Sur les traces de la FOI

Sur les traces de la FOI Cette page est consacrée à notre tour de France de la Foi. Notre mission ?

Révéler l’invisible, capturer ce que personne ne filme, raconter ce que les médias ignorent : la France qui croit, prie et vit sa foi loin des projecteurs

29/01/2026

Chers amis,

Bien plus d'un mois s'est écoulé depuis mon dernier message concernant le tour de France. Un mois d'absence bien involontaire, un mois où le projet du tour de France est resté en suspens, comme ces questions spirituelles que nous repoussons sans cesse, espérant qu'elles trouveront leur propre résolution.

Je vous dois des excuses. À ceux que je n'ai pas encore rappelés, à ceux dont les messages attendent toujours une réponse. Sachez que vous n'avez pas été oubliés. Simplement, la vie a une façon de nous rappeler notre fragilité, nos limites. Quarante frères et sœurs ont déjà manifesté leur souhait de me rencontrer lors de ce périple. Je reprends ma liste là où je l'avais laissée, avec l'humble intention de renouer ces fils un à un et d’appeler ceux que je n’ai pas encore eu d’ici la fin de semaine prochaine.

Le sac à dos est acheté. La carte de France est déployée sur mon bureau, et je la contemple avec un mélange d'anticipation et d'appréhension. Par où commencer ? Cette question, je découvre, ressemble étrangement à celles que nous nous posons face à notre propre foi : comment embrasser quelque chose de si vaste, de si complexe ?

Ces dernières semaines ont clarifié les contours du voyage. Quatre mois de préparation m'attendent encore avant le départ. Quatre mois pour façonner ce tour de France en quelque chose de plus qu'un simple périple géographique. En faire un témoignage vivant de ce que signifie cheminer avec le Christ dans un monde qui a souvent oublié comment écouter.

Ceux qui suivent mes réflexions sur mon profil Facebook auront remarqué que j'évoque de plus en plus les égarements qui affligent nos communautés, les voix discordantes de certains pasteurs qui semblent avoir perdu de vue l'essence même de l'Évangile. Ce tour de France n'a pas pour vocation de devenir une croisade de dénonciation. Ce serait trop simple, et probablement contre-productif. Mais peut-être nos témoignages, nos conversations, notre simple présence peuvent-ils offrir une alternative au bruit assourdissant des réseaux sociaux et des prédications mortifaires qui dominent tant de nos espaces ecclésiastiques.

Notre foi authentique ( imparfaite, questionnante, mais réelle ) constitue notre message le plus éloquent. En nous montrant, en partageant nos doutes autant que nos certitudes, nous affirmons quelque chose d'essentiel : nous n'avons pas abandonné l'Église aux loups qui rôdent. Nous sommes toujours là, malgré tout.

À bientôt,
Philippe

Ps. Navré pour ces petites vidéos générées pas l’intelligence artificielles qui ont quelque chose d'aseptisé, de lissé, qui efface les aspérités qui rendent une rencontre humaine véritablement... humaine. Et pourtant l'essentiel n'est-il pas ailleurs ? Si ces outils, aussi imparfaits soient-ils, parviennent à transmettre un message qui touche, qui éveille, qui ouvre une porte… ne devrions-nous pas mesurer leur valeur à cette aune plutôt qu'à leur degré d'authenticité ? C'est là toute la tension : entre le médium et le message, entre la forme et le fond. Une tension qui, je le réalise, traverse bien des aspects de notre foi elle-même.

La Grâce des petites lumières… Je n'aurais jamais imaginé que la grâce puisse prendre la forme de deux heures quotidienn...
14/12/2025

La Grâce des petites lumières… Je n'aurais jamais imaginé que la grâce puisse prendre la forme de deux heures quotidiennes au téléphone. Pourtant, c'est exactement ce qui m'arrive. Je passe au minimum ( et parfois bien plus ) deux heures à écouter des voix, à tracer des routes. Je découvre que ce que j'avais appelé « mon » tour de France était en train de devenir progressivement « notre » tour de France.

Quarante personnes. Quarante portes ouvertes. Quarante oui prononcés dans le secret de cuisines, de salons, de chambres d'amis que je ne connais pas encore.

Quand j'ai lancé cette idée… était-ce vraiment moi qui l'avais lancée, ou était-ce quelque chose de plus grand qui m'avait traversé ? je ne mesurais pas ce qui allait se passer. J'imaginais frapper à des portes. Ce que je n'avais pas prévu, c'est que derrière chaque porte, une lampe s'allumerait. Pas des projecteurs. Pas des phares aveuglants. Non, de petites lampes, de celles qui tremblent un peu dans le courant d'air mais qui refusent obstinément de s'éteindre.

L'image vient de Matthieu, bien sûr. « On n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau. » Je l'ai lue cent fois, cette phrase. Je l'ai entendue dans des sermons, je l'ai citée dans des conversations. Mais aujourd'hui, je la vois. Je vois ces quarante lampes qui refusent d'être cachées, qui refusent l'invisibilisation.

Nous vivons à une époque où il est plus facile de s'éteindre que de briller. Où le bruit du monde nous invite constamment à baisser la flamme, à nous fondre dans l'obscurité ambiante, à ne surtout pas déranger. Le boisseau n'est plus un objet qu'on pose sur nous de l'extérieur. C'est nous qui le construisons, pierre par pierre, excuse par excuse, peur par peur.

Mais ces quarante personnes ont dit non.

Elles ont dit oui à l'hospitalité, ce qui revient à dire non à l'invisibilité. Elles ont accepté d'être des lueurs d'espoir dans ce que les anciens prophètes auraient appelé « la nuit du pays ». Je pense à ces sentinelles dont parle l'Écriture, debout sur les remparts, les yeux fixés sur l'horizon, guettant le danger que personne d'autre ne voit encore. Elles vacillent parfois, ces petites veilleuses. Le vent de la fatigue, du doute, de la solitude menace de les éteindre. Mais elles tiennent.

Elles savent, ces sentinelles, que leur présence change tout. Qu'une seule lampe qui refuse de s'éteindre peut faire la différence entre l'ordre et le chaos, entre l'espoir et le désespoir. Elles savent que leur vigilance... cette attention bienveillante et têtue au monde qui les entoure n'est pas optionnelle. Elle est essentielle.

Ce qui me frappe le plus, dans cette histoire qui s'écrit jour après jour, c'est la fraternité. Pas celle des grands discours ou des déclarations solennelles. Non, celle qui se dessine au fil des appels téléphoniques, des « oui, passe quand tu veux », des « on te prépare une chambre ». Une fraternité qui se conjugue au présent de l'indicatif, dans les gestes concrets et les portes qui s'ouvrent.

Merci pour ces petites sentinelles qui acceptent d'être visibles.
Merci pour cette fraternité qui refuse le boisseau.
Merci pour moi, qui reçois bien plus que je ne donne.
Merci pour nous, qui découvrons que nous sommes plus nombreux que nous le pensions.
Merci pour eux, pour tous ceux qui verront ces lumières et qui oseront peut-être, eux aussi, sortir de l'ombre.

11/12/2025

Mon Chemin d'Emmaüs : À la Rencontre de mes Frères… Quand j'ai décidé de partir faire le tour de France pour rencontrer mes frères et sœurs en Christ, quelqu'un m'a dit : "Tu pars pour Emmaüs."

J'ai souri. Parce que personne ne sait vraiment où se trouvait Emmaüs. Les archéologues débattent encore. C'est une destination qui n'existe pas vraiment sur une carte. Exactement comme mon voyage… je pars vers "la communauté", vers "mes frères et sœurs", des concepts plus que des coordonnées GPS.

# Partir de l'éloignement :
Voici quelque chose que j'ai découvert : dans certains manuscrits anciens, Emmaüs s'écrit "Oulammaüs" un nom qui signifie "la porte de l'éloignement" ou "le portique du défaut".

C'est exactement de là que je pars. Nous vivons à une époque d'éloignement. Les chrétiens sont isolés les uns des autres, enfermés dans leurs propres communautés. Comme les deux disciples quittant Jérusalem après la crucifixion, submergés par leur déception, nous sommes parfois en déroute.

Mais voici la bonne nouvelle : même quand nous marchons dans la mauvaise direction, Dieu nous rejoint et fait route avec nous. C'est ce que m'a enseigné l'histoire d'Emmaüs. Le Christ était là, marchant avec les disciples, même s'ils ne le reconnaissaient pas.

Mon voyage n'est pas une mission pour apporter le Christ aux autres. C'est un voyage pour découvrir qu'il est déjà là, qu'il marche déjà avec mes frères et sœurs partout en France.

La Présence dans la rencontre :
Comment le Christ se rend-il présent ? Luc est précis : il apparaît dans leur discussion et leur recherche commune.

C'est exactement ce que j'espère vivre sur les routes. Dans chaque conversation, dans chaque repas partagé, dans chaque moment où nous raconterons nos histoires de foi… nos doutes, nos découvertes, nos blessures… le Christ sera là, présent entre nous.

Jésus l'a dit : "Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d'eux." Sur chaque étape, quand je rencontrerai mes frères et sœurs, il sera là.

# Le Pain partagé :
Les disciples ne reconnaissent Jésus qu'au moment de la fraction du pain. C'est au moment du repas partagé qu'ils réalisent soudain que cette présence est vraiment une nourriture pour eux.

J'anticipe ces moments : les tables dressées, le pain rompu ensemble. "Reste avec nous, le soir approche", disent les disciples. C'est ce que nous nous dirons les uns aux autres. "Ne pars pas encore. Parlons davantage. Mangeons ensemble."

Quand ils découvrent que cette présence les nourrit, tout change pour les disciples. Ils cessent de fuir. Ils retournent vers la communauté. Ils deviennent témoins.

C'est mon espoir : que chaque rencontre nous transforme tous, que nous cessions de fuir dans nos isolements, que nous retournions vers la communion.

# Partir et revenir :
Voici quelque chose d'étrange : au moment où les disciples reconnaissent Jésus, il disparaît.

Cela m'a dit quelque chose sur mon voyage. Après chaque rencontre, je devrai repartir. Mon départ, comme celui du Christ à Emmaüs, est nécessaire pour que chacun devienne à son tour un marcheur, un témoin.

Je repense aux anges de l'échelle de Jacob, montant et descendant entre le ciel et la terre. C'est exactement ce que sera ce tour : un mouvement de va-et-vient. J'arriverai, je recevrai l'hospitalité, les histoires, la présence du Christ dans mes frères et sœurs. Puis je repartirai, emportant cette richesse vers la prochaine étape. Donnant et recevant, toujours en mouvement.

# La Route m'appelle :
Je pense à ces deux disciples sur le chemin d'Emmaüs… une ville qui n'existe pas sur une carte, mais qui existe dans nos vies. Ce chemin vers nulle part, cette marche dans l'éloignement.

L'histoire me dit que nous ne marchons pas seuls. Le Christ marche avec chacun de mes frères et sœurs que je vais rencontrer. Il marche avec moi sur les routes. Et dans chaque rencontre, il se révélera entre nous.

Je ne sais pas exactement où je vais. Mais je sais que je vais vers mes frères et sœurs. Je vais vers ces moments où nos cœurs brûleront et où nous dirons : "N'était-il pas là avec nous sur la route ?"

Mon tour de France est un chemin d'Emmaüs. Je ne connais pas encore la route. Mais je sais qui marche déjà à mes côtés, qu'il me faudra apprendre à reconnaître dans chaque visage, dans chaque conversation, dans chaque pain partagé.

Le voyage commence. Et quelque part sur un chemin, mes frères et sœurs marchent aussi, peut-être vers leur propre Emmaüs. Peut-être que nos chemins se croiseront. Peut-être que nous marcherons ensemble un moment, partageant nos histoires.

Et peut-être qu'un soir, alors que le jour décline, nous nous dirons : "Reste avec nous."

Et dans ce moment simple, nos yeux s'ouvriront.
C'est ce pourquoi je pars.

Quand les Prières se Répondent… Hier, pendant notre temps de prière commune, j'ai cessé d'écouter les mots individuels. ...
08/12/2025

Quand les Prières se Répondent… Hier, pendant notre temps de prière commune, j'ai cessé d'écouter les mots individuels. Je me suis surpris à écouter l'ensemble, la mélodie qui émergeait de toutes ces voix mélangées.

Normalement, dans une prière collective sans coordination, chacun joue sa propre partition. Nelly prie pour ses préoccupations, Patricia pour les siennes, Nadine pour autre chose encore. Personne ne s'occupe vraiment de ce que dit l'autre. Chacun est seul avec Dieu, même au milieu des autres. C'est du moins ce que je pensais.

Mais après quelques minutes d'écoute, j'ai remarqué quelque chose d'étrange.

Les mots de l'une s'assemblaient naturellement avec les mots de l'autre. Un fragment de la prière de Nelly complétait une phrase de Nadine. Le verbe prononcé par Sylvie trouvait son sujet dans les mots de Patricia. Ensemble, sans le savoir, elles formaient des phrases complètes. Une seule prière cohérente émergeait de leurs voix indépendantes.

Même les bruits des enfants semblaient participer à cette harmonie inattendue.

Ce qui naissait là dépassait largement ce que chacune priait individuellement. Le sens qui se créait n'appartenait à personne en particulier, mais il était bien réel.

C'est alors que cette parole familière m'est revenue : "Si deux ou trois s'assemblent en mon nom..." J'ai toujours compris cela comme un accord d'intentions, une unité de pensée. Mais peut-être s'agit-il de quelque chose de plus profond.

Peut-être que l'accord véritable n'est pas d'abord dans nos têtes, mais dans nos cœurs. Quand nos cœurs s'orientent ensemble vers Dieu avec la même soif, la même sincérité, quelque chose qui nous dépasse se produit. Nos prières fragmentées deviennent une offrande unifiée dont nous ne percevons que l'écho.

Nous croyons prier seuls, ensemble. En réalité, Dieu tisse nos prières individuelles en quelque chose que nous ne pourrions jamais créer seuls.

J'ai continué à prier, mais différemment. Je n'étais plus seulement en train de parler à Dieu. Je participais à une conversation bien plus grande, dont je ne saisissais pas toute la portée, mais dont je faisais partie.

Et soudain, j'ai compris ce que serait mon voyage.

Ce tour de France qui m'attend… quatre mois à aller de l'un à l'autre de mes frères et sœurs, ressemblera exactement à cette prière commune. Je passerai d'une maison à l'autre, d'une conversation à l'autre, d'une histoire à l'autre. Chacun me partagera sa prière, sa portion de vie, son fragment de foi. Sur le moment, ces rencontres me sembleront distinctes, séparées. Des mots isolés dans un long voyage.

Mais peut-être que Dieu est en train de composer quelque chose que je ne verrai qu'à la fin.

Peut-être qu'au fil des rencontres, les mots de Marie se relieront aux préoccupations de Thomas. Que la question posée par Anne trouvera sa réponse dans le témoignage de Jacques, trois semaines plus t**d. Que les joies, les doutes, les espoirs de chacun s'assembleront comme les pièces d'un puzzle dont je ne possède pas encore l'image finale.

Pendant quatre mois, je collerai mon oreille contre le cœur de l'Église. J'écouterai les prières individuelles. Mais ce que j'entendrai vraiment… ce que Dieu me permettra peut-être d'entendre… c'est la prière collective qui émerge de toutes ces voix. Une prière que personne ne formule seul, mais que tous forment ensemble.

Ce ne sera qu'à la fin du voyage, quand j'aurai parcouru tout le cercle, que le sens se révélera. Comme hier soir, quand j'ai fermé les yeux et entendu la symphonie naître du chaos apparent. Ce qui semble fragmenté aujourd'hui prendra sa cohérence demain.

Je ne pars pas collecter des histoires individuelles. Je pars écouter une seule grande prière, prononcée par de nombreuses bouches, tissée par de nombreux cœurs.

Et je commence à peine à comprendre que je ne serai pas seulement l'auditeur de cette prière. J'en serai aussi l'une des voix.

07/12/2025

Le Silence qui parle : Un voyage au cœur de la Foi… Il y a quelque chose d'étrangement prophétique à vouloir rendre visible l'invisible. Nous vivons à une époque où tout est filmé, commenté, diffusé et pourtant, certaines réalités demeurent obstinément absentes de nos écrans. La France qui prie. La France qui croit. Non pas la France des cathédrales-musées ou des débats télévisés sur la laïcité, mais celle des croyants ordinaires dont la foi transforme silencieusement leur quotidien.

C'est précisément cette France-là que nous voulons rencontrer. Pas pour la capturer car peut-on vraiment capturer la foi ? mais pour marcher à ses côtés, écouter ses histoires, témoigner de sa présence discrète mais réelle. Un Tour de France de la foi, si vous voulez, mais sans le triomphalisme du podium. Plutôt une longue promenade contemplative à travers un paysage spirituel que personne ne prend le temps de cartographier.

L'invisibilité médiatique des communautés de foi n'est pas un accident. Elle révèle quelque chose de plus profond sur notre culture : notre difficulté collective à reconnaître ce qui ne crie pas, ce qui ne manifeste pas, ce qui ne revendique rien. Et si ce projet était simplement une tentative de rétablir l'équilibre ? De dire : "Regardez, voici des gens ordinaires qui vivent quelque chose d'extraordinaire. Leurs histoires méritent d'être racontées."

# Les questions qui dérangent :
Mais voilà : toute tentative de révéler l'invisible comporte ses propres dangers. J'ai appris, au fil des années, qu'il faut se méfier des bonnes intentions quand elles rencontrent les caméras. Le paradoxe est troublant : plus nous essayons de montrer l'authenticité, plus nous risquons de la transformer en quelque chose d'autre.

La première question devrait nous arrêter net : "Ne sommes-nous pas en train de créer un nouveau spectacle ?" Car c'est bien là le piège. Nous vivons dans une culture où tout devient performance, où même l'authenticité se met en scène. Documenter la foi, même avec les meilleures intentions du monde, ne risque-t-il pas de la transformer en production ? Le témoignage spontané, une fois capté par une caméra, reste-t-il vraiment spontané ?

Les médias ne sont jamais neutres. Ils façonnent ce qu'ils prétendent simplement refléter. Une interview n'est pas une conversation. Un documentaire n'est pas la vie. Entre la réalité et ce qui apparaît à l'écran, il y a toujours cette distance, cette trahison subtile que l'image impose à l'expérience humaine. Peut-on vraiment filmer quelqu'un en prière sans violer quelque chose de sacré ? Peut-on montrer la foi sans la dénaturer ?

J'ai vu trop de moments saints réduits en clips inspirants, trop de larmes authentiques transformées en "contenus émotionnels". Et chaque fois, quelque chose d'essentiel se perd dans la traduction.

# Le piège de la preuve :
Il y a aussi cette tentation subtile, présente dans tout projet de grande envergure : vouloir prouver quelque chose. "Regardez, la foi française est vivante !" Mais la foi a-t-elle besoin d'être prouvée ? N'est-ce pas justement là où commence le malentendu ?

La vérité de la foi ne se mesure pas au nombre de témoignages collectés ni à la visibilité médiatique obtenue. Elle se vit dans l'intimité d'une conscience devant Dieu, loin de toute comptabilité et de toute stratégie de communication. Vouloir "amplifier une voix" ou "prouver au monde entier" n'est-ce pas, malgré nous, adopter la logique même que nous cherchons à contester ?

La foi authentique se distingue précisément par sa résistance à la massification. Elle est irréductiblement personnelle, singulière, unique. Chaque croyant vit sa propre histoire avec Dieu, et cette histoire ne peut être réduite à une donnée statistique dans un grand portrait collectif. Le danger serait de créer, sans le vouloir, une nouvelle forme de conformisme… cette fois-ci, le conformisme du "témoignage authentique" calibré pour le documentaire.

Je me souviens d'une femme que j'avais rencontrée il y a des années. Sa foi était profonde, vibrante, transformatrice. Mais quand je lui ai demandé si elle accepterait de partager son histoire publiquement, elle a secoué la tête. "Ce qui compte le plus ne peut pas être dit", m'a-t-elle répondu. Et elle avait raison.

# La voie étroite :
Alors, faut-il renoncer ? Abandonner tout projet qui utilise des outils médiatiques pour parler de foi ? Je ne crois pas que ce soit la conclusion. Mais peut-être faut-il marcher sur un chemin plus étroit, plus exigeant que prévu.

Quand ce projet verra le jour, il devra cultiver une humilité radicale. Reconnaître d'emblée ses limites. Accepter que la caméra ne captera jamais l'essentiel. Que les meilleures histoires resteront peut-être hors-champ. Que le silence entre deux phrases contient souvent plus de vérité que les paroles prononcées.

Il faudra aussi une éthique de l'écoute qui dépasse largement le professionnalisme journalistique habituel. Non pas extraire des "témoignages" comme on extrait des minerais, mais véritablement rencontrer des personnes. Être prêt à éteindre la caméra quand le moment devient trop intime. Respecter ce qui doit rester caché. Comprendre que certaines expériences spirituelles ne sont pas faites pour être partagées publiquement.

Et surtout, il faudra résister à la tentation du grand récit mobilisateur. La foi française n'est pas une armée qu'on rassemble pour une bataille médiatique. Elle est une constellation de vies individuelles, chacune avec ses doutes, ses contradictions, ses moments de grâce et ses nuits obscures. Le portrait le plus fidèle sera peut-être celui qui accepte la fragmentation, l'incomplétude, le mystère.

# Le paradoxe de la visibilité :
Voici ce qui me trouble : nous voulons rendre visible ce qui a choisi l'invisibilité. Car pour beaucoup de nos frères et soeurs discrets, leur anonymat n'est pas un accident… c’est un choix spirituel. Ils ont compris quelque chose que notre culture a oublié : que la valeur d'une vie ne se mesure pas à sa visibilité.

Jésus lui-même a souvent demandé le silence après ses miracles. Paul parle d'une sagesse cachée, d'un trésor dans des vases d'argile. Il y a dans la tradition chrétienne une longue histoire de discrétion, de retrait, de refus du spectacle. Vouloir mettre ces vies en lumière, n'est-ce pas trahir leur sagesse même ?

Et pourtant. Il y a aussi dans cette même tradition l'appel à être "lumière du monde", à ne pas cacher sa lampe sous le boisseau. Il y a la valeur du témoignage, de la communion des saints, du corps de Christ qui se reconnaît et s'encourage mutuellement. Comment tenir ensemble ces deux vérités apparemment contradictoires ?

Peut-être que la réponse se trouve dans l'intention. Filmer non pour glorifier, mais pour honorer. Montrer non pour prouver, mais pour connecter. Raconter non pour convaincre, mais pour accompagner. Nuances subtiles, certes, mais qui font toute la différence entre la propagande ( même bienveillante ) et le véritable témoignage.

# Une dernière question :
Voici peut-être la question la plus difficile : pourquoi filmer ? Pourquoi ne pas simplement marcher, écouter, et laisser ces histoires vivre uniquement dans la mémoire de ceux qui les auront entendues ? Il y a une forme de pureté dans l'effacement, dans le témoignage qui ne cherche pas à se perpétuer.

Mais il y a aussi, je l'admets, une valeur dans la mémoire collective, dans la reconnaissance mutuelle, dans le simple fait de dire à quelqu'un : "Ton histoire compte. Ta foi discrète n'est pas invisible à tous." Peut-être que ce projet trouvera sa justification non pas dans les images qu'il produira, mais dans les rencontres qu'il rendra possibles, dans les moments de grâce partagée qui auront lieu le long du chemin.

Si nous marchons, écoutons et filmons, ce ne devrait pas être pour construire un monument à la gloire de la foi française. Mais peut-être, plus modestement, pour créer des ponts. Pour rappeler à des croyants isolés qu'ils ne sont pas seuls. Pour suggérer aux sceptiques qu'il existe des formes de foi qui échappent aux caricatures.

À condition, toujours, de rester vigilants. À condition de ne jamais oublier que la caméra déforme autant qu'elle révèle. À condition de cultiver cette liberté critique… cette capacité à remettre en question nos propres méthodes, nos propres motivations, nos propres certitudes.

# Le courage de l’humilité :
J'ai appris une chose au fil des années passées à écrire sur la foi : les projets les plus ambitieux sont rarement les plus fidèles. Parfois, la vérité se trouve dans les interstices, dans ce qui échappe au cadrage, dans le visage qu'on n'a pas eu le temps de filmer.

Le vrai défi n'est pas technique mais spirituel. Il ne s'agit pas de savoir comment filmer la foi, mais si nous sommes capables de l'approcher avec assez de respect, d'humilité et d'amour pour ne pas la trahir. C'est un pari risqué. Peut-être même impossible.

Mais voici ce qui me donne espoir : si nous acceptons dès le départ que nous échouerons… que nous ne capturerons jamais l'essentiel, que notre portrait restera toujours incomplet, que nos meilleures images ne seront que des ombres de la réalité… alors peut-être, justement, nous avons une chance de créer quelque chose de vrai.

Ce ne sera pas le "plus grand projet de storytelling religieux jamais réalisé en France". Ce sera plus modeste et plus précieux : une collection de moments fragiles, de paroles hésitantes, de silences éloquents. Une invitation à regarder autrement. Une fenêtre entrouverte sur des vies que nous aurions autrement ignorées.

Et si cela peut encourager ne serait-ce qu'un seul croyant isolé, s'il cela peut ouvrir le cœur d'un seul sceptique sincère, si cela peut nous rappeler à tous que la foi française existe autrement que dans nos caricatures mutuelles… alors peut-être que le risque en vaut la peine.

Pourvu qu'on le tente les yeux grands ouverts, conscients de nos limites, prêts à éteindre la caméra quand le sacré l'exige, et toujours, toujours, en nous souvenant que ce que nous filmons est infiniment moins important que ceux que nous rencontrons en chemin.

04/12/2025

Le Chemin se dessine au fil des appels… Mireille. Ann. Fabrice. Ludovic. Anne-Marie. Mikael. Yves. Daniel. Laetitia. Mireille encore. Pierre. Carine. Samuel. Demain encore. Georges. Agnès. Margot. Sylvie. Olivier. Romain… Les noms s'accumulent dans mon téléphone comme autant de jalons plantés sur une carte que je ne cesse de redessiner. Chaque soir, je compose un numéro et lentement, appel après appel, un itinéraire se construit. Non pas tracé d'avance sur du papier glacé, mais tissé dans le vivant, dans l'imprévisible, dans ce que je n'aurais jamais pu planifier seul.

C'est ainsi que se dessine mon tour de France. Pas à coups de décisions stratégiques prises dans le silence d'un bureau, mais à travers ces conversations téléphoniques qui, bout à bout, deviennent un chemin. Un chemin vers des visages. Un chemin vers des histoires. Un chemin vers des présences qui s'entrelacent maintenant avec la mienne d'une manière que je n'avais pas anticipée.

Je pensais peut-être ( naïvement, je l'avoue ) que suivre le Christ ressemblerait davantage à une retraite monastique. Quelque chose de calme, de contemplatif, des certitudes solides posées comme des pierres sur un sentier bien balisé. Au lieu de cela, je me retrouve chaque jour au téléphone, construisant pièce par pièce un parcours qui n'existe que parce que ces frères et soeurs… Mireille, Samuel, tous les autres… acceptent de m'ouvrir leur porte.

Et c'est là, dans cette construction quotidienne et un peu chaotique, que j'ai commencé à comprendre quelque chose que j'avais pourtant entendu des centaines de fois : "Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie."

Pendant des années, ces mots de Jésus m'ont impressionné par leur majesté, leur gravité. Je les respectais. Je les révérais même. Mais je ne suis pas certain de les avoir vraiment compris. Que voulait-il dire, exactement ? Qu'il était une doctrine à suivre ? Une série de principes à appliquer ? Une destination à atteindre au terme d'un long voyage spirituel ?

Non. Pas exactement.

Parce que le Chemin, je le découvre maintenant, ce n'est pas seulement Jésus dans l'absolu théologique. C'est aussi Jésus dans le concret : ces appels que je passe, ces rendez-vous que je fixe, ces kilomètres que je parcourrai pour aller à la rencontre de Mireille, puis d'Ann, puis de Fabrice. Le Chemin, c'est ce mouvement perpétuel qui me fait sortir de moi-même, qui trace des lignes sur la carte et dans mon cœur, qui me conduit vers des personnes que je n'aurais jamais rencontrées autrement.

Être chrétien, j'en viens à comprendre, ce n'est pas avoir toutes les réponses. C'est accepter les questions. Ce n'est pas atteindre un plateau de certitude spirituelle d'où l'on pourrait contempler le paysage avec satisfaction. C'est continuer à grimper, à trébucher parfois, à se relever, à avancer… avec Daniel et Laetitia, avec tous ces compagnons de route dont je ne soupçonnais pas, il y a quelques mois encore, qu'ils croiseraient mon chemin.

Quelle grâce, ces rencontres. Quelle merveille, ce mouvement perpétuel qui me sort de mes plans bien ordonnés et me plonge dans l'aventure désordonnée de la fraternité humaine. Quelle chance de découvrir que le Chemin n'est pas solitaire, que la Vérité se partage dans la conversation plutôt que dans l'étude silencieuse, et que la Vie se multiplie dans la communion bien plus qu'elle ne se protège dans l'isolement.

Demain encore, je tracerai sur la carte mon itinéraire. Je passerai des appels. J'envisagerai des horaires. Je chercherai comment aller de Georges à Agnès, puis à Margot. Et je ne sais pas exactement où tout cela me mène.
Mais je sais avec qui je marche.
Et cela change tout.

01/12/2025

Nous avons le plaisir de vous présenter un projet inédit et profondément humain : un Tour de France à la rencontre des frères et sœurs chrétiens, un pèlerinage spirituel et médiatique qui révèlera ce que l’on ne voit pas toujours dans nos paysages contemporains. En pleine période de déchristianisation et de sécularisation, ce voyage propose une immersion dans la foi vécue au quotidien, discrète mais vivace.

Cartographier la grâce… Les détails d'un tel voyage ne se révèlent jamais d'un seul coup. Ils émergent plutôt comme une ...
29/11/2025

Cartographier la grâce… Les détails d'un tel voyage ne se révèlent jamais d'un seul coup. Ils émergent plutôt comme une photographie dans un bain de développement… d'abord flous, puis de plus en plus nets à mesure que la lumière fait son œuvre.

C'est ainsi que ce voyage « sur les traces de la foi » prend forme. J’ai commencé à esquisser quelque chose qui ressemble à un itinéraire. Une carte rudimentaire, si vous voulez, de ce qui deviendra ce tour de France d'un genre particulier.

Pour l'instant, tout reste fluide. Les dates sont approximatives, les contours encore malléables. C'est une ébauche plutôt qu'un plan définitif. Un canevas sur lequel la Providence, j'ose l'espérer, continuera de broder ses propres surprises. Mais au moins, je peux désormais entrevoir dans quelle région je me trouverai à tel ou tel moment, comme un voyageur qui commence enfin à distinguer les montagnes à l'horizon.

Il y a quelque chose d'humble et d'approprié dans cette incertitude organisée. Après tout, les pèlerinages de foi ont toujours comporté leur part d'improvisation. Abraham lui-même est parti sans connaître sa destination exacte. Peut-être que cette élasticité dans la planification n'est pas un défaut, mais une posture… une façon de laisser de la place à ce qui ne peut être programmé.

Voici donc les dates approximatives par région :

- Du 26 mai au 06 juin : Île-de-France
- Du 07 juin au 16 juin : Hauts-de-France
- DU 17 juin au 26 juin : Grand Est
- Du 27 juin au 06 juillet : Bourgogne-Franche-Comté
- Du 07 juillet 16 juillet : Auvergne-Rhône-Alpes
- Du 17 juillet au 27 juillet : Provence-Alpes-Côte d'Azur
- Du 28 juillet au 06 aout : Occitane
- Du 07 aout 16 aout : Nouvelle-Aquitaine
- Du 17 aout au 26 aout : Centre-Val de Loire
- Du 27 aout au 05 septembre : Pays de la Loire
- Du 06 septembre au 14 septembre : Bretagne
- Du 15 septembre au 24 septembre : Normandie

Un mot de gratitude s'impose ici. Vos messages, vos invitations chaleureuses sont comme autant de balises lumineuses jalonnant la route. Je vous en suis profondément reconnaissant. Et à ceux d'entre vous, frères et sœurs, que je n'ai pas encore appelés, je vous demande votre patience et votre grâce. Cette préparation exige plus de temps que je ne l'avais anticipé… une leçon d'humilité en soi. Je me suis imposé un rythme de deux appels par jour, conscient de mes propres limites, conscient aussi que chaque conversation mérite davantage qu'un simple cochage de case sur une liste.

Je vous contacterai bientôt. Très bientôt. Car ce voyage ne prendra tout son sens que dans nos rencontres, dans ces moments où nous pourrons ensemble imaginer ce que notre temps partagé pourrait devenir. C'est là, finalement, que le véritable « pèlerinage » commence… non pas dans la planification solitaire, mais dans la communion.

Adresse

25 Rue De Verdun
Bonsecours
76240

Notifications

Soyez le premier à savoir et laissez-nous vous envoyer un courriel lorsque Sur les traces de la FOI publie des nouvelles et des promotions. Votre adresse e-mail ne sera pas utilisée à d'autres fins, et vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Contacter Le Lieu De Culte

Envoyer un message à Sur les traces de la FOI:

Partager