Yalorisha

Yalorisha Se relier à plus grand que soi...

26/07/2026

Et si tu voulais découvrir la véritable histoire de la Sorcière de Salem.

Pourquoi ce livre ?

Parce que Tituba a existé. Elle a été l'une des premières accusées dans les procès de sorcellerie de Salem, en 1692. Et pourtant, l'Histoire n'a retenu que les autres — les jeunes Puritaines blanches, pendues, devenues légende, portées à l'écran et au théâtre.

Tituba, elle, a été oubliée en prison pendant deux ans, puis rayée du récit.

C'est exactement le geste que je cherche à faire avec mes propres livres : redonner voix à celles que l'Histoire a jugées sans les écouter. Maryse Condé l'a fait pour Tituba bien avant moi, et avec une puissance que je n'ai pas fini d'admirer.

Il y a aussi ce détail qui m'a happée : ce qu'on a appelé "sorcellerie" chez Tituba n'était rien d'autre qu'un savoir ancestral de soin, transmis par une aînée. Diaboliser le savoir des femmes noires pour mieux le faire taire — un mécanisme que je retrouve, sous d'autres formes, jusque dans la façon dont on regarde encore aujourd'hui le candomblé ou le vaudou.

Bref résumé

Née à la Barbade, fille d'une femme réduite en esclavage et vi0lée à bord du navire négrier qui l'a déportée, Tituba est recueillie et initiée aux savoirs de guérison par une aînée. Son mariage l'entraîne jusqu'au village de Salem, au service d'un pasteur puritain — là où éclate, en 1692, la célèbre hystérie collective des procès de sorcellerie. Tituba est arrêtée, puis oubliée. Là s'arrête ce que l'Histoire a bien voulu garder d'elle. Maryse Condé prend le relais et lui invente une suite, un retour à la Barbade, au temps des marronnages et des premières révoltes d'esclaves.

Maryse Condé, en bref

Née Maryse Boucolon en 1937 à Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe. Après des études en France, elle a longtemps vécu en Afrique de l'Ouest, où elle a puisé la matière de plusieurs de ses romans majeurs, dont Ségou. Autrice d'une œuvre immense portée par les voix afro-descendantes et caribéennes, distinguée notamment par le Prix Nobel alternatif de littérature en 2018. Elle s'est éteinte en avril 2024, laissant l'une des œuvres francophones les plus essentielles sur la mémoire, l'esclavage et la condition des femmes noires.

On m'a chuchoté l'histoire de Namata. Marie Laveau, je dois aller la chercher.Ce sont deux livres, et ce n'est pas le mê...
23/07/2026

On m'a chuchoté l'histoire de Namata. Marie Laveau, je dois aller la chercher.
Ce sont deux livres, et ce n'est pas le même geste d'écriture.

Namata n'existait dans aucune archive — personne n'avait écrit son nom, il a fallu que je le lui donne. Marie Laveau, c'est l'inverse.

Trop de versions existent déjà.
Boutiques touristiques, séries, cartes postales. Le problème n'est pas le silence. C'est le bruit.

Je ne suis pas initiée au Vaudou de la Nouvelle-Orléans, et je préfère le dire clairement plutôt que de le laisser flotter. Ce qui me relie à Marie Laveau, ce n'est pas une tradition commune.

C'est un mécanisme commun : celui qui réduit une femme à une image qui arrange tout le monde, sauf elle.

Le manuscrit avance. Je vous emmène dans le processus, tel qu'il est — avec ses doutes, ses détours, et cette question de légitimité que je préfère affronter que contourner.

Marie Laveau arrive.

Le jour où mon mari a emménagé avec moi, j'ai appris que mes voisins voulaient me dénoncer à la police pour accueil d'un...
20/07/2026

Le jour où mon mari a emménagé avec moi, j'ai appris que mes voisins voulaient me dénoncer à la police pour accueil d'un sans-papier.
Il est noir, burkinabé.
C'est comme ça que j'ai découvert le racisme : avec ses yeux à lui, avec toute la violence de quand on blesse l'homme qu'on aime. Le voir confronté à ça, ça me tourne le ventre. Et un ventre qui se tourne, ça finit par chercher une sortie.

Lui me fait vivre l'interculturalité au quotidien. Et il m'a renvoyée à des questions inconfortables : quelle est ma place dans ces histoires-là ?
Mon rapport à l'esclavage, à l'Afrique, à ses religions, à ses spiritualités ?
Qu'est-ce que j'en fais ?

J'ai traversé la colère. La honte. La culpabilité. Et une question qui revenait sans cesse : comment on transforme ça, pour créer du lien avec l'autre, selon sa culture, sans se mentir ?

J'ai voyagé au Burkina, au Brésil. Mais c'est au retour du Bénin que tout a basculé, marquée par ce que j'avais vu, par ce que je portais, par cette question de l'esclavage, de l'histoire, de ma place dans tout ça.

Un matin, en ouvrant mon journal, j'ai écrit : « Je m'appelle Namata. » Je ne sais pas d'où elle venait.
J'ai écrit pendant trois semaines sans m'arrêter.
J'ai compris que l'écriture était ma réponse. Pas pour me donner bonne conscience. Pas pour m'approprier des histoires qui ne sont pas les miennes. Mais pour créer du lien. Vraiment. Pour que ces femmes existent, enfin, sur une page.

Six mois après ce matin-là, Namata était publié. L'histoire d'une jeune femme africaine déportée au 18e siècle, l'esclavage vu de l'intérieur, par ses yeux à elle. Et puis j'ai continué. Parce que ce qui m'intéresse, c'est tout ce que notre société ne comprend pas, voire condamne sans chercher à comprendre.

Aujourd'hui, c'est Marie Laveau qui m'accompagne dans l'écriture. Une femme noire, figure du vaudou de la Nouvelle-Orléans. Une sorcière, disent certains. Moi je dis : une femme que l'histoire a jugée avant de l'écouter.

Aujourd'hui, je crois que je suis autrice pour la réhabilitation des histoires de femmes. Celles qu'on a effacées. Celles qu'on a mal racontées. Celles qui attendent encore.

On m'a dit que j'écrivais des romans pour s'évader.Je n'ai jamais su quoi répondre à ça.Parce que Namata ne m'a pas fait...
17/07/2026

On m'a dit que j'écrivais des romans pour s'évader.
Je n'ai jamais su quoi répondre à ça.

Parce que Namata ne m'a pas fait m'évader. Elle m'a fait rester. Rester dans l'inconfort, dans la matière, dans ce que l'histoire a préféré taire.

La fiction historique, quand elle est honnête, ne vous emmène pas ailleurs. Elle vous ramène à quelque chose que vous saviez déjà, quelque part, sans pouvoir le nommer.

Ce n'est pas de l'évasion. C'est de la reconnaissance.

📖 Namata disponible en bio.

On m'a demandé pourquoi j'ai écrit Namata.Pas une réponse. Cinq.Ce que j'ai appris en écrivant ce livre, je ne l'avais p...
14/07/2026

On m'a demandé pourquoi j'ai écrit Namata.

Pas une réponse. Cinq.

Ce que j'ai appris en écrivant ce livre, je ne l'avais pas anticipé.
La matière m'a confrontée à des questions que je ne m'étais jamais posées, sur la résilience, sur ma légitimité, sur ce que l'histoire choisit d'oublier.

Et sur ce qu'on porte, nous, longtemps après.

Glisse les slides pour lire les 5 vérités que Namata m'a apprises.

📖 Namata disponible en bio.

Regarder avec naïveté et humour la dureté du quotidien d’un enfant-soldat. L’histoire. Birahima a dix ou douze ans, il n...
13/07/2026

Regarder avec naïveté et humour la dureté du quotidien d’un enfant-soldat.

L’histoire. Birahima a dix ou douze ans, il ne sait pas trop — orphelin à Togobala, en Guinée, il part avec Yacouba, un marabout mi-philosophe mi-escroc, pour rejoindre sa tante au Liberia. La guerre civile les rattrape à la frontière. Pour survivre, Birahima devient enfant-soldat, traverse le Liberia et la Sierra Leone au fil des milices, kalachnikov en bandoulière. Il raconte tout — la drogue, la mort, les massacres, les mécanismes économiques qui entretiennent ces guerres — avec une ironie mordante qui évite le pathos sans jamais rien cacher de l’horreur.

L’auteur. Ahmadou Kourouma (1927–2003), écrivain ivoirien, l’un des plus grands noms de la littérature africaine francophone — Les Soleils des indépendances, Monnè, outrages et défis, En attendant le vote des bêtes sauvages (prix du Livre Inter 1999). Allah n’est pas obligé lui vaut le prix Renaudot et le Goncourt des lycéens en 2000. Un homme qui a refusé, toute sa vie, de raconter l’Afrique avec les mots des autres.

Le roman existe en édition poche. Il a aussi été adapté en bande dessinée chez Éditions Dupuis BD , par Zaven Najjar et Karine Winczura — une œuvre miroir du texte, avec un rythme différent, qui garde intacte la voix insolente de Birahima.

Un livre qui ne se lit pas, qui se traverse.

Qu'est-ce que l'histoire officielle ne dit pas sur les femmes déportées ?On nous a appris des chiffres. Des dates. Des t...
11/07/2026

Qu'est-ce que l'histoire officielle ne dit pas sur les femmes déportées ?
On nous a appris des chiffres. Des dates. Des traités.
On ne nous a pas appris leurs noms. Ce qu'elles ont fait. Ce qu'on leur a fait.

Voilà 7 faits que l'histoire a préféré taire.

1. On ne leur a pas demandé leur nom.

On leur en a donné un nouveau. Un nom de possession. Le leur — celui que leur mère avait murmuré à leur naissance — n'a été écrit nulle part. C'est ça, l'effacement. Pas seulement la mort. La disparition avant la mort.

2. Elles cachaient des graines dans leurs cheveux.

Riz, sésame, okra — tressés dans les nattes avant l'embarquement. Un acte de résistance silencieux. Elles emportaient avec elles de quoi nourrir ce qui viendrait après.

3. Leur corps était une marchandise avant même d'avoir quitté le rivage.

Elles ont subi des violences se*****es organisées avant l'embarquement. Une femme enceinte à l'arrivée valait davantage sur le marché. C'était calculé. Documenté. Délibéré.

4. Elles ont résisté.

Pas toujours avec des a***s. Souvent avec ce qu'on ne pouvait pas leur prendre — la mémoire, les chants, les rites, les histoires transmises la nuit à voix basse.

5. Certaines ont choisi la mer.

Pendant la traversée, des femmes se sont jetées à l'eau. L'histoire les a rarement nommées. Elle a préféré retenir les noms de ceux qui possédaient.

6. Elles ont enfanté des cultures entières.

Les spiritualités afro-brésiliennes, les langues créoles, les cuisines, les musiques — c'est elles. Elles ont maintenu tout cela en vie dans des conditions qui visaient leur destruction.

7. Leurs descendantes portent une mémoire sans archives.

Pas de lettres. Pas de journaux intimes. Pas de portraits. Juste ce qui a survécu dans les corps, les gestes, les rituels. Une transmission sans papiers.
Namata est l'une d'elles.

J'ai cherché son histoire là où les archives s'arrêtent.

📖 Namata disponible en commentaire.

1 - Un détour chez LAZZARO FRANCO K.R pour se transformer. 2 à 6 Un temps à Institut du monde arabe .Une exposition boul...
09/07/2026

1 - Un détour chez LAZZARO FRANCO K.R pour se transformer.
2 à 6 Un temps à Institut du monde arabe .
Une exposition bouleversante (et gratuite) sur l’esclavage en Méditerranée. Les frissons dans le dos de voir des chaînes d’esclave. C’était bouleversant.
Après toutes ses émotions, j’ai mangé le meilleur taboulé libanais, la terrasse de l’IMA… magnifique.

7 - 8 Pas de passage à Paris sans musée du quai Branly , pour y découvrir la complexité et le diversité du stylisme d’Afrique.

9 à 13 - Bruncher à Hôtel Particulier Montmartre … une expérience sans commune mesure… une cuisine à se damner… et une poule et des toilettes plein d’humour.

14 - 15 balade nocturne à Montmartre et son street art.

Et un énorme bisou à celle qui est à mes côtés et qu’on ne voit pas. Parce que ça c’est notre jardin secret.
Je t’aime fort…

On m'a demandé pourquoi je n'écris que des femmes.Ce n'est pas un choix militant. C'est un constat.Les hommes de l'histo...
08/07/2026

On m'a demandé pourquoi je n'écris que des femmes.
Ce n'est pas un choix militant. C'est un constat.

Les hommes de l'histoire ont des statues, des places, des rues à leur nom. Leur existence est documentée, célébrée, enseignée.

Les femmes ont des silences. Des noms effacés. Des histoires réduites à leur rapport aux hommes qui les entouraient.

Je n'écris pas ces femmes pour les réhabiliter.
Je ne suis pas juge.
J'écris pour leur rendre ce qu'on leur a pris, leur complexité, leurs contradictions, leur humanité entière.

Namata. Marie Laveau. Et d'autres encore
Je travaille avec ce que j'ai...

📖 Namata disponible en commentaire.

J'aurais pu écrire un essai sur la traite négrière.J'ai choisi la fiction.Parce qu'un essai informe. Un roman fait resse...
05/07/2026

J'aurais pu écrire un essai sur la traite négrière.
J'ai choisi la fiction.

Parce qu'un essai informe. Un roman fait ressentir. Et il y a des choses qu'on ne comprend vraiment qu'en les ressentant.

Les chiffres existent. Les archives aussi. Ce qu'on ne trouve nulle part — c'est ce qu'on éprouve quand on est le chiffre. Quand on est la marchandise. Quand on est le nom qu'on efface.

Namata n'est pas un livre sur l'esclavage. C'est un livre sur ce qu'on fait d'une vie qu'on a tenté de détruire. Sur la résistance intérieure quand tout le reste a été pris.
Écrire la fiction, c'est un acte.

Pas pour embellir. Pas pour adoucir. Pour obliger le lecteur à traverser ce que l'histoire a mis à distance.

📖 Namata disponible en commentaire.

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