09/06/2026
INTRIGUES (ÉPISODE 22)
Je mets le cap chez Josiane. Il y avait un embouteillage monstre sur la voie; je m'énerve; nous n'avons pas assez de routes dans le pays; il faudrait que j'en parle à Paterson afin qu'il insère cette nécessité dans son programme d'action; j'arrive au portail; les gardes du domicile du couple présidentiel; les gardes se mettent au garde-à-vous pour me saluer; Que voulez-vous?
Je jouis de mes honneurs du frère de la première dame. Je mets fin au garde-à-vous par l'injonction « Repos ! ».
Je descends de la voiture et remets la clé à l'un d'eux pour la garer à l'intérieur de la maison; tous les employés que je rencontre me saluent avec déférence; j'interroge l'un d'eux:
- Madame est-elle présente?
- Oui, elle a une invitée; elle se trouve dans le second salon;
- Merci.
Je me dirige vers le salon; Josiane était confortablement assise, avec un verre de sirop de menthe à la main; en face d'elle était assise une de ses amies du monde des riches, Laeticia; cela ne me plaît pas du tout de la croiser ici; cette fille va encore commencer; Laeticia s'intéresse à moi depuis deux ans; elle est belle mais elle ne me plaît pas; chaque fois que je suis au pays, elle essaie de me séduire; elle a même déjà commis la folie de me rentre visite au Luxembourg et je ne lui ai prêté aucune intention.
Je salue Josiane en lui faisant des bises; par politesse, je suis obligé de saluer Laeticia de la même manière mais à peine, je m'approche d'elle qu'elle capture mes lèvres; je la repousse vivement:
- Arrête Laeticia, respecte-toi;
Elle vient se coller à moi en me disant que je la rends dingue. Quelle garce! Elle n'a même pas honte en présence de Josiane; ma soeur au lieu de la ramener à l'ordre rit de la situation;
- Pourquoi tu ris Josiane? ce n'est pas drôle du tout; dis à ton amie de cesser de m'importuner;
Josiane rit encore;
- Tu es le bienvenu Ephrem; Gloria était chez tante Emilienne hier; je l'ai croisé là-bas;
- Qu'est-elle venue faire?
- Elle voulait se faire pardonner et par la même occasion solliciter l'aide de tante Emilienne pour te reconquérir;
Laeticia interrompt Josiane: "Dites à cette pimbêche de passer sa route".
De mieux en mieux! Qui l'a sonné? Je lui réponds:
- Laeticia, ce ne sont pas tes affaires; Josiane, suis-moi, il faut qu'on parle;
- Pas la peine de vous déplacer, s'exprime Laeticia; j'étais sur le point de m'en aller; alors, Ephrem, tu m'invites à dîner ce soir?
Je la regarde et je secoue la tête. Franchement, il y a des femmes bizarres! Cela fait deux ans qu'elle me court après sans succès et elle ne se décourage pas.
Laeticia prend congé de nous; elle embrasse Josiane et fait mine de s'en aller en passant par derrière moi et me pinça les fesses. Décidément! C'est une écervelée.
- Alors, dis-moi Ephrem, D**o va mieux?
- Oui, disons qu'il est presque guéri; il adore les mets que tu lui envoies; il est très content;
- Dans mon coeur, je considère D**o comme étant de la famille; je projetais lui rendre visite bientôt mais tu sais que je ne peux plus faire ce que je veux maintenant; à chaque fois, il faut que les gardes du corps me suivent, je ne suis plus libre;
- Ma chère, toutes les femmes du pays t'envient et toi tu te plains?
- Non je ne me plains pas, j'aime bien ma position malgré tout;
- Bien Josiane, papa veut te voir;
Josiane éclata de rire puis s'exprime:
- Il veut voir qui? S'il te plaît, change de sujet.
- Ma soeur, toutes les souffrances que tu as endurées t'ont t-ils empêché de devenir ce que tu es et de monter si haut dans la société? Dieu ne t'a pas abandonné; Alors, à cause de ce Dieu qui t'a ouvert de grandes portes dans ta vie, pourquoi ne pas faire un effort?
Je lui raconte toutes les nouvelles informations que j'ai eues de la voisine et de mon père; Josiane ne voulait toujours pas le voir et à un moment donné, elle fondit en larmes;
- Cet homme et sa femme m'ont trop maltraité; c'est bien ce qui lui arrive, qu'elle demeure paralysée;
- Ne parle pas ainsi Josiane, tu es trop rancunière; ces deux-là ont déjà été sévèrement punis; tu ne trouves pas que c'est déjà assez?
- Très bien, Ephrem, je t'ai écouté; je vais y réfléchir; mais je n'aurai un centime à leur donner;
- Il faut bien y réfléchir; je vais devoir partir;
- Attends, je vais demander qu'on te serve à manger;
- Je ne dirai pas non;
Josiane ordonna que l'on me serve à manger et je me régale d'un délicieux plat de moyo, un mets authentique de chez nous; je ne pourrais dire si le Moyo est une sauce, mais sa réalisation nécessite des tomates, de l’oignon, du piment émincé et du poisson frit ou fumé. Il est souvent accompagné du Akassa, une pâte sous forme de purée à base de farine de maïs fermenté.
J'adore les mets traditionnels; en plus de ma famille et de D**o, la cuisine de mon pays est la seule chose qui me manque au Luxembourg; il faudra que Cathie apprenne à cuisiner ces mets succulents de ma patrie si elle doit devenir ma femme.
Après le repas, Josiane aborda le sujet "Gloria".
- Dis, Gloria paraît sincère, est-ce que tu vas pas examiner son cas?
- J'examine juste les malades;
Josiane sourit;
- Tante Emilienne dit qu'elle ne veut pas d'elle; mais si tu le décides ainsi, elle allait faire avec mais ne se comportera plus avec elle aussi gentiment qu'avant.
- Et toi? Quel est ton avis?
- Je ne veux pas d'elle Ephrem, si tu te remets avec elle, n'attends pas à ce que je compose avec elle;
- Ne te dérange pas, Gloria est du passé mais je lui ai pardonné; d'ailleurs, ce soir, je vous réserve une surprise.
- Une surprise? Parle.
- Si je parle, ce ne sera plus une surprise; à cet effet, si tu peux faire l'effort d'être chez tante Emilienne vers vingt heures, ce serait bien;
- Si c'est toi Ephrem qui me le demande, c'est d'accord, mais j'aurais préféré que ce soit tante Emilienne qui vienne ici; car à Vingt-heures, Paterson serait rentré et on doit dîner ensemble.
- Pas de problème; à ce soir;
Je fais un tour chez tante Emilienne pour prendre un bain; je lui demande de se rendre chez Josiane à 20 heures; comme vous le savez, c'est pour leur présenter Cathie, cette femme qui occupe désormais mon coeur.
Je quitte la maison pour l'aéroport, trente minutes avant, tellement j'étais impatient et excité de revoir ma perle; je prie juste pour que ma tante et ma soeur l'apprécient car si les relations de Cathie avec elles ne sont pas bonnes, j'en aurai de la peine; pour tante Emilienne, je ne m'inquiète car elle n'est pas compliquée; c'est ma soeur qui a un goût difficile. Mais je n'ai pas peur, Cathie saura la conquérir.
Le vol a atterri; après quelques minutes, je la vois s'avancer vers moi, encore plus belle que la dernière fois; mais un détail près d'elle me surprend: elle tenait la main d'une fillette. J'écarquille les yeux de surprise; mais une voix me rappelle dans mon coeur, qu'il ne faut pas juger trop vite.
A SUIVRE...