27/05/2026
𝗠𝗘𝗦𝗦𝗘 À 𝗡𝗢𝗧𝗥𝗘-𝗗𝗔𝗠𝗘 𝗗𝗘 𝗙𝗔𝗦𝗧𝗘
Lundi de pentecôte- 25 Mai 2026
"Il existe des lieux capables d’éveiller l’âme de sa torpeur, des sites enveloppés de mystère, choisis depuis toujours pour abriter l’émotion religieuse. Le sanctuaire marial de Notre-Dame de Faste appartient à cette catégorie. Depuis le XIIe siècle, les fidèles de Tuchan et des environs se rassemblent chaque lundi de Pentecôte pour gravir le promontoire en procession et assister à la messe dans ce vénérable sanctuaire. Sous le ciel clair de ce lundi 25 mai, quand la lumière fait palpiter l’esprit du terroir, la paroisse Sainte-Thérèse en Corbières s’est recueillie, fidèle à l’appel de l’histoire et des liens du sang, au pied de ce lieu sacré. À l’heure où les cloches, dans leur noble gravité, conviaient les âmes au devoir, les pères Julien et Alain, accompagnés du futur diacre Bruno, ont ouvert la célébration, offrant aux pèlerins un refuge de prière et de mémoire.
Dans ces murs chargés d’une gravité séculaire, où se lisent encore les peines et les joies de nos aïeux, la messe a pris son essor après le chuchotement humble du chapelet. Le chant Esprit de Pentecôte s’est élevé, vibrant d’une ferveur qui traverse les âges et scelle le lien entre la terre et le ciel. Le prêtre, dans un prône à la fois grave et chaleureux, a salué ceux qui ont répondu à l’appel des morts, venus renouer, sur ce sol empreint de réminiscences, le pacte sacré de la foi et du souvenir.
Depuis le XIIe siècle, un souffle immuable anime ces pierres et y attire, chaque lundi de Pentecôte, le peuple fidèle à gravir le mourrel, ce promontoire où se mêlent l’immensité de la prière et la douceur du paysage. Ici tout est à la fois mystère et évidence : la Sainte Vierge s’impose en maîtresse silencieuse du sentiment religieux, gardienne auguste des élans du cœur.
Après la splendeur de la messe, les pèlerins, dans une fraternité joyeuse, ont partagé l’offrande de l’amitié : un apéritif généreux suivi d’un repas sous les cèdres bienveillants, dont l’ombre apaisante ajoutait à la quiétude du jour une dernière touche d’éternité."
A. M.
(Article de l'independant Narbonne -27/05/2026)