14/04/2022
TRAITÉ DE L'ÉCONOMIE (19e Éclair)
DEUXIEME APPROCHE:
Le Sage Créateur a créé le corps de l’homme sous la forme d’un palais parfait et à l’exemple d’une ville parfaitement organisée. Le sens du goût dans la bouche est le gardien d’une porte, les nerfs et les veines sont comme les fils du téléphone et de la télégraphie. Grâce à la communication du sens du goût et de l’estomac qui est au centre du corps, les nerfs sont avertis sur la nourriture qui entre dans la bouche. Si le corps et l’estomac n’ont pas besoin d’une telle nourriture, ils la rejettent et crachent dessus en disant: “C’est interdit.” Parfois, non seulement le corps n’en a pas besoin, mais encore la nourriture est nuisi- ble et amère, alors, elle est immédiatement rejetée en crachant dessus.
Voilà, puisque le sens du goût dans la bouche a le rôle d’un gardien, au regard de l’adminis- tration de l’estomac et du corps, il est un maître et un dirigeant. Si un cadeau à valeur de cent livres arrive dans un tel palais ou dans une telle ville ou bien si ce cadeau est offert au dirigeant du palais, maximum cinq livres seule- ment seront destinées au gardien comme pour- boire, pas plus, pour qu’il ne laisse pas entrer, dans le palais, les révolutionnaires qui lui auront donné plus de pourboire pour corrompre et pour lui faire oublier son devoir.
Voilà, nous imaginons, à présent deux bou- chées: l’une est composée des produits nutritifs comme fromage et œuf qui coûte quarante paras, l’autre est un “baklawa” de première qualité qui coûte dix piastres. Avant d’entrer dans la bouche, pour le corps, il n’y a pas de dif- férence entre les deux bouchées, elles sont égales. Après leur passage par la gorge, elles sont encore égales pour nourrir le corps. Plutôt, parfois, un fromage à quarante paras est plus nourrissant. Il existe seulement une différence de trente secondes pour flatter le sens du goût dans la bouche. On peut comparer combien c’est insensé et nuisible de monter de quarante paras aux dix piastres (c’est-à-dire aux quatre cents paras) pour un plaisir de trente secondes.
A présent, bien que le cadeau qui est offert au dirigeant du palais soit de quarante paras, donner neuf fois plus de pourboire au gardien le corrompt: “C’est moi, le dirigeant.” dira-t-il. Il y laissera entrer celui qui lui donne plus de pour- boire ou celui qui lui apporte plus de plaisir, il causera la révolution et l’incendie, ce qui l’oblig- era à dire: “Au secours! Appelez le docteur, il faut qu’il baisse ma température et qu’il éteigne le feu de mon estomac!”
Voilà, la parcimonie et la sobriété sont en conformité avec la sagesse divine. En tenant le sens du goût comme gardien, elles lui accordent une rémunération convenable. Quant au gaspil- lage, puisqu’il est un acte contre cette sagesse, il reçoit rapidement une punition. Il bouleverse l’estomac et fait perdre le vrai appétit. Il fait manger avec un appétit faux et mensonger qui vient des aliments variés, il cause l’indigestion et la maladie.
Collectıon rısale ı nur
Beduızzaman saıd nursı