ephèse, met en évidence de nombreux traits de cette identité du chrétien que les monastères ont contribué à forger : je ne voudrais en examiner qu’un avec vous. Vous aurez toute la semaine pour en retirer d’autres de sa lecture.
La première chose qu'affirme ce texte sur l'identité chrétienne se trouve dans cette première phrase : « Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ ! Il nous a bénis et comblés des bénédictions de l’Esprit, au ciel, dans le Christ ». Nous pouvons dire qu'en Occident nous bénéficions de nombreuses bénédictions matérielles. Le monde nous regarde et nous envie, et en fait beaucoup espèrent pouvoir s'installer ici avec nous pour pouvoir en profiter, comme tous ces migrants qui traversent la Méditerranée au péril de leur vie. Oui, ils nous voient comme des riches et beaucoup aimeraient bénéficier de ces « bénédictions ». À l'exception des richesses injustement acquises, la prospérité résultant d'un travail honnête et diligent est en effet une bénédiction. Mais en est-il vraiment ainsi dans notre Occident qui exploite les plus pauvres et qui cherche à s’enrichir toujours plus ?
Notre identité en tant que chrétiens, cependant, n'est pas tellement liée aux bénédictions matérielles. Aux douze qu’il envoie en mission deux par deux, Jésus « prescrivit de ne rien prendre pour la route, mais seulement un bâton ; pas de pain, pas de sac, pas de pièces de monnaie dans leur ceinture. "Mettez des sandales, ne prenez pas de tunique de rechange" ». Ce que dit la lettre aux Ephésiens : « Il nous a bénis et comblés des bénédictions de l’Esprit, au ciel, dans le Christ » signifie avant tout vivre une authentique communion avec Dieu, ce en quoi consiste notre identité chrétienne.
Nous trahissons alors et nions cette identité quand nous ne poursuivons que la satisfaction de nos propres intérêts matériels et de notre bien-être extérieur. Le Pape François nous l’a encore rappelé dans sa dernière encyclique Fratelli tutti de 2020. Pouvons-nous dire que nos biens les plus précieux, ceux auxquels nous aspirons plus que tout, sont les bénédictions de Dieu ? Notre identité chrétienne doit attester que les biens de ce monde, pour nous, ne sont pas la chose la plus importante, contrairement aux valeurs vécues et prêchées par le Christ qui consistent dans le détachement des biens. Le chrétien aspire aux bénédictions spirituelles et le reste vient après, comme Jésus l’a dit : « Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît » (Évangile selon saint Matthieu 6,33).

07/07/2024

Homélie prononcée par Frère Walter le dimanche 7 juillet 2024, quatorzième dimanche du temps ordinaire (année B) :

Après avoir enseigné en paraboles – la graine qui pousse toute seule et le grain de sénevé qui devient un arbuste –, et après avoir opéré une série de miracles – la tempête apaisée, la guérison de la femme ayant des pertes de sang et la résurrection de la fille de Jaïre – qui lèvent tout doute sur l'origine divine de sa puissance, Jésus retourne dans sa patrie où il affronte le manque de foi de ses compatriotes qui ont déjà tenté auparavant de le neutraliser, comme saint Marc le rapporte trois chapitres plus haut dans son Évangile : « Alors Jésus revient à la maison, où de nouveau la foule se rassemble, si bien qu’il n’était même pas possible de manger. Les gens de chez lui, l’apprenant, vinrent pour se saisir de lui, car ils affirmaient : "Il a perdu la tête". Les scribes, qui étaient descendus de Jérusalem, disaient : "Il est possédé par Béelzéboul" »(Évangile selon saint Marc 3,20-22).
A Nazareth, comme d'habitude, Jésus se rend à la synagogue et se prévalant du droit que tout homme israélite adulte avait, il commence à lire et à commenter. Les auditeurs restent étonnés. Cet étonnement n’est pas nouveau. Au chapitre 1, voici ce qu’écrit saint Marc : « Le jour du sabbat, Jésus se rendit à la synagogue, et là, il enseignait. On était frappé par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes » (Évangile selon saint Marc 1,21-22). Mais il n’y a pas que son enseignement qui suscite l’étonnement ; il y a aussi ses miracles. A la fin du chapitre 7, après la guérison d’un sourd presque muet, il est écrit des témoins : « Ils étaient dans le plus grand étonnement, et disaient : "Il fait tout à merveille ; même il fait entendre les sourds, et parler les muets » (Évangile selon saint Marc 7,37). Aujourd’hui, l’Évangile dit ceci : « Le jour du sabbat, il se mit à enseigner dans la synagogue. De nombreux auditeurs, frappés d’étonnement, disaient : "D’où cela lui vient-il ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ?" ».
Cet étonnement suscite la foi chez les foules, mais pas chez ses proches, chez ceux qui le connaissent depuis longtemps qui ont vécu avec lui depuis trente ans : « Ils étaient profondément choqués à son sujet ». La réponse apparemment la plus évidente (cette sagesse est d'origine divine) est contrariée par l'observation de la personne de Jésus : « N'est-ce pas le charpentier » ? Il est d’origine modeste : « N’est-il pas le fils de Marie, et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? ». Les termes « frères et sœurs » dans l’ancien Orient s’élargissent aux cousins et cousines plus ou moins éloignés. Notons par ailleurs que sa mère est mentionnée, mais pas son père : le Fils de Dieu n’a pas de père humain.
Les proches mettent ainsi en évidence l'origine charnelle de Jésus et non la foi en sa divinité. Et c’est ce qui peut nous arriver à nous aussi : nous sommes tellement proches du Christ, nous assistons à la Messe et nous communions tous les dimanches depuis des années. Mais nous pouvons, avec le temps, nous habituer à cette présence humble du Christ au milieu de nous au point d’en faire un comme nous et de ne plus nous étonner ni de son enseignement ni de ses miracles, dont le plus grand est peut-être sa présence dans l’Eucharistie, une si petite parcelle de pain.
D'où l’étonnement qui peut finir par engendrer le scandale et un piège pour la foi : « De quoi parle-t-on : le Christ présent dans l’hostie ? Allons, on ne va pas me faire croire ça, c’est bon pour les enfants ou les simples, mais pas pour moi. Ce n’est qu’un symbole ». Souvenons-nous de saint Thomas fêté mercredi dernier : « Si je ne vois pas, je ne crois pas » (Évangile selon saint Jean 20,24-25).
Nous pouvons être très surpris de l'incrédulité des concitoyens de Jésus et de ses proches, car nous sommes probablement tentés de croire que le contact direct avec lui et ses signes prodigieux auraient dû écarter toute possibilité de doute sur sa personne, le miracle nous semblant peut-être l'outil le plus adéquat pour résoudre tout problème de foi. Mais l'Évangile ne l’entend pas ainsi : « S’ils n’écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts : ils ne seront pas convaincus » (Évangile selon saint Luc 6,31). Les miracles n’obligent pas.
C’est pourquoi saint Paul ne se prévaut pas de ses révélations, mais de la grâce du Christ dans sa faiblesse : « Frères, les révélations que j’ai reçues sont tellement extraordinaires que, pour m’empêcher de me surestimer, j’ai reçu dans ma chair une écharde (…). C’est pourquoi j’accepte de grand cœur pour le Christ les faiblesses, les insultes, les contraintes, les persécutions et les situations angoissantes. Car, lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort ».
Dieu est présent et agissant dans la réalité de chaque jour, dans notre réalité quotidienne, souvent pauvre, banale, sans surprises et sans sensations fortes, sans miracles ; il nous parle et nous soutient dans nos faiblesses : il ne tient qu’à nous de l’écouter, de le reconnaître par la foi et de ne pas rejeter son action dans nos vies.

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