17/05/2023
Des propres aveux des membres du culte, Le Temple Satanique, comme toute religion, possède des adeptes extrémistes. Et c’est en dévoilant ses cartes au compte-goutte que le documentaire en devient fascinant. Penny Lane nous présente certains adeptes qui connaîtront une certaine dérive dans la pratique de leur religion. Elle se garde bien de nous annoncer la couleur. Quand le couperet tombe, c’est non sans une certaine sidération que nous constatons que tout n’est pas rose. Si les actions menées par les activistes sont louables (collectes pour les sans-abris, nettoyage citoyen des plages et autres espaces publics…), il y a un discours qui se dessine derrière les actes qui fait froid dans le dos. Une fois encore, tout le monde n’est pas à mettre dans le même panier et Penny Lane se garde bien de poser un quelconque jugement. En revanche, lorsqu’elle nous présente le discours d’une adepte en particulier qui incite à la violence et au meurtre du président Donald Trump, on ne peut s’empêcher de douter des bienfaits de cette religion. Les grosses têtes du Temple Satanique se défendent en évinçant la brebis galeuse du troupeau, mais les paroles demeurent tout de même. Si Le Tempe Satanique se veut défendre des idéaux à la limite de l’anarchie en combattant le système par le système, il revendique également le droit à la provocation comme forme d’expression libertaire. Agir en tout état de conscience est son credo. Pourquoi ne cautionne-t-il donc pas les paroles d’incitation à la rébellion d’une de leurs adeptes ? Voilà pourquoi le film se montre tendancieux sur ses idées. L’équilibre entre la moralité et la violence est précaire et, comme toute religion aux idées extrêmes, elle fait peur et provoque un rejet évident. Hail Satan ? laissera un goût amer en fin de métrage. S’il fascine de prime abord et si l’on se retrouve parmi certaines doctrines, il est difficile d’entièrement cautionner ses bien-fondés.