16/10/2025
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16 octobre - Ste Marguerite -Marie Alacoque
Visitandine, témoin des Apparitions à Paray-le- Monial - confidente du Sacré-Coeur
(† 1690)
Marguerite-Marie Alacoque, cinquième enfant de Claude Alacoque et Philiberte Lamyn, naît dans un village du charolais, à Verosvres (Vroules en patois charolais), le 22 juillet 1647. Son père, notaire royal, décède quand elle a huit ans.
À 10 ans elle est très malade et elle fait vœu de devenir religieuse si Notre Dame la guérit. Ayant retrouvé la santé, elle oublie sa promesse, mais un peu plus t**d la maladie de sa mère la lui rappelle. Bien que sa famille soit formellement contre, elle entre au monastère de la Visitation de Paray-le-Monial le 25 mai 1671, et prend l’habit des visitandines le 25 août 1671.
Marguerite-Marie est ainsi "enracinée" dans une tradition qui remonte à François de Sales. Auteur de L’Introduction à la vie dévote (1609), il adresse son Traité de l’amour de Dieu (1616) aux visitandines et plus particulièrement à Mère Jeanne de Chantal avec qui, après sa rencontre à Dijon en 1604, il fonde l’Ordre de la Visitation Sainte-Marie : « Notre petite congrégation est un ouvrage du Cœur de Jésus et de Marie. Le Sauveur en mourant, nous a enfantés par l’ouverture de son Sacré Cœur » ; le premier monastère ouvre à Annecy en 1610, celui de Paray-le-Monial en 1626.
C'est donc dans ce monastère à Paray-le-Monial que Marguerite-Marie fait profession le 6 novembre 1672. Jusque-là, elle a bien souvent entendu la voix du Seigneur au fond d'elle… mais le 27 décembre 1673, le Christ lui apparaît, lui révélant son divin Cœur, rayonnant comme un soleil, ouvert, portant la trace du coup de lance, et la couronne d'épines. Une croix surplombe la scène. Puis le Christ lui adresse ce premier message :
« Mon divin Cœur est si passionné d'Amour pour les hommes, et pour toi en particulier, que ne pouvant plus contenir en lui-même les flammes de son ardente charité, il faut qu'il les répande par ton moyen. »
Le Christ unit alors le cœur de Marguerite-Marie au sien, et dès cet instant Marguerite-Marie gardera toujours une douleur au côté. La mission laissée à la sainte n'est pas petite : faire connaître aux hommes l'Amour débordant de Dieu… C'est la première des trois grandes apparitions.
La deuxième grande apparition a lieu l'année suivante, un premier vendredi du mois. Le Christ lui apparaît de nouveau manifestant son divin Cœur, “tout rayonnant de gloire avec ses cinq plaies brillantes comme cinq soleils”. Le Christ alors se plaint que les hommes soient si loin de son Amour, et le lui rendent si peu. Il lui dit alors : « Tu communieras […] tous les premiers vendredis de chaque mois. Et, toutes les nuits du jeudi au vendredi je te ferai participer à cette mortelle tristesse que j'ai bien voulu sentir au jardin des Olives […] Et, pour m'accompagner […] tu te lèveras entre onze heures et minuit pour te prosterner pendant une heure avec moi ». De plus, le Christ lui rappelle alors l'importance de l'obéissance, car Satan « n'a point de pouvoir sur les obéissants ».
Durant l'octave du Saint-Sacrement, en 1675, c'est la troisième grande apparition, et sans nul doute la plus connue. De nouveau, le Christ lui révèle son divin Cœur, et lui laisse ces paroles :
« Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes, qu'il n'a rien épargné jusqu'à s'épuiser et se consommer pour leur témoigner son amour ; et pour reconnaissance, je ne reçois de la plupart que des ingratitudes, par leurs irrévérences et leurs sacrilèges, et par les froideurs et les mépris […] Mais ce qui m'est encore le plus sensible est que ce sont des cœurs qui me sont consacrés qui en usent ainsi. »
Il lui demande alors que soit instaurée la fête du Sacré-Cœur, un culte public ! Marguerite-Marie, petite visitandine dans une petite ville, voit alors évidemment mal par quel moyen elle pourrait y répondre ! Plusieurs visions suivront jusqu'en 1677.
Sa communauté la traite de « visionnaire » mais, avec l’aide du jésuite Claude La Colombière, (qui fut canonisé le 31 mai 1992) qui voit en elle l’œuvre de Dieu, il la rassure et l’encourage et diffuse alors le message du Christ qui souhaite avoir une fête en l’honneur de son Cœur. En 1686, une chapelle dédiée au Sacré-Cœur est alors construite dans le jardin du monastère pour célébrer cette fête, (qui sera officialisée par le pape Pie IX en 1856)
En 1689, Marguerite-Marie reçoit un dernier message du Seigneur : elle doit faire savoir au roi, Louis XIV, qu'il doit se consacrer au Sacré Cœur, ainsi que tous les grands du royaume, et Lui construire un lieu de culte. Le message arriva-t-il au destinataire ? Nul ne sait, mais toujours est-il qu'il n'y eut point de suite.
En octobre 1690, elle annonce à ses sœurs que le Seigneur veut la rappeler à Lui, et en effet, sœur Marguerite-Marie rend son âme à Dieu quelques jours plus t**d, le 17 octobre. Son corps repose en la basilique de la visitation, à Paray-le-Monial.
Après la mort de Marguerite-Marie en 1690, le jésuite Jean Croisset écrit La dévotion au Sacré-Cœur de Notre Seigneur Jésus-Christ auquel il joignit un Abrégé de la vie de la Sœur Marguerite-Marie Alacoque (Lyon, 1691).
La « dévotion au Sacré-Cœur » s’est répandu peu à peu dans toute la chrétienté. Marguerite Marie Alacoque est reconnue vénérable en 1824 et elle est béatifiée le 18 septembre 1864 par le pape Pie IX.
Un premier grand pèlerinage est organisé à Paray-le-Monial en juin 1873 et ce n’est qu’en 1899, que le pape Léon XIII (Vincenzo Gioacchino Pecci, 1878-1903) a institué la fête du Sacré-Cœur, le 3e vendredi après la Pentecôte.
Marguerite-Marie à été canonisée le 13 mai 1920 par le pape Benoît XV (Giacomo della Chiesa, 1914-1922), en même temps que Jeanne d’Arc.
Le pape Jean-Paul II se rend en pèlerinage à Paray-le-Monial le 5 octobre 1986, se recueillant devant la chasse de Marguerite-Marie Alacoque, il rend grâce :
« Rendons grâce pour l’expérience mystique de sainte Marguerite Marie. Il lui a été donné, avec un éclat particulier mais dans une existence cachée, de connaître la puissance et la beauté de l’Amour du Christ. Dans l’adoration Eucharistique, elle a contemplé le Cœur transpercé pour le salut du monde, blessé par le péché des hommes, mais aussi “source vive” comme en témoigne la lumière qui rayonne des plaies de son corps ressuscité. »