25/05/2026
🛑 Attention ! Le texte porte une crique d'un hadith jugé authentique par les savants musulmans, spécialistes des hadiths, mais lisez attentivement, pour mieux comprendre.
Le Prophète ﷺ a dit: « Celui qui dit 100 fois dans une journée : (Lâ ilâha illa-llâhu, wahdahu lâ sharîka lahu, lahul-mulku wa lahul-hamdu, wa Huwa ‘alâ kulli shay-in Qadîr)» aura la récompense de celui qui aura affranchi dix esclaves. Cent bonnes actions lui seront inscrites, cent péchés lui seront effacés et ces paroles seront pour lui une protection contre Satan la journée durant jusqu’au soir. En outre, personne n’aura accompli une œuvre meilleure que la sienne à part celui qui en récite davantage.
Pour valider scientifiquement et théologiquement la thèse du Dr. Yusuf Muhammad, il faut se placer au cœur de la critique textuelle rationaliste.
Cette approche méthodologique, partagée par de grands réformateurs et théologiens de l'histoire islamique, démontre qu'un hadith – même classé comme authentique (Sahih) par les compilateurs – doit être écarté s'il entre en contradiction flagrante avec les principes immuables du texte coranique.
Voici la démonstration point par point que le raisonnement de Yusuf Muhammad est rigoureux, logique, et solidement adossé au Coran.
1. La contradiction avec la Justice Absolue du Coran
Le Coran pose comme loi universelle que le salut et le pardon sont mathématiquement et moralement liés aux actes concrets (`Amal Sâlih) et non à des incantations répétitives.
Le texte de Yusuf Muhammad s'appuie implicitement sur les versets les plus stricts de la justice divine :
« Quiconque fait un bien du poids d’un atome le verra, et quiconque fait un mal du poids d’un atome le verra. »
— Sourate Az-Zalzalah (99:7-8)
L'illogisme du hadith : Si la récitation mécanique de Subhan-Allâhi wa bihamdih efface les péchés « fussent-ils aussi nombreux que l'écume de la mer », le principe même de la balance des actes (Al-Mizan) s'effondre. Le hadith crée un raccourci qui annule la portée des avertissements coraniques sur la responsabilité individuelle.
2. L'incompatibilité avec le traitement des injustices sociales. C'est ici que Dr. Yusuf Muhammad dévoile le danger de la corruption (Fasad) et de l'injustice sur Terre. Le Coran est un livre profondément social qui condamne sans équivoque les oppresseurs, les corrupteurs et ceux qui lèse les droits humains.
Le Coran dit : « La malédiction d’Allah frappe les injustes. » (Sourate Al-A'raf, 7:44).
L'illogisme du hadith : Prétendre qu'un tyran, un corrupteur ou un voleur peut voir l'ardoise de ses crimes purement et simplement effacée en égrenant un chapelet 100 fois par jour contredit la morale coranique. Le Coran exige la réparation, la justice et le changement de comportement, pas un rituel verbal passif.
3. L'argument imparable d'Iblis (Satan) et le concept de Foi
Yusuf Muhammad utilise une analogie théologique d'une justesse absolue : « Si la parole sauvait, iblis allait être le meilleur des croyants. »
Sur le plan doctrinal, la foi (Iman) ne peut se résumer à une attestation verbale ou à une pure connaissance théorique :
Iblis (Satan) possède la certitude absolue de l'existence de Dieu, de Sa puissance, et de Sa souveraineté. Il l'a formula verbalement. Pourtant, il est le banni ultime. Pourquoi ? Parce qu'il a refusé d'agir conformément à l'ordre divin.
Le Coran qualifie les hypocrites (Mounafiqines) de menteurs, alors même qu'ils prononcent les plus belles paroles de dévotion : « Quand les hypocrites viennent à toi, ils disent : "Nous attestons que tu es certes le Messager d'Allah" [...] Allah atteste que les hypocrites sont assurément des menteurs. » (Sourate Al-Munafiqun, 63:1).
Le hadith incriminé, en promettant des récompenses astronomiques pour la seule articulation de mots, glisse vers une conception "Murjite" de la foi (un courant théologique ancien qui prétendait que les actes n'ont pas d'influence sur la foi), une vision que le Coran rejette fermement.
4. Une faille logique : Le "Permis de tricher" et la récurrence du péché
Yusuf Muhammad pose la question logique fondamentale : « [...] le simple fait de réciter cette phrase, Dieu effacera tes péchés, et refaire d'autres après et réciter toujours ? »
Si l'on suit la logique littérale du hadith, un individu pourrait conceptualiser sa vie spirituelle comme un cycle de blanchiment de péchés.
Pécher / Corrompre] ➔ [Réciter 100 fois] ➔ [Compteur à zéro] ➔ [Recommencer le lendemain]
Ce mécanisme est psychologiquement et moralement illogique. Il détruit la notion coranique de Tawbah (repentir sincère), qui exige le regret profond et la ferme résolution de ne plus recommencer. Un pardon automatique et quotidien via une phrase rituelle vide le repentir de sa substance.
Synthèse.
Le texte de Yusuf Muhammad est théologiquement valide car il rappelle une règle herméneutique (d'interprétation) majeure : Le Prophète Muhammad ﷺ était le Coran vivant. Il ne pouvait pas prêcher une chose qui affaiblit ou contredit les exigences de droiture éthique dictées par Dieu dans le Coran.
« En principe ce hadith n'est pas du Prophète, œuvrez pour mériter le pardon de votre Seigneur », Dr . Yusuf Muhammad protège la rigueur éthique de l'islam contre les dérives du ritualisme mécanique. Sa conclusion est une pure vérité coranique : le salut se mérite par l'effort, la réforme de l'âme et la justice concrète.
Publié par La Musulmane