Église saint Jean de Patmos

Église saint Jean de Patmos Église ésotérique indépendante et libérale, dans les successions apostoliques d'Antioche, Alexa

L’évolution est elle une loi inéluctable ?Nous avons grandi avec une idée presque devenue un dogme : l’humanité avancera...
07/09/2026

L’évolution est elle une loi inéluctable ?

Nous avons grandi avec une idée presque devenue un dogme : l’humanité avancerait nécessairement.

Les connaissances augmentent, les techniques progressent, les machines deviennent plus performantes ; il semblerait donc logique que l’être humain lui-même progresse avec elles.

J’ai longtemps cru, moi aussi, que l’évolution était une sorte de loi ascendante de la vie :
ce qui vient après devait nécessairement être supérieur à ce qui précédait. L’étude de l’Antiquité m’avait persuadée dans ce sens dans mes études de jeunesse .

Aujourd’hui, j’en doute profondément.

Car nous confondons peut-être deux choses très différentes : évolution et progrès.

Évoluer signifie changer . Cela ne signifie nullement s’élever.

Une société peut évoluer vers davantage de liberté comme vers davantage de contraintes.
Une faculté humaine peut se développer parce qu’elle est constamment sollicitée, puis s’atrophier lorsque quelque chose d’autre accomplit cette fonction à sa place.

Et c’est peut-être ce que nous sommes en train de vivre. Moi-même je constate avoir perdu certaines facultés de vie prescience .

Une étrange régression au cœur du progrès est-ce possible?

Regardons simplement autour de nous.

Nous disposons d’outils intellectuels et techniques infiniment supérieurs à ceux dont disposaient nos parents et grands-parents. Et pourtant, avons-nous développé dans les mêmes proportions notre mémoire, notre attention, notre autonomie ou notre capacité à résoudre seuls les difficultés ordinaires ?

Autrefois, l’écolier devait retenir.

Il apprenait des règles de grammaire, de conjugaison , des poèmes, des dates historiques, des tables de multiplication, les fleuves, les sommets des montagnes etc .
On peut discuter les défauts de cette école, mais elle exerçait quotidiennement la mémoire et donnait une certaine culture .

Aujourd’hui, une immense quantité d’informations est immédiatement disponible. Pourquoi retenir ce que l’on peut retrouver en quelques secondes ?

Le problème est que la mémoire, comme beaucoup de facultés humaines, se développe lorsqu’on l’exerce.

Il en va de même pour l’orientation.
Nous consultions des cartes, mémorisions des routes, observions les panneaux et construisions mentalement notre itinéraire.
Le GPS accomplit désormais une grande partie de ce travail.

Même phénomène avec la conduite automobile.

Les voitures modernes corrigent une trajectoire, surveillent les angles morts, avertissent d’un franchissement de ligne, détectent un obstacle et peuvent parfois freiner à notre place.

Ces progrès sauvent incontestablement des vies. Mais ils révèlent aussi un paradoxe fascinant :

plus la machine acquiert de compétences, moins l’homme est obligé d’exercer les siennes.
Parce nous , boomer n’avions pas ces outils mais nous en avions la compétence .

Ce n’est donc pas la technologie qu’il faut condamner. La question est plutôt de savoir ce que devient une faculté humaine lorsqu’on cesse de lui demander de travailler.

Même nos comportements sociaux ne progressent pas en ligne droite

L’histoire des mœurs montre exactement la même chose.

Dans les années 1960 et 1970, une partie de l’Occident semblait engagée dans une libération du corps et des codes vestimentaires.
La minijupe, le monokini, les seins nus sur certaines plages paraissaient annoncer une société moins pudibonde.

Un demi-siècle plus t**d, l’évolution n’a pas simplement continué dans cette direction.

D’autres sensibilités sont apparues : nouveau rapport au corps, à l’image, au regard d’autrui, aux réseaux sociaux, à l’exposition de soi. Certaines libertés se sont raréfiées jusqu’à paraître scandaleuses .

Là encore, l’histoire ne marche pas droit.

Elle avance, recule, bifurque et quelquefois revient sous une autre forme à ce qu’elle avait rejeté.

Et si nous nous trompions sur l’intelligence ?

Je m’interroge également lorsque j’entends parler du nombre d’enfants identifiés aujourd’hui comme « à haut potentiel ». HPI

Il existe évidemment des enfants dont les capacités cognitives sont exceptionnellement élevées, et les tests psychométriques ont une véritable utilité lorsqu’ils sont correctement employés.

Mais une autre question mérite d’être posée : notre définition de la normalité n’a-t-elle pas elle-même changé ?

Un enfant capable de lire beaucoup, de retenir facilement, de posséder un vocabulaire étendu, de raisonner rapidement et de manifester une curiosité intellectuelle importante est aujourd’hui parfois perçu comme singulier.

Or certaines de ces qualités étaient autrefois davantage exigées de l’enfant ordinaire.

On peut s’interroger si les enfants d’autrefois n’étaient tous HPI ?

Non cela signifie quelque chose de plus subtil :
Lorsque les exigences moyennes d’une société se déplacent, ce qui était autrefois relativement banal peut devenir remarquable.

L’erreur fondamentale : Darwin n’a jamais promis le progrès

Nous avons d’ailleurs projeté sur la théorie de l’évolution une idée qu’elle ne contient pas.

L’évolution biologique n’affirme nullement que les êtres vivants deviennent nécessairement plus intelligents, plus complexes ou « meilleurs ».

Elle affirme essentiellement que certaines caractéristiques se transmettent différemment selon les conditions du milieu.

Une espèce peut perdre une faculté devenue inutile.

Des animaux vivant dans l’obscurité peuvent perdre progressivement certaines fonctions visuelles.
Un organisme peut se simplifier lorsque certaines facultés ne sont plus mises en exergue.

La nature ne dit donc pas :

« Deviens toujours meilleur. »

Elle dit plutôt :

« Adapte-toi suffisamment pour continuer d’exister. »

Et ces deux propositions sont radicalement différentes.

L’homme moderne s’adapte peut-être à un monde qui demande beaucoup moins de lui

C’est ici que se trouve, selon moi, le véritable problème.

Pendant des millénaires, l’environnement exigeait énormément de l’être humain.

Il fallait observer, mémoriser, anticiper, fabriquer, réparer, s’orienter, transmettre oralement, connaître son environnement et prendre quantité de décisions sans assistance extérieure.

Notre civilisation a depuis confié ces tâches à des systèmes extérieurs.

La calculatrice calcule.
Le GPS s’oriente.
Le téléphone mémorise les numéros.
Le correcteur orthographique corrige.
Le moteur de recherche retrouve l’information.
La voiture surveille la route.
Et désormais l’intelligence artificielle peut rédiger, traduire, résumer et raisonner avec nous.

Chaque invention constitue un progrès technique extraordinaire.

Mais l’addition de tous ces progrès produit une question vertigineuse :

« que devient l’homme lorsque son environnement n’exige plus de lui l’exercice permanent de ses propres facultés » ?
Là c’est grave !

L’évolution n’est donc pas une ascension.

Peut-être faut-il abandonner définitivement cette représentation naïve de l’histoire comme une grande flèche montant inexorablement vers le haut.

Une civilisation peut être extraordinairement avancée techniquement tout en perdant certaines facultés individuelles.

Elle peut gagner en sécurité et perdre en autonomie.

Gagner en information et perdre en mémoire.

Gagner en communication et perdre en attention.

Gagner en assistance et perdre en savoir-faire, hélas .

Gagner certaines libertés et en abandonner d’autres.

Il n’existe aucune loi mystérieuse garantissant que demain sera humainement supérieur à aujourd’hui.

Le progrès matériel peut être cumulatif : une invention s’ajoute à une autre.

Le progrès humain, lui, ne l’est.

Une connaissance qui n’est plus transmise disparaît.
Une faculté qui n’est plus exercée s’affaiblit.
Une liberté que l’on croit définitivement acquise peut être abandonnée.
Une civilisation peut oublier ce qu’une autre savait.

Voilà peut-être notre erreur : nous avons cru que l’humanité montait un escalier. Non , elle marche sur un chemin.
Elle peut avancer, tourner, s’égarer, revenir en arrière — ou simplement changer de direction.

Le véritable progrès ne consiste peut-être pas à posséder toujours davantage d’outils.

Il consiste à faire en sorte que l’outil augmente l’homme au lieu de le remplacer.

Une civilisation dans laquelle les machines deviennent toujours plus intelligentes tandis que les hommes cessent de l’être serait certes une civilisation technologiquement évoluée mais que dire si l’homme, lui, a cessé de progresser ?

Une question plus troublante encore se pose lorsque nous quittons le domaine matériel pour entrer dans celui de la spiritualité :

l’homme évolue-t-il nécessairement intérieurement parce que le temps passe ?

Je ne le crois pas non plus.
C’est exactement la même chose .

Et peut-être est-ce même l’une des grandes illusions spirituelles de notre époque.

Le temps ne transforme pas nécessairement l’homme en bien .

Nous avons tendance à imaginer l’humanité engagée dans une immense ascension collective.

Les générations se succéderaient, les consciences s’élargiraient et, lentement, l’homme deviendrait plus conscient, plus sage, plus spirituel.

Cette idée est séduisante.

Mais où en trouvons-nous la preuve ?

Sommes-nous réellement plus sages que les hommes d’il y a deux mille ans ?
Sommes -nous plus sages que les grecs ?

Les textes les plus anciens décrivent des êtres humains dont les passions ressemblent étrangement aux nôtres.

Les décors ont changé.

Les moyens techniques ont changé.

Mais l’homme intérieur ?

Beaucoup moins qu’on ne voudrait le croire.

Nous avons envoyé des hommes dans l’espace, décodé le génome, construit des machines capables de dialoguer avec nous.

Mais nous éprouvons toujours autant de difficultés à nous connaître nous-mêmes.

C’est un étrange paradoxe : l’homme a considérablement augmenté son pouvoir sur le monde sans augmenter proportionnellement son pouvoir sur lui-même.

L’initiation suppose précisément que rien n’est automatique

C’est ici que les traditions initiatiques deviennent particulièrement intéressantes.

Si l’évolution spirituelle était automatique, à quoi servirait l’initiation ?

Pourquoi les mystères antiques, l’hermétisme, l’alchimie, la théurgie ou certaines voies orientales auraient-ils développé des disciplines aussi exigeantes ?

Il suffirait d’attendre.

Le temps accomplirait l’œuvre.

Or les traditions disent tout autre chose.

Elles parlent de travail, de purification, de connaissance, de transformation, de mort et de renaissance.

L’alchimiste ne laisse pas simplement la matière sur la table en espérant que le temps produise la Pierre philosophale.

Il œuvre.

Il sépare.

Il purifie.

Il dissout et coagule.

Il surveille le feu.

Et ce laboratoire alchimique peut devenir l’image exacte de l’homme lui-même.

La matière première ne devient pas l’Or simplement parce que les années passent.

Pourquoi en serait-il autrement de nous ?

Vieillir n’est pas s’éveiller

C’est peut-être une évidence que nous oublions.

L’âge apporte l’expérience, mais l’expérience ne produit pas nécessairement la sagesse.

On peut répéter la même erreur pendant cinquante ans.

On peut accumuler des connaissances sans jamais se connaître soi-même.

On peut pratiquer des rituels pendant toute une vie sans être intérieurement transformé.

On peut posséder des grades, des titres, des initiations, des bibliothèques entières et demeurer intérieurement exactement au même endroit.

Car avoir reçu une initiation et être devenu un initié ne sont peut-être pas exactement la même chose.

Le rituel ouvre une possibilité.

Il ne garantit pas son accomplissement.

C’est probablement l’un des points les plus difficiles à accepter.

Nous aimerions croire qu’une consécration, un enseignement ou l’appartenance à une tradition nous transforme automatiquement.

Mais aucune porte ouverte n’oblige celui qui se tient devant elle à la franchir.

Et si la régression spirituelle était possible ?

Il faut alors envisager une hypothèse beaucoup moins confortable :

non seulement l’homme peut ne pas progresser spirituellement, mais il peut régresser.

Une faculté intérieure qui n’est plus exercée peut, elle aussi, s’endormir.

Regardons notre époque.

Jamais nous n’avons eu autant accès aux enseignements spirituels.

En quelques secondes, nous pouvons consulter les Upanishads, les textes hermétiques, Plotin, Jamblique, les écrits gnostiques, les mystiques chrétiens, le taoïsme ou le bouddhisme.

Ce qui aurait nécessité autrefois toute une vie de voyages et de recherches tient désormais dans un téléphone.

Et pourtant, sommes-nous devenus pour autant une civilisation de sages ?

Nous avons peut-être acquis l’accès à la connaissance sans acquérir la capacité de la recevoir.

C’est très différent.

Savoir n’est pas devenir

C’est probablement ici que se trouve une distinction fondamentale de toute voie initiatique.

Il existe une connaissance que l’on possède.

Et une connaissance que l’on devient.

Je peux connaître intellectuellement tous les symboles de l’alchimie.

Je peux expliquer le soufre, le mercure, le sel, l’Athanor, l’Œuvre au noir, l’Œuvre au blanc et l’Œuvre au rouge.

Mais si rien ne s’est transformé en moi, que sais-je réellement de l’alchimie ?

Je connais son vocabulaire.

Pas nécessairement son mystère.

Il en va de même de la théurgie.

Prononcer un nom divin n’est pas nécessairement entrer en relation avec ce qu’il désigne.

Accomplir parfaitement un geste rituel n’implique pas que quelque chose se soit produit dans l’être intérieur.

Et c’est précisément ce que nous avions rencontré chez Jamblique : la théurgie ne se réduit pas à une spéculation intellectuelle sur les dieux.

Elle suppose une opération.

Quelque chose doit avoir lieu.

L’homme porte peut-être une possibilité, non une garantie

Cela change profondément notre conception de l’être humain.

Peut-être ne sommes-nous pas des êtres condamnés à évoluer.

Peut-être sommes-nous des êtres auxquels la possibilité d’évoluer a été donnée.

La nuance est immense.

La graine porte l’arbre en puissance.

Mais toutes les graines ne deviennent pas des arbres.

Certaines tombent sur une terre stérile.

Certaines manquent d’eau.

Certaines commencent à germer puis meurent.

D’autres rencontrent les conditions nécessaires et accomplissent ce qu’elles portaient silencieusement depuis l’origine.

L’homme pourrait être semblable à cette graine.
Posséder cette possibilité ne signifie pas nécessairement l’accomplir.

Daniele Balland

Le reliquaire de la basilique St Gervais d Avranches contient le chef de l évêque, le crâne perforé de St Aubert , qui e...
06/09/2026

Le reliquaire de la basilique St Gervais d Avranches contient le chef de l évêque, le crâne perforé de St Aubert , qui est fêté le 10 septembre .

Saint Aubert naît aux environs d'Avranches vers 670 dans la famille des Seigneurs de Genêts.
À la mort des siens, il distribue son héritage aux pauvres et se fait prêtre. Prélat charitable et sage, il est élu évêque d'Avranches à la mort de son prédécesseur.

Le récit miraculeux qui raconte la légende de Saint Aubert et du dragon est issu d'un texte en latin de la Revelatio ecclesiae sancti Michaelis in monte Tumba rédigé par un chanoine du Mont-Saint-Michel au début du 9 eme siècle.

Selon ce récit, l'évêque délivra ses fidèles d'un dragon harcelant leurs troupeaux : par le signe de la croix et en jetant son étole sur l'animal, il lui commanda de rejoindre la mer et de ne plus réapparaître. ( un récit du même genre existe pour Varsovie et le prince .

Une autre légende rapporte qu'après avoir été le témoin d'un combat entre l'archange saint Michel et un dragon débuté sur le mont-Dol et achevé sur le mont Tombe, il a reçu de l’archange Michel l’ordre d’entreprendre la construction à l'endroit où il a vaincu le Malin, le mont Tombe.

En 708, saint Aubert eut une vision dans laquelle l’archange Michel lui ordonnait d’édifier une église sur l’île de marée rocheuse à l’embouchure du Couesnon.
Ce rocher escarpé s'élevait, aride et solitaire.
Une nuit, Aubert a reçu trois fois, au cours de son sommeil, l'ordre de l'Archange Saint Michel de faire ériger sur le Mont Tombe une église en son honneur, mont où il se retirait souvent pour se livrer à la prière et à la méditation.

Vu l'état de cette pointe rocheuse, à peine rattachée au continent, couverte de broussailles et de ronces et seulement habitée, outre les bêtes sauvages, par quelques ermites, il jugea cela impossible et pensa d'abord à un tour du malin.
Ce n'est que la troisième fois qu'il obéit après que l'archange, afin de mettre fin à ces hésitations, appuya fortement le doigt sur son front et y laissa une empreinte.
Aubert se réveilla avec un creux sur le front et comprit la véracité de l'ordre du saint.

Des événements providentiels le guidèrent dans sa tâche : un rond de rosée, un matin de septembre, lui indiqua la forme ronde de l'oratoire, un taureau attaché en montra l'emplacement.
Une source d'eau douce jaillie miraculeusement de la pierre dure fut trouvée (l'emplacement correspond aujourd'hui à la fontaine Saint-Aubert), un puits creusé, la place nivelée.

Une pierre cultuelle païenne (ancien menhir ?) à cet emplacement ne fut renversée par un fermier des environs, nommé Bain et ses douze fils, que par l'intervention miraculeuse de son dernier nouveau né dans les bras d'Aubert qui l'appuya contre la pierre.
Après un nouveau songe, Aubert envoya deux moines chercher au sanctuaire du Mont Gargano en Italie, dédié à saint Michel et ses reliques du lieu.
Puis, le 16 octobre 709, l'évêque fit la dédicace de l'église et y installa un chapitre de douze chanoines.

Le Mont Saint-Michel quitta son appellation de « Mont Tombe » pour prendre celui de Mont-Saint-Michel-au-péril-de-la-Mer : l'abbaye du Mont-Saint-Michel était née.

À la mort de l’évêque , son corps fut probablement placé dans un sarcophage de pierre, comme le voulait la coutume mérovingienne et, selon ses vœux, placé dans le chœur du Mont-Saint-Michel, la tête vers l’autel, les chanoines prenant sa tête et son bras droit pour en faire des reliques.

Selon l’Introductio monachorum, le chanoine Bernier aurait caché les ossements d’Aubert dans les combles de sa demeure, près de l'oratoire primitif, lors du remplacement des clercs par les bénédictins en 966, peut-être pour protéger ces reliques des attaques Vikings.

Un second récit d'Invention de reliques, De translatione et miraculis beati Autberti, explique que son corps aurait été retrouvé miraculeusement, entre 1009 et 1023, par l’abbé Hildebert Ier : ses moines auraient trouvé un squelette avec un crâne troué dans une cabane d'ermite.

Ce squelette fut placé sur un autel dédié à la Sainte-Trinité, dans le vaisseau occidental de Notre-Dame-sous-Terre ou dans l’abbatiale des bénédictins.
Dès lors, les bénédictins vénérèrent ce squelette d’un homme au crâne perforé par un trou pariétal, identifié comme la marque de la pression du doigt de saint Michel sur la tête d'Aubert.

Le crâne fut sauvé des affres révolutionnaires en 1792 par un médecin, Louis-Julien Guérin qui prit prétexte de sa qualité de médecin pour récupérer à des fins d'étude la relique du crâne. La paix revenue, il la restitua au clergé avranchinais.
Le reliquaire de son bras avait par contre disparu.
En 1856, son crâne fut transféré à la basilique Saint-Gervais-et-Saint-Protais d'Avranches, où il est conservé depuis dans son trésor.

Le crâne de l'évêque, appelé « chef de saint Aubert », est d'une couleur ambrée, bien conservé et robuste.
Il porterait le stigmate du doigt de l’archange. Ce trou mythique apparaît sur l'os pariétal droit du crâne. La perforation a un contour presque parfaitement circulaire (le diamètre varie de 17 à 21 mm) avec une boursouflure régulière.
Quelques os manquent au niveau du plafond postérieur des orbites, des fosses nasales et de la majeure partie de la voûte du palais.
Des prélèvements semblent avoir été effectués sur l'apophyse mastoïde gauche.
Plusieurs explications rationnelles ont été données pour expliquer ce trou miraculeux : trépanation traumatique ou chirurgicale d'un homme du néolithique, enclouement (rite magique de l'enclouement des cadavres mérovingiens pour les empêcher de revenir...

Des analyses paléopathologiques effectuées dans les années 2000 penchent plutôt pour un kyste épidermoïde d'un homme âgé de 60 ans ou plus, ayant vécu dans les temps historiques.
Ces analyses confirment le rapport de l'anthropologue R. Hartweg, effectué en 1985, selon lequel le trou ne peut avoir été fait après la mort de la personne, ni être la conséquence d'un traumatisme ou d'une lésion pathologique.
L'état de conservation du crâne laisse supposer que le corps n'a pas été inhumé en pleine terre mais dans un sarcophage ou un cercueil.

Il est à l origine de la construction du Mont St. Michel.
L’église d'Avranche est pleine de trésor à commencer par de merveilleux manuscrits fait par les moines du Mont ....

LA THÉURGIELe mot théurgie vient du grec theourgia, que l’on peut traduire par « œuvre divine » ou « opération divine »....
04/09/2026

LA THÉURGIE

Le mot théurgie vient du grec theourgia, que l’on peut traduire par « œuvre divine » ou « opération divine ».

Cette signification est capitale.

Car la théurgie n’est pas simplement l’art pour l’homme d’agir sur le monde invisible.

Elle désigne, plus profondément, l’action du divin dans l’homme et à travers l’homme.

C’est précisément ce qui la distingue de la magie au sens ordinaire.

Le magicien cherche généralement à produire un effet.

Le théurge cherche à être transformé.

L’un veut agir sur les forces invisibles ; l’autre veut devenir suffisamment pur, ordonné et réceptif pour que le divin puisse agir en lui.

Cette différence change tout.



La théurgie telle que nous la connaissons apparaît surtout dans le monde philosophique et religieux de l’Antiquité.

Les Oracles chaldaïques, probablement composés au IIe siècle de notre ère, occupent une place fondamentale.

Mais c’est surtout avec les néoplatoniciens que la théurgie reçoit sa formulation philosophique la plus élaborée.

Plotin insiste encore essentiellement sur la contemplation intellectuelle et l’ascension de l’âme vers l’Un.

Avec Jamblique, au IIIe-IVe siècle, quelque chose change.

Jamblique considère que l’intelligence humaine ne peut pas, par ses seules forces, rejoindre le Principe divin.

Pourquoi ?

Parce que ce qui est inférieur ne peut pas, par sa seule volonté, saisir ce qui lui est infiniment supérieur.

Il faut donc que le mouvement s’accomplisse également dans l’autre sens.

Ce n’est pas seulement l’homme qui monte vers Dieu : c’est le divin qui descend vers l’homme.

Voilà le cœur de la théurgie.



Le théurge ne commande pas aux dieux.
C’est le malentendu le plus fréquent.

Vu de l’extérieur, un rite théurgique peut ressembler à un rite magique : prières, invocations, symboles, fumigations, gestes, noms sacrés, objets consacrés, heures particulières…

Mais le théurge ne contraint pas les dieux.
Il ne leur donne pas d’ordres.
Il ne possède aucun pouvoir sur eux.

Les rites servent plutôt à rendre l’être humain apte à recevoir une présence qui le dépasse.

Le symbole sacré n’est donc pas seulement un signe intellectuel.

Il constitue un point de correspondance entre plusieurs niveaux de réalité.

Certaines pierres, certaines plantes, certains parfums, certains sons, certains nombres ou certaines paroles étaient considérés comme portant une affinité particulière avec une puissance divine.

Le monde entier devient ainsi un immense réseau de correspondances.

Nous retrouvons ici quelque chose de profondément hermétique :

ce qui est en bas répond à ce qui est en haut.

Jamblique va même beaucoup plus loin.

Il explique que certains signes sacrés peuvent agir sans que notre intelligence en comprenne le sens. Voilà une idée extraordinaire.

Nous pensons généralement qu’un rite n’est efficace que si nous en comprenons intellectuellement chaque élément.

Pour le théurge, la n’est pas l’importance.

Certains symboles appartiennent à un langage plus profond que la raison . Ils ne s’adressent pas au mental.

Ils mettent l’être tout entier en RÉSONNANCE.

D’où l’importance des noms divins, des invocations et de certaines paroles sacrées que l’on ne devait même pas traduire.

Leur puissance n’est pas censée résider dans leur signification, mais dans leur nature même.

Cela rappelle évidemment le mantra indien.

Un mantra n’est pas seulement une phrase porteuse d’une idée.

Il est son, vibration, rythme, souffle et présence.


La théurgie suppose une préparation.

On ne devient pas théurge simplement parce que l’on possède un rituel dans un livre.

Le véritable temple est d’abord l’être humain.

Il faut progressivement remettre en ordre ce qui, en nous, est dispersé.

Purifier les passions.

Maîtriser l’agitation intérieure.

Élever la pensée.

Apprendre le silence.

Développer l’attention.

Et surtout : CONSACRER SES ACTES

Le rite extérieur devient alors le reflet d’une opération intérieure.

L’encens que l’on brûle extérieurement correspond à quelque chose qui doit également s’élever en nous.

La lumière que l’on allume sur l’autel doit trouver son équivalent dans la conscience.

Le temple que l’on consacre doit progressivement devenir le modèle du temple intérieur.

À partir de là, la théurgie cesse d’être un cérémonial pour devenir une voie.



Toute la théurgie repose sur un double mouvement.

Le premier est une descente.

La puissance divine descend vers les niveaux inférieurs de l’existence.

Le second est une remontée.

L’âme, réveillée par cette présence, remonte vers son origine.

Descente de la Lumière.
Remontée de l’âme.

C’est peut-être ici que la théurgie devient particulièrement intéressante pour celui qui étudie la Gnose.

Car derrière des cosmologies très différentes apparaît une intuition commune :

l’homme appartient à un monde dont il a oublié l’origine.

La voie spirituelle consiste alors moins à acquérir quelque chose qu’à rétablir une relation perdue.

La théurgie devient une opération de réintégration.



Même si le mot théurgie est peu employé dans le christianisme , le prêtre est un theurge .

Que se passe-t-il dans un sacrement ?

Une matière visible — eau, huile, pain, vin — devient le support d’une réalité spirituelle.

Une parole est prononcée.

Un geste est accompli.

Une présence invisible est invoquée.

Et l’être humain est appelé à être transformé.

D’ailleurs les sacrements chrétiens sont des rites theurgiques ainsi que la sainte messe .

Nous arrivons alors à ce qui me semble être le secret véritable de la théurgie.

La théurgie consiste à enlever progressivement ce qui, en nous, empêche le divin de se manifester.

Le théurge devient un réceptacle.

Un temple.

Un intermédiaire entre le visible et l’invisible.

Et nous comprenons alors pourquoi la purification était considérée comme indispensable.

Car si une puissance spirituelle descend dans un être dominé par l’orgueil, la volonté de puissance ou le désir de domination, l’opération est immédiatement déformée.

La première opération théurgique doit donc toujours porter sur le théurge lui-même , il s’agit de transformer l’être pour qu’il reçoive l’ expérience du divin en lui .

L’homme ordinaire reçoit fugitivement la Lumière puis revient à son état habituel.

L’initié cherche progressivement à devenir capable de la conserver.

Puis de l’incarner.

Et finalement de devenir lui-même transparent à elle.

Nous retrouvons alors une intuition présente, sous des langages différents, dans plusieurs traditions : l’être humain possède la possibilité d’une transformation qui dépasse la simple amélioration morale.

Le christianisme parlera de transfiguration et de Corps de Gloire.

L’hermétisme parlera de régénération.

D’autres traditions emploieront d’autres mots.

Mais la question demeure :

peut-on transformer l’homme terrestre en un être capable de porter consciemment la Lumière ?

Si nous répondons oui, alors la théurgie prend toute sa dimension

Elle n’est plus l’art d’obtenir quelque chose des puissances invisibles.

Elle devient l’art sacré de préparer l’homme à l’union avec sa propre origine divine.

Et peut-être pourrait-on résumer toute la voie en quelques mots :

La magie demande :

« Que puis-je faire avec les puissances invisibles ? »

La théurgie demande :

« Que dois-je devenir pour que le Divin puisse agir en moi ? »

Daniele Balland

LA GOÉTIE — IIQui se cache réellement derrière les démons ?Dans notre première approche de la Goétie, nous avons envisag...
04/09/2026

LA GOÉTIE — II

Qui se cache réellement derrière les démons ?

Dans notre première approche de la Goétie, nous avons envisagé ses 72 esprits non seulement comme les « démons » décrits par les grimoires, mais également comme les figures possibles de puissances profondes auxquelles l’être humain se trouve confronté.

Mais une autre question se pose.

D’où viennent leurs noms ?

Car les auteurs des grimoires n’ont pas nécessairement créé de toutes pièces les êtres qu’ils décrivent.

Derrière certains démons se cachent parfois des divinités beaucoup plus anciennes, transformées au fil des siècles par les changements religieux.

Et c’est particulièrement visible avec Astaroth.

ASTAROTH : derrière le démon, une ancienne déesse ?

Dans l’Ars Goetia, Astaroth est le vingt-neuvième esprit.

Il est présenté comme un puissant duc, apparaissant sous une forme angélique mais monstrueuse, chevauchant une créature infernale et tenant un serpent.

Il enseignerait les sciences et révélerait les choses du passé, du présent et de l’avenir.

Mais son nom possède une histoire beaucoup plus ancienne.

Astaroth est généralement rapproché d’Astarté, grande divinité sémitique apparentée à l’Ishtar mésopotamienne.

Astarté fut associée, selon les époques et les régions, à la fécondité, à la sexualité, à la souveraineté et à la guerre.

Or les traditions bibliques combattirent les cultes des divinités étrangères.

Avec le temps, l’ancienne divinité finit par devenir un démon masculin.

C’est un phénomène assez habituel

Une divinité adorée devient la puissance démoniaque de la religion qui la remplace.

Astaroth nous rappelle donc que la démonologie conserve parfois, sous une forme défigurée, la mémoire des religions vaincues.



ASMODAY — l’esprit de la fureur et du désir

Asmoday, ou Asmodée, est le trente-deuxième esprit de la Goétie.

Il y apparaît comme un roi puissant doté de trois têtes — homme, taureau et bélier — avec une queue de serpent et des pieds d’oie, chevauchant un dragon.

Mais Asmodée n’est pas une invention des grimoires modernes.

Nous le rencontrons déjà dans le Livre de Tobit, où le démon Asmodée tue successivement les sept maris de Sara avant que l’union ne puisse être consommée.

Son nom est généralement rapproché de l’avestique Aēšma daēva, une puissance démoniaque associée notamment à la fureur dans la tradition iranienne.

Nous assistons donc probablement à un très ancien voyage religieux :

Iran → monde juif → christianisme → démonologie médiévale et moderne → Goétie.

Asmodée devient progressivement associé au désir sexuel, à la jalousie, à la colère et aux passions incontrôlées.

Sa lecture intérieure est alors évidente.

Asmodée représente ce moment où le désir cesse d’être une énergie et devient un maître.

Le problème n’est donc peut-être pas le désir lui-même.
C’est l’asservissement de la conscience au désir.



BELIAL — celui qui refuse le joug

Belial est probablement l’un des noms les plus intéressants de toute la démonologie.

À l’origine, dans la Bible hébraïque, beliyya’al ne désigne v pas encore un démon comparable au Belial des grimoires.

Le terme exprime plutôt l’idée de perversité, de nuisance ou d’indignité.

Les « fils de Belial » sont ainsi des hommes mauvais ou sans valeur.

Mais quelque chose se produit progressivement. Une qualité devient une entité.

Dans certains écrits juifs , Belial apparaît comme le chef des puissances des ténèbres, adversaire du camp de la Lumière.

Nous sommes déjà très loin d’une simple expression désignant un homme mauvais.

Puis la tradition démonologique occidentale poursuivra cette personnification.

Dans l’Ars Goetia, Belial devient le soixante-huitième esprit, un roi puissant.

Voilà un mécanisme de l’imaginaire collectif et même individuel : une tendance devient une puissance ; la puissance devient une personne.

Il est vrai qu’une colère entretenue pendant des années finit presque par acquérir une autonomie.

Une addiction semble parfois « vouloir » quelque chose indépendamment de celui qui la subit.

Une obsession paraît parler avec sa propre voix.

Les anciens auraient-ils personnifié ce que Jung nommait les « complexes autonomes » ?

La question mérite au moins d’être posée.



PAIMON — le roi mystérieux

Avec Paimon, nous entrons dans un territoire beaucoup plus incertain.

Dans l’Ars Goetia, le roi Paimon apparaît avec une cour spectaculaire.

Il arrive accompagné de musiciens, de trompettes et de cymbales.

Il enseigne les arts, les sciences et les choses secrètes.

Il peut révéler ce qu’est l’esprit et transmettre des connaissances cachées.

Mais contrairement à Astaroth ou Asmodée, nous ne possédons pas de généalogie antique certaine permettant d’expliquer Paimon.

Des hypothèses ont été proposées sur l’origine de son nom, mais aucune ne permet d’affirmer sérieusement : « Paimon était telle divinité antique ».

Paimon semble essentiellement appartenir au monde des traditions magiques et démonologiques médiévales et modernes qui précèdent et alimentent le Lemegeton.

Or observons ses fonctions.

Connaissance.

Sciences.

Secrets.

Compréhension de l’esprit.

Paimon représente presque la connaissance interdite.

Et nous retrouvons ici un thème infiniment plus ancien que la Goétie :

la connaissance rend-elle libre, ou devient-elle une nouvelle tentation de puissance ?



BUER — le philosophe monstrueux

Buer est encore plus étrange.

Il est le dixième esprit de l’Ars Goetia et porte le titre de président.

Certaines représentations modernes lui donnent une forme extraordinaire : une sorte de roue ou d’étoile constituée de plusieurs pattes rayonnant autour d’un centre.

Il enseigne la philosophie morale et naturelle, la logique, les propriétés des plantes et leurs usages.

Il est également réputé guérir les maladies.

Nous pourrions nous attendre à trouver derrière lui quelque antique dieu guérisseur.

Pourtant, son origine demeure obscure.

Il est très tentant de relier immédiatement chaque nom mystérieux à l’Égypte, à Babylone ou à une divinité oubliée.

Mais parfois nous ne savons tout simplement pas.

La véritable recherche ésotérique doit aussi savoir prononcer ces trois mots :

« Nous l’ignorons. »

Cela ne diminue en rien le mystère.

Au contraire.



Alors, les démons sont-ils d’anciens dieux ?

Certains, peut-être. Tous, certainement pas.

C’est une simplification fréquente.

Astaroth possède effectivement derrière lui une histoire permettant de remonter vers Astarté.

Asmodée possède une généalogie très ancienne qui semble conduire vers l’Iran.

Belial résulte plutôt d’une extraordinaire personnification progressive d’un concept négatif.

Paimon et Buer demeurent beaucoup plus énigmatiques.

Les 72 esprits de la Goétie semblent donc constituer une sorte de musée souterrain de l’imaginaire religieux occidental.

On y trouve des fragments de religions antiques, des traditions juives, des démonologies chrétiennes, des noms transmis par les grimoires, des déformations linguistiques et probablement aussi des créations dont nous n’avons pas la clef.

La Goétie ressemble à une archéologie de l’Ombre.

Ce que les religions successives ont rejeté, condamné ou redouté n’a pas nécessairement disparu.

Cela est parfois descendu dans les profondeurs de la culture populaire

Les dieux deviennent des démons.

Les puissances deviennent des monstres.

Les anciennes images changent de nom et continuent leur voyage.

Mais une question demeure.

Lorsque l’homme trace son cercle et appelle ces puissances par leur nom, qu’appelle-t-il réellement ?

Une intelligence extérieure ?

Une mémoire très ancienne de l’humanité ?

Une puissance de son propre inconscient ?

Ou quelque chose qui participe mystérieusement des deux ?

Sincèrement nous ne pouvons répondre avec certitude à cette question

Mais l’ésotériste devrait peut-être retenir ceci :
connaître le nom d’une puissance n’est pas la maîtriser, d’autant que de nombreuses erreurs , volontaires et involontaires, se sont glissées dans les grimoires .

La véritable maîtrise commence lorsque nous découvrons à quoi cette puissance correspond en nous-mêmes.

Alors seulement la Goétie cesse d’être un catalogue de démons.

Elle devient un miroir.

Et ce que nous apercevons dans ce miroir n’est pas toujours ce que nous aurions aimé y rencontrer.

La Goétie n’est cependant pas un jeu : travailler avec ces symboles et ces forces peut profondément déstabiliser celui qui s’y aventure sans discernement et surtout sans avoir solidement établi son propre centre intérieur.

Daniele balland

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Cadix
81340

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