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The Anglican Orthodox Church, USA.

30/03/2026

SERMON pour le Dimanche de Pâques : JÉSUS RESSUSCITÉ.

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.

L'Évangile de la résurrection est le plus extraordinaire de tous les écrits inspirés de Dieu. Ce n'est pourtant pas un conte de fées, mais une réalité historique attestée par de nombreux auteurs, tant chrétiens que païens. Les contemporains, même les ennemis de Jésus, confirment que Jésus a bien existé et qu'il est mort crucifié. Juifs ou païens, ils n'ont jamais nié l'existence de Jésus, ni sa mort sur la croix : Suétone, Vie des Césars : "Les Juifs ne cessaient de s'agiter à l'instigation de Chrestus". Tacite, Annales : "Christus, qui, sous le règne de Tibère, fut condamné au supplice par le Procurateur Ponce Pilate". Flavius Josèphe, Antiquités judaïques : Il mentionne le martyre de Jacques "frère de Jésus surnommé le Christ".

Les Juifs ont été les premiers à croire à la résurrection de Jésus. Ils ont inventé une histoire d'enlèvement du corps par Ses disciples, mais ils n'ont même pas recherché son corps, qui leur aurait fourni la preuve de leurs dires ; car ils savaient que Jésus était bel et bien ressuscité; et ils ne voulaient pas que VOUS le sachiez (Matthieu 28/12-13+15) : « Ceux-ci, après s'être assemblés avec les anciens et avoir tenu conseil, donnèrent aux soldats une forte somme d'argent, en disant: Dites: Ses disciples sont venus de nuit le dérober, pendant que nous dormions (...) Les soldats prirent l'argent, et suivirent les instructions qui leur furent données. Et ce bruit s'est répandu parmi les Juifs, jusqu'à ce jour ». Tout se paye, même le mensonge.

Aujourd'hui encore, le monde dans lequel Dieu nous envoie fait tout ce qu'il peut pour effacer la résurrection de Notre Seigneur Jésus-Christ des mémoires. Les versions récentes de la Bible, aussi bien que les manuscrits du Nouveau Testament découverts au 19ème Siècle, à une époque où l'on savait fabriquer des faux manuscrits anciens, omettent la plupart des mentions de la résurrection de Christ, surtout dans les Épîtres de Paul. On prépare ainsi les foules à embrasser la nouvelle religion mondiale universelle, compatible avec l'Islam. Sachant que les musulmans ne feront aucune concession, c'est aux Chrétiens qu'on demande de renoncer à leur foi en la résurrection de Christ.

De même, la loi française qui impose une matinée par semaine libérée pour l'enseignement du catéchisme dans les écoles élémentaires n'est plus appliquée. C'est à croire que l'Éducation nationale est dirigée par des Rabbins !

Et comment les jeunes croiront-ils s'ils ne sont pas instruits des faits historiques concernant Christ ? Aux temps apostoliques, les Chrétiens envoyaient leurs enfants à l'école païenne, et l'instruction biblique leur était donnée par les parents, dans la famille, à la maison. Il est urgent de reprendre cette pratique antique, sans quoi le nom même de Jésus sera oublié par les générations qui nous suivent. Il est donc nécessaire et vital que les parents lisent la Bible en famille, et entendent la prédication de la Parole de Dieu lors des lectures bibliques et du Sermon dominical, à l'église… à condition toutefois que la prédication soit vraie, et qu'elle expose la Parole sans l'amender ni l'édulcorer : la Bible, toute la Bible, rien que la Bible.

C'est ce que à quoi Paul nous exhorte en Colossiens 3/1b-2 : « … cherchez les choses qui sont en haut, où Christ est assis à la droite de Dieu. Pensez aux choses qui sont en haut, et non point à celles qui sont sur la terre », car « Quand Christ, qui est votre vie, apparaîtra, vous paraîtrez aussi alors avec lui en gloire » (v. 4). Oui, Christ reviendra dans la gloire, et nous aussi, car Sa vie de ressuscité qu'Il nous communique est une vie éternelle, dans un monde sans fin. Il ne chevauchera pas un ânon comme à la veille de Sa Passion, mais Il viendra sur les nuées, escorté par les armées d'Anges fidèles à la Vérité du Dieu vivant, Créateur et miséricordieux. Et encore une fois, ce ne sera pas un conte de fées mais la réalité. Les incrédules seront terrorisés et préféreront se cacher dans les grottes (Luc 23/30) : « Alors ils se mettront à dire aux montagnes : Tombez sur nous ; et aux coteaux : Couvrez-nous ». Et en Apocalypse 6/16b-17, ils diront : « … tombez sur nous, et cachez-nous de devant la face de celui qui est assis sur le trône, et de devant la colère de l'agneau ; car la grande journée de sa colère est venue ; et qui est-ce qui pourra subsister ? ».

Mais pour vous qui êtes « ressuscités avec Christ » (Colossiens 3/1), « vous paraîtrez aussi alors avec lui en gloire » (v. 4). Et pour ressusciter avec Christ, il faut d'abord mourir : « Car vous êtes morts, et votre vie est cachée avec Christ en Dieu » (v.3). Oui, comme Christ et à l'imitation de Paul, nous sommes morts au monde et à Satan, à ses pompes et à ses œuvres visant à la destruction de la Création, l'œuvre de Dieu. Nous sommes indifférents à la tentation et à la convoitise et opposés à toute désobéissance aux Dix Commandements comme il est écrit en Éphésiens 5/3-11 : « Que ni la fornication, ni aucune souillure, ni l'avarice, ne soient pas même nommées parmi vous, ainsi qu’il est convenable à des Saints ; ni aucune chose déshonnête, ni parole f***e, ni plaisanterie ; car ce sont là des choses qui ne sont pas bienséantes ; mais plutôt des actions de grâces. Car vous savez ceci, que nul fornicateur, ni impur, ni avare, qui est un idolâtre, n'a point d'héritage dans le Royaume de Christ, et de Dieu. Que personne ne vous séduise par de vains discours, car à cause de ces choses la colère de Dieu vient sur les rebelles. Ne soyez donc point leurs associés. Car vous étiez autrefois ténèbres, mais maintenant vous êtes lumière au Seigneur ; conduisez-vous [donc] comme des enfants de lumière. Car le fruit de l'Esprit consiste en toute débonnaireté, justice et vérité. Éprouvant ce qui est agréable au Seigneur. Et ne communiquez point aux œuvres infructueuses des ténèbres, mais au contraire reprenez-les ». Oui, vous l'avez bien entendu, Paul nous demande de dénoncer les œuvres mauvaises, non pas pour juger les pécheurs (ils sont déjà jugés), mais pour les avertir de la colère de Dieu qui va leur tomber dessus, comme par surprise. Ils auront alors beau jeu de supplier "encore un instant Monsieur le bourreau", réclamer une dernière cigarette, un dernier verre de whisky… mais il ne leur viendra même pas à l'esprit de faire une dernière prière, car pour eux, il sera déjà TROP T**D.

Au contraire de ceux-là, nous qui sommes morts avec Christ en croix, par la foi en Son sacrifice expiatoire de nos péchés et par le baptême que nous avons reçu, nous ferons le chemin inverse : comme Christ est sorti de la colline du Calvaire dans laquelle son tombeau était creusé, nous sortirons de nos cachettes dans les montagnes pour aller à la rencontre du Seigneur, sur les nuées, dans le Ciel. (Matthieu 26/64b) : « désormais vous verrez le Fils de l'homme assis à la droite de la Puissance [de Dieu], et venant sur les nuées du ciel ». Alors nous marcherons vers notre Sauveur comme les vierges sages de la parabole (Matthieu 25/6) : « Or à minuit il se fit un cri, [disant] : Voici, l'époux vient, sortez au-devant de lui » ; « Puis nous qui vivrons et qui resterons, serons enlevés ensemble avec eux dans les nuées, au-devant du Seigneur, en l'air et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur » (1 Thessaloniciens 4/17). Et ceux qui se sont endormis dans la foi, ressusciteront à la voix du Seigneur : « Car le Seigneur lui-même avec un cri d'exhortation, et une voix d'Archange, et avec la trompette de Dieu descendra du Ciel ; et ceux qui sont morts en Christ ressusciteront premièrement » (v. 16), « Car si nous croyons que Jésus est mort, et qu'il est ressuscité ; de même aussi ceux qui dorment en Jésus, Dieu les ramènera avec lui » (v. 14).

Que chacun se rassure et le sache : Les pécheurs impénitents n'échapperont pas au jugement, tandis que nous qui croyons, nous n'échapperons pas à la grâce que Dieu nous fait en Jésus-Christ qui nous a rachetés par Son sacrifice à la croix (Jean 10/27-29) : « Mes brebis entendent ma voix, et je les connais, et elles me suivent. Et moi, je leur donne la vie éternelle, et elles ne périront jamais ; et personne ne les ravira de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous ; et personne ne les peut ravir des mains de mon Père ».

Mes amis, ne soyons pas des disciples incrédules, mais croyants. Les saintes femmes qui suivaient Jésus, et même les Apôtres - à commencer par le premier d'entre eux, Pierre le triple renégat - suivaient Jésus par l'affection et les sentiments, mais ils ne SAVAIENT PAS encore que Christ était ressuscité, vivant. Pourtant, ce n'était pas faute de les avoir avertis à maintes reprises (Matthieu 16/21-23) : « Dès lors Jésus commença à déclarer à ses Disciples, qu'il fallait qu'il allât à Jérusalem, et qu'il y souffrît beaucoup de la part des Anciens, et des principaux Sacrificateurs, et des Scribes ; et qu'il y fût mis à mort, et qu'il ressuscitât le troisième jour. Mais Pierre l'ayant tiré à part se mit à le reprendre, en lui disant : Seigneur, aie pitié de toi ; cela ne t'arrivera point. Mais lui s'étant retourné, dit à Pierre : Retire-toi de moi, Satan, tu m'es en scandale ; car tu ne comprends pas les choses qui sont de Dieu, mais celles qui sont des hommes ». (Marc 9/10) : « Et ils retinrent cette parole-là en eux-mêmes, s'entre-demandant ce que c'était que ressusciter des morts ».

Ils ne voulaient pas que Christ meure, car ils ne savaient pas que c'était ainsi qu'Il nous sauverait. Ils avaient pourtant vu Lazare ressortir vivant de son tombeau, à la voix du Seigneur (Jean 11/43) : « il cria à haute voix : Lazare, sors dehors !» ; mais Lazare ne vit plus aujourd'hui sur la terre. Comme nous tous, il attend la résurrection générale, à la fin de ce monde. Les disciples de Jésus n'avaient alors aucune notion de l'éternité, de la vie au-delà du temps et de la durée.

« Or le premier jour de la semaine Marie Madeleine vint le matin au sépulcre, comme il faisait encore obscur ; et elle vit que la pierre était ôtée du sépulcre. Et elle courut, et vint à Simon Pierre, et à l'autre Disciple que Jésus aimait, et elle leur dit : On a enlevé le Seigneur hors du sépulcre, mais nous ne savons pas où on l'a mis. Alors Pierre partit avec l'autre Disciple, et ils s'en allèrent au sépulcre » (Jean 20/1-3). Ici le naturel se heurte de plein fouet au surnaturel. Marie Madeleine risque une explication charnelle à un miracle, et Pierre ne la croit pas, car ses propos lui semblent incohérents… et pour cause !

« Alors Simon Pierre qui le suivait, arriva, et entra dans le sépulcre, et vit les linges à terre. Et le suaire qui avait été sur la tête [de Jésus], lequel n'était point mis avec les linges, mais était enveloppé en un lieu à part » (Jean 20/6-7). En ressuscitant, Jésus ne laisse pas tout en plan. Dieu est un Dieu d'ordre, non de désordre. Christ accomplit Sa parole, toute la Parole de Dieu, même dans les plus petits détails : « Que toutes choses se fassent avec bienséance, et avec ordre » (1 Corinthiens 14/40), « Car Dieu n'est point un [Dieu] de confusion, mais de paix, comme [on le voit] dans toutes les Églises des Saints ». Pensons-y en faisant le ménage ! Rangeons nos affaires !

Et c'est parce qu'avant la Pentecôte leur esprit humain était encore terre-à terre, au ras des pâquerettes, qu'ils ne comprenaient pas ce qui était arrivé : « Car ils ne savaient pas encore l'Écriture, [qui porte] qu'il devait ressusciter des morts » (Jean 20/9). Ils étaient comme les compagnons d'Emmaüs à qui Jésus ressuscité est apparu : « Alors il leur dit : Ô gens dépourvus de sens, et t**difs de cœur à croire toutes les choses que les Prophètes ont prononcées ! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît ces choses, et qu'il entrât en sa gloire ? Puis commençant par Moïse, et [continuant] par tous les Prophètes, il leur expliquait dans toutes les Écritures les choses qui le regardaient » (Luc 24/25-27).

Mais comme Pierre ne comprenait toujours pas, « Car ils ne savaient pas encore l'Écriture, [qui dit] qu'il devait ressusciter des morts… les Disciples s'en retournèrent chez eux » (Jean 20/9-10). Et c'est chez eux que Christ ressuscité est venu les chercher (Jean 20/19) : « Et quand le soir de ce jour-là, qui était le premier de la semaine, fut venu, et que les portes du lieu où les Disciples étaient assemblés à cause de la crainte qu'ils avaient des Juifs, étaient fermées : Jésus vint, et fut là au milieu d'eux, et il leur dit : Que la paix soit avec vous ! » - "Shalom !".

De la même manière, Christ ressuscité vient chercher les élus du Père éternel (Apocalypse 3/20) : « Voici, je me tiens à la porte, et je frappe : si quelqu'un entend ma voix, et m'ouvre la porte, j'entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi ». Christ ressuscité est entré dans notre cœur, comme Il est entré dans le « lieu où les Disciples étaient assemblés ». Non par effraction, mais par persuasion et conviction. Et voici ce qu'Il nous promet - et qui reste vrai pour jamais - (Apocalypse 3/21-22) : « Celui qui vaincra, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, ainsi que j'ai vaincu, et je suis assis avec mon Père dans son trône. Que celui qui a des oreilles, écoute ce que l'Esprit dit aux Églises ». « C'est pourquoi, comme dit le Saint-Esprit : Aujourd'hui, si vous entendez sa voix, n'endurcissez point vos cœurs … Car nous avons été faits participants de Christ, pourvu que nous retenions ferme jusqu'à la fin le commencement de notre subsistance » (Hébreux 3/7-8a,14).

Unis à Jésus-Christ notre Seigneur et Sauveur, nous avons la victoire et l'assurance de notre Salut éternel… et désormais, nous le savons ! Amen.

Tr. Révd Yves Méra, évêque de France (AOC).

23/03/2026

« Le blasphème contre le Saint-Esprit ne sera pas pardonné aux hommes. » Matthieu 12.81.
Le péché contre le Saint-Esprit est le plus grave de tous. Mais même ce péché, bien qu'il consiste en un refus malveillant de la vérité céleste par ceux qui l'ont apprise et une opposition blasphématoire et pernicieuse à celle-ci, est impardonnable non pas à cause de sa grandeur, mais à cause de sa nature.
Ce n'est pas un péché contre la personne du Saint-Esprit, mais contre Sa fonction. Car le Saint-Esprit a une fonction spéciale à accomplir. Sa fonction est de nous conduire, par les moyens de la grâce, vers Christ, notre Sauveur, et ainsi de faire de nous enfants de Dieu. Car nous ne pouvons pas, par notre propre raison ou force, croire en Jésus-Christ, notre Seigneur, ni venir à Lui ; mais le Saint-Esprit doit nous appeler par l'Évangile, nous éclairer avec Ses dons, sanctifier et nous garder dans la vraie foi. Maintenant, s'Il vient à une personne dans l'Évangile et brille dans son cœur, pour donner la lumière de la connaissance de la gloire de Dieu devant Jésus-Christ, et que cette personne est divinement convaincue de la vérité de l'Évangile, son âme est profondément touchée, et il ouvre la bouche pour prier et louer le Seigneur ; si un tel homme nie plus t**d cette conviction et la vérité céleste connue, s'opposant à l'œuvre du Saint-Esprit dans son cœur, et se durcit volontairement et de manière persistante contre sa connaissance et, avec une malveillance satanique, il blasphème la vérité et parle contre l'Évangile ; alors il commet le péché contre le Saint-Esprit.
L'une des caractéristiques de ce péché est que les hommes le commettent sciemment, volontairement, délibérément, blasphématoirement et de manière persistante. Les Écritures disent en Hébreux 6 : « Il est impossible pour ceux qui ont autrefois été éclairés, qui ont goûté au don céleste et ont été faits participants du Saint-Esprit et ont goûté la bonne Parole de Dieu et les puissances du monde à venir, s'ils s'éloignent, de les renouveler vers la repentance. » Mais tant que vous ne souhaitez pas commettre ce péché épouvantable, vous ne l'avez sûrement pas commis.
Prière.
Ô Père céleste, Tu me protèges du péché et de tout mal, des ruses du diable, des offenses du monde, et des désirs malveillants de ma propre chair pécheresse. Ne me laisse pas suivre ceux qui crucifient à nouveau ton cher Fils et le mettent dans une honte ouverte. Accorde-moi patience, espérance et persévérance. Et lorsque le temps de mon séjour sera terminé, ô accorde-moi une mort facile et bénie par Jésus-Christ, mon Sauveur et Rédempteur, à qui la gloire soit pour les siècles des siècles ! Amen.

23/03/2026

SERMON pour le dimanche des Rameaux : JÉSUS, SERVITEUR SOUFFRANT

Une semaine avant Pâques, le Dimanche des Rameaux, l'Église fait mémoire de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ, mort en croix pour nous racheter de nos péchés. Elle anticipe sur le Vendredi Saint, pour ceux qui ne pourraient pas participer aux célébrations de la semaine sainte, mais seulement les dimanches.

L'Épître du jour (Philippiens 2/5-11) nous exhorte à l'unité « … étant d'un même sentiment, ayant un même amour, n'étant qu'une même âme, et consentant [tous] à une même chose » (Philippiens 2/2) ; elle nous invite à l'humilité « … que par humilité de cœur l’un estime l'autre plus excellent que soi-même » (v.3), à l'amour du prochain « … [que chacun ait égard] aussi à ce qui concerne les autres » (v.4), et à l'imitation de Jésus-Christ « Qu'il y ait donc en vous un même sentiment qui a été en Jésus-Christ » (v.5). Rassurons-nous, Paul ne nous demande pas de mourir sur une croix : Jésus l'a fait une fois pour toutes, pour tous les élus du Père éternel. Paul nous invite seulement à ne pas nous glorifier en quoi que ce soit, puisque le seul mérite dont nous aurions pu nous vanter a été acquis par un Autre, le tout-Autre, Dieu lui-même.

Cependant, Jésus nous impose de porter notre croix (Luc 9/22-24) : « Il faut que le Fils de l'homme souffre beaucoup, et qu'il soit rejeté des Anciens, et des principaux Sacrificateurs, et des Scribes, et qu'il soit mis à mort, et qu'il ressuscite le troisième jour… Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à soi-même, et qu'il charge de jour en jour sa croix, et me suive. Car quiconque voudra sauver sa vie, la perdra ; mais quiconque perdra sa vie pour l'amour de moi, la sauvera ». Qu'est-ce à dire, sinon renoncer à soi-même pour servir Dieu et notre prochain, avoir autant de compassion pour les souffrances de Christ en croix qu'Il en avait pour les malades, les estropiés et les possédés du démon ? Si Jésus a renoncé à tout en se faisant homme comme nous, renonçant jusqu'à Sa propre vie pour les brebis que Son Père Lui a confiées, alors notre vie ne nous appartient plus. Nous sommes serviteurs les uns des autres et de Dieu, sans jamais transiger. Plutôt mourir martyrs que trahir. Et le martyre n'est pas une occasion de nous glorifier, mais de rendre témoignage de notre foi et de notre espérance en Dieu qui ressuscite les morts. Le martyre n'est pas pour notre propre bénéfice mais pour l'édification des autres (car nous savons que nous sommes déjà sauvés, si nous croyons fermement en Jésus-Christ).

C'est tellement vrai que si Jésus est glorifié dans le Ciel (v. 9) : « C'est pourquoi aussi Dieu l'a souverainement élevé, et lui a donné un Nom, qui est au-dessus de tout Nom », nous aussi nous serons glorifiés dans le même Ciel (Jean 14/2-3) : « Il y a plusieurs demeures dans la Maison de mon Père ; s'il était autrement, je vous l'eusse dit : je vais vous préparer le lieu. Et quand je m'en serai allé, et que je vous aurai préparé le lieu, je retournerai, et je vous prendrai avec moi ; afin que là où je suis, vous y soyez aussi ».

Et si le Ciel retentira de la louange des élus, l'enfer aussi bruissera de la louange des damnés ! (v. 10-11) : « Afin qu'au Nom de Jésus tout genou se ploie, tant de ceux qui sont aux cieux, que de ceux qui sont en la terre, et au-dessous de la terre, et que toute Langue confesse que Jésus-Christ est le Seigneur, à la gloire de Dieu le Père ». Mais pour les damnés, il sera trop t**d pour se repentir. Du feu de l'enfer, « au-dessous de la terre », leur louange consistera en ceci : Dieu est juste et saint, Il ne tolère pas nos péchés et Il a bien raison de ne pas se laisser souiller par nous qui sommes pécheurs impénitents, impurs. Nous avons ce que nos péchés nous ont mérité, et ce n'est que justice. Dieu est parfait en tout ce qu'Il fait, et Sa justice est parfaite.

Paul nous interdit de remettre l'Évangile en cause, il nous donne cet ordre (v.2) : « Rendez ma joie parfaite ». N'allons pas nous disputer sur des points de détail comme le font de nombreuses églises qui prêchent leurs particularismes plutôt que la Parole de Dieu. Ce sont des églises dévoyées, comme le même Paul nous le précise en 1 Corinthiens 2/1-2 : « Pour moi donc, mes frères, quand je suis venu vers vous, je n'y suis point venu avec des discours pompeux, remplis de la sagesse [humaine], en vous annonçant le témoignage de Dieu. Parce que je ne me suis pas proposé de savoir autre chose parmi vous, que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié ». On reconnaît les prédicateurs selon le cœur de Dieu et de Paul à ce qu'ils prêchent Jésus crucifié, et pas leurs opinions. Or, c'est ce que nous propose l'Évangile du dimanche des Rameaux, l'Évangile de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ (Matthieu 27/1-54).

Vous en avez entendu la lecture. Elle est assez longue et claire en soi. Rassurez-vous, je ne vais pas la recommencer. Quatre points sont tout de même à souligner :

1- Dieu n'est pas l'auteur du mal. Le mal ne vient pas de Dieu mais de l'homme, influencé par les démons. En l'espèce, le mal venait de la trahison de Judas, jointe à la cupidité et à la jalousie des prêtres du Temple de Jérusalem. C'est ce que nous lisons au chapitre précédent celui de la Passion de Notre Seigneur (Matthieu 26/14-16) : « Alors l'un des douze, appelé Judas Iscariot, s'en alla vers les principaux Sacrificateurs, et leur dit : Que me voulez-vous donner, et je vous le livrerai ? Et ils lui comptèrent trente pièces d'argent. Et dès lors il cherchait une occasion pour le livrer ». C'est à cause de Judas que Jésus fut arrêté dans le jardin de Getsémané puis conduit chez Caïphe, le Grand Prêtre, pour y être mal jugé et maltraité ; ce que voyant, Pierre l'a renié. Il n'avait pas encore vu la surpuissance de la Résurrection, cet événement central de la foi chrétienne que nous célébrons chaque dimanche, cet événement qui lui a donné la force et le courage de prêcher l'Évangile de Jésus-Christ crucifié pour nos péchés et ressuscité pour manifester que nous sommes pardonnés, blanchis, justifiés et glorifiés dans le Ciel. Or Judas s'est repenti (Matthieu 27/3-5) : « Alors Judas qui l'avait trahi, voyant qu'il était condamné, se repentit, et reporta les trente pièces d'argent aux principaux Sacrificateurs et aux Anciens, en leur disant : J'ai péché en trahissant le sang innocent ; mais ils lui dirent : Que nous importe ? Tu y aviseras. Et après avoir jeté les pièces d'argent dans le Temple, il se retira, et s'en étant allé il s'étrangla ».

Est-ce à dire que Judas est pardonné ? Pas du tout, car non seulement aussitôt après son repentir il comment un péché mortel en se suicidant, dont il ne s'est pas repenti, mais sa trahison constitue un péché contre l'Esprit, Lequel lui disait que Jésus-Christ était le Fils de Dieu incarné. Judas le savait. Sa trahison est donc un péché impardonnable, car il a menti aux prêtres et fait de l'Esprit de Dieu un menteur (Matthieu 12/30-32) : « Celui qui n'est point avec moi, est contre moi ; et celui qui n'assemble point avec moi, il disperse. C'est pourquoi je vous dis, que tout péché et tout blasphème sera pardonné aux hommes ; mais le blasphème contre l'Esprit ne leur sera point pardonné. Et si quelqu'un a parlé contre le Fils de l'homme, il lui sera pardonné ; mais si quelqu'un a parlé contre le Saint-Esprit, il ne lui sera pardonné ni en ce siècle, ni en celui qui est à venir ».

L'Esprit de Dieu est en effet Celui qui nous enseigne la Vérité de Dieu en nous rappelant tout ce que Dieu nous dit dans l'Écriture Sainte, la Parole de Dieu, entièrement révélée, inspirée, sans erreur, unique source de foi et de mœurs : la Bible. Et concernant Judas, Christ est très clair (Matthieu 26/24) : « Or le Fils de l'homme s'en va, selon qu'il est écrit de lui ; mais malheur à cet homme par qui le Fils de l'homme est trahi ; il eût été bon à cet homme-là de n'être point né », même si Judas, en trahissant, accomplit la prophétie. Mieux vaut mourir que trahir. Et quelle est cette prophétie ? Nous la lisons en Marc 10/33 : « Voici, nous montons à Jérusalem ; et le Fils de l'homme sera livré aux principaux Sacrificateurs, et aux Scribes ; et ils le condamneront à mort, et le livreront aux Gentils ». Jésus est traité comme une patate chaude qu'on se refile de main en main, par ce qu'aux pécheurs Il inspire une crainte salutaire.

2- Les païens ignorants ne sont ni pires, ni meilleurs que nous. Nous sommes tous pécheurs. Pilate en est l'archétype : Il condamne Jésus Innocent en parfaite connaissance de cause (v.23) : « Et le Gouverneur leur dit : Mais quel mal a-t-il fait ? ». Pilate ne se soucie pas du prochain. Pilate ne pense qu'à Pilate, à son avancement, à sa carrière. Il évite les ennuis et ouvre le parapluie ; comme un fonctionnaire de l'État, ce qu'il était, Pilate condamne Christ innocent à une mort horrible mais se tient pour "responsable mais pas coupable". (V. 24, 26b) : « Alors Pilate voyant qu'il ne gagnait rien, mais que le tumulte s'augmentait, prit de l'eau, et lava ses mains devant le peuple, en disant : je suis innocent du sang de ce juste, vous y penserez … et après avoir fait fouetter Jésus, il le leur livra pour être crucifié ». Avouez que Pilate ne brille pas par la cohérence de ses décisions ! De même, le respect humain tend à nous faire craindre les hommes plutôt que Dieu, et à défendre notre réputation plutôt que la vérité qui est en Jésus-Christ.

Même les Israélites, qui se targuent d'être les descendants d'Abraham, se moquent de Christ, tout comme les païens (v. 31, 41-42, 44) : « Et après s'être moqués de lui ils lui ôtèrent le manteau, et le vêtirent de ses vêtements, et l'amenèrent pour le crucifier … Pareillement aussi les principaux Sacrificateurs avec les Scribes et les Anciens, se moquant, disaient : Il a sauvé les autres, il ne se peut sauver lui-même : s'il est le Roi d'Israël, qu'il descende maintenant de la croix, et nous croirons en lui … Les brigands aussi qui étaient crucifiés avec lui, lui reprochaient la même chose ». Il n'y en a pas un pour racheter l'autre. Christ seul sait et peut racheter les pécheurs.

3- Craignons de nous repentir trop t**d de nos péchés. Voyez comment les militaires Romains païens ont été les premiers à se repentir de leur œuvre de mort : (v. 48) : « Et aussitôt un d'entre eux courut, et prit une éponge, et l'ayant remplie de vinaigre, la mit au bout d'un roseau, et lui en donna à boire ». Voilà une œuvre de compassion comme Paul nous y invite dans son Épître aux Philippiens. Ce soldat se préoccupe des autres. Il joue sa réputation auprès de ses collègues en prenant le parti d'un condamné. Il risque même une sanction sévère s'il va trop loin. Et son exemple est bientôt suivi par toute la troupe (v. 54) : « Or le Centenier, et ceux qui avec lui gardaient Jésus, ayant vu le tremblement de terre, et tout ce qui venait d'arriver, eurent une fort grande peur, et dirent : Certainement celui-ci était le Fils de Dieu ». Par une formidable ironie venant du Saint-Esprit, les bourreaux de Jésus-Christ sont les premiers à se rendre compte de la véritable identité de Notre Sauveur. Il est le Fils de Dieu tout-puissant. Mais il est trop t**d pour libérer Jésus et Lui éviter de mourir. Et ils porteront toujours sur leur conscience la culpabilité d'avoir exécuté un innocent, et pas n'importe-lequel, puisqu’il s'agit du Tout-Puissant. Ainsi, ils porteront leur croix jusqu'à ce qu'ils meurent à leur tour, comme nous portions la culpabilité de nos péchés comme une croix au sens moral, jusqu'à ce que Christ ressuscité nous en libère par la grâce de la foi.

Et la résurrection des morts commence aussitôt que Christ meurt, aux v. 52-53 : « Et les sépulcres s'ouvrirent, et plusieurs corps des Saints, qui étaient morts ressuscitèrent. Et étant sortis des sépulcres après sa résurrection, ils entrèrent dans la sainte Cité, et se montrèrent à plusieurs ». C'est toi mémé ? C'est toi Pierrot ? De même que ces premiers ressuscités - avant Christ - rejoignent Lazare et les autres que le Seigneur Jésus-Christ a ramené à la vie, nous aussi nous récupérerons nos corps en parfaite santé, nous retrouverons ceux qui nous sont chers, car Dieu n'est pas le Dieu des morts mais des vivants.

4- Enfin, il ne faut pas attendre la résurrection finale pour se mettre au service de Dieu et des autres croyants, comme Paul nous y invite. Les saintes femmes étaient depuis plusieurs années au service de Jésus et des Apôtres (v. 55) : « Il y avait là aussi plusieurs femmes qui regardaient de loin, et qui avaient suivi Jésus depuis la Galilée, en le servant ». Et elles n'étaient pas seules (v.57) : « Et le soir étant venu, un homme riche d'Arimathée, nommé Joseph, qui même avait été Disciple de Jésus » vint rendre le dernier hommage à notre Seigneur en lui conférant les honneurs funèbres et une sépulture digne, dans son propre caveau (v. 59-60) : « Ainsi Joseph prit le corps, et l'enveloppa d'un linceul net ; et le mit dans son sépulcre neuf, qu'il avait taillé dans le roc ; et après avoir roulé une grande pierre à l'entrée du sépulcre, il s'en alla ». L'Évangile ne dit pas où Joseph s'en est allé. Une chose est sûre : il n'a jamais été enseveli dans son propre caveau, là où il avait déposé le corps de Christ crucifié, car après la résurrection de Notre Seigneur, ce caveau est resté vide jusqu'à aujourd'hui. Une légende affirme qu'il serait mort en Grande-Bretagne, en terre christianisée par son propre ministère. À Rome, les premiers Chrétiens se faisaient entrepreneurs de pompes funèbres ; tout en servant les autres, ils avaient ainsi un prétexte pour s'isoler dans les catacombes et y servir notre Seigneur par le culte qu'ils Lui rendaient en cachette, au temps des persécutions contre l'Église.

Frères et sœurs, vous savez ce qui nous attend : Christ nous ressuscitera et nous prendra avec Lui. Ayons confiance : Notre Sauveur tout-puissant aura le dernier mot de l'histoire. Croyons seulement, et agissons pour le bien commun. C'est tout ce que Dieu attend de nous. Amen.

Tr. Révd Yves Méra, évêque AOC.

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