20/04/2024
2 Corinthiens 1 : 1-9, Être consolé pour consoler
Par le Pasteur Emmanuel Mbiene
Pourquoi la souffrance dans nos vies ? Pourquoi mon enfant a-t-il tel problème ? Pourquoi cette injustice ? Dieu ne répond pas à toutes nos questions. Job n’a reçu de Dieu aucune explication. C’est plutôt lui qui s’est fait bombarder de questions : « Où donc te trouvais-tu quand je fondais la terre ? (…) T’es-tu fait une idée des dimensions du monde ? (…) Connais-tu les lois du ciel ? (Job 38 : 4,18). Joseph en Egypte, ne savait pas pourquoi il devait croupir en prison. C’est seulement plus t**d qu’il a compris le plan de Dieu. L’apôtre Paul a beaucoup souffert. A-t-il toujours compris la raison ? L’important c’est qu’il pouvait louer Dieu, comme il l’a fait au verset 3. Comment comprendre ? Paul pouvait bénir Dieu dans le contexte de ses afflictions. Dieu ne nous explique pas tout, mais l’important c’est qu’il nous donne sa consolation. Pourquoi la souffrance ? D’abord c’est l’occasion de goûter à la consolation de Dieu, et ensuite c’est un appel à devenir porteur de cette consolation auprès d’autres qui souffrent.
Notre texte nous rappelle que nous sommes consolés pour pouvoir consoler à notre tour. Notre Dieu est le Dieu de toute consolation, il nous console dans toutes nos afflictions, afin que nous puissions consoler ceux qui ont toute sorte d’afflictions. L’apôtre Paul bénit son Dieu. Il a de bonnes raisons pour louer Dieu et nous raconte l’expérience très pénible qui lui est arrivée. « C’est lui aussi qui vous affermira jusqu’à la fin pour que soyez irréprochables le jour de notre Seigneur Jésus-Christ ». Paul en avait vu d’autres, mais là, c’était au-dessus de ses forces, il était même résigné à mourir. Et voilà qu’il commence sa lettre en bénissant Dieu. Paul parle par expérience. Il a goûté à la compassion de son Père. Il a reçu la consolation de son Dieu. Cette consolation a produit un effet puissant dans son être, à tel point qu’après la tourmente, son cœur déborde d’adoration.
Le mot « consoler » signifie se tenir à côté de quelqu’un pour l’encourager et le fortifier dans sa peine. Dieu est venu à nos côtés en Jésus-Christ pour nous consoler, nous encourager dans nos plus grandes peines. Jésus a été tenté comme nous le sommes, il a souffert plus que nous, il compatit. Il sait ce que nous vivons. Il connaît nos luttes. Il a souffert pour ôter la culpabilité de nos péchés. Par ses souffrances, nous sommes pardonnés. Nos souffrances deviennent alors une occasion de recevoir sa consolation.
Dans les versets 3 à 7, Paul utilise dix fois les mots « consoler » et « consolation ». Son cœur est débordant de cette consolation reçue d’en haut. Le message est clair : tout enfant de Dieu affligé a la promesse d’une profonde consolation. Dieu ne nous abandonne pas à nos peines. Il ne nous prive pas de son secours. Ceux pour qui Jésus est mort reçoivent le soutien de son Esprit et de sa Parole.
Comment rechercher cette consolation ? En lui faisant confiance. Paul dit au verset 9 : « Dieu est fidèle, lui qui vous a appelés à vivre en communion avec son Fils, Jésus-Christ notre Seigneur ». Paul s’est abandonné à Dieu et Dieu l’a consolé. Pour vraiment goûter à la consolation, il faut cesser de critiquer les voies de Dieu. Il faut lui laisser la direction de nos vies et faire confiance en Dieu seul. Si nous résistons à la volonté de Dieu, si nous sommes toujours mécontents de lui, nous serons très peu disposés à recevoir sa consolation. Cette consolation est reçue par la foi au Seigneur Jésus et par son Esprit. Il nous donne la paix intérieure, qui surpasse toute compréhension. Comment expliquer cette paix ? Aucun raisonnement humain ne peut expliquer la consolation divine. Comment expliquer la paix au milieu d’une souffrance ? Comment expliquer les chants de louange au milieu d’une tristesse ? La consolation est un miracle que Dieu produit dans nos cœurs. Oui béni soit le Père compatissant et le Dieu de toute consolation !
Est-il le Dieu de quelques consolations ? Non, il est le Dieu de toute consolation ! La consolation vient de Dieu seul, par Jésus seul. N’en cherchons pas d’autres. Ne cherchons pas nos consolations dans le garde-manger, dans l’alcool, dans la drogue, dans la pornographie, dans les loisirs, dans le travail incessant, dans les techniques de méditation. Tous ces moyens essaient de nous faire oublier nos souffrances, sans jamais y arriver. La seule vraie consolation est celle qui nous est offerte par le Seigneur Jésus. Il nous la donne par sa Parole et par son Esprit. Recevons-la par la foi, en lui faisant confiance dans nos difficultés.
Souvent, quand nous souffrons, nous avons tendance à être mécontents ou à nous retirer, peu disposés à adorer Dieu. Et pourtant, quand nous souffrons, c’est l’occasion de recevoir sa consolation. Ça devrait nous motiver à venir ensemble adorer Dieu et bénir le Dieu de toute consolation. Nous arrive-t-il d’être moins disposés à l’adorer parce que nous passons par une phase difficile ? Alors, posons-nous la question : ai-je reçu la consolation que Dieu me promet ? Est-ce que je la recherche activement ? En recevant par la foi le cadeau de sa consolation, nous viendrons à nouveau l’adorer le cœur apaisé. Il nous console dans toutes nos afflictions. Non seulement la vraie consolation se trouve en Dieu seul par son Fils Jésus-Christ, mais ce Dieu, nous dit Paul : « nous console de toutes nos afflictions ». Dieu nous console dans toutes nos afflictions. Peu importe la souffrance que nous traversons, il existe une consolation divine. C’est certain que les chrétiens de Corinthe pouvaient recevoir les mêmes consolations. Les chrétiens d’aujourd’hui peuvent recevoir encore les mêmes consolations. Pourquoi ? Parce que nous sommes branchés à la même source. Le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, est aussi notre Père céleste. Le Père compatissant et le Dieu de toute consolation.
Peut-être dirions-nous : « Oui, dans toute la liste des souffrances de Paul, je ne vois pas celle dont, je souffre en ce moment. Dieu a-t-il vraiment une consolation pour moi, dans ma situation particulière ? ». Il nous arrive de penser : « Ma douleur est pire que tout, je ne pourrai jamais trouver d’apaisement. C’est vrai que Paul n’a pas souffert toutes les gammes de nos souffrances. Il en existe d’autres. Des problèmes de santé, des tensions conjugales, le stress de la vie moderne. Mais disons-le-nous, pour quelle souffrance Dieu n’a-t-il pas de consolation en réserve ? A quelle douleur Jésus ne peut-il pas compatir, lui qui a souffert tellement plus que nous, lui qui a souffert pour nous ? Voici la promesse : le Dieu de toute consolation nous console dans toutes nos afflictions, sans exception. Recherchons-la, recevons-la par la foi, afin de bénir Dieu encore.
Afin que nous puissions consoler ceux qui ont toute sorte d’afflictions. Les souffrances et les consolations de Paul avaient pour but la consolation de ses frères et sœurs en Jésus-Christ qui souffraient eux aussi. Nous ne sommes pas l’apôtre Paul, bien sûr. Nous n’avons pas souffert toutes les afflictions qu’il endurées. Nous n’avons pas reçu la même mission que lui d’encourager toutes les Églises de l’Empire romain. Mais nous avons le même Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, la même foi qui nous unit, la même connaissance du Père compatissant et du Dieu de toute consolation. Quand nous souffrons, Dieu nous console, nous aussi, et quand Dieu nous console, nous devenons, à notre tour, des agents de consolation. Être consolés afin de pouvoir consoler.
Si nous avons déjà été consolés par Dieu dans nos souffrances, nous sommes capables d’en consoler d’autres avec la vraie consolation du Christ. C’est devenu notre mission. On ne peut pas seulement recevoir les consolations de Dieu pour soi-même et pour son bien-être personnel. Ça doit déborder vers les autres. Être consolé pour aller consoler. Quand nous souffrons, sommes-nous prêts à recevoir humblement la consolation d’un frère ou d’une sœur dans la foi ? Nous entendons parfois ce genre de remarque : « Tu ne peux pas comprendre ma souffrance, tu n’es pas passé par-là, tu n’as aucune idée, tu ne peux pas m’aider ». Faisons attention ! une telle attitude nous coupe de la communion fraternelle dans la communauté ! Elle nous garde isolé dans nos problèmes personnels. Est-il vrai que pour aider quelqu’un qui souffre, il faut nécessairement être passé par la même souffrance ? « Pourquoi est-ce que je dois souffrir ? ». Parce qu’il y a dans l’église d’autres personnes qui vivent aussi des difficultés et qui ont besoin de notre aide. Dans notre souffrance, Dieu nous promet sa consolation, pour que nous soyons capables ensuite d’aider une personne autre. Quand on souffre, il est facile de se renfermer sur soi-même, en attendant que les choses aillent mieux. Notre souffrance devient alors une excuse pour rester isolés des autres. Ça se comprend, mais c’est très malsain. Non seulement nous perdons l’occasion d’être aidé par les autres, en plus nous perdons l’occasion d’être, à notre tour, utilisés par Dieu pour consoler d’autres. Nous ne pouvons pas tous devenir pasteur, missionnaires, anciens ou diacres, mais nous pouvons tous devenir des consolateurs. Avons-nous besoin d’un don spécial ? Non, nous avons seulement besoin d’être à l’école de Dieu. Que nous faut-il pour consoler une personne qui souffre ? Avoir connu la souffrance et avoir reçu la consolation de Dieu. C’est tout. Nous pouvons tous consoler les autres.
Pour ce qui est des cœurs brisés à consoler, on en trouve tout auprès de nous : des personnes seules, des gens dépressifs, des handicapés, des malades, des détresses de toute sorte, la liste est longue. Que veut dire le mot « consoler » ? Il veut dire, se tenir à côté de quelqu’un, pour l’encourager dans sa peine. Pas besoin de grands mots savants ou de phrases bien tournées. Il suffit d’être à côté. Écouter quelqu’un pleurer, compatir avec, lui ou elle. Lui lire un verset qui nous a déjà encouragé, prier avec la personne. Sommes-nous des agents de consolation dans notre entourage ?
Jésus-Christ a donné sa vie pour ses brebis. Il a souffert jusqu’à la croix pour nous pardonner tous nos péchés. Il est ressuscité victorieux, libéré de toute souffrance. Il est monté au ciel dans la gloire lumineuse et la joie parfaite de son Père. Il nous donne son Esprit consolateur pour nous consoler dans toutes nos souffrances, mais aussi pour faire de nous des consolateurs auprès des autres, qui souffrent. Connaissons-nous la souffrance ? Alors venons au Père céleste par Jésus-Christ pour recevoir sa consolation. Connaissons-nous la consolation ? Alors, levons-nous et allons vers notre frère ou notre sœur qui souffre pour lui donner la même consolation. Et alors, tous ensemble en communauté, nous viendrons adorer Dieu en lui disant : « Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père compatissant et le Dieu de toute consolation. »