09/09/2022
POUR UNE COURONNE QUI NE SE FANE PAS
La première lecture et l'évangile d'aujourd'hui me rappellent l’esprit missionnaire du P. Jules Chevalier. Dans la première lecture, nous entendons comment saint Paul a écrit une lettre aux habitants de Corinthe. Il a écrit que prêcher l'évangile n'est pas pour un motif de fierté, c’est une nécessité qui s’impose à lui. Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile ! Certes, si je le fais de moi-même, je mérite une récompense. Avec l'analogie des prix dans une compétition de course, nous, les humains, devrions avoir un objectif précis pour chaque effort que nous faisons. Ce n'était rien d'autre que pour « une couronne qui ne se fane pas.”
Pour une couronne qui ne sa fane pas, Chevalier a décidé de créer un groupe de prière et de réflexion au sein du séminaire de Bourges qui s'appellera les « Chevaliers du Sacré-Cœur ». Dans les rencontres, où les cœurs n'ont plus de secrets, Chevalier parlait d'Issoudun a ses amis (Piperon, Maugenest, etc), si déshérité alors au point de vue religieux, et il assurait que là, avant peu d'années, serait établie une maison de Missionnaires. Il en par lait avec conviction comme s'il eût vu la fondation déjà réalisée. Le père Piperon a ecrit : « Loin de prendre au sérieux ces épanchements, nous ne voyions là que propos de récréation, où l'imagination de notre confrère se donnait libre carrière. A nos objections, à nos sourires d'incrédulité il répondait avec bonne humeur : Vous le verrez. Son profond regard alors, le jeu de sa physionomie semblaient ajouter: Oui, ce que je vous dis est la vérité. Il l'avait dite, en effet. Lorsque nous considérons la réalisation de ses paroles malgré les difficultés insurmontables qui ont surgi, malgré l'insuffisance des instruments et des moyens, nous ne pouvons douter qu'il n'ait reçu d'en haut des promesses spé ciales pour le guider dans sa mission. Nous sommes obligé de le proclamer après beaucoup d'autres: Le doigt de Dieu est là !sa main puissante a opéré ces merveilles ! »
Pour une couronne qui ne se fane pas, le Père Jules Chevalier pendant sa longue carrière et jusque dans son extrême vieillesse, malgré les travaux d'un laborieux apostolat, malgré les soins multiples exigés par sa Congrégation naissante, ou par les graves devoirs du ministère paroissial, avait consacré à des études sérieuses les rares loisirs que lui laissaient ses absorbantes occupations. Le Père Piperon a écrit : « Au grand séminaire de Bourges, dès les premiers jours il (Jules Chevalier) prit rang parmi les meilleurs séminaristes. Pour lui, la vertu ne suffit pas au prêtre, il faut encore la science sans laquelle son sublime ministère devien drait facilement occasion de ruine et pour lui-même et pour les autres. Notre Seigneur le dit assez clairement: Si un aveugle conduit un autre aveugle, tous deux tomberont dans la fosse ouverte sous leurs pas. Chevalier, profondément convaincu de cette double vérité, apporta à l'étude des sciences sacrées la même ardeur, le même zèle qu'il déployait pour se former aux vertus de son saint état. “
Pour une couronne qui ne se fane pas, le Père Jules Chevalier a vécu une sainte vocation selon la volonté du Sacré-Cœur de Jésus. Un fois, au retour du Père Jules CHEVALIER, à Richelieu, sa mère est heureuse, enfin son rêve va pouvoir se réaliser. Rêve pieux, d'une maman qui espère finir ses vieux jours auprès de son fils en tenant sa maison. Elle insiste, et demande des détails concernant la nouvelle cure - comment sont ses paroissiens, la ville est-elle éloignée de Richelieu-les habitants sont-ils accueillants ? Es-tu satisfait de ce choix ? Enfin Jules répond : « Oui, très satisfait. Je reste à Issoudun, non plus comme vicaire, non pas comme curé, mais comme missionnaire ».
Ce mot de missionnaire bouleverse la pauvre femme, la crainte pour son fils, l'anéantissement de ses rêves légitimes, cela est trop... les forces lui manquent... elle tombe sans connaissance. Le Père Jules, écrira qu'il la croyait morte, que son âme était dans l'angoisse, et que la peine qui étreignait son cœur était si grande que cela l'étouffait. Quand elle revint à elle, elle versa toutes les larmes de son corps, et durant toute la durée du séjour, elle essaya de faire changer d'avis son fils, en dévoilant son cœur de mère et tout le chagrin que sa décision lui procurait. Mais il restait inébranlable dans sa résolution, non sans lutte, ni souffrance intérieure.
Jules écrira encore, sur cette douloureuse période de sa vie ; qu'il entendait d'un côté la voix éloquente de l'amour maternel, qui voulait le retenir et de l'autre cette parole de l'Evangile :