22/05/2026
INTRIGUES (ÉPISODE 19)
Demain, j'avais des malades à opérer. A peine ai-je fait quelques mètres que je fais une rencontre totalement inattendue. Je fus très surpris.
Nous nous regardons étrangement et je décide de l'aborder.
- Bonjour Mademoiselle. Il me semble que je vous ai déjà rencontré.
- Moi aussi, j'ai l'impression de vous avoir déjà vu.
- Je ne sais pas si c'est une erreur, mais je vous ai vu dans un autre pays, précisément au Cameroun.
- C'est bien possible, j'y étais il y a peu de temps pour rendre visite à mon père qui vit là-bas.
- Je ne me suis pas trompé alors. Moi, c'est Ephrem.
- Ravie de faire votre connaissance Ephrem, je m'appelle Cathie.
Nous nous sommes serrés la main. Une douce chaleur a envahi tout mon corps. Je n’arrivais pas à détacher mon regard du sien. Je ne la trouvais pas si extraordinaire, mais j’étais comme envoûté. Ces sensations étranges m’ont déstabilisé. Je l’interroge:
- Où alliez-vous ?
- Chez une amie qui travaille dans cet hôtel.
- Ok, c’est l'hôtel où je loge, est-ce qu'après avoir fini avec votre amie, vous pourriez venir me voir pour que nous échangions ?
Elle sourit et répond:
- Je préfère que nous discutions dans le hall de l'hôtel.
- Ok, je vous y attendrai.
Je retourne à l'hôtel et prend place dans le hall pour attendre Cathie. Je suis réellement content de la croiser à nouveau sur mon chemin. La première fois où je l'ai vu, c'était au Cameroun le jour où Victor me faisait des révélations. Elle m'avait plu mais je ne l'avais pas abordé. A quoi bon? Je n'étais que de passage. Maintenant que je l'ai revu, je vais essayer de maintenir un contact avec elle, on ne sait jamais.
J'aurais vivement souhaité l'avoir comme compagne mais malheureusement, on ne peut juger une personne par son apparence. Et ce n'est pas que l'aspect physique qui fait le mariage. Il y a aussi d'autres critères tels que le caractère. La beauté de la femme attire l'homme mais c'est son caractère qui le fait rester.
Après environ une trentaine de minutes, Cathie me rejoint dans le hall de l'hôtel. Elle s'assoit et nous commençons à discuter. Cathie m'apprit qu'elle est une Sage-femme et elle travaille depuis une année à l'hôpital où j'allais opérer des malades le lendemain. Je lui fais savoir que je suis médecin et que mon séjour allait se dérouler à l'hôpital central où elle travaille.
Elle s'extasie:
- Ah! C'est vous le docteur Ephrem NOUFI! Vous avez une grande réputation et tout l'hôpital ne parle que de vous.
Elle était pleine d'admiration. Bon point, me suis-je dit.
Elle me donne son numéro de téléphone. Moi, je n'en ai pas à utiliser. Je n'avais que dix jours à faire. Elle me promet de m'apporter une carte sim du pays que je pourrai insérer dans mon téléphone pour effectuer et recevoir des appels.
Après que Cathie soit partie, je pensai longtemps à elle. Quelle coïncidence que je la retrouve ici. De plus, elle est dans le corps médical. Cathie me plaît. Mais elle vit dans ce pays, loin du Luxembourg. Si elle acceptait la proposition que je lui ferai certainement avant de partir, ce serait alors un amour à distance. Je n'aurai pas le temps de bien la connaitre, préalable important à toute union.
Comment résoudre cette équation ? Bref, je verrai bien.
Je repars dans ma suite d'hôtel et je prends mon ordinateur. Je me connecte à internet et je consulte mes courriels. Ils sont pour la plupart professionnels. Mais j'en découvre un, provenant de D**o et qui me faisait comprendre que mon père était introuvable. Il me faisait la proposition de faire un communiqué à la radio et à la télévision. Je ne pense pas que cela soit une bonne idée. Après tout, c’est le beau-père du Président et le peuple s’étonnerait de ce qu’il soit recherché; nous n’allons pas exposer les secrets familiaux; ne dit-on pas que le linge sale se lave en famille ? Je me dis qu’il est peut-être mort ; de toute manière, je m’en foutais mais il m’aurait bien plu de voir la tête de la femme de mon père qui se rendra compte que nous avons tout découvert; elle tremblerait comme une feuille morte, pensant que nous avons des preuves pour la dénoncer.
Qu’à cela ne tienne ! Si on les retrouve, tant mieux ! Autrement, la vie continue, je n’ai pas besoin de cet héritage pour vivre; d’ailleurs est-ce qu’il y a encore héritage ? Les deux compagnies que géraient mon père et sa femme ont été également vendus.
Si cela se trouve, ils sont morts où ils ont quitté le pays. L’idée me vient de demander à Paterson d’impliquer la police dans les recherches mais je réfute rapidement cette idée; en effet, de bouche à oreille, la nouvelle se répandra et il vaut à tout prix préserver la réputation du couple présidentiel.
On se connaît dans le pays ! Rapidement, apparaîtra en gros titre dans les journaux « Le père de la première dame est recherché ».
Que voulez-vous ? Il faut bien que les journalistes vivent aussi ! Les adversaires politiques iraient fouiller dans le passé de Josiane et utiliseraient la moindre information pour nuire à la réputation du Chef de l’Etat. C’est ainsi que cela se passe; il vaut donc mieux ne pas réveiller le chat qui dort.
Je réponds à D**o d’oublier cette idée de médias et de continuer dans la mesure du possible les recherches sous-marines.
Pour l’heure, j’ai hâte d’être à demain afin de revoir la belle Cathie. Je ressens vraiment le béguin pour cette jeune femme. Je crois que j’ai le coup de foudre: l'amour dès le premier regard.
Cette rencontre soudaine et violente jette le trouble en nous et nous ensorcelle.
Le coup de foudre est un choc violent qui provoque un mélange de bonheur et de souffrance interne.
D’un côté, on nage en pleine euphorie, de l’autre on est troublé, voire angoissé par sa violence. Le corps est dans tous ses états. Et si nous étions prédestinés à nous rencontrer ? Cette âme sœur comblera t-elle mes désirs? Je n’en sais rien, mais je sais une chose: elle a définitivement effacé Gloria de ma tête.
L'amour a toutes sortes de chemins pour nous tomber dessus aux moments les plus improbables. Il n’y a que le coup de foudre qui frappe sans crier gare. Je prie juste pour que Cathie ne soit pas déjà fiancée.
C’est avec une grande joie que je la revois le lendemain et mon cœur a chaviré rien qu’en lui serrant la main: je crois que je suis conquis et amoureux.
Pendant le reste de mon séjour, j’opérais les malades et les surveillait en journée; mes soirées, je les passais avec Cathie qui me faisait découvrir la ville sauf les jours où elle est de garde à l’hôpital; je n’ai toujours pas le courage de lui avouer mes sentiments car j’avais peur d’un éventuel refus.
Un soir, je m’en ouvris à Josiane au téléphone.
- Ephrem, tu me déçois ! ne sais-tu pas que tu n’es plus le petit Ephrem mais un grand médecin international ? Vas-y, dis-lui, elle n’attend que cela; crois-moi, une femme ne perd pas ses soirées avec un homme pour rien; tu dois certainement lui plaire aussi.
Oui, parfois, quelle que soit notre force, nous avons besoin que l’on nous booste, que l’on nous pousse à agir. Après la discussion avec Josiane, je choisis de passer à l’attaque en l’invitant au restaurant; il restait deux jours avant mon départ mais pour elle, je prolongerai volontiers mon séjour.
Contrairement, à ce que je pensais, il y avait plus de peur que de mal; je n’eus même pas besoin de parler, tout est arrivé naturellement lorsque j’ai créé les conditions nécessaires pour une soirée romantique.
Avant mon départ, nous avons longuement discuté, Cathie et moi de cette idylle naissante et nous avons conclu que dans mes multiples périples, je trouverai chaque fois une occasion pour lui rendre visite.
Dès mon retour à Luxembourg, je prends les dispositions pour lui trouver une bourse de perfectionnement au Luxembourg car je la voulais près de moi, pour mieux la sentir et la découvrir ; mais pour l’instant, il va falloir que je patiente jusqu’au début de sa formation dans quatre mois.
Tout se déroulait normalement jusqu’au jour où l’on me dit que je dois aller opérer d’urgence deux malades dans mon propre pays; là, je ne me fis pas prier car chaque occasion pour retrouver Tante Emilienne, Josiane, D**o et Paterson est une véritable joie. Je sauvais les malades dans d’autres pays; il faut que mon pays d’origine aussi bénéficie de mes compétences.
Je demandai à Cathie de prendre des congés afin de me rejoindre dans mon pays; je voulais que Tante Emilienne, Josiane et D**o fassent sa connaissance et me donnent leurs avis.
Parlant de D**o, je l’ai appelé hier sans succès mais il ne m’a pas rappelé comme d’habitude. De toute façon, je le verrai demain puisque je rentre. Mon billet vient d’ailleurs de m’être envoyé par le comptable de l’hôpital. J’avais hâte car Cathie, ma merveille, me retrouverait sur place. Je tâcherai d’opérer les malades dès mon arrivée puis je lui consacrerai le reste de mon temps. Ah Cathie ! Comme tu m’enchantes ! Pourvu que tu sois différente de Gloria!
J’atterris au pays et dès le lendemain, je me rendis à l’hôpital avant même de voir Joisiane et D**o; j’ai vu tante Emilienne car c’est chez elle que je loge. Je rencontre le directeur de l’hôpital pour un bref entretien.
- Nous avons un problème d’équipement docteur NOUFI; les deux malades sont dans un état critique mais avec le matériel dont nous disposons, vous ne pourrez opérer les deux aujourd’hui; l’autre devra attendre demain que le matériel soit à nouveau prêt et pendant ce temps, sa vie est en danger, il pourrait trépasser; vous devez donc choisir qui opérer en premier, amenuisant les chances du second.
Je suis franchement déçu ; un hôpital doit normalement être bien équipé et avoir plusieurs matériels à disposition ; il faut que j’aide les hôpitaux dans ce pays en leur faisant bénéficier de dons de ma seconde patrie. Faire de tels choix s’avère difficile, mais notre métier de médecin nous impose parfois des choses terribles.
Je demande à ce que l’on m’apporte les dossiers des deux patients pour qu’après examen, je décide qui opérer en premier, tout en priant que l’autre ne perde pas la vie, le temps que les matériels nécessaires soient à nouveau prêts. Mais tel qu’on m’avait exposé les cas au téléphone, aucun des deux malades ne pourrait attendre longtemps.
Je prends les dossiers et je me rends en même temps dans la salle où les deux malades sont installés pour ne pas perdre du temps; ainsi j’étudierai les dossiers tout en les ayant devant moi.
Je rentre dans la salle et je n’en crois pas mes yeux.
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