26/03/2026
REPOSE EN PAIX, tu l’as bien mérité.
J’ai parlé de toi aujourd’hui à des collègues plus jeunes. Ils ne te connaissaient pas. Et j’ai réalisé que j’allais devoir expliquer qui tu étais — comme on explique une époque entière résumée en une seule femme.
Parce que pour nous, les quadras, tu étais une époque.
On était là en 2001. On vivait le 11 septembre d’un côté, et Loft Story de l’autre. Deux chocs. Deux façons de regarder le monde s’effondrer ou s’inventer. Et toi, tu débarquais dans nos salons — des jambes qui ne finissaient pas, une silhouette qui défie les lois de l’apesanteur, blonde, parfaite, inaccessible.
On t’a détestée pour ça, évidemment. C’était plus simple.
Et puis on t’a regardée tomber amoureuse de Jean-Édouard. Et quand on a compris qu’il se foutait de ta gueule… quelque chose a changé. Parce qu’on avait toutes notre Jean-Édouard quelque part. Et toi — toi avec ta beauté supposément parfaite — tu souffrais aussi. Ça, ça nous rapprochait.
Tu as gagné le Loft. Tu méritais… enfin, on s’en foutait un peu du mérite, on était juste contentes pour toi.
Et là, on a vu le rouleau compresseur s’enclencher.
Les plateaux. Les unes. Les paparazzi. Les “elle a grossi”, les “elle a maigri”, les “elle est perdue”, les “vous avez vu dans quel état”… Une vie entière transformée en contenu.
Sans filet. Sans suivi psychologique. Sans que personne ne se demande vraiment ce qu’on lui faisait.
Nous, on regardait, depuis notre anonymat confortable. Notre médiocrité ordinaire, nos lundis gris, nos Jean-Édouard du quotidien — tout ça nous semblait soudain presque enviable comparé à ce qu’on te faisait subir sous les projecteurs.
On ne t’a pas protégée. Ni les médias, ni nous.
Malgré les multiples appels à l’aide lancés ces derniers mois, la solitude semble avoir eu le dernier mot. Et ça, ça ne devrait pas passer.
Repose en paix, Loana. Tu as été plus forte que tout ce qu’on t’a imposé, plus longtemps qu’on ne le méritait.
Ils ont de la chance de t’accueillir, là-haut. 🤍