22/12/2023
Les Portes de l'enfer ne prévaudront pas sur l'Eglise Catholique.
Nous voici à la veille d'un moment hautement important de l'année liturgique : la Fête de la Nativité qui commémore la naissance de Jésus Christ. Tandis que nous nous préparons à cette grande fête, une Déclaration du Vatican vient de façon malencontreuse troubler la quiétude de l'ensemble des fidèles catholiques et jeter l'émoi sur tous ceux qui s'intéressent à vie de l'Eglise.
L'Eglise Catholique est le Sacrement du Salut apporté par Jésus Christ au monde entier et à l'histoire de toute la création. Les hommes qui la dirigent ont leurs faiblesses et peuvent se tromper de bonne foi. L'un ou l'autre peut mal apprécier une situation ou manquer de méthode dans la conduite de la vie de la communauté.
L'histoire qui s'étend sur 2000 ans est pleine de péripéties du point de vue du comportement des pasteurs. Le protagoniste de la vie de l'Eglise, c'est l'Esprit-Saint envoyé par leur Christ à la Pentecôte pour raffermir la foi des disciples, leur donner la force et leur permettre de résister à tout ce qui est contraire à la volonté de Dieu (Cf. Jean15,26-16,15). Quand les Samaritains ont refusé de recevoir Jésus parce qu'il se rendait à Jérusalem, Jacques et Jean ont voulu faire descendre du ciel le feu sur leur ville (Cf. Luc 9,54). Je Christ les en a empêché. Pierre a sorti une épée contre un des gardes venus l'arrêter. Jésus le lui a reproché et il a guéri ce garde (Matthieu 26,52). Tous les disciples ont fui lors de l'arrestation du Christ mais il les a de nouveau réunis après sa résurrection. Paul a reproché à Pierre son manque de transparence dans la polémique créée par l'affaire des interdits alimentaires et de la circoncision dans la communauté d’Antioche (Cf. Galates 2,11-13).
Au début de l'Eglise, il y a eu de nombreuses interrogations sur des thèmes majeurs, tels que la divinité du Christ. Plus t**d d'autres crises ont secoué l'Eglise. Souvenons-nous de la crise des images dite "querelle iconoclaste" qui ont secoué l’Eglise pendant plus d’un siècle. L'instauration du célibat sacerdotale, ne s'est pas faite sans entraîner des crises. Cette discipline ecclésiastique continue de susciter des débats. A la fin du XIXème et au début du XXème siècles, il y a eu la crise des controverses modernistes. Cette crise est restée latente jusqu’à la tenue du Concile Vatican II.
Les bouleversements politiques, scientifiques, techniques et culturelles affectent d’une manière ou d’une autre la vie et l’enseignement de l’Eglise. C’est toujours avec l’éclairage de l’Esprit-Saint que celle fixe la conduite pérenne à tenir pour tous les fidèles. C’est la raison d’être des synodes, des Conciles et autres rencontres au sommet de la hiérarchie.
Pour ce qui est des oppositions internes provoquées par la Déclaration « Fiducia Supplicans » du Dicastère pour la Doctrine de la foi, il appartient aux Evêques de façon collégiale (synodale) de dire aux fidèles la conduite à tenir. C’est ce que certaines Conférences Episcopales Nationales ont déjà fait. Il est bon ici de rappeler qu’il n’y a pas question de supporter le Pape ou de l’indexer avec des injures. C’est une démarche dialogale qui doit animer tous ceux qui interviennent sur ce sujet, en faisant référence aux fondamentaux de l’enseignement du Christ, de la pratique de la Tradition, et du Magistère : « Lex Orandi, lex Credendi, lex vivendi. »
N'oublions pas que le Christ lui-même a été tenté par le diable, le père du mensonge à plusieurs reprises. Envers Lui qui est le Fils de Dieu, Satan a poussé son audace en lui demander de lui obéir. (Cf. Luc 4,1-13).
Il est important dans cette situation d'éviter de manquer de respect à la personne du Pape ou à des évêques ou mêmes à des prêtres, ou encore de s’insulter entre fidèles laïcs, juste parce que l'on ne partage pas l'avis de l'un ou l'autre sur tel ou tel sujet. Les diatribes et autres polémiques ne vont qu’exacerber les tensions. Tout Royaume divisé court à sa propre ruine. L’Eglise, elle ne se détruira pas puisque le Christ en est la Pierre Angulaire. Mais ceux qui s’adonnent aux querelles risquent d’être emportés par le diable. A ce titre, Saint Paul recommandait déjà à Timothée d’avoir une attitude digne face aux chercheurs de querelles. (Cf. II Timothée 2,1-26). Il est important de lire ce passage.
A tous ceux qui se laissent emporter par des émotions ou qui crient très fort leur indignation, je demande de rester en prière pour ne pas entrer en tentation. C’est le but de cette publication. A tous ceux qui considèrent que les autres n’ont pas à se lamenter, j’aimerais demander de considérer les paroles de Saint Paul aux chrétiens de Rome : « Nous les forts, nous devons porter la fragilité des faibles, et non pas faire ce qui nous plaît. Que chacun de nous fasse ce qui plaît à son prochain, en vue du bien, dans un but constructif. Car le Christ n’a pas fait ce qui lui plaisait, mais, de lui, il est écrit : Sur moi sont retombées les insultes de ceux qui t’insultent. Or, tout ce qui a été écrit à l'avance dans les livres saints l’a été pour nous instruire, afin que, grâce à la persévérance et au réconfort des Écritures, nous ayons l’espérance. Que le Dieu de la persévérance et du réconfort vous donne d’être d’accord les uns avec les autres selon le Christ Jésus. Ainsi, d’un même cœur, d’une seule voix, vous rendrez gloire à Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ » (Romains 15, 1-6).
Père Ernest KOUACOU
Prêtre diocésain.