27/08/2026
Voici la méditation originale sur un passage du "Petit Journal" (1934-1938) de sainte Faustine Kowalska (1905-1938), proposée par le Sanctuaire de la Divine Miséricorde de Gallardon pour ce vendredi 28 août 2026, fête de saint Augustin, sur le passage PJ 1575 :
Voici ce qu’écrit sainte Faustine dans son Petit Journal en février 1938, à la demande et à l’intention de son père spirituel le père Michel Sopoćko :
« Je te salue, Amour éternel, ô mon doux Jésus, qui as daigné demeurer dans mon cœur ! Je te salue, ô glorieuse Divinité, qui as daigné t’abaisser jusqu’à moi et t’anéantir par amour pour moi jusqu’à prendre l’apparence d’un morceau de pain ! Je te salue, Jésus, fleur de l’humanité qui ne fanes jamais ! Toi seul comptes pour mon âme. Ton amour est plus pur que le lys et ton intimité m’est plus agréable que l’odeur de la jacinthe. Ton amitié est plus tendre et plus délicate que le parfum de la rose, et, cependant, plus forte que la mort. O Jésus, beauté inconcevable, c’est avec les âmes pures que tu t’entends le mieux, car elles seules sont capables d’héroïsme et de sacrifice. O doux sang de Jésus, ennoblis mon sang et transforme-le en ton propre sang ! Que cela m’advienne selon ton bon plaisir ! » (PJ 1575)
Méditation :
Le contexte est celui d’une longue réflexion de sœur Faustine sur l’abandon dans les épreuves. La maladie gagne du terrain, et la sœur garde la chambre, et rien ne compte plus que son union à Jésus vainqueur de la mort. « Que cela m’advienne selon ton bon plaisir. » Un an environ auparavant, elle avait écrit une longue prière qu’elle adressait à Jésus : « Je désire me transformer en ta miséricorde, et être un vivant reflet de toi, ô Seigneur... Transforme-moi en toi, car tu peux tout ». Ce qu’elle demandait alors, elle est désormais appelée à le vivre jusqu’au bout, à en faire l’expérience totale au plus profond d’elle-même, aux limites de ses ultimes épreuves de la maladie. Quatre ans plus tôt , elle avait désiré offrir ses grandes souffrances à venir pour le salut des âmes, et particulièrement pour les âmes qui font barrage à la miséricorde du Seigneur. Le vœu est arrivé à échéance, et il va falloir persévérer.
Comment trouver l’énergie de l’offrande des épreuves que nous avons à vivre ? Sainte Faustine nous rappelle que dans notre plus grande pauvreté, nous puisons cette énergie dans l’intimité que Jésus nous offre dans la sainte Communion, par laquelle nous demeurons en Lui et Lui en nous. Ce don pur de la bonté de Dieu pour nous est représenté sur le Tableau de la Miséricorde par les rayons rouges, et Jésus nous appelle à y puiser toutes les grâces. La fréquence et la régularité de la Communion, dans la plus grande dignité possible, nous donnera la force de persévérer dans notre abandon et notre offrande de nous-mêmes.
Les vannes de la Miséricorde se sont ouvertes au moment de la mort de Jésus sur la croix, et quand, dans nos lourdes épreuves, nous communions à Jésus qui meurt et qui est transpercé, nous participons à son propre désir que l’humanité se convertisse, nous participons au triomphe de la vie sur la mort spirituelle, nous participons à son désir que sa miséricorde soit connue et adorée. Et notre vie, éprouvée, trouve son sens à communier ainsi au Christ, vrai Dieu anéanti par amour pour nous, bafoué, humilié, moqué, battu, épuisé, gravement blessé, asphyxié, et à la fin transpercé.
La communion eucharistique nous transforme peu à peu, si toutefois nous acceptons de laisser le Seigneur tourner notre visage et notre cœur vers lui, et si nous acceptons de nous mettre à sa disposition. C’est donc par sa grâce que nous dépassons nos épreuves en nous détournant de nous-mêmes, c’est par sa grâce que notre vie est ennoblie et transformée en sa propre Vie. L’eucharistie nous permettra d’aller au-delà de l’acceptation de nos épreuves, de nos souffrances. Si nous le demandons à Jésus, elle nous transformera en sa Miséricorde, nous rendant disponibles à Jésus pour qu’il agisse dans le monde à travers nous, qui serons les instruments de sa Miséricorde, et cela d’autant plus que nous l’aurons humblement accueilli en nous pendant la messe.
Rendons grâce pour cette beauté inconcevable qu’est Jésus fréquenté dans l’intimité de la prière, de l’eucharistie et dans l’expérience du pardon sacramentel fréquent et régulier, dans l’adoration de Celui qui est le Pain des forts. Dans l’épreuve nous pourrons murmurer avec sœur Faustine : Que tout cela m’advienne, Seigneur, selon ton bon plaisir.
fr. Pierre Sokol et Isabelle Kamaroudis
relecture par le Père Dominique Aubert
et le Père Adam Galazka
Photo : Chapelle du Saint Sacrement
Sanctuaire de saint Jean Paul II de Lagiewniki-Cracovie
(photo : fr Pierre Sokol)