Notre région du Carmausin et du Ségala a dû être christianisée à l'époque du martyre de saint Sernin (Saturnin) à Toulouse vers 250. Puis au VIe siècle saint Salvi devint un des premiers évêques albigeois. Plusieurs de nos églises en conservent le souvenir. En tout cas, c'est aux Xe-XIe siècle que remontent les premiers documents attestant d'une présence chrétienne en Ségala. Cette présence doit beaucoup à l'implantation de plusieurs monastères :
● En 972 la comtesse Garcinde de Toulouse lègue Saint-Sauveur de Salles aux abbayes de Castres et Saint Pons « pour le repos de l'âme de son mari ». Cette église possède (avec Saint Michel de Lescure) parmi les plus beaux chapiteaux de l'Albigeois ainsi que quatre statues en bois polychrome du XVIes. représentant vertus théologales et cardinales.
● Plusieurs chartes concernent diverses dépendances et donations, couvrant un large territoire, en faveur du prieuré Saint-Pierre du Ségur, prouvant son importance. L'église actuelle du XVe s a remplacé la première église romane. Nicolaï Greschny en a décoré tout le chœur.
● Saint Benoît de Carmaux en l’an 2000 a célébré le millénaire de la présence d'un monastère bénédictin. Dans l'église actuelle, des fresques de Nicolaï Greschny évoquent la vie de ce saint. Ce peintre a d’ailleurs décoré de nombreuses églises dans le Ségala et toute la région.
● Le prieuré de Cambors (nom ancien de l'emplacement de Valence) et Saint-Michel Labadié (Labadié, déformation de « l'abbaye ») dépendaient du prieuré d'Ambialet qui avait fait l'objet d'une donation en 1067 à l'abbé de Saint Victor de Marseille.
● Enfin Monestiès (première apparition du nom en 936) vient de ''monastère'', ce qui évoque l'existence probable d'un monastère, mais aucune trace n'a été retrouvée dans le village ou dans ses environs. Il ne subsiste de l'église médiévale que la base du clocher et l'ancien chœur (actuellement chapelle des fonts baptismaux de l'église St Pierre et St Paul). De nombreux pèlerins, empruntant l'ancienne voie romaine de Rodez à Toulouse, y passaient, au point d'y construire un hôpital dont il reste la chapelle Saint-Jacques où a été transférée en 1774 l'extraordinaire Mise au tombeau (1490) installée par Louis d'Amboise dans la chapelle du château construit à Combefa par Mgr de Combret pour être la résidence d'été des évêques. Laissé à l'abandon au XVIIIe siècle au profit du Petit Lude à Albi, il n'en subsiste aujourd’hui que quelques ruines.
Nos ancêtres nous ont laissé bien d'autres églises. Certaines très anciennes existent toujours :
● Dans la vallée du Tarn : Notre-Dame de Cahuzaguet (Xe-XIes) et son tableau de la Crucifixion où apparaissent des remparts d'Albi (XVIIes).
● Dans la vallée du Viaur : la chapelle de Las Planques (Tanus) du XIIe siècle et des peintures du XVIIe s ; Notre-Dame des Infournats (Jouqueviel), XIIe-XIVe s, très vite devenue un lieu de pèlerinage où les paroissiens viennent toujours en septembre vénérer la très belle statue (XIVe s.) de Notre-Dame.
Notre-Dame est vénérée aussi le 15 août au pied de sa statue au sommet du Puy de Bar à Moularès, ainsi qu'à la Fontaine de la Mère de Dieu près de Valence le jeudi de l’Ascension.
D'autres très belles églises datent des environs du XVe siècle :
Saint-Jacques de Montirat et Saint-Thomas de Cantorbery (Lagarde Viaur) dont les murs ont été entièrement et magnifiquement peints par Jacques Bosia au XIXe s.
Saint-Hypolite (Monestiès), de style gothique, possède un très beau tabernacle à ailes.
Et la chapelle champêtre Saint-Jean-Baptiste au creux du vallon des Farguettes (Crespinet).
Pour accompagner leur dévotion les chrétiens enrichissaient les églises par de nombreux tableaux représentant surtout la Crucifixion ou l'Assomption, des statues comme celles des saints populaires du Carmausin, saint Privat et sainte Barbe patronne des mineurs, et bien d'autres ; et des reliquaires dont certains très beaux comme celui conservé dans l'église St Martial de Pouzounac (Le Garric).
Pour répondre à l'absence totale d'éducation dans les campagnes, en 1830 arrivent à Valence les Sœurs du Sacré-Cœur qui vont ouvrir des écoles jusqu'à dépasser la vingtaine ; elles se consacrent aussi aux soins infirmiers. Il y aura même un petit séminaire à Valence, l'Institution Saint-Étienne, fondée par Mgr Etienne Ramadié. De 1880 à 1967 il a accueilli certaines années près de 300 élèves et aussi des Juifs et des Alsaciens pendant la 2e guerre. Il a ainsi profondément marqué la vie à Valence et dans tous les environs. Nombre de prêtres, religieux et missionnaires y ont été formés.
En 1909 : 600 jeunes de l'Action catholique de la jeunesse se rassemblent à Carmaux.
Mais, notre paroisse, ce sont encore bien d'autres églises (plus de soixante!), lieux de rassemblement des communautés, beaucoup datant de l'épiscopat de Mgr Lyonnet (1865-1875) : à Almayrac, Andouque, Assac, Blaye-les-Mines, Saint-Jacques de Camalières et son curieux bénitier, Notre-Dame de Labastide-Gabausse et sa belle dalle funéraire, Mirandol-Bourgnounac et son magnifique retable, Moularès et sa relique de la Sainte-Croix, les beaux retables de Saint-Salvi des Fournials et de Notre-Dame de Pampelonne. On trouve nombre d’églises ornées de fresques de Nicolas Greschny : Saint-Eugène de Rosières, Blaye, Camalières… L’église de Saint-Christophe possède une petite statuette du saint, fort originale. Saint-Pierre de Taïx vient de rouvrir au culte : la communauté polonaise vient y vénérer Notre-Dame de Częstochowa. A Saint-Jacques de Vers, le dessous de l'autel est formé par un très beau bas-relief du buste de l'apôtre…
Les trésors du patrimoine en Ségala sont innombrables et la beauté des édifices et leur histoire nous invitent à entrer dans la foi, dans la démarche spirituelle de tous ceux qui ont contribué à la construction ou l’entretien de nos églises depuis tant de siècles.