O.S.au nom de la Société Non Initiative de l'Ordre du Temple

O.S.au nom de la Société Non Initiative de l'Ordre du Temple Dans le cadre pas Anti Ordre du Temple
Mais plus dans le Cadre dans la lutte pour une nou... .

11/05/2023

Pie XII avait préparé un texte dénonçant le nazisme, il y a renoncé au dernier moment

APIC-Dossier

La «Civilta Cattolica» défend la mémoire de Pie XII

Rome, 3 avril 1998 (APIC) Pie XII s’apprêtait à dénoncer l’horreur nazie en 1942, dans un texte de quatre pages «rédigé de sa main» et destiné à «L’Osservatore Romano». Trois raisons le dissuadèrent de le publier et il l’a finalement «brûlé» : c’est ce que révèle la r***e jésuite italienne «La Civiltà Cattolica», considérée comme proche de la Secrétairerie d’Etat du Vatican.

La r***e publie dans sa dernière livraison un éditorial de onze pages non signé intitulé : «Ouvrons, chrétiens et juifs, une période nouvelle de fraternité». Il répond aux trois critiques principales des milieux juifs contre le texte «Nous nous souvenons: une réflexion sur la Shoah», publié par le Vatican le 16 mars dernier, à savoir, et dans l’ordre indiqué par l’éditorial : la responsabilité catholique dans la Shoah ; le non-accès aux archives du Vatican pour la période concernéée; et le silence de Pie XII.

Le témoignage de Soeur Pascalina

La nouveauté porte sur la révélation, par cette r***e qui fait autorité, de l’existence d’un texte de dénonciation du nazisme, rédigé par Pie XII en 1942, destiné à être publié dans «L’Osservatore Romano», mais qu’il aurait finalement brûlé, reculant devant les conséquences négatives «pour les chrétiens et les juifs» d’une telle publication.

Interrogé par le correspondant d’APIC sur ce point, le Père Pierre Blet, jésuite, dernier survivant de la commission de quatre historiens chargés par Paul VI de travailler sur les archives du Vatican concernant la période de la guerre, explique que cette révélation est issue des mémoires publiées en 1982 par Soeur Pascalina, religieuse d’origine allemande qui fut l’assistante de Mgr Eugenio Pacelli, le futur pape Pie XII, à l’époque où il était nonce en Allemagne, puis qui le suivit à Rome.

«C’est elle qui rapporte l’existence de ce texte», témoigne le Père Blet. «Elle me l’a confirmé mis je ne l’ai jamais utilisé dans mes écrits, car on ne peut pas documenter cette lettre qui a, de fait, disparu.» Le jésuite français ajoute : «Intrigué, j’ai personnellement interrogé Soeur Pascalina, qui était douée d’une excellente mémoire et qui n’avait aucune raison d’inventer une telle histoire, sur les circonstances de la destruction de cette lettre. Elle m’a dit que le pape Pie XII était venu brûler cette lettre sous ses yeux, dans la cuisine des appartements pontificaux.»

Interventions juives auprès de Pie XII

La première raison de cette renonciation de Pie XII invoquée par «La Civiltà Cattolica» est le durcissement de la persécution contre les juifs constatée après la lecture dans les paroisses allemandes de l’encyclique de Pie XI «Mit brennender Sorge», qui «mit Hi**er en colère» et entraîné la confiscation des imprimeries qui avaient permis la diffusion clandestine de ce texte en Allemagne. Une seconde raison, «décisive», de la renonciation de Pie XII fut la protestation publique de l’Eglise de Hollande, en 1942, contre la déportation des juifs, qui eut pour conséquence immédiate une arrestation systématique de tous les juifs, mais aussi des juifs convertis au catholicisme, comme la carmélite Edith Stein.

Troisième raison : «Beaucoup de juifs déconseillèrent à Pie XII de prononcer une dénonciation publique, et parmi eux des centaines de fugitifs, venus de Berlin et des autres cités allemandes.»

Un cruel dilemme

La r***e jésuite ajoute un témoignage, qui remonte au 21 mars dernier (et publié dans ce même article), du cardinal Paolo Dezza, alors recteur de la Grégorienne, l’Université pontificale jésuite à Rome. Ce dernier rapporte une conversation privée qu’il eut avec Pie XII : «Le pape souffrait parce qu’il était prêt à intervenir publiquement pour condamner solennellement la façon d’agir d’Hi**er. Il m’a fait lire une lettre des évêques et cardinaux allemands qui le priaient de ne pas parler, parce que si le pape parlait publiquement contre Hi**er, il aurait traité avec encore plus de violences tant les catholiques que les juifs. […] Je le voyais souffrir et il me dit : si je me tais, on se lamente parce que le Pape se tait et ne montre pas la force et la fermeté qu’imposent de telles circonstances. Si je parle, Hi**er va se venger en ordonnant des persécutions encore plus graves contre les catholiques et les juifs.»

Une voix juive dénonce «Le Vicaire»

A la défense de Pie XII, l’article ajoute la remarque du jésuite P. Gumpel, historien spécialiste de Pie XII, qui constate : «Aucune accusation n’a été proférée contre Pie XII de son vivant. Au contraire, un grand nombre de juifs – et parmi eux beaucoup de rabbins et des représentants de diverses organisations juives – ont loué le pape pour ce qu’il a fait pendant son pontificat […], alors que beaucoup de ceux qui accusent Pie XII aujourd’hui étaient très jeunes à l’époque ou n’étaient pas encore nés. Le changement est intervenu en 1963 avec la pièce de théâtre «Le Vicaire» de R. Hochhuth.» Cette pièce à peine publiée, poursuit le texte, «l’historien très connu E. Pinchas Lapide adressa une protestation […] et, dans un livre, il écrit que Pie XII, le Saint-Siège, les nonces du Vatican et toute l’Eglise catholique avaient sauvé entre 700.000 et 850.000 juifs d’une mort certaine pendant la période nazie […] et que c’est un devoir de conscience et de reconnaissance que de contredire les écrits faux de Hochhuth»

Anti-judaïsme chrétien…

Abordant la question du poids de la responsabilité chrétienne dans la Shoah, le texte la récuse comme «historiquement infondée», car, estime-t-il, cette analyse oublie le caractère particulier du national-socialisme. Le texte précise : «Il est hors de doute que, pendant quasiment deux millénaires, les relations entre chrétiens et juifs ont été, particulièrement en Europe, marquées par un fort anti-judaïsme, qui a provoqué, pour les juifs, des conditions de vie assez difficiles. Ils ont été accusés d’être un peuple maudit et rejeté par Dieu pour le fait d’avoir récusé, et récusé obstinément, la croyance en Jésus-Christ, de haïr les chrétiens, d’être un peuple déicide pour avoir mis à mort, par la main de Pilate, le Fils de Dieu, d’être un peuple condamné à être dispersé pour avoir rejeté Jésus, d’accomplir des sacrifices rituels avec des enfants chrétiens, de profaner des hosties consacrées, d’empoisonner les eaux (ces accusations populaires furent repoussées comme fausses par les papes) et, enfin, de pratiquer l’usure. Ces a priori pseudo-théologiques, qui prétendaient se fonder sur le Nouveau Testament, ont donné lieu à des législations anti-juives, à des conversions forcées au christianisme, à l’institution de ghettos, à la formation de persécutions religieuses, à des «pogroms» et à l’assassinat d’individus ou de groupes juifs plus ou moins nombreux à l’occasion de révoltes populaires.»

… et antichristianisme juif

Toutefois, poursuit le texte, «il ne faut pas oublier l’attitude des juifs vis-à-vis des chrétiens : leur prière quotidienne prévoyait une […] malédiction contre les hérétiques et contre les chrétiens (les nozrim, disciples du Nazaréen), on priait pour qu’ils «disparaissent dans l’instant et qu’ils soient rayés du livre de la vie» […], on présentait aussi le Christ comme un sorcier […] poussant le peuple juif à l’apostasie. […] Un autre rumeur infamante courait sur le compte Jésus, affirmant qu’il était né d’un adultère et que son vrai père aurait été un soldat romain du nom de Pantera ou Pandera, ce qui explique que Jésus est nommé dans différents textes rabbiniques comme «ben Pandera», fils de Pandera.»

Le texte reconnaît cependant : «Il est vrai, dans tous les cas, qu’un antijudaïsme, persistant et âpre, a existé dans le monde chrétien, lequel a pénétré profondément la conscience populaire chrétienne. Mais il est également exact qu’en deux mille ans, et dans des situations les plus diverses – y compris là où une élimination systématique des juifs aurait été possible -, jamais aucune action comparable à la Shoah ne s’est produite.»

’antijudaïsme n’explique pas la Shoah

11/05/2023

La multiplicité des figures sociales et la dualité des systèmes internationaux dans le conflit opposant le Royaume de Pologne et l’Ordre des chevaliers teutoniques

Plusieurs figures sociales apparaissent dans ce conflit : les chevaliers teutoniques, les grands maîtres successifs de l’Ordre, les hérauts d’armes polonais, la noblesse polonaise, la royauté polonaise et son allié lituanien, l’Église polonaise, des ecclésiastiques, la papauté et enfin, les populations paysannes et bourgeoises de Pologne, de Prusse et de Lituanie. Cette grande diversité s’explique par la dualité des systèmes internationaux2.

En effet, le processus d’étatisation n’étant pas exclusif de mouvements transfrontières, le système transnational (acteurs et échanges de type privé) et le système inter-étatique (acteurs publics) coexistent. En l’espèce, ces deux systèmes vont s’entrelacer car, premièrement, le Royaume de Pologne étant dans un processus de démembrement puis de reformation, le contrôle total du territoire polonais ne pourra pas être assuré et ainsi, la supériorité de l’inter-étaticité sur la transnationalité ne sera pas établie.

Deuxièmement, nous sommes à l’époque de la féodalité, la noblesse possédante est à la fois acteur privé et public. Le caractère conflictuel de la relation entre l’Ordre des chevaliers teutoniques et le Royaume de Pologne a pour origine et sera aggravé par la vente perpétuelle ou la cession temporaire de territoires polonais par leurs seigneurs. Enfin, nous sommes à l’époque de l’apparition d’une nouvelle classe sociale, la bourgeoisie marchande, acteur privé dont l’influence sera grandissante et aura un rôle important dans la résolution de ce conflit.

Il y a une mosaïque des figures sociales mais sont-elles toutes des acteurs de ce conflit ? Nous ne pouvons les qualifier sans définir au préalable ce qu’est un acteur international. Pour Carl Schmitt, la désignation de l’ennemi est l’acte politique par excellence, et le politique est à distinguer de l’étatique. L’acteur est donc la personne, étatique ou non, capable de désigner l’ennemi. Pour Julien Freund, l’acteur a un pouvoir politique lorsque celui-ci s’exerce dans l’espace public et a pour finalité l’émergence ou la résolution d’un conflit.

Le chercheur David Cumin, spécialisé en science politique et droit international, a élaboré une nouvelle théorie politique de l’acteur international en étudiant les travaux de Carl Schmitt et Julien Freund, et c’est sur la base de cette définition que nous analyserons les figures qui nous intéressent. L’acteur international est pour lui la personne individuelle ou collective, physique ou morale, privée ou publique, souveraine ou non-souveraine, qui créé ou qui est capable de créer des crises transfrontières. C’est la personne qui suscite ou peut susciter des évènements historiques dans l’espace international.

Du côté germanique, qui sont les acteurs du conflit ? Les chevaliers teutoniques ne sont pas, individuellement, des acteurs internationaux mais de simples agents de l’intersocialité et de l’inter-étaticité. Ils ne font que participer à des relations transfrontières et n’exercent pas de décision politique. Les grands maîtres de l’Ordre sont quant à eux des acteurs, car ce sont leurs décisions de créer et de renforcer l’État monastique des chevaliers teutoniques, d’acheter et de conquérir des territoires polonais et lituaniens qui vont engendrer des crises transfrontières.

09/05/2023

La grande histoire de l'Ordre du Temple

Jacques de Molay - Le procès des Templiers
A partir du concile de Vienne, les Templiers durent être jugé selon leurs méfaits personnels; le jugement du grand maître et de plusieurs autres fut réservé au pape, qui délégua trois cardinaux, devant lesquels Jacques de Molay et les commandeurs de Guyenne et de Normandie avouèrent, dit-on, ce qu'on leur reprochait. Ils furent condamnés à une détention perpétuelle. Les cardinaux désirant donner au public le spectacle de la condamnation du grand maître, firent dresser un échafaud devant Notre-Dame de Paris, et y firent lire les aveux des Templiers; Jacques de Molay interrompit cette lecture et proclama que l'ordre du Temple était pur et saint. Un de ses compagnons fit la même déclaration. L'embarras fut grand. Les Templiers furent ramenés en prison. Jacques de Molay et son compagnon, qui avaient rétracté leurs aveux, furent brûlés sans jugement, par ordre du roi, dans une petite île aujourd'hui réunie à la pointe de l'île de la Cité, et placée entre le jardin du Palais et le couvent des Grands-Augustins. L'abbé de Saint-Germain des Prés, qui avait toute juridiction sur cette île, se plaignit de cette violation de ses privilèges, et le roi lui accorda des lettres de non-préjudice.

— On raconte que Jacques de Molay ajourna Philippe le Bel et Clément V, ses bourreaux, à comparaître dans l'année au tribunal de Dieu; c'est là une légende merveilleuse, mais le poète Geoffroi de Paris nous a laissé des derniers moments du grand maître, dont il fut témoin, un admirable récit, qui jette une grande lumière sur cet homme, dont la mort fut si courageuse et si chrétienne; de ce martyr, comme l'appelle Geoffroi de Paris, dont le supplice fut pour le peuple l'objet d'une poignante pitié. Molay attesta son innocence et appela la vengeance du ciel sur ses persécuteurs. Chrétien digne des premiers âges, il pria qu'on lui déliât les mains pour pouvoir adresser une dernière prière; et les yeux fixés sur l'église de Notre-Dame, sanctuaire révéré de la Vierge, la mort le prit doucement. On comprend que les témoins de cette belle mort, voyant moins d'un an après Philippe et Clément V appelés à rendre compte à Dieu de leurs actes, aient vu là un effet du jugement de Dieu et' de la malédiction de Jacques de Molay.

Jacques de Molay - Histoire de Paris sous Louis XV
Entre autres manuscrits, est une charte latine, par laquelle Jean-Marc Larménius, successeur du malheureux Jacques de Molay, transmet la grande maîtrise de l'Ordre du Temple à François Théobald ou Thibaud d'Alexandrie. Elle porte des caractères incontestables d'authenticité. A la suite de cette charte se trouvent les acceptations successives, « manu propria », de tous les grands maîtres du Temple, depuis Jacques de Molay.

Parmi les monuments, ouvrages de l'art, sont plusieurs objets, tels qu'un coffret en bronze, en forme d'église, contenant un suaire de lin, enveloppant des fragments d'os brûlés qu'on dit être ceux qui furent extraits du bûcher où périt Jacques de Molay. Ce suaire de lin est brodé en fil blanc sur ses bords; à son centre est une croix des chevaliers du Temple pareillement brodée. Parmi ces monuments, se trouvent l'épée qu'on dit avoir appartenu à Jacques de Molay, et plusieurs objets, comme la crosse, mitre, qui caractérisent la dignité pontificale du grand maitre (1).

De ces divers monuments il parait résulter que l'Ordre du Temple était divisé en deux grandes classes : l'institut de l'initiation intime et l'institut militaire. Il résulte aussi de ces faits historiques que les Templiers, échappés aux bûchers, fugitifs, dénués de fortune et de puissance, et conservant sans doute l'espoir d'être rétablis dans leurs anciennes possessions, se concertèrent, recueillirent les débris de leurs titres et documents, et reconnurent en secret un grand maître; qu'un de ces chefs, Thibaud d'Alexandrie, transmit, en 1340, la grande maîtrise, avec les manuscrits et autres monuments de l'Ordre, à Arnould de Bracque, issu d'une famille parisienne, très-puissante en France sous les règnes des rois Jean, Charles V et Charles VI (2).

Voilà comment ces titres et monuments sont parvenus en France et à Paris, et ont été mystérieusement conservés, jusqu'à nos jours, par les divers grands maîtres, du nombre desquels fut Philippe, duc d'Orléans, régent de France. Le grand maître actuel est le docteur Bernard Raymond Fabré-Palaprat.
1. Manuel des Chevaliers de l'Ordre du Temple, pages 29, 33, 34, 35.
2. Une rue de Paris porte encore le nom de cette famille. Arnould de Bracque et son fils Nicolas, maître d'hôtel de Charles VI, avaient un hôtel dans cette rue; ils fondèrent ensemble, en 1348, un hôpital et une chapelle à l'endroit qui fut occupé par les religieux de la Merci, religieux affiliés à l'Ordre des Templiers. Cette famille de Bracque avait ses tombeaux dans cette chapelle : Nicolas mourut le 13 septembre 1352.

Jacques de Molay - La France sous Philippe-Le-Bel
Il y avait certes de grands abus à corriger; les Templiers étaient peut-être devenus inutiles et même dangereux (1); mais on ne pouvait avec équité les accuser d'hérésie. Or, l'hérésie fut le prétexte dont Philippe se servit pour abattre cette puissante famille militaire et religieuse, qui couvrait le monde de ses châteaux, dont les possessions étaient immenses, qui avait tout un peuple de vassaux et de clients dans toutes les classes de la société, et que ses richesses et sa puissance avaient rendue superbe. « Orgueil de Templier, » disait le proverbe, et c'est tout ce qu'on leur reprocha tant qu'ils furent debout. Ils faisaient d'abondantes aumônes, et Jacques de Molay pouvait affirmer, sans être contredit, qu'ils nourrissaient des milliers de pauvres. Si l'on invoque contre le Temple les aveux de plusieurs de ses membres, on peut répondre que les tortures arrachèrent ces aveux; les supplices attendaient ceux qui restaient fidèles à l'ordre, pendant qu'on promettait le pardon et des pensions à ceux qui avoueraient. La peur des tortures de l'inquisition fit trembler un grand nombre de chevaliers qui étaient allés sans crainte au combat; plusieurs se repentirent de leur faiblesse, se rétractèrent, et donnèrent, en proclamant leur innocence sur le bûcher, la plus grande preuve de la sincérité de leurs dernières déclarations.

A partir du concile de Vienne, les Templiers durent être jugé selon leurs méfaits personnels; le jugement du grand maître et de plusieurs autres fut réservé au pape, qui délégua trois cardinaux, devant lesquels Jacques de Molay et les commandeurs de Guyenne et de Normandie avouèrent, dit-on, ce qu'on leur reprochait. Ils furent condamnés à une détention perpétuelle. Les cardinaux désirant donner au public le spectacle de la condamnation du grand maître, firent dresser un échafaud devant Notre-Dame de Paris, et y firent lire les aveux des Templiers; Jacques de Molay interrompit cette lecture et proclama que l'ordre du Temple était pur et saint. Un de ses compagnons fit la même déclaration. L'embarras fut grand. Les Templiers furent ramenés en prison. Jacques de Molay et son compagnon, qui avaient rétracté leurs aveux, furent brûlés sans jugement, par ordre du roi, dans une petite île aujourd'hui réunie à la pointe de l'île de la Cité, et placée entre le jardin du Palais et le couvent des Grands-Augustins. L'abbé de Saint-Germain des Prés, qui avait toute juridiction sur cette île, se plaignit de cette violation de ses privilèges, et le roi lui accorda des lettres de non préjudice (2).

On raconte que Jacques de Molay ajourna Philippe le Bel et Clément V, ses bourreaux, à comparaître dans l'année au tribunal de Dieu (3); c'est là une légende merveilleuse, mais le poète Geoffroi de Paris nous a laissé des derniers moments du grand maître, dont il fut témoin, un admirable récit, qui jette une grande lumière sur cet homme, dont la mort fut si courageuse et si chrétienne; de ce martyre, comme l'appelle Geoffroi de Paris, dont le supplice fut pour le peuple l'objet d'une poignante pitié (4). Molay attesta son innocence et appela la vengeance du ciel sur ses persécuteurs. Chrétien digne des premiers âges, il pria qu'on lui déliât les mains pour pouvoir adresser une dernière prière; et les yeux fixés sur l'église Notre-Dame, sanctuaire révéré de la Vierge, la mort le prit doucement. On comprend que les témoins de cette belle mort, voyant moins d'un an après Philippe et Clément V appelés à rendre compte à Dieu de leurs actes, aient vu là un effet du jugement de Dieu et de la malédiction de Jacques de Molay (5).

La France fut le seul pays où l'on se montra cruel pour les Templiers : partout ailleurs, on donna leurs biens aux Hospitaliers et l'on forma des ordres nouveaux où ils furent admis.

Les causes de la suppression de cet ordre, telles que je viens de les exposer pour la première fois et qui nous sont connues par des documents authentiques inédits ou peu connus, furent pour les contemporains un mystère impénétrable.

Francesco Amadi, qui vivait au quinzième siècle, mais qui reproduit évidemment le récit d'un contemporain, raconte que le trésorier du Temple prêta au roi 200,000 florins sans l'aveu du grand maître, et qu'il fut pour cette faute chassé de l'ordre (6).
En vain Philippe demanda sa grâce, Jacques de Molay fut inflexible: de là, la haine du roi. Aimeri de Peyrac, abbé de Moissac, prétend que les Templiers avaient conspiré contre Philippe; Walsingham attribue l'animosité du roi au désir d'établir un royaume d'Orient au profit d'un de ses fils (7).

La plupart des chroniqueurs français parlent avec effroi des impiétés et des débauches des Templiers : tous racontent avec émotion leur fermeté dans les supplices (8).

La participation de Clément à la suppression de cet ordre célèbre a surtout paru inexplicable : on a cru qu'il avait agi par conviction, en présence des preuves irrécusables des crimes des Templiers. J'ai montré qu'il ne fut en cette circonstance que l'instrument, on peut même dire la victime, de Philippe le Bel, qui l'obséda pendant près de six années pour lui arracher une condamnation, et qui n'y parvint qu'en le menaçant d'un scandale inouï, de la condamnation de Boniface VIII comme hérétique.
Quant aux biens des Templiers qui paraissent avoir excité la convoitise de Philippe le Bel, ils furent adjugés par Clément V à l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem (9), qui était dévoué au roi (10); mais Philippe ne s'en dessaisit qu'à regret. Il prétendit que les Templiers lui avaient volé deux cent mille livres tournois, qu'il avait déposées au Temple (11). Les Hospitaliers promirent de restituer cette somme. Ce ne fut pas tout : on leur fit payer soixante mille livres pour les frais du procès, qui pourtant avaient déjà été prélevés sur les revenus du Temple (12); on leur fit donner quittance de tous les revenus échus depuis le séquestre des biens. Il y eut successivement plusieurs transactions de ce genre, et ce fut seulement en 1315 que Louis le Hutin délivra aux chevaliers de l'Hôpital les possessions des Templiers, après les avoir contraints de lui abandonner la moitié des meubles et même des ornements d'église (13), qui étaient d'une grande valeur. La part des Hospitaliers ne laissa pas que d'être fort belle, et il y aurait de l'exagération à dire, d'après saint Antonin, qu'au lieu de s'enrichir, ainsi qu'ils l'espéraient, ils s'appauvrirent en recevant les biens du Temple (14). Plus des deux tiers des possessions de l'ordre de Malte en France, à la fin du siècle dernier, avaient cette origine (15).
1. Dans un mémoire adressé en 1306 au roi d'Angleterre, Dubois proposait la suppression des deux ordres du Temple et de Malte, qui étaient divises, plein » de mauvaise foi et inutiles. De recuperatione terra sanctae, apud Bongars, Gesta Deiper Francos, pages 320 et 351.
2. Mars 1313. Or. Archives de l'Empire, K. 38, nº 12. — Copie du temps, Ibid., Reg. ###IX, nº 1298; et Olim, tome II, page 599.
3. On a nié (Sismondi, Histoire des Français, tome IX, page 293) ce fait, qui n'était, dit-on, attesté que par des auteurs qui vivaient longtemps après. Un des plus anciens historiens qui en parle serait Paul Emile; c'est une erreur.
4. Chroniques de Guillaume de Paris, Buchon, page 219. Voyez aussi la Relation d'Amadi, Mas-Latrie, Histoire de Chypre, tome II, page 169.
5. L'historien italien Feretti de Vicence raconte une curieuse anecdote où il est question d'un Templier napolitain qui, mené devant Clément, lui reprocha son injustice. Conduit longtemps après au supplice, il s'écria: « Audi, papa trux... Ego quidem ab hoc nefando tuo judicio ad Deum vivum et verum, qui est in coelis, appello, teque admonco, ut intra diem et annum coram co pariter cm Philippo tanti sceleris auctore comparere studeas meis objectionihus responsurus, tuaeque excusationis causam editurus. Deinde obticuit et magnifice supplicium tulit. » Muratori, Rerum italicarum scriptores, tome IV, page 1017. Conf. Lacabane, Dissertations sur l'histoire de France au quatorzième siècle, tome I, page 2. On comprend que cet appel au jugement de Dieu, ce cri suprême de l'innocence, dut être prononcé plusieurs fois.
6. Mas-Latrie, Histoire de Chypre, preuves, tome II, page 690. Ces emprunts faits au Temple ne sont pas invraisemblables. En 1297, le roi se fit remettre 2500 livres tournois sur l'argent destiné à la croisade qui était déposé au Temple et s'engagea à en répondre pour les Templiers. A. I, or. K. 36, nº 51 bis, 29 mai 1297.
7. Baluze, Not. ad vitae pap. Aven., tome II, page 589.
8. Geoffroy de Paris, vers 6070 et suivants, éditions Bucbon.
9. Chronique G. de Frachcto, Historiens de France, tome XXI, page 37.
10. Voyez une lettre du grand maître Foulque de Villaret à Philippe le Bel, dont il se dit l'homme lige, et qu'il proclame « lucerna ardens que orthodoxorum plebem ducit, regit et illuminat. » Or. Trésor des chartes, J. 442, nº 13.
11. Prima compositio. Or. A. I, J. 368, nº 3. Félibien, Histoire de Paris, tome III, preuves, nº 320 (21 mars 1312, vieux style).
12. Sccunda comp. Felibien, Histoire de Paris, tome III, preuves, page 320.
13. Terria comp. Or. Trésor des chartes, J. 368 nº 4. Les biens des Templiers avaient été administrés pendant le séquestre par des commissaires nommés par le roi et par le pape. Voyez un compte du séquestre des maisons du Temple du bailliage de Troyes, en 1308. Or. Bibliothèque impériale, Mélanges de Clérembaut, tome IX, folio 223 et suivants — Le roi avait ordonné au prévôt des marchands de Paris de veiller à la garde des biens des Templiers à Paris. Or. Archives de l'Empire, K. 37, nº 39.
14. Apud Rainaldi, tome IV, page 547.
15. Voyez les archives de l'ordre de Malte aux Archives de l'Empire, série S. Dubois, dans le même mémoire où il proposa, en 1306, à Edouard d'Angleterre l'abolition des Templiers et des Hospitaliers, proposition qu'il fit aussi sans aucun doute à Philippe le Bel, évaluait à 800,000 livres le revenu de ces deux ordres. Ce calcul est sans doute exagéré, mais il montre quelle haute idée des hommes éclairés avait de la richesse de ces deux ordres religieux. De recuperatione terrae sanctae, apud Bongars, Gesta Dei per Francos, tome II, pages 320 et 321.

Jacques de Molay - Histoire de l'Ordre des Templiers
Ce dernier et malheureux Grand-Maître fut recommandé par Boniface à Jean, roi de l'Ile de Chypre qu'il habitait (1298). Le Saint-Père rappelant tous les services de l'Ordre à la mémoire du monarque, lui commanda (1299) de faire une restitution complète des revenus dont il avait privé le Temple et l'Hôpital et de révoquer le décret par lequel il avait interdit aux membres des deux Collèges la construction de maisons et d'églises dans ses Etats [1].

Lorsque Gazan, roi des Tartares, eut pillé la Syrie, il députa des ambassadeurs à Rome pour offrir le pays aux Chrétiens et s'y faire envoyer les trois Ordres [2].

Clément V, assis dans la chaire apostolique, commença de longue main et sans doute sur l'instigation de Philippe-Le-Bel, roi de France, à menacer l'Ordre d'une révolution. Le nouveau Pape reprit le projet de fondre en un seul les Instituts du Temple et de l'Hôpital; Jacques de Molay, dans une justification de haute convenance, lui développa péremptoirement les dangers de cette mesure (1306).

Encore que la Terre-Sainte fût retombée au pouvoir des ennemis de la foi, les Chrétiens méditaient une nouvelle Croisade. Le Souverain Pontife recueillit des consultations, et Molay donna la sienne qui prouvait à la fois sa profonde science militaire et le vaste déploiement de forces qu'eût nécessité l'entreprise. Il supplia Clément de ne point la faire avec peu de monde, mais de rassembler tous les princes et les soldats de l'Europe (1206) [3].

Le Grand-Maître, que soutenait Amaury, prince de Tyr, prit Tortose en Syrie, et combattit bravement les Sarrasins. Sa vaillance fut souvent couronnée de succès. Enfin, chassé par le sultan du Caire, il crut trouver asile en France, où la sanguinaire avarice d'un roi lui réservait le plus affreux martyre.

Nous voici arrivés à la grande et déplorable catastrophe de 1313. Ce n'est point ici le lieu d'en raconter les causes, ni les détails ; occupons-nous de savoir ce que devint l'Ordre du Temple, après le supplice de Jacques de Molay et de ses Nobles Compagnons (quibus honos et gloria ! )

M. Reghellini pense que les Templiers échappés au désastre se réfugièrent dans les villes libres d'Allemagne et d'Italie, et il ajoute que l'Ordre du Temple de Bernard-Raymond est une invention qui ne fait que d'éclore. C'est, dit-il, un rite maçonnique tout moderne, et il n'est pas probable que l'Ordre du Temple se soit perpétué en France et à Paris, près des lieux où fumait encore le bûcher de Jacques de Molay.

Il est de notre devoir de rétablir les faits et d'envisager ici les deux exemplaires authentiques de la Charte de Transmission conservés dans les Archives de l'Ordre.

Il en résulte que le Grand-Maître Jacques, prévoyant les malheurs prêts à fondre sur l'Ordre, avait secrètement désigné (c'est-à-dire par une décision connue seulement des Chevaliers), pour son successeur, aussitôt qu'il ne serait plus, le Commandeur Jehan-Marc Larmenius de Hièrusalem.

Bonjour à toute et à tous En ce moment je suis en quête de recherche de Commanderie des Templiers qui se baladerait un p...
03/03/2023

Bonjour à toute et à tous

En ce moment je suis en quête de recherche de Commanderie des Templiers qui se baladerait un peu partout sur notre Territoire.
Parce que l'histoire de notre monde.
Le changement de quelque chose, touche le coeur historique de notre pays surtout.
Donc je suis à la recherche de plusieurs commanderie des Templiers, comme je recherche aussi leur histoire dans le monde entier
pour en faire part au autre dans le monde en échange sur les réseaux sociaux.

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