12/07/2024
La puissance de l’argent dans l’Église.
Je devrais plutôt dire la puissance de l’amour de l’argent dans l’Église.
J’ai discuté un jour avec un intellectuel. Peut-être un philosophe. Ce dernier essayait de me confondre sur ma conception de l’argent ou plutôt l’amour de l’argent. Cette dernière notion était selon lui une exagération née d’un refus de raison ou d’appréciation de la réalité. Ce sont ses termes. Il développa ensuite que l’argent n’est qu’une convention qui n’a de force matérielle que dans la mesure où les hommes la lui attribuent, la lui concèdent. Et qu’en fait, l’argent n’est rien matériellement sans l’homme et donc qu’en aucun cas il ne pourrait contrôler l’homme.
Après sa brillante démonstration, il remarqua que je ne buvais pas complètement ses paroles comme du petit lait. Du coup, il me dit : « Qu’est-ce que tu en penses » ? Cette question, comme dirait l’autre, comportait une captatio benevolentiae, ce qui me mettait très à l’aise pour égrainer mon point de vue.
J’ai commencé par lui dire qu’il est plus facile d’être maître de ses pensées et de ses sentiments, de maîtriser une inclination, que de dominer l’amour de l’argent. Dès qu’on se soumet à lui, tout dépend de ce maître. L’amour de l’argent reflète plus que tout la corruption du cœur de l’homme.
Ce n’est même plus qu’un vice. Ce n’est même plus qu’une simple déformation, qu’une chute, qu’un péché. C’est une totale dépravation. Parce que l’amour de l’argent déglingue toutes les vertus et efface la ligne rouge à ne jamais franchir. Celui qui aime l’argent, au-delà des discours qu’il peut tenir pour donner une bonne apparence, cache une âme d’esclave. C’était le cas de ce jeune riche (Luc 18). Il faisait le bien. Il n’avait rien à se reprocher moralement. Il donnait probablement un peu de son argent aux pauvres, par des aumônes. Pourtant cette bonne conscience apparente cachait une âme désespérée, liée, esclave.
L’amour de l’argent est une volonté de puissance, un désir sans cesse grandissant de domination, de sécurité, de luxure. Il va jusqu’au refus même de Dieu ou de se donner la prétention de le corrompre. Oui vous avez bien lu : corrompre Dieu. C’est-à-dire que selon celui qui aime l’argent, tout s’achète. Même le salut. Même la vie éternelle. Celui qui aime l’argent se convainc que les vertus s’achètent. Si vous leur dites que les consciences ne s’achètent pas, ils vous répliqueront : question de prix.
L’amour de l’argent, c’est la dissolution intérieure. Comme ce fut le cas de Judas. Il a voulu vendre Dieu. L’amour de l’argent n’a pas de limite, n’a pas de valeurs, n’a pas pitié. C’est un cancer qui ronge tout sur son passage. Ne vous étonnez pas que des gens appelés par Dieu pactisent désormais avec Satan pour de l’argent. Ne vous étonnez pas que des gens prophétisent pour de l’argent. Ils se sont livrés à l’amour de l’argent.
Comprenons bien : la bible parle de l’amour de l’argent comme elle parle de l’amour de Dieu. Car l’amour de l’argent engage une passion, un sentiment totalitaire, exclusif…
Je continue ou je m’arrête là ?
Parce que je veux rentrer dans le fond du sujet, de comment nous avons fait pénétrer la loi de l’argent dans l’œuvre divine ; il faut que je parle de Mammon et de pourquoi la bible ne veut pas qu’on aspire à la richesse. Oui, vous avez bien lu.
Alors je continue ou pas ?