05/06/2026
Je suis chrétienne et je le revendique , je suis particulièrement gnostique .
J’ai été baptisée j’avais une semaine , j’ai suivi l’instruction religieuse , communion, confirmation , j’ai lu la bible en entier .
Puis vint un jour où le dogme ne me convenait plus.
J’avais un soif de Dieu .
J’ai cherché Dieu , j’ai cherché Dieu partout dans toutes les traditions, croyant que les autres étaient meilleures .
J’ai étudié toutes les traditions de la planète et leurs livres saints .
Il fait dire que je ne suis plus toute jeune.
J’ai été pendant plusieurs années un dévote de la déesse Kâlî.
Je lui ai rendu des rites très compliqués .
Je lui ai écrit un hymne que je vous dévoile ci dessous.
Les initiés disent souvent que l’on ne choisit pas Kali. C’est Kali qui choisit ses enfants.
Kali est une figure mal comprise en Occident. Beaucoup ne voient que son aspect terrible, alors que les maîtres la considèrent comme l’une des manifestations les plus profondes de l’Amour divin.
Lorsque l’âme s’engage sur le chemin initiatique, elle recherche d’abord la lumière. Elle aspire à la paix, à la sagesse et à la connaissance. Pourtant, vient un moment où elle découvre que la véritable illumination exige aussi la traversée des ténèbres.
Son nom signifie « la Noire » mais aussi « celle du Temps » (Kala). Elle n’est pas seulement une déesse. Elle est la puissance même qui dévore les illusions, détruit les attachements et réduit en poussière tout ce qui n’est pas éternel.
Aux yeux du profane, son apparence est effrayante. Son corps est sombre comme la nuit primordiale. Elle est nue car rien ne s’attache en elle. Ses cheveux sont dénoués, des antennes vers l’Infini . Elle porte un collier de têtes coupées , symbole de tous les égos domptés, et une ceinture de bras humains. Dans sa main brille l’épée qui tranche les liens de l’ignorance.
L’initié comprend que ces symboles ne parlent pas de violence extérieure.
Là où d’autres divinités consolent, Kali réveille.
Là où d’autres enseignent, Kali transforme.
Là où d’autres promettent le salut, Kali exige la mort de ce qui fait obstacle au salut.
Elle est représentée dansant sur le corps de Shiva.
Sans son énergie, Shiva demeure immobile, pure conscience silencieuse.
Sans Shiva, Kali serait une puissance sans direction, un Sheva : un cadavre .
Ensemble, ils symbolisent l’union de la Conscience éternelle et de la Force créatrice.
Lorsqu’elle entre dans une vie, elle emporte progressivement tout ce qui est devenu inutile :
les faux attachements, les certitudes, les identités de surface.
Ce processus peut sembler rude, mais il conduit à une liberté que rien ne peut altérer.
Peut-être est-ce pour cela que tant de chercheurs spirituels, après avoir longtemps cherché la lumière, finissent un jour par rencontrer la Grande Déesse Noire.
Ils découvrent alors que l’obscurité sacrée n’est pas l’opposé de la lumière : elle est le sein mystérieux d’où la lumière elle-même est née.
Kali ne détruit pas l’homme.
Elle détruit ce qui l’empêche de connaître sa nature véritable. C’est très gnostique ça !
Dans les traditions tantriques, elle est la Mère terrible et compatissante à la fois.
Terrible pour les illusions. Compatissante pour l’âme captive qui aspire à la liberté.
Elle enseigne que tout ce qui naît doit mourir.
Les royaumes, les civilisations, les croyances, les corps et même les mondes sont emportés par le fleuve du temps.
Face à elle, l’initié apprend à mourir avant la mort .
Il abandonne peu à peu ses certitudes, ses identifications et ses attachements.
Ce processus est douloureux,
mais derrière cette mort symbolique se cache une renaissance.
Car Kali est également la gardienne du seuil qui conduit à l’Immortalité.
Lorsque tout ce qui est faux a été consumé dans son feu, demeure alors la pure conscience, libre, silencieuse et éternelle.
Ainsi, la déesse noire n’est pas l’image de la destruction mais celle de la délivrance suprême.
Dans le silence du cœur, Kali murmure alors son enseignement :
« Tout ce que tu crois être doit disparaître.
Tout ce que tu es réellement demeure à jamais. »
Et lorsque l’âme accepte cette vérité, la Mère du Temps devient la Mère de la Libération.
Kali rejoint d’une certaine manière le symbolisme du phénix, elle est le feu qui consume l’ancien être afin que puisse renaître l’être véritable.
Là où le phénix représente la résurrection, Kali représente souvent l’incinération préalable, cette étape redoutée mais indispensable du Grand Œuvre intérieur.
Kâlî m’a révélée que ce que je recherchais était en moi et qu’il n’était nul besoin d’aller chercher ailleurs ce que ma propre tradition pouvait m’offrir.
Celui qui craint Kali craint encore la mort. Celui qui aime Kali a déjà commencé à la vaincre.
Daniele Balland
Hymne à Kâlî
22 octobre 2011, 11:32
HYMNE à KALI
Louanges à Toi, Kâlî , la noire, la Suprême
Gloire à Toi la souveraine qui trône en majesté
Sur le corps de Ton bien aimé
Hommage à Celle qui règne sur la vie et la mort
Qui fractionne la substance du temps, la divise en 3 aspects
Puis la fait resplendir en elle même en un éternel présent
Destructrice du mal, je Te salue
O puissante Shakti je m’incline à tes pieds sacrés.
Comme un petit enfant je m’adresse à Toi divine mère
Allaite-moi, nourris-moi des rayons qui jaillissent de ton sein
Je vis dans la faim et la privation de ma véritable nature
J’ai grand besoin de Ta Grâce
Je viens vers Toi avec mes imperfections
Que celles-ci justement m’aident à dissoudre l’égo
O source de miséricorde,
Océan de compassion infinie
Guide moi jusqu’à parfaite Réalisation
Et que je chemine toujours sous Ta protection
Viens habiter mon corps
Qu’il devienne Ton temple
Ô sublime émanation de Shakti
Emplis chacun de mes organes
Divinise chacune de mes cellules
Inonde-moi de Ton Essence
Que Tes qualités deviennent les attributs de mon Etre
Afin que rien d’humain ne subsiste
Et que, comme Toi, de l’obscurité émane la vraie Lumière
Fais descendre sur moi Ta pluie de félicité
Qu’elle se déverse tel un torrent en crue
Car auprès de Toi je veux me désaltérer
Que ma terre stérile reprenne vie grâce à ton eau fertilisante
Brûle de Ton feu dévorant les voiles qui obscurcissent ma conscience
Consume tout ce qui en moi doit être détruit
Dissous les limitations et les blocages qui m’entravent
Donne-moi une psychologie saine, base de la Sagesse
De Ton épée tranche les liens qui attachent
De Ton bras qui donne
Ouvre mes yeux à la vision subtile
Afin que dans la caverne de mon cœur
Je reconnaisse spontanément la nature de l’Esprit
De l’autre écarte la crainte, le doute, la peur.
Toi qui porte l’espace comme unique vêtement
Et dont la beauté est l’unique ornement
Dépouille-moi de l’illusion
Dissous tout ce qui en moi divise.
O kâlî, Parfais- moi et mène-moi à l’accomplissement
Toi et moi ne faisons qu’Un, Maman,
Alors révèle Ta véritable essence inséparable du Soi
Déesse aux multiples noms
Lumière de la nuit
Bonheur de Shiva
Je t’implore
Toi qui fais franchir les obstacles
Que Tu as Toi même placés
Ote tout obstacle à ma réalisation
Arrache l’ignorance et les ténèbres
Que jaillisse la connaissance
Toi à qui rien n’échappe
Brise de Ton bâton la coquille qui me retient prisonnière.
Je T offre mon ego,
Bande ton arc et tire. Abats ce menteur
Dévore le, Tue celui qui se prend pour le maître
Et suspend ce cadavre à ton cou
Que ton rugissement fracassant ébranle mon cœur
Et révèle enfin la pure conscience.
De ta bouche ensanglantée avale le devenir
Afin que je demeure dans l’éternel présent
Fais-moi mourir et renaître
Avant la mort, cette initiatrice
Que je ne sois jamais née, effacée
Sans père ni mère, non engendrée
Mort même de la naissance
Née morte et morte née
Libère moi, même de la libération
Mène-moi à l’accès sans accès
Plonge-moi dans le fleuve de l’oubli
Qu’il engloutisse toute histoire personnelle,
Ma propre infirmité.
Fais tomber les masques de ma personnalité
Toutes formes d’imposture
Dénude l’Etre, l’éternel habitant, l’Etreté.
Je T’offre ma dévotion
Transmute là en Foi et Sagesse
O Splendeur immaculée, Mère Adorée
Que Ton nom soit toujours sur mes lèvres
Le jour la nuit dans mes rêves, mon sommeil
Dans mes pensées, dans les instants de labeur
Esprit Suprême
Que Ta présence illumine mon âme
O Toi qui accorde les faveurs à ceux qui Te révèrent
Accorde-moi l’immortalité.
Fais descendre sur moi Ta Grâce
Fais monter en moi Ta Puissance
Pour Toi je brûle le santal, je respire le camphre
Je m’enivre de ton parfum de musc
O Kali je suis émerveillée par Ta radiance
Toi, qui, à l’aube accueille le 1er rayon du soleil
Et qui participe le soir au lever de la lune
Laisse-moi m’absorber en Ta glorieuse manifestation.
Je m’abandonne à la pulsation de Ton cœur divin
Au flux et reflux de tes marées du temps
Je veux t’exprimer toute ma gratitude
O Source de Vie demeure de Joie
Accepte l’offrande du feu de mon Amour
Par Toi avec Toi je veux boire la coupe d’infinitude
Effeuille un à un les pétales de mon cœur
Et fais-moi découvrir le joyau poli par tes kala (1)
Daniele Balland
(1)temps, cycles