18/06/2026
« DONNE-NOUS AUJOURD’HUI NOTRE PAIN »
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À PARTIR
DU COMMENTAIRE DE SAINT CYPRIEN
SUR LE NOTRE PÈRE
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Lorsque saint Cyprien commente la prière du Notre Père, il ne cherche pas seulement à expliquer des mots, mais à révéler toute la profondeur de la vie chrétienne.
Pour lui, cette prière résume la relation de l’homme à Dieu, sa vie spirituelle, sa place dans l’Église et son besoin constant de miséricorde.
Parmi toutes les demandes, celle qui dit : « Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien » est particulièrement riche de sens.
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LE PAIN :
LES BESOINS CONCRETS DE L’HOMME
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Pour commencer, saint Cyprien rappelle que cette demande concerne les besoins les plus concrets de l’homme.
Le pain représente la nourriture quotidienne, ce qui lui permet de vivre en ce monde.
Le chrétien n’est donc pas séparé de la réalité matérielle : il remet à Dieu sa vie entière, y compris ses besoins les plus simples.
Dieu est celui qui soutient l’existence humaine dans sa totalité, corps et âme.
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LE PAIN VÉRITABLE :
LE CHRIST, PAIN DE VIE
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Il reste que très vite, le texte ouvre à une signification plus profonde...
Le pain n’est pas seulement une nourriture terrestre, comme pourraient le penser certains. Le pain désigne aussi une réalité spirituelle.
Dans l’Évangile selon saint Jean, Jésus déclare : « Moi, je suis le pain de la vie » (Jn 6, 35), et encore : « Le pain que je donnerai, c’est ma chair pour la vie du monde » (Jn 6, 51).
Le pain demandé dans la prière renvoie directement au Christ lui-même, donné comme nourriture de vie éternelle.
Le chrétien ne vit pas seulement de ce qui nourrit son corps, mais de Celui qui nourrit son âme et lui donne la vie divine.
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L’EUCHARISTIE :
LE PAIN QUOTIDIEN DE L’ÉGLISE
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Dans cette vision, saint Cyprien comprend également ce pain quotidien comme une référence à l’Eucharistie.
L’Eucharistie est le sacrement dans lequel le Christ se donne réellement à son Église. Elle n’est pas un simple symbole, mais la présence vivante du Seigneur qui nourrit les croyants.
Pour saint Cyprien, cette nourriture eucharistique est si essentielle que le chrétien doit demander chaque jour à pouvoir la recevoir.
Il souligne même qu’un péché grave pourrait éloigner un fidèle de la communion et le priver ainsi du « pain céleste ».
Cette perspective rappelle combien l’Eucharistie est liée à la conversion du cœur : recevoir le Corps du Christ suppose de demeurer dans sa grâce. En communiant, le croyant ne reçoit pas seulement un don de Dieu ; il demeure dans le Christ et demeure uni à son Corps qu’est l’Église.
Ainsi, la communion eucharistique nourrit à la fois la relation personnelle avec le Seigneur et l’unité de toute la communauté chrétienne.
C’est pour cela qu’elle est au cœur de la vie chrétienne...
Le Catéchisme de l’Église catholique l’affirme clairement : « L’Eucharistie est la source et le sommet de toute la vie chrétienne » (CEC §1324).
Dans la même ligne, saint Pie X enseigne : « La communion fréquente et même quotidienne est vivement recommandée à tous les fidèles » (Sacra Tridentina Synodus, 1905).
Par ces paroles, l’Église rappelle que le « pain quotidien » n’est pas seulement une idée spirituelle, mais une réalité vivante qui nourrit chaque jour la foi du chrétien.
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« NOTRE PAIN » :
UNE PRIÈRE COMMUNAUTAIRE
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Saint Cyprien insiste également sur un point essentiel : on ne dit pas « mon pain », mais « notre pain ».
Cette expression, qui pourrait paraître banale, montre que la prière chrétienne n’est jamais individuelle. Elle est toujours communautaire.
Le chrétien prie avec les autres et pour les autres, car il appartient à un seul corps, celui de l’Église.
Saint Paul de Tarse le rappelle lorsqu’il écrit : « Nous formons un seul corps dans le Christ » (Rm 12, 5).
Ainsi, le pain demandé dans le Notre Père ne nourrit pas seulement un individu isolé, mais construit la communion de tous les croyants.
Saint Augustin d'Hippone exprime cette réalité en disant : « Devenez ce que vous recevez : le Corps du Christ », soulignant que l’Eucharistie fait de l’Église une véritable unité vivante.
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LE PÉCHÉ :
LA VÉRITÉ SUR L’HOMME
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Mais la prière ne s’arrête pas à la nourriture spirituelle : elle introduit immédiatement la question du pardon.
Après avoir demandé le pain, le chrétien demande en effet :« Pardonne-nous nos offenses ».
Pour saint Cyprien, cela rappelle une vérité fondamentale : l’homme est fragile et pécheur. Il ne peut pas prétendre vivre sans faute ni avoir besoin de Dieu.
Reconnaître son péché n’est pas une faiblesse, mais une vérité essentielle de la vie spirituelle.
Comme l’écrit saint Jean l'Évangéliste : « Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous trompons nous-mêmes » (1 Jn 1).
La prière devient alors un acte d’humilité et de confiance, car elle affirme que Dieu est miséricordieux et toujours prêt à pardonner.
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LE PARDON :
« RECEVOIR » ET « DONNER » LA MISÉRICORDE
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Enfin, saint Cyprien souligne un lien fondamental : on ne peut pas demander le pardon de Dieu sans être soi-même capable de pardonner.
La prière du Notre Père unit donc étroitement la miséricorde reçue et la miséricorde donnée.
Jésus le dit clairement : « Pardonnez et vous serez pardonnés » (Lc 6, 37).
Le Catéchisme de l’Église catholique précise également que :
« Le cœur qui refuse de pardonner se ferme à la miséricorde de Dieu » (CEC §2840).
Ainsi, le pardon devient une sorte de mouvement qui se révèle vivant : ce que Dieu donne à l’homme doit passer à travers lui pour aller vers les autres.
Refuser de pardonner, c’est interrompre ce flux de grâce.
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QUE DIRE POUR TENTER DE CONCLURE ?
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À travers le commentaire de saint Cyprien, nous comprenons que la demande du « pain quotidien » dépasse largement la simple nourriture terrestre.
Elle englobe le Christ lui-même, l’Eucharistie, la communion de l’Église, la fidélité à Dieu et même la vie morale du croyant dans le pardon.
En demandant chaque jour ce pain, le chrétien prie aussi pour demeurer uni au Christ, ne pas être séparé de son Corps qu’est l’Église et persévérer dans la grâce qui conduit au salut.
Toute la vie chrétienne est contenue dans cette demande : vivre chaque jour de Dieu, vivre en communion avec les autres et vivre dans la miséricorde.
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VOICI NOTRE TEXTE :
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COMMENTAIRE DE SAINT CYPRIEN
SUR LA PRIÈRE DU SEIGNEUR
« Donne-nous aujourd'hui notre pain »
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En avançant dans notre prière, nous demandons : Donne nous aujourd'hui notre pain quotidien. On peut le comprendre aussi bien au sens spirituel qu'au sens littéral. Dans le dessein de Dieu, les deux interprétations sont profitables à notre salut.
En effet, le Christ est le pain de la vie, et ce pain n'est pas à tout le monde, il est à nous. De même que nous disons notre Père, parce qu'il est le Père de ceux qui le connaissent et qui croient, de même nous parlons de notre pain, parce que le Christ est le pain de ceux qui, comme c'est notre cas, appartiennent à son corps.
Nous demandons que ce pain nous soit donné chaque jour. En effet, nous qui sommes dans le Christ et recevons quotidiennement son eucharistie, comme l'aliment du salut, il ne faut pas qu'un péché grave nous tienne à l'écart en nous empêchant de communier, et nous interdise le pain céleste, alors que le Christ a proclamé : Moi, je suis le pain de la vie, qui suis descendu du ciel. Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c'est ma chair, pour la vie du monde.
Lorsqu'il dit que celui qui mange de son pain vivra éternellement, c'est pour bien montrer que ceux-là sont vivants, qui sont unis à son corps et qui, ayant ainsi le droit de communier, reçoivent l'eucharistie. C'est pourquoi nous devons prier dans la crainte d'être écartés de la communion, séparés du corps du Christ et rejetés loin du salut. Lui-même fait cette menace : Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n'aurez pas de vie en vous. C'est pour cela que nous prions pour que notre pain, c'est-à-dire le Christ, nous soit donné quotidiennement, pour que nous qui demeurons et qui vivons dans le Christ, nous ne soyons pas écartés de son influence sanctifiante et de son corps. ~
Ensuite, nous prions Dieu à cause de nos péchés, en disant : Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Après avoir demandé le soutien de la nourriture, on demande le pardon de la faute. Comme c'est nécessaire, comme c'est sage et salutaire de nous rappeler que nous sommes pécheurs ! En effet, nous sommes tenus de demander à Dieu son indulgence, ce qui nous oblige à rentrer dans notre conscience. Aucun de nous ne doit se complaire en soi-même, comme s'il était innocent, ni se perdre encore davantage par un tel orgueil ; on lui apprend qu'il pèche chaque jour en lui ordonnant de prier chaque jour pour ses péchés.
C'est l'avertissement que saint Jean donne dans sa lettre : Si nous disons que nous n'avons pas de péché nous nous égarons nous-mêmes et la vérité n'est pas en nous. Mais si nous reconnaissons nos péchés, le Seigneur, qui est fidèle et juste, nous remettra nos péchés. Ce texte réunit deux choses : que nous devons donc demander pardon pour nos péchés, et que nous pouvons compter sur le pardon lorsque nous le demandons. C'est pourquoi il dit que Dieu est fidèle, puisqu'il tient sa promesse de remettre les péchés. Lui qui nous a enseigné à prier pour être délivrés de nos dettes et de nos péchés, il a promis que le Père ferait miséricorde et que le pardon s'ensuivrait.
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