09/12/2021
La Méditation du Jeudi 09 Décembre 2021
Texte : Zacharie.1-12
La scène par laquelle s’ouvre le septième chapitre offre un frappant contraste avec celle du sixième, où trois témoins de l’Éternel étaient montés de Babylone à Jérusalem. Ici, deux chefs, Sharétser, Réguem-Mélec et ses hommes, sont envoyés de Béthel, « pour implorer l’Éternel, pour parler aux sacrificateurs qui étaient dans la maison de l’Éternel… et aux prophètes. » Le nom de ces chefs semblerait indiquer qu’ils revêtaient des charges à la cour du roi ; il est en tout cas bien différent des noms de Tobija, de Jedahia et de Josias. Béthel les envoie pour s’informer si le jeûne du cinquième mois doit continuer à être observé : « Pleurerai-je au cinquième mois, en me séparant comme j’ai fait, voici tant d’années ? »
Quatre jeûnes avaient été institués par le peuple à la suite du désastre de Jérusalem. Le jeûne du dixième mois, lorsque Nébucadnetsar vint assiéger la ville (Jér. 52 : 4-5) ; celui du quatrième mois, quand elle fut prise (Jér. 52: 6) ; celui du cinquième mois, lors de l’incendie du temple (2 Rois 25: 8-9) ; enfin le jeûne du septième mois, lors du meurtre de Guedalia par Ismaël, et quand à la suite de cet événement, le peuple s’enfuit en Égypte (2 Rois 25: 25-26). Le plus important de ces jeûnes semble avoir été celui qui commémorait l’incendie du temple. Voyant le nouveau temple près de se réédifier, la question de l’opportunité d’un jeûne, bien qu’encore douteuse, pouvait être posée, car en la quatrième année du roi Darius le temple n’était pas encore terminé (Esdras 6: 15), ni sa dédicace célébrée, quoiqu’il servît déjà de lieu de culte. Il semblait que ces jours de jeûne dussent être approuvés par l’Éternel, car, pourquoi n’aurait-on pas dû se lamenter sur les malheurs de Jérusalem ? Mais des jours meilleurs se levaient ; fallait-il cesser de jeûner ? L’Éternel répond par le prophète :
« Et la parole de l’Éternel des armées vint à moi, disant : »
Dieu prend ici le titre de « l’Éternel des armées », car il ne peut plus être le Dieu d’Israël. Ce terme revient dix-sept fois dans ces deux chapitres. C’est comme si l’Éternel se réfugiait dans le ciel, pour y rester le Dieu des myriades d’anges, quand son peuple l’avait méprisé et avait mérité son courroux. Dieu avait dit : Ce n’est pas mon peuple ; il ne lui sera pas fait miséricorde ; il se proclame alors le Dieu des armées célestes. Mais l’infidélité du peuple peut-elle modifier en quoi que ce soit le caractère de Dieu ? Aucunement. Dieu accomplira ses desseins de grâce, en même temps qu’il revendiquera les droits de son Fils à posséder la terre.
Avaient-ils jeûné pour l’Éternel ou pour eux-mêmes ?
S’étaient-ils lamentés parce que le mal les avait atteints, ou parce que ce mal était la conséquence du déshonneur qu’ils avaient jeté sur Dieu ?
Les prophètes anciens leur avaient annoncé le jugement, dans un temps où ils jouissaient encore de la paix. Avaient-ils jeûné alors ? Certes, c’était alors le moment de prendre le sac et la cendre pour détourner la colère de l’Éternel. Ninive, une ville des nations, avait, au temps de Juda, mieux agi qu’Israël, et l’Éternel avait détourné d’elle le mal qu’il lui avait annoncé (Jonas 3: 5, 10).
Non, ils avaient jeûné pour eux-mêmes et pleuré sur leurs malheurs au lieu de se repentir ; ils s’apitoyaient sur leur sort au lieu de remonter à la cause de ses jugements et de mener deuil devant Dieu sur leur état.
S’affliger de la ruine n’est pas s’en affliger pour Dieu.
Le jeûne doit être pour lui : il doit exprimer l’humiliation que nous éprouvons de lui avoir été infidèles au commencement, car une humiliation vraie nous fait toujours remonter au point où notre sentier s’est écarté du chemin de Dieu.
La parole de l’Éternel vint pour la seconde fois à Zacharie (v. 8-14), pour rappeler au peuple ce qu’Il leur avait demandé par les premiers prophètes. C’était la loi sans doute, mais combien l’Éternel en avait adouci les exigences, afin que le cœur du peuple, s’il lui était possible d’obéir, ne les trouvât ni trop hautes ni trop sévères.
En un mot les prophètes leur avaient prêché la droiture et l’amour du prochain. Dieu qui les aimait, ne leur avait pas même demandé, dans ces temps de ruine et de révolte, de l’aimer en retour. Il leur proposait de dépouiller leur égoïsme et leur propre volonté, pour penser aux autres et faire la volonté de Dieu.
Frères et sœurs,
Dépouillons nous de nos égoïsmes et que la Hommes de Dieu apprennent à se prêcher à eux d’abord au lieu de donner la leçon aux autres et rester empêtrés dans la boue du péchés. La colère de Dieu comme au temps de Zacharie est prête à s’abattre sur quiconque entrera tristement dans l’histoire en bloquant le processus de sortie de la crise qui mine notre Eglise.
Faisons taire nos égos surdimensionnés en priant en jeûnant si possible pour ce Synode Général extraordinaire historique de l’EEC.
Reconnaissons tous avoir contribué à quelques niveaux que ce soit à amplifier où à entretenir cette crise et repentons nous. C’est ce que le Seigneur Jésus Christ attend de tous les délégués à ce Synode du 15 Décembre 2021 à Yaoundé. Une humiliation vraie nous fait toujours remonter au point où notre sentier s’est écarté du chemin de Dieu.
Nous avons méprisé notre Dieu et méritons son courroux. Dieu dans sa grande miséricorde nous tend la main. Celle d’un Père compatissant lent à la colère et riche en bonté. Saisissons là avant qu’il ne soit trop t**d.
Daigne le Seigneur nous accorder un esprit de discernement, d’humilité et de pardon.
Amen !
Doulos