04/06/2026
Voici la méditation originale sur un passage du "Petit Journal" (1934-1938) de sainte Faustine Kowalska (1905-1938), proposée par le Sanctuaire de la Divine Miséricorde de Gallardon pour ce vendredi 5 juin 2026 sur le passage PJ 1065 :
Voici ce qu’écrit sœur Faustine dans son Petit Journal, le 26 mars 1937, à la demande et à l’intention de son père spirituel, le père Michel Sopoćko. C’est le soir du Vendredi Saint, elle est seule, à l’hôpital.
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« + Mon Jésus, soutiens-moi lorsque viendront les jours sombres et difficiles, les jours d’adversité, les jours d’épreuves, lorsque la souffrance et la lassitude commenceront à accabler mon corps et mon âme. Soutiens-moi, Jésus, donne-moi la force de supporter mes souffrances. Mets une garde à ma bouche, afin qu’il n’en sorte aucune plainte contre les créatures. Tout mon espoir, c’est ton cœur miséricordieux. Je n’ai rien pour me défendre, si ce n’est ta miséricorde ; c’est en elle qu’est toute ma confiance. » (PJ 1065)
Méditation :
Le passage clôt quatre mois de 1937 passés, loin de la communauté des Sœurs, au sanatorium de Prądnik, et il clôt surtout des jours particulièrement éprouvants du Lundi Saint jusqu’au soir du Vendredi Saint.
Il s’agit ici du combat spirituel : l’âme et le corps du disciple du Christ, tout son être dans l’épreuve ou en vue de l’épreuve, est sans cesse à se poser la question de la confiance, à hésiter et à s’excuser sur la confiance. Jésus sait bien que c’est un combat et que nous sommes toujours à ne pas tout abandonner. D’où l’inscription qu’il exige sur le Tableau : « Jésus, j’ai confiance en toi ».
Le combat commence dans la prévision des choses lorsque, dit sœur Faustine, « viendront les jours sombres et difficiles, les jours d’adversité, les jours d’épreuves, quand la souffrance et la fatigue commenceront à accabler mon corps et mon âme » De telles pensées nous paraissent légitimes : échafauder des craintes sur l’avenir, n’est-ce pas normal pour préparer son cœur à la lutte, pour se caparaçonner ? L’aide du Seigneur sera notre bouclier, et combien de psaumes ne disent-ils pas la même chose ? Il est bon, oui, bien sûr, de dire déjà cela dans la prière, car beaucoup ne pensent même pas à se tourner vers Dieu. Mais ouvrons aussi un peu plus les yeux de la foi : même ainsi, est-ce que ce ne sont pas nos sentiments qui nous dirigent ? qui s’emparent de notre pensée, de notre ton cœur ? Oui, le combat est âpre contre nos propres pensées, qui ne sont pas celles de Dieu. Et lorsque sœur Faustine écrit « Je n’ai rien pour me défendre, si ce n’est ta Miséricorde », c’est une façon de demander pardon au Seigneur pour ses craintes et son manque de confiance d’avoir, même un court instant, envisagé des événements de sa vie qui concernent sa personne, sa santé très dégradée mais aussi son implication dans la diffusion de la dévotion à la divine Miséricorde dont Jésus l’a chargée.
Or, le Seigneur nous a laissé un modèle : les Evangiles nous montrent les deux manières qu’Il a d’envisager sa souffrance à venir : une manière intellectuelle, sans affect et comme dans le détachement, lorsqu’il en fait la prédiction à ses disciples : « Le Fils de l’homme sera livré aux grands prêtres et aux scribes, ils le condamneront à mort et le livreront aux nations païennes pour qu’elles se moquent de lui, le flagellent et le crucifient ; le troisième jour, il ressuscitera.» , puis, au seuil de la Passion, en s’abandonnant à la volonté du Père quand l’angoisse frappe à son cœur à Gethsémani : « Non pas cependant comme je veux, mais comme tu veux. » Ainsi, lorsque nous-mêmes, nous prions comme sœur Faustine : « Soutiens-moi, Jésus, donne-moi la force de supporter mes souffrances », Jésus, bien sûr, nous prend sur son cœur, mais il nous suggère aussi autre chose : d’offrir nos épreuves, en nous unissant à sa Passion, et cela pour donner un sens à notre épreuves : pour sauver les âmes. « Ma fille, lui a-t-il dit le Lundi Saint pour qu’elle puisse vivre pleinement cette Semaine Sainte à l’hôpital, aide-moi à sauver les âmes, Joins tes souffrances à ma Passion et offre-les au Père Céleste pour le salut des pécheurs. » (1032) Puis le soir du Jeudi Saint : « Je vais te donner une petite part de ma Passion, n’aie pas peur, ne cherche pas de soulagement, mais accepte tout en t’abandonnant à ma volonté » (1053)
Tout cela peut nous paraître très radical et hors de notre portée, mais, si nous sommes très éloignés de ces pratiques spirituelles, il faut essayer de nous y accoutumer, petit à petit, dans les plus petits événements de notre vie, et surtout si nous pensons qu’il est dans notre caractère d’être toujours angoissés dans la prévision des choses… Le Seigneur travaille aussi sur le caractère si nous le laissons essayer. Employons la méthode de sainte Faustine pour éviter le combat : « Quand je vois que le poids de l’épreuve dépasse mes forces, je ne réfléchis pas, je n’analyse pas, je n’approfondis pas, je cours me réfugier dans le cœur de Jésus et je ne lui dis qu’un mot : ‘Tu peux tout’, et je me tais parce que je sais que Jésus interviendra lui-même dans cette affaire. » (PJ 1033)
fr. Pierre Sokol et Isabelle Kamaroudis
relecture par le Père Dominique Aubert
et le Père Adam Galazka
Photo : Gethsémani (mosaïque)
Sanctuaire de saint Jean Paul II
Lagiewniki- Cracovie
(photographie : Pierre Sokol)