Sanctuaire de la Divine Miséricorde

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Voici la méditation originale sur un passage du "Petit Journal" (1934-1938) de sainte Faustine Kowalska (1905-1938), pro...
27/08/2026

Voici la méditation originale sur un passage du "Petit Journal" (1934-1938) de sainte Faustine Kowalska (1905-1938), proposée par le Sanctuaire de la Divine Miséricorde de Gallardon pour ce vendredi 28 août 2026, fête de saint Augustin, sur le passage PJ 1575 :
Voici ce qu’écrit sainte Faustine dans son Petit Journal en février 1938, à la demande et à l’intention de son père spirituel le père Michel Sopoćko :

« Je te salue, Amour éternel, ô mon doux Jésus, qui as daigné demeurer dans mon cœur ! Je te salue, ô glorieuse Divinité, qui as daigné t’abaisser jusqu’à moi et t’anéantir par amour pour moi jusqu’à prendre l’apparence d’un morceau de pain ! Je te salue, Jésus, fleur de l’humanité qui ne fanes jamais ! Toi seul comptes pour mon âme. Ton amour est plus pur que le lys et ton intimité m’est plus agréable que l’odeur de la jacinthe. Ton amitié est plus tendre et plus délicate que le parfum de la rose, et, cependant, plus forte que la mort. O Jésus, beauté inconcevable, c’est avec les âmes pures que tu t’entends le mieux, car elles seules sont capables d’héroïsme et de sacrifice. O doux sang de Jésus, ennoblis mon sang et transforme-le en ton propre sang ! Que cela m’advienne selon ton bon plaisir ! » (PJ 1575)
Méditation :
Le contexte est celui d’une longue réflexion de sœur Faustine sur l’abandon dans les épreuves. La maladie gagne du terrain, et la sœur garde la chambre, et rien ne compte plus que son union à Jésus vainqueur de la mort. « Que cela m’advienne selon ton bon plaisir. » Un an environ auparavant, elle avait écrit une longue prière qu’elle adressait à Jésus : « Je désire me transformer en ta miséricorde, et être un vivant reflet de toi, ô Seigneur... Transforme-moi en toi, car tu peux tout ». Ce qu’elle demandait alors, elle est désormais appelée à le vivre jusqu’au bout, à en faire l’expérience totale au plus profond d’elle-même, aux limites de ses ultimes épreuves de la maladie. Quatre ans plus tôt , elle avait désiré offrir ses grandes souffrances à venir pour le salut des âmes, et particulièrement pour les âmes qui font barrage à la miséricorde du Seigneur. Le vœu est arrivé à échéance, et il va falloir persévérer.
Comment trouver l’énergie de l’offrande des épreuves que nous avons à vivre ? Sainte Faustine nous rappelle que dans notre plus grande pauvreté, nous puisons cette énergie dans l’intimité que Jésus nous offre dans la sainte Communion, par laquelle nous demeurons en Lui et Lui en nous. Ce don pur de la bonté de Dieu pour nous est représenté sur le Tableau de la Miséricorde par les rayons rouges, et Jésus nous appelle à y puiser toutes les grâces. La fréquence et la régularité de la Communion, dans la plus grande dignité possible, nous donnera la force de persévérer dans notre abandon et notre offrande de nous-mêmes.
Les vannes de la Miséricorde se sont ouvertes au moment de la mort de Jésus sur la croix, et quand, dans nos lourdes épreuves, nous communions à Jésus qui meurt et qui est transpercé, nous participons à son propre désir que l’humanité se convertisse, nous participons au triomphe de la vie sur la mort spirituelle, nous participons à son désir que sa miséricorde soit connue et adorée. Et notre vie, éprouvée, trouve son sens à communier ainsi au Christ, vrai Dieu anéanti par amour pour nous, bafoué, humilié, moqué, battu, épuisé, gravement blessé, asphyxié, et à la fin transpercé.
La communion eucharistique nous transforme peu à peu, si toutefois nous acceptons de laisser le Seigneur tourner notre visage et notre cœur vers lui, et si nous acceptons de nous mettre à sa disposition. C’est donc par sa grâce que nous dépassons nos épreuves en nous détournant de nous-mêmes, c’est par sa grâce que notre vie est ennoblie et transformée en sa propre Vie. L’eucharistie nous permettra d’aller au-delà de l’acceptation de nos épreuves, de nos souffrances. Si nous le demandons à Jésus, elle nous transformera en sa Miséricorde, nous rendant disponibles à Jésus pour qu’il agisse dans le monde à travers nous, qui serons les instruments de sa Miséricorde, et cela d’autant plus que nous l’aurons humblement accueilli en nous pendant la messe.
Rendons grâce pour cette beauté inconcevable qu’est Jésus fréquenté dans l’intimité de la prière, de l’eucharistie et dans l’expérience du pardon sacramentel fréquent et régulier, dans l’adoration de Celui qui est le Pain des forts. Dans l’épreuve nous pourrons murmurer avec sœur Faustine : Que tout cela m’advienne, Seigneur, selon ton bon plaisir.
fr. Pierre Sokol et Isabelle Kamaroudis
relecture par le Père Dominique Aubert
et le Père Adam Galazka
Photo : Chapelle du Saint Sacrement
Sanctuaire de saint Jean Paul II de Lagiewniki-Cracovie
(photo : fr Pierre Sokol)

Voici la méditation originale sur un passage du "Petit Journal" (1934-1938) de sainte Faustine Kowalska (1905-1938), pro...
21/08/2026

Voici la méditation originale sur un passage du "Petit Journal" (1934-1938) de sainte Faustine Kowalska (1905-1938), proposée par le Sanctuaire de la Divine Miséricorde de Gallardon pour ce vendredi 21 août 2026, sur le passage PJ 1486 (extrait):
Voici ce qu’écrit sainte Faustine dans son Petit Journal en janvier 1938, à la demande et à l’intention de son père spirituel le père Michel Sopoćko :
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« Jésus (dit) : ‘Permets à ma miséricorde d’agir en toi, ma pauvre âme. Permets aux rayons de ma grâce d’entrer dans ton âme ; ils y apporteront la lumière, la chaleur et la vie.’ » (PJ 1486 - extrait)
Méditation :
Au cours d’une retraite Sœur Faustine écrit un long dialogue entre Jésus et des âmes dans plusieurs états. Jésus parle ici à l’âme sans espérance. Peu avant ce passage, Sœur Faustine définit l’âme sans espérance comme l’âme qui est « sourde à l’appel de Dieu et qui s’enfonce dans des ténèbres encore plus épaisses ». Elle est persuadée qu’elle ne peut plus avoir accès au pardon et à la pitié de Dieu. Dire ‘Kyrie eleison’ est vide de sens pour elle, inutile, réservé à d’autres. Elle ne parvient plus à se tourner vers Dieu, elle n’ose plus ; et puis elle finit par ne plus avoir même l’idée de le faire ; et puis elle oublie Dieu, se réfugiant dans ce qui est matériel, où elle se ruine. L’âme sans espérance peut demeurer dans cet état pour toujours, établissant sa demeure sur la face cachée de la foi, hors de la lumière du soleil qui est Jésus Christ. Et sur cette face cachée de la foi, tous les sentiments d’inexistence, les peurs diverses, angoisses voire phobies assaillent son cœur, qui, sans expérience de l’amour de Dieu, se confine en lui-même, se rétrécit sur son moi. Et, comme un signe des temps de désespérance, nos contemporains vivent de plus en plus des phobies réelles, graves, psychiatriques.
Mais Jésus approche au temps favorable, à pas de velours, dans la délicatesse, pour se faire connaître. Il est toujours là, tous les jours avec nous et jusqu’à la fin du monde, comme il l’a promis. Et il n’existe pas d’homme ni de femme ni d’enfant qu’il n’approche pas, chaque jour. Il vient jusqu’à chacun en utilisant les moyens les plus divers : ‘Permets, murmure-t-il, permets... Rien n’est obligatoire, non, c’est un conseil très doux que je te donne, et c’est pour que tu vives. Mais permets-moi de venir seulement jusqu’au bord de ton âme, et tu verras bien quels dons je te ferai. Tu ne peux être guérie de tes peurs qu’en Dieu, dans la confiance que tu mets en lui, et je suis venu moi-même pour te le dire.’
Mais « Permets à ma miséricorde d’agir en toi », c’est aussi un appel du Seigneur plus radical et qui s’adresse à tous ceux qui ne sont pas des âmes désespérées mais des âmes confiantes, des disciples véritables du Seigneur : si nous laissons quotidiennement le Seigneur agir en nous, si nous nous reconnaissons pauvres, si nous gardons les yeux fixés sur Jésus Christ, si nous acceptons les coupes d’amertume et nos croix à porter, alors le Seigneur nous transforme peu à peu en lui et pour lui. Il est inutile de se donner du mal et de l’astreinte pour parvenir à Lui : c’est Lui qui vient, et c’est une bonne nouvelle. Il suffit que nous lui demandions la grâce de nous aider à nous abandonner à Lui. C’est tout. C’est si simple que nous ne pouvons souvent pas y croire. Parce que nous pensons que la vie de piété est compliquée et réservée à ceux qui se contraignent dans des rites et des pénitences inhumaines. Non, il faut compter seulement sur Jésus Christ, en tout, et c’est tout.

C’est grâce à cette rencontre personnelle avec Dieu et à notre abandon à sa volonté que nous pouvons être miséricordieux pour nos frères, c’est-à-dire que nous pouvons relayer le regard que le Père des cieux a sur eux : tendresse, compassion, patience, effacement des fautes envers nous, envie irrésistible de répondre à leurs appels… Nous les regardons arriver de loin et nous courons à leur rencontre.

Que le Seigneur aille rechercher les âmes sans espérance ou bien qu’il aide les âmes pieuses à vivre dans une confiance grandissante, il leur apporte, comme dit saint Bernard de Sienne, une joie qui ‘enveloppe de tous côtés’ les âmes qui se laissent toucher, une joie qui les ‘absorbe’ et qui ‘les submerge comme un abîme infini’ .
fr. Pierre Sokol et Isabelle Kamaroudis
relecture par le Père Dominique Aubert
et le Père Adam Galazka
Photo : Sanctuaire de la Miséricorde de Gallardon - L’inscription sur le Tableau
(photo Isabelle Kamaroudis)

Voici la méditation originale sur un passage du "Petit Journal" (1934-1938) de sainte Faustine Kowalska (1905-1938), pro...
14/08/2026

Voici la méditation originale sur un passage du "Petit Journal" (1934-1938) de sainte Faustine Kowalska (1905-1938), proposée par le Sanctuaire de la Divine Miséricorde de Gallardon pour ce vendredi 14 août 2026, fête de saint Maximilian Maria KOLBE, prêtre et martyr, sur le passage PJ 1384:
Voici ce qu’écrit sainte Faustine dans son Petit Journal en novembre 1937, à la demande et à l’intention de son père spirituel le père Michel Sopoćko :
« Je vois un prêtre que Dieu aime beaucoup mais que Satan hait terriblement parce qu’il conduit un grand nombre d’âmes à une grande sainteté et ne se préoccupe que de la gloire de Dieu. Je prie Dieu de ne pas perdre patience envers ceux qui ne cessent de s’opposer à lui. Là où Satan ne peut nuire lui-même, il se sert des hommes. » (PJ 1384)
Méditation :
Dans le "Petit Journal", sainte Faustine nous montre le prêtre comme l’instrument par excellence de la Miséricorde divine : le prêtre nous parle de la Miséricorde et il est celui qui, dans les sacrements, nous rend sensible la présence de Jésus qui est avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde. Les sacrements reçus dans la foi nous permettent de marcher vers la sainteté, nous soutiennent sur cette dure montée, nous permettent de passer la porte étroite. C’est pourquoi le prêtre est sans cesse poursuivi, d’une manière ou d’une autre, par Satan qui déteste la Miséricorde et qui essaie de s’interposer entre nous et cette infinie tendresse de Dieu qui ne se lasse jamais de désirer nous ramener vers lui, vers la Vie en plénitude.
Comme son Divin Maître, le prêtre ne se préoccupe que de la gloire de Dieu, c’est-à-dire qu’il s’offre lui-même en victime, de façon surnaturelle. Satan peut l’attaquer et il ne se gêne pas, mais il ne peut rien contre la sublime offrande volontaire personnelle. Le Père Sopoćko et le Père Andrasz ont accepté de mettre sur la balance leur renom et une grande partie de leur vie au service de la dévotion à la Divine Miséricorde après avoir été touchés de façon très particulière par Jésus qui apparaissait si mystérieusement à la petite sœur Faustine qui était devenue leur fille spirituelle. Comme eux, nos prêtres vont secrètement ou visiblement jusqu’au bout, dans la confiance, la grande patience, traversant les situations angoissantes dont Satan se sert contre eux, les tempêtes, les diffamations, les moqueries, le mépris pour leur œuvre et pour ce qu’ils sont, passant les écueils de santé, la pauvreté des moyens dont ils disposent, traversant tout cela pour entraîner vers les hauteurs le petit peuple dont ils ont la charge et qui leur fait confiance. Telle est la préoccupation, l’unique souci de nos prêtres : conduire, comme dit sainte Faustine, un grand nombre d’âmes, celles dont le Seigneur les charge et toutes celles qui s’agrègent à leur suite, à une grande sainteté, en ne se préoccupant que de la gloire de Dieu et non pas de leurs propres épreuves et des embûches de leur chemin de croix. Tel est le premier aspect, très exigeant, de la Miséricorde dont il est question dans ce passage.
Quelques jours avant l’écriture de ce passage, la Mère Supérieure du couvent de Cracovie a présenté à sœur Faustine les petites brochures que le Père Sopoćko a fait éditer avec une gravure du Tableau de Jésus Miséricordieux de Vilnius, le chapelet de la Miséricorde, les Litanies et la Neuvaine à la divine Miséricorde qui seront les outils privilégiés de la diffusion de la dévotion sur les indications de Jésus. « Ma miséricorde, a dit Jésus à sœur Faustine dans son cœur, agit dans les âmes par cette œuvre. » (PJ 1379). Or, sainte Faustine dit dans ce passage : « Je prie Dieu qu’Il ne perde pas patience ». Et en tout premier lieu pour que Dieu ne perde pas patience envers nous, quand nous n’acceptons pas de nous laisser mener par la main de nos prêtres et que nous nous laissons tenter par Satan, qui se sert de nous pour nuire sans que nous nous en doutions. Il faudrait que nous fassions véritablement confiance à nos prêtres lorsqu’ils nous prêchent la Miséricorde : ils nous prêchent la conversion constante, ils nous engagent à la confession, et nous ne nous présentons pas au confessionnal ; ils nous prêchent la Communion digne, et nous nous présentons devant l’Hostie dans l’impréparation pénitentielle ; ils nous prêchent les œuvres de miséricorde et nous disent comment être les instruments de Jésus pour nos frères, et nous ne venons pas à leurs conférences.
Pour nous tous qui sommes revêches, nos prêtres s’offrent secrètement en sacrifice pour la gloire de Dieu quand le confessionnal est vide et que les chaises des enseignements et des retraites sont délaissées. La patience de Dieu, c’est Jésus qui souffre en nous voyant désobéissants à sa volonté, et nous, nous tirons toujours sur la corde.
fr. Pierre Sokol et Isabelle Kamaroudis
relecture par le Père Dominique Aubert
et le Père Adam Galazka
Photo : Chapelet de Ste Faustine et édition du Petit Journal autorisée par le Pape Jean Paul II, à Gallardon en 2019
(photo Martine Jégo)

Voici la méditation originale sur un passage du "Petit Journal" (1934-1938) de sainte Faustine Kowalska (1905-1938), pro...
06/08/2026

Voici la méditation originale sur un passage du "Petit Journal" (1934-1938) de sainte Faustine Kowalska (1905-1938), proposée par le Sanctuaire de la Divine Miséricorde de Gallardon pour ce vendredi 7 août 2026 sur le passage PJ 198 :
Voici ce qu’écrit sainte Faustine dans son Petit Journal pour l’année 1933, à la demande et à l’intention de son père spirituel le père Michel Sopoćko :
« A un moment, le Seigneur m’a dit : ‘Ma fille, ta confiance et ton amour retiennent ma justice et je ne peux pas punir parce que tu m’en empêches.’ Ah ! Quelle force immense possède une âme pleine de confiance ! » (PJ 198)
Méditation :
Nous vénérons le Tableau de Jésus Miséricordieux, nous lisons l’inscription que Jésus a réclamée au peintre. Posons-nous la question, sincèrement, de savoir si nous mettons, dans notre cœur, des limites à notre confiance en Dieu, et jusqu’où va notre confiance en vérité.
Les Ecritures et la Tradition nous offrent des pistes de réflexion à ce sujet. Rappelons-nous l’épisode de l’intercession d’Abraham. Dieu veut détruire la cité immorale de Sodome. Dans sa miséricorde, il fait connaître à Abraham son projet de punition, afin qu’Abraham, le juste, négocie avec lui pour sauver toute la ville au nom de quelques justes qui pourraient s’y trouver. « Vas-tu vraiment faire périr le juste avec le coupable ? Peut-être y a-t-il 50 justes dans la ville, vas-tu les faire périr ? » Abraham traite avec Dieu pied à pied : et 45 justes ? 40 ? 30, 20, 10 ? « Pour 10, je ne détruirai pas, dit le Seigneur1 ». Dieu autorise les hommes à faire des tractations avec lui pour faire retomber ce que l’Ecriture appelle souvent sa « colère », celle qui éclate quand les hommes dépassent la mesure de l’orgueil et de l’égoïsme, quand ils oublient Dieu, quand ils le trahissent et se détournent de lui. Oui, Dieu autorise ceux qui recherchent son amitié à négocier pour le salut des autres afin de les inciter à se rapprocher, à trouver le chemin de son cœur d’où débordera sa tendresse. Dieu reçoit les gestes et la prière de l’homme sans orgueil qui, dans la confiance hardie, se hausse un peu devant lui pour le toucher. Et Dieu se laisse toucher aux entrailles. Le point culminant est cette tendresse qui coule du cœur de Dieu sur la Croix et qui s’écoule sur le monde jusqu’à aujourd’hui et jusqu’à la fin du monde.
2000 ans après Abraham, saint Ignace d’Antioche écrit que « le chrétien n’a pas d’autorité sur lui-même mais il est à la disposition de Dieu2 » : Jésus nous a indiqué le chemin de l’humilité parfaite, sans négociation, en se soumettant, dans la confiance jusqu’à mourir pour sauver l’humanité entière. Il nous reste à trouver ce chemin, dans toutes nos situations de vie, à trouver à nous mettre à la disposition de Dieu, à accepter d’être son instrument en toute circonstance. Sainte Faustine, 1800 ans après saint Ignace, ne dit pas autre chose, et dans son humilité elle ajoute « Aide-moi, Seigneur » : seuls, nous ne pouvons pas nous y résoudre, et nous ne pouvons pas puiser cette force en nous-mêmes. « Aide-moi, Seigneur… » pour que je sois transformé, pour que de tout mon corps et de tout mon être je me mette à ta disposition, pour que je t’abandonne toute ma volonté afin que tu trouves en moi ton instrument pour que tu puisses agir là où tu m’as mis au monde pour toi.
La confiance va encore bien au-delà. Abraham est toujours de notre temps, mais il y a ici bien plus qu’Abraham : le Seigneur dit à sœur Faustine que non seulement il nous accorde le temps de la Miséricorde avant celui du Jugement, mais qu’il accepte de se laisser entraver dans sa propre volonté divine par ceux qui le supplient dans la pleine confiance. Comment est-ce possible ? C’est que ces croyants-là appliquent sa propre loi, celle de l’amour pur, sacrificiel. Quand le croyant se donne pour ses frères, quand il s’offre en sacrifice vivant, Dieu se laisse toujours toucher, et il intervient toujours, d’une manière ou d’une autre, pour le salut des corps et des âmes.
La confiance n’a aucune limite dans la mesure où nous donnons de nous-mêmes, et même tout nous-mêmes, en échange du salut de l’autre, de l’autre connu et de l’autre inconnu, de l’autre aimé et de l’autre ignoré. Le Dieu des miséricordes ne peut alors qu’être saisi aux entrailles, car nous nous offrons par le Corps et le Sang très précieux de son Fils Bien-Aimé, par son Ame et sa Divinité, pour la conversion des pécheurs, pour la guérison des corps et des âmes, pour le salut des âmes en danger.
Cette négociation n’est pas un chantage rusé où nous essaierions de tirer profit de la bonté de Dieu. Non, nous nous penchons sur le cœur de Jésus, nous nous laissons glisser sans résistance et immerger dans son Cœur, et nous sommes sûrs alors d’obtenir par Lui, avec Lui et en Lui tout ce qu’il y a de plus fou et de plus improbable pour nos frères, sans jamais plus avoir à nous préoccuper de nous.
fr. Pierre Sokol et Isabelle Kamaroudis
relecture par le Père Dominique Aubert
et le Père Adam Galazka
Photo : Crucifixion - Grande fresque de la Chapelle
du Couvent des Sœurs Dominicaines de la Présentation de Tours
à Sainville (28)
(photo Isabelle Kamaroudis

Voici la méditation originale sur un passage du "Petit Journal" (1934-1938) de sainte Faustine Kowalska (1905-1938), pro...
30/07/2026

Voici la méditation originale sur un passage du "Petit Journal" (1934-1938) de sainte Faustine Kowalska (1905-1938), proposée par le Sanctuaire de la Divine Miséricorde de Gallardon pour ce vendredi 31 juillet 2026 sur le passage PJ 799 :
Voici ce qu’écrit sainte Faustine dans son Petit Journal le 9 décembre 1936, à la demande et à l’intention de son père spirituel le père Michel Sopoćko. Elle entre pour un long séjour à l’hôpital sanatorium de Pradnik :
« Soudain, j’ai vu le Seigneur Jésus. Il m’a dit : « Sois tranquille, mon enfant ; tu vois que tu n’es pas seule. Mon cœur veille sur toi. » Jésus m’a donné de la force en ce qui concerne une certaine personne. Je me sens forte dans l’âme. » (PJ 799)
Méditation :
La perspective est difficile : sœur Faustine doit passer trois mois à l’hôpital, trois longs mois hors de son couvent, et même, croit-elle, les fêtes de Noël de 1936 qui approchent. En direction de son père spirituel, elle adresse des signes d’inquiétude, elle essaie de chercher une tranquillité du cœur. Mais le Seigneur l’envoie quelque temps au désert. Cependant il la rassure : « Tu vois que tu n’es pas seule, Mon cœur veille sur toi », et, un peu avant : « C’est moi qui ai provoqué ton départ. Je te transfère dans un lieu isolé afin de façonner moi-même ton cœur pour mes futurs desseins. » (PJ 797) Elle est sans cesse en présence de Dieu, et Jésus veut lui faire expérimenter de plusieurs façons particulières sa miséricorde.
Ce sentiment de nous éloigner d’une espèce d’Eden de la foi, d’un cocon où le Seigneur nous instruit et nous garde, où il nous fait vivre de grands moments avec lui, nous coûte souvent. Et plusieurs fois sans doute dans notre vie faisons-nous cette expérience de devoir quitter des lieux où le Seigneur nous avait placés pour le servir et où nous étions si bien établis avec lui, alors qu’il nous avait déjà arrachés à d’autres lieux encore. Mais Dieu nous veut quelque temps au désert.
Il nous arrive aussi d’avoir l’impression de quitter nos petits paradis d’Eglise pour devoir rentrer dans la vie du monde sécularisé dont Dieu est écarté, un monde qui ressemble à celui de l’hôpital de Pradnik dont sœur Faustine dira : « O Jésus, comme ces gens parlent peu de toi. Ils parlent de tout sauf de toi. » (PJ 804). Dans ce monde-là, nous avons à faire des efforts inhabituels pour rester avec Jésus. Mais le Seigneur nous veut aussi dans ce désert-là.
Dans tous ces déserts personnels, le Seigneur nous veut à veiller, comme au Jardin des Oliviers. Dans cette veille avec Lui, il veut nous ouvrir à la force dont nous aurons besoin, en nous faisant directement puiser au silence de la prière personnelle. Retirons-nous dans ce désert intérieur avec Jésus pour qu’il nous y instruise. Nous poser des questions sur ce que le Seigneur nous demandera de faire ne sert à rien, sinon à nous inquiéter davantage. Adressons-nous à lui pour le prier de nous transformer peu à peu en sa Miséricorde. Car nos missions, nos services, nos obédiences, notre action auprès de nos frères ne prennent source que dans son Cœur miséricordieux. Car ce que nous aurons à faire pour Jésus est déjà dans son Cœur. Car nous pourrons alors pratiquer des œuvres de miséricorde qui rendront Dieu présent au monde sécularisé, qui refuse souvent Dieu mais qui ne refuse pas qu’on le console et qu’on lui vienne en aide. Jésus viendra à travers nous. Sœur Faustine fera, quelques jours après son arrivée à l’hôpital, l’expérience très spéciale de la prière pour les mourants avec la récitation du chapelet de la miséricorde qu’elle a déjà reçu de Jésus, cette expérience d’une puissante prière d’intercession : dans ces moments-là le Seigneur l’instruira directement en actes, en faisant converger les prières des malades vers elle : « Dieu m’a donné ce lien étrange avec les agonisants… », écrira-t-elle. (PJ 835)
Oui, le cœur de Jésus veille sur nous, non seulement pour nous protéger contre le malin, mais aussi afin que nous puissions aller puiser en Lui, à la demande et inépuisablement, des grâces pour le monde. C’est cela qui nous donne notre joie et notre force. Faisons nous-mêmes cette expérience merveilleuse dont sœur Faustine fera part à son père spirituel, quelques jours plus t**d, dans ses jours de désert où elle est plus que jamais en présence du Seigneur : « Voici qu’aujourd’hui je prends dans mes mains les deux rayons qui ont jailli de ton cœur miséricordieux, le sang et l’eau, et je les répands sur tout le globe terrestre, afin que chacun puisse faire l’expérience de ta miséricorde. » (PJ 836)
fr. Pierre Sokol et Isabelle Kamaroudis
relecture par le Père Dominique Aubert
et le Père Adam Galazka
Photo : « Mon cœur veille sur toi.» (PJ 797)
Chapelle du couvent des Sœurs à Lagiewniki
Sarcophage de sainte Faustine sous le Tableau de Adolf Hyla 1944
(photo Pierre Sokol).

Voici la méditation originale sur un passage du "Petit Journal" (1934-1938) de sainte Faustine Kowalska (1905-1938), pro...
23/07/2026

Voici la méditation originale sur un passage du "Petit Journal" (1934-1938) de sainte Faustine Kowalska (1905-1938), proposée par le Sanctuaire de la Divine Miséricorde de Gallardon pour ce vendredi 24 juillet 2026 sur le passage PJ 610 :
Voici ce qu’écrit sainte Faustine dans son Petit Journal le 2 février 1936, à la demande et à l’intention de son père spirituel le père Michel Sopoćko :
« Après chaque entretien avec le Seigneur, mon âme est étrangement fortifiée, une paix profonde y règne et me donne tant de courage que je ne crains rien au monde ; je n’ai qu’une crainte, c’est de faire de la peine à Jésus. » (PJ 610)
Méditation :
On lit dans l’Evangile selon saint Jean au chapitre 21 : « ‘Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ?’ Pierre fut peiné parce que, la troisième fois, Jésus lui demandait : ‘M’aimes-tu ?’ » … On peut bien dire que certains entretiens avec le Seigneur ne sont pas de tout repos. Pendant certains moments que nous vivons avec Lui devant le Saint-Sacrement, ou quand le Seigneur se faufile vers nous à travers le père confesseur ou le père spirituel, il y a des jours où nous préférerions nous cacher dans un creux de rocher et laisser passer l’orage de Dieu. Même si le Seigneur n’a pas avec nous, qui sommes ses enfants très chéris, la véhémence des hommes ni leurs emportements, sa Parole veut nous remettre très radicalement sur le chemin que nous avions perdu.
Car, l’Ecriture le dit, la Parole de Dieu est « vivante et efficace », « plus tranchante qu’une épée », capable de pénétrer jusqu’à la pointe de l’âme et de la toucher à vif. Cette Parole est toute-puissante, car c’est la Parole divine qui crée les mondes. Elle vient guérir ce que l’homme a blessé en lui par le péché contre lui-même et contre ses frères. Cette Parole, c’est le Seigneur Jésus, Dieu venu en notre chair, et le même depuis toujours jusqu’à présent et dans l’éternité.
Lorsqu’au Dimanche de la Résurrection Jésus apparaît aux disciples qui se sont regroupés et cloîtrés de terreur dans leur maison, il leur dit : « La paix soit avec vous. », et c’est par sa puissance de régénérescence, qui va agir en eux puis à travers eux, que Jésus leur montre la seule voie de guérison possible, la seule voie du pardon après que presque tous ses disciples l’ont abandonné. Il les touche à vif.
Oui, c’est tout particulièrement dans le temps de l’épreuve qu’il faut rechercher l’entretien avec le Seigneur. Car il nous va nous chercher dans le tréfonds de notre misère et nous convertir, nous détourner de nous-mêmes pour nous attirer à Lui, pour nous redonner sa sérénité, une puissante joie intérieure, sa paix qui se verra sur notre visage, et un grand courage dans l’adversité. Dans le silence de l’église, dans la chapelle du Saint-Sacrement, au confessionnal, Jésus est le baume et le pansement de notre âme et de notre corps.
« Je n’ai qu’une crainte, dit sœur Faustine, c’est de faire de la peine à Jésus. ». Qu’est-ce qui peut aujourd’hui te faire de la peine, Seigneur, toi qui connais les hommes ? Qu’est-ce qui est pire que la souffrance de l’abandon et de la trahison, du Mont des Oliviers au Golgotha ? Suis-je, Seigneur celui qui te vend ? Suis-je celui qui fuit devant ceux qui viennent t’arrêter ? Celui qui reste loin derrière pour ne pas porter ta Croix ? Suis-je celui qui est bien soulagé que Simon de Cyrène prenne ta croix sur ses propres épaules à ma place ?
Et le Seigneur Jésus nous répond du Tabernacle ou de la grande Croix de l’église : « Chaque fois que tu me fais même un peu de peine, je vois, du haut de la Croix où je suis, Judas qui s’enfuit vers le Champ du Potier pour se perdre, je vois Pierre qui se cache le visage dans l’obscurité d’un recoin, et tous mes disciples qui m’ont abandonné. Et puis je vois Véronique qui couvre de baisers le linge ensanglanté, je vois ma sainte Mère, les saintes Femmes et Jean qui me soutiennent depuis des heures. Je regarde aussi les soldats qui m’ont mis à nu et cloué à la croix. Et je fixe des yeux ce légionnaire qu’on va dépêcher pour le coup de lance et qui est là, debout. Et, vois-tu, comme toi, il ne sait pas que c’est lui qui me donnera le coup de grâce. Ainsi, chaque fois que tu me fais de la peine, c’est toi qui prends le visage de ce soldat et qui t’approches tout à coup de mon cœur pour me transpercer. »
fr. Pierre Sokol et Isabelle Kamaroudis
relecture par le Père Dominique Aubert
et le Père Adam Galazka
Photo : Chapelle de la Maison Mère des Sœurs de Saint Paul de Chartres, à Chartres (28)

(photo Pierre Sokol).

Voici la méditation originale sur un passage du "Petit Journal" (1934-1938) de sainte Faustine Kowalska (1905-1938), pro...
16/07/2026

Voici la méditation originale sur un passage du "Petit Journal" (1934-1938) de sainte Faustine Kowalska (1905-1938), proposée par le Sanctuaire de la Divine Miséricorde de Gallardon pour ce vendredi 17 juillet 2026 sur le passage PJ 607 :
Voici ce qu’écrit sœur Faustine dans son Petit Journal le 29 janvier 1936, à la demande et à l’intention de son père spirituel le père Michel Sopoćko.

« Dans les plus grandes adversités, je ne perds pas ma paix intérieure, ni mon égalité d’humeur à l’extérieur, et cela finit par décourager mes adversaires. La patience dans l’adversité donne de la force à l’âme. » (PJ 607)
Méditation :
On pourrait voir ici une courte leçon de vie, très répandue : en apprenant la patience, nous pouvons nous opposer à notre tendance à la colère, nous pouvons ronger notre frein dans l’épreuve, garder la maîtrise de nous-mêmes lorsque nous sommes soumis soit aux grandes épreuves où notre vie est en danger, soit aux plus petites épreuves qui nous empoisonnent la vie. Fermeté inébranlable, impassibilité dans le malheur, dans les douleurs, la maladie, c’est une forme de détachement de soi qui nous permet de passer le temps des épreuves avec moins de pression. Cette patience désarçonne aussi la colère ou la malice de l’autre qui ne trouve plus de prises puisque nous rentrons dans notre carapace. L’attitude est somme toute très pratique, au travail, dans la vie de famille, la vie de couple, la vie amicale, elle nous ménage et apaise des conflits. Mais la tranquillité est éphémère et les psychologues diraient qu’il faut trouver d’autres solutions si nous voulons nous épanouir.
En réalité, le contexte de ce passage nous invite non pas à faire la tortue, mais au combat spirituel. Ce passage arrive à la fin d’une courte séquence (PJ 603-607) où sœur Faustine médite pour son Père spirituel sur les âmes choisies qui non seulement font la volonté de Dieu mais qui en vivent. Sœur Faustine, même si elle reçoit la grâce de contacts directs avec Jésus, dans de multiples visions ou par le dialogue intérieur, dit qu’elle est toujours dans un combat pour faire la volonté de Dieu. Soit parce qu’elle est partagée sur ce qu’elle entend ou voit, soit parce qu’elle se sent incapable ou incompétente, ou trop timide pour faire ce que Jésus exige d’elle pour la diffusion de la dévotion à la divine Miséricorde : « Malgré tes grâces, écrit-elle, je vois ma misère. » Que dirons-nous de nous-mêmes… Faire la volonté du Père passe par une attitude de conversion profonde et incessante, par laquelle nous nous remettons entre ses mains. Nous sommes faibles parce que nous comptons trop sur nous-mêmes et un tel combat ne peut que durer, parce que nous sommes toujours à surveiller le passage entre les écueils et à déplorer notre propre incapacité à la confiance.
« Ma nourriture, dit Jésus à ses disciples devant la femme de Samarie, c’est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre . » (Jn 4, 34) Faire la volonté du Père, en toute confiance, jusqu’au bout de ce qu’il nous demande, jusqu’à la limite de là où il nous envoie, dans l’intensité ou dans la régularité, malgré l’inconfort, malgré le dérangement, malgré notre doute sur le bien-fondé de ces actions, malgré nos réticences sur leur issue ou sur nos capacités, c’est cela qui doit être notre vie, c’est cela qui doit nous nourrir et nous donner l’énergie pour persévérer. Parfois, ce sont de toutes petites choses qui font cette vie en Dieu, et nous nous disons que peut-être la vraie vie en Dieu est ailleurs, au-delà… Mais Dieu nous veut ici, et à cet instant-ci de cette petite chose, et Dieu nous veut fidèles. Parfois, c’est un projet ou un appel qui nous est démesuré, dont nous n’avons pas le premier moyen et dans lequel il faut nous abandonner tout entier, pour lequel il faut perdre notre vie et plonger à corps perdu pour en vivre une autre.
Cela nous apparaît comme une lutte intérieure, mais le Seigneur nous invite à la vivre autrement, plutôt dans ce que tant de saints ont appelé la patience, la persévérance, ou la confiance. Comme dit sœur Faustine, nous ne perdrons pas notre « paix intérieure », parce que notre paix, c’est le don que Jésus nous fait de Lui-même et il est définitif. Nous ne perdrons pas non plus notre « égalité d’humeur extérieure », car notre modèle est dans la Passion du Seigneur. Notre patience est celle du Seigneur qui porte sa Croix, c’est celle de suivre le Seigneur en tout, en passant avec Lui la porte étroite. Parlant du Père Sopoćko au passage précédent, sœur Faustine écrit que le Seigneur lui fait comprendre « quelle ineffable gloire attend l’âme qui est semblable à Jésus souffrant ici-bas » (PJ 604). C’est à ce combat-là, à cette patience-là dans les épreuves que nous sommes peut-être appelés. Restons vigilants.

fr. Pierre Sokol et Isabelle Kamaroudis
relecture par le Père Dominique Aubert
et le Père Adam Galazka
Photo : Monastère de Aghia Anastasia en Chalcidique (Grèce)
(photo Ariane K).

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